« C… anardage dans l’air »

Que cette émission soit politiquement orientée et l’otage de la pensée dominante libérale, du politiquement correct, on le savait déjà. Parmi les milieux gauchistes, on n’appréciait guère de surcroît qu’elle constitue surtout un outil de propagande au service des intérêts dominants plus que d’information pour la population, comme la vocation de la chaîne de service public qui l’accueille devrait y inciter. Mais il faut dire que sous la baguette d’un tel chef d’orchestre, pas franchement neutre, on n’attendait pas vraiment de l’information libre et non faussée… On y a rarement vu en effet des économistes alternatifs ou des politiques de la gauche critique. Mais grâce à l’analyse d’Acrimed, on apprend aussi qu’y règne en maître l’indigence de la pensée et le rétrécissement du cénacle des invités, grâce à de petits graphiques très instructifs, comme celui-ci  :

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 Qu’on y invite toujours les mêmes prétendus experts autoproclamés était déjà apparu aux yeux de beaucoup, au point que, fort las de la méthode desséchante malgré l’intérêt des sujets, beaucoup ne la regardent plus, dans notre famille politique. On en voyait d’autres sur twitter déverser leur colère face aux caricatures observées, la malhonnêteté des informations orientées déversées sans contradicteurs, en un mot le manque de débat pluraliste.

Selon Jérémy de Rugy, auteur de l’article d’Acrimed sur le quel je me suis basé pour écrire ce billet, Calvi semble disposer d’ « Un carnet d’adresse atrophié » :

« Un rapport de la Commission sur l’image des femmes dans les médias avait déjà évoqué l’absence de parité dans certaines émissions comme « C dans l’air ». À cette observation, il convient d’ajouter le manque de renouvellement dans le choix des « invités »… Si l’on peut encore qualifier ainsi des intervenants si réguliers qu’ils en deviennent quasiment des chroniqueurs. »

« Du côté de la presse, un club des trois se partage les trois quarts des invitations ! Le Monde, grâce à un ingénieux système de roulement entre trois journalistes, devance légèrement Le Figaro et L’Express, suivis de très près par… Valeurs actuelles. Marianne récolte les miettes avec une seule intervention quand le très neutre Nicolas Beytout a déjà été convié trois fois pour le compte de L’Opinion, journal créé il y a moins d’un an.

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« Et lorsqu’elle se penche sur l’économie politique, autant le dire tout net, l’émission roule à l’essence néolibérale et évite autant que possible tout autre carburant. Mais sporadiquement, dans un élan de munificence, Yves Calvi invite un économiste moins consensuel à rejoindre la troupe. Laquelle ne fait pas toujours montre de la même ouverture d’esprit que le maître de cérémonie… »

Quand à l’indigence de contenu politique, résumée par un dialogue ma foi fort savoureux par son inanité, je vous renvoie à l’article dans son entier, qu’il s‘agit de lire si l’on ne veut pas mourir idiot, comme on l’aurait été en ne basant ses convictions que sur les sottises qui y sont ânonnés en permanence sur l’air du marché libre et non faussé, de la supériorité indéniable de la logique austéritaire et de la baisse du coût du travail tout comme de l’impôt tellement insupportable. Et tralali, et trallala… On connait la musique.

Aussi, merci à Jérémy de Rugy et Acrimed d’avoir mis des arguments et de la rationalité sur la chair de nos pensées critiques face à cette émission débilitante et inutile, dont il conviendrait que nos décideurs à la tête des chaînes publiques, s’ils ne faisaient partie du même sérail,  s’avisent de les supprimer pour nous proposer un contenu plus sérieux, plus adapté à notre époque et à nos attentes un peu plus exigeantes que cette soupe médiatique qu’on nous sert. A l’époque d’internet, où la possibilité nous est donnée d’aller voir ailleurs et de comparer ou de compléter les informations, voilà qui ne les honore pas de présenter si peu d’alterité idéologique et politique, si ce n’est sociétale. Il faudrait peut-être enfin arrêter en effet de prendre les télespectateurs pour des cons.

Post-scriptum : j’apprends aujourd’hui (merci à dune de fiel sur twitter)  ( je suis un peu en retard…) qu’Yves Calvi est remplacé par Caroline Roux. Mouais. On s’en fout. Je ne regarde plus cette daube orientée.

C dans l’air, du temps de sarkozysme en (beaucoup) plus

Certains matins, les sujets de billets se font rares, aujourd’hui, ils se bousculent au portillon. Poussez pas, il y en aura pour tout le monde ! J’avais en effet le choix entre l’orgueilleux et inutile (déjà) Placé, le temps de parole des candidats sur les chaînes publiques, la ruée générale sur le candidat du Front de gauche dans bien trop de journaux pour que ce soit une coïncidence, l’étrange comportement de certains militants et blogueurs du PS qui se baladent en sifflotant les mains dans les poches et font mine de ne plus nous connaître depuis qu’on prend une place dans les sondages plus importante qu’ils ne l’avaient prévu,  et… je ne sais plus. Bref, ça reviendra. Vous verrez ça dans les prochains billets.

Bon, comme je me suis déjà acquitté de l’essentiel cette nuit, à savoir un billet sur l’immense succès de Toulouse, passons au scoop du jour qui concernera l’émission du très droitier Calvi. Si je l’affuble de cet adjectif, c’est que la composition de son émission ne trompait déjà personne, tant le parti pris d’orchestration saute aux yeux de tous. Du moins quand on a un regard affuté, et qu’on connait le positionnement politique des invités, jamais neutre. Certains que je connais se sont d’ailleurs déjà, depuis plusieurs mois, détourné de l’émission pour cette raison, tant les partis pris sont insupportables. Moi, je continue, je m’en instruis, me pénètre des préjugés et autres croyances libérales qui s’y font jour. Pour mieux combattre l’ennemi, il faut bien le connaître. Et puis, il est fort probable que dans quelques mois, cette comédie de la société du spectacle prétendument informatif aura cessé, pour être remplacée par d’autres courtisans du palais socialiste. On connait la rengaine, et la valse des étiquettes. Vous verrez, on en reparlera, ce ne seront plus les mêmes en vue, mais ils seront tout aussi péremptoires et certains de leurs croyances libérales socialistes, les médiacrates… et autre experts auto-proclamés. Mais ne brûlons pas les étapes, nous sommes encore en Sarkozie. Plus que 16 jours…

Aussi, c’est avec grand plaisir  que je vous livre pour l’instant ce dont nous étions déjà pour beaucoup intimement convaincus, sans en avoir de preuves aussi irréfutables, purement rationnelles, mathématiques, à la vérité indubitable, presque physique. La voici :

Extrait:

Sur un total de 64 émissions en janvier, février et mars 2012, 31 émissions ont concerné directement la campagne électorale présidentielle. Les sujets se distribuent comme suit : Nicolas Sarkozy (12), François Hollande (1), Sarkozy/Hollande (1), François Fillon (1), Fillon/Aubry (1), Marine Le Pen (1), Jean-Luc Mélenchon (1).

Cela ne tient pas compte du contenu largement favorable à Nicolas Sarkozy même quand l’émission aborde la candidature de Jean-Luc Mélenchon. C’est dire la focalisation du débat (sic) sur Nicolas Sarkozy, implicitement sur l’opposition Sarkozy-Hollande et très exceptionnellement (2) sur d’autres candidats, Jean-Luc Mélenchon n’étant évoqué que le 28 mars dans un débat très favorable à Nicolas Sarkozy.

Merci à l’Observatoire des sondages pour ce magnifique et très utile boulot contre la propagande médiatique, que j’espère ils vont poursuivre, après le 6 mai. On espère qu’une certaine gauche revenant au pouvoir, elle ne commettra pas les mêmes erreurs, et que l’on verra plus souvent des journalistes de Politis ou de l’Humanité (et des blogueurs de la vraie gauche) invités dans les émissions politiques…

Et merci également tout particulièrement à Laure Leforestier et à son journal Scoop-it« Dans les restes du monde »,   sans qui cette découverte (qui n’en est déjà plus une tant c’est devenu évident)  n’aurait été possible.

gauchiste et fier : l’espoir nous porte, et porte un nom : #Mélenchon

Lentement mais sûrement, le candidat du Front de gauche grignote des parts de marché dans celui de sondages tellement contradictoires qu’ils en deviennent ridicules, leur profusion ne faisant qu’ajouter à l’impression de pourrissement de la démocratie.

 Si j’y croyais un tantinet, je me laisserais volontiers griser par le fait que ces mêmes sondages laissent entr’apercevoir un effritement des intentions de votes pour les candidats favoris des médias, qui ne sont que les leurs et non ceux des électeurs qui jugeront le moment venu ce qui est le mieux à leurs yeux seuls, dans le secret de l’isoloir.

 Pourtant, ces mêmes médias dominants tentent sans relâche de nous les imposer, à la force d’un temps de parole démesuré s’il le faut. Ainsi, TF1 qui prétend donner une heure trente à la candidate du FN quand il en donne généreusement une demi heure à Mélenchon, et se voit contraint au dernier moment – quel aveu de faiblesse et d’iniquité ! – de porter à une heure son intervention tant il séduit même les plus réticents par une prestation de haute tenue. TF1 finira par se laisser piéger par ce qui fait son talon d’Achille : l’appât du gain lié à l’audimat.

 Antenne 2 ne l’a pas encore compris, ou plutôt ce brave Monsieur Calvi au front bas, dont les opinions politiques finissent par se laisser trop facilement deviner tant il s’obstine à ne surtout pas laisser ce candidat là (ou l’un des autres représentants du Front de Gauche) venir chez lui, alors qu’il invite si volontiers la même sauterelle pérorante, aussi bouffie de certitude et d’orgueil qu’elle est dénuée de principes moraux, ce représentant de commerce du FN vu hier sur la chaîne dite publique. On en arrive à se demander si ce Calvi là ne serait pas atteint plus volontiers d’un anti-communisme primaire que d’une sainte horreur du fascisme… Là où l’on sait, sur la même chaîne, la réticence de Ruquier à inviter Madame Le Pen, ce qui est tout à son honneur : le FN, contrairement au Front de gauche, n’est pas un parti démocratique, il se sert de la démocratie pour mieux la piétiner, et j’en veux terriblement au système politique et médiatique dans son ensemble de se laisser imposer par ce parti puant là les thèmes de la campagne de 2012, au point que nos concitoyens s’en retrouvent dégoûtés. Voudrait-on favoriser l’abstention qu’on ne s’y prendrait pas autrement. Même Hollande, bien qu’à son corps défendant, en arrive à se prêter à ce jeu ignoble dans le sillage sarkozyste de la stratégie volontaire du choc des civilisations.

 Ne souffrant pas du syndrome journalistique hélas trop répandu de la mémoire courte, je me souviens qu’hier, des socialistes, parmi la frange la plus libérale et la plus proche de la droite¹, nous méprisaient, nous traitaient plus bas que terre, nous jetaient l’insulte suprême du populisme à la figure, comme si le peuple était soudain devenu honteux. Puis voyant que cela ne fonctionnait pas, ils ont tenté pour les plus intelligents d’entre eux de nous faire le coup du vote utile, nous prenant par les sentiments, nous accusant parfois de faire le jeu du front national… lorsqu’ils étaient à court d’arguments plus élaborés. La suite a prouvé assez combien ce point Godwin là en est un qui ridiculise aujourd’hui ceux qui l’emploient : qui est en train de forcer Marine Le Pen à mettre genou à terre et l’a réduite peu à peu au silence ? Qui se coltine les fachos sur le terrain et dans les débats, quand ces gens là acceptent d’y venir, de peur d’avoir à fournir une argumentation plus construite que celle qu’ils servent comme une soupe populaire à des gogos qui n’avaient auparavant pas de points de comparaison, tant l’offre politique était affligeante et l’insulte coupait court à l’échange ?

 Aujourd’hui, et encore plus demain, il va falloir compter avec nous. Les socialistes ont commis une erreur grossière, et se sont laissés dépasser par l’évolution de la réflexion et de l’action, populaire justement. Ils n’ont pas su voir que le monde changeait, qu’une partie grandissante du peuple était en capacité de se forger ses propres opinions, de se construire sa propre gauche, moins réformiste, plus sociale, davantage porteuse de projets de rupture et d’alternatives au libéralisme triomphant. Il ne suffit pas de dire et d’écrire que le changement c’est maintenant pour qu’il advienne. Encore faut-il le porter en soi, le nommer, le réfléchir et le construire, en ayant parfois le courage de s’opposer pour qu’il ne constitue pas un simple cataplasme sur une jambe de bois. Ce changement que nous espérons et qui s’avère nécessaire, il apparaît de plus en plus clairement que ce n’est pas Hollande qui l’incarne… de plus en plus mal au fur et à mesure que ses renoncements économiques, sociaux et écologiques apparaissent : le roi est nu… comme le fut hier le président déjà élu par les médias…. je n’oublie pas.

 ¹frange du PS qui ferait mieux de se rallier à Bayrou pour que les choses soient enfin plus claires pour tous.

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Lettre de Pierre Laurent, secrétaire national du PCF, à Yves Calvi

« C dans l’air » du 13 décembre sur le communisme : Pierre Laurent écrit à Yves Calvi

Mardi 13 décembre, France 5 diffusait un « C dans l’air » dont le       thème était « le communisme 20 ans après ». Yves Calvi recevait à  cette occasion, Stéphane Courtois et Alexandre Adler sur le plateau.  Suite aux propos scandaleux tenus par certains sur le plateau,   vous trouverez ci-dessous le courrier de Pierre Laurent,       Secrétaire national du PCF, envoyé ce jour à Yves Calvi.

 Depuis maintenant des mois, la discrimination à l’égard du  Parti communiste français dans les émissions politiques dont vous avez la charge, et plus globalement dans celles du groupe  France Télévisions, est une constante. Toutes nos demandes pour qu’il y soit mis un terme sont – plus ou moins poliment – mais   systématiquement écartées.

Mais cette fois, trop c’est trop. Le mardi 13 décembre,  l’émission « C’est dans l’air » avait pour invité Stéphane Courtois, dont la seule fonction historique reconnue est  l’anticommunisme professionnel. C’est votre choix éditorial, je  n’ai pas à le contester. Toutefois, au cours de cette émission, cet invité, qui ne m’a jamais rencontré de sa vie, s’est livré à  une violente attaque personnelle en déclarant je cite « Pierre Laurent (…) un fils d’apparatchik qui a mis les pieds dans les         chaussons de son papa et qui prend la direction du parti, quelque part ça fait presque pitié».

Cette pitoyable déclaration est restée sans réponse. Insultante  et diffamatoire, elle ne mériterait de ma part que le mépris. Elle s’inscrit dans le registre des poncifs anticommunistes dont Monsieur Stéphane Courtois s’est fait une spécialité, en lieu et place de celle d’historien dont il s’affuble à propos du Parti communiste français.

 Je ne peux me taire car cette déclaration intervient alors que la discrimination à notre égard est un scandale qui n’a que trop duré. Élu secrétaire national du PCF en juin 2010, je n’ai été invité à aucune émission politique importante dont vous avez la responsabilité, et quasiment aucune sur l’ensemble des  antennes de France Télévisions. Ce boycott est en contradiction avec  toutes les règles déontologiques en matière de pluralisme du débat d’idées, et avec toutes les règles du CSA qui invitent à  respecter l’ «équité» des temps de parole des formations politiques, singulièrement celles qui  disposent d’une         représentation politique parlementaire.

Cette situation devient plus insupportable encore depuis que  nous sommes entrés, de fait, dans la campagne présidentielle. Le  Front de gauche, dont le Parti communiste français est   totalement partie prenante, et son candidat Jean-Luc Mélenchon dont je préside le conseil national de campagne,  y jouent un  rôle de premier plan. Pourtant, la discrimination perdure. Elle  devient même chaque jour plus flagrante au fur et à mesure que  des candidats, subitement touchés du jour au lendemain par la  grâce sondagière, occupent aussitôt le hit-parade des  apparitions médiatiques.

L’argument selon lequel  je ne suis moi-même pas candidat ne résiste pas une seconde à l’examen?

Un, notre campagne et notre candidat sont loin de bénéficier de l’égalité de traitement   qu’ils méritent. Le respect des règles du CSA nécessite bel et  bien  l’augmentation globale du temps de parole du Front de  gauche, donc tout à la fois celle de Jean-Luc Mélenchon et   celles d’autres représentants nationaux du Front de gauche.

Deux, le rôle politique et parlementaire joué par le Parti   Communiste dans cette campagne ne peut échapper qu’à ceux qui  cherchent à nier la réalité.

 Trois, ceux qui avancent cet argument à mon égard devront  m’expliquer pourquoi il ne s’applique ni au secrétaire  général de l’UMP Jean-François Copé, ni à la première secrétaire   du PS Martine Aubry, ni à la première responsable d’Europe  Ecologie Les Verts, Cécile Duflot, sans parler des dizaines de         responsables d’autres formations politiques qui sont des invités  permanents de vos émissions, sans que jamais un seul responsable  communiste ne puisse y trouver place.

Ainsi, pour ne prendre qu’un exemple récent sur lequel nous vous  avons alerté avant l’émission, comment se fait-il qu’aucun parlementaire ou aucun maire de notre parti, très actif sur le  droit de vote des étrangers depuis trois décennies, ne trouve place le lundi 12 décembre sur le plateau de « Mots croisés » quand Rama Yade, qui n’a plus aucun rôle politique, et  l’improbable Arno Klarsfeld, sur ce sujet auquel il ne s’est  jamais intéressé, y figurent en bonne place ?

  Et pour n’en prendre qu’un seul autre un peu plus ancien,   puisque l’histoire du PCF semble vous intéresser quand il s’agit  d’inviter Stéphane Courtois, comment expliquer que le discours  que j’ai prononcé devant plus de sept mille personnes le 23  octobre dernier dans la carrière de Châteaubriant aux côtés du  secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, en hommage aux  27 résistants fusillés il y a soixante ans par les nazis, ait    été totalement ignoré ? La mémoire de Guy Môquet et de ses camarades n’intéresse-t-elle que quand elle est instrumentalisée par un président de la République qui en trahit chaque jour les  idéaux ?

Aussi, je vous demande d’agir pour mettre un terme à cette mise  à l’écart du PCF et de moi-même comme secrétaire national de ce  parti dans vos émissions. Ainsi, sera défaite cette anomalie   anti-démocratique qui, j’en suis sûr, suscite la réprobation de très nombreux journalistes de vos propres rédactions, que je         sais attachés aux valeurs du pluralisme.

  Si les propos insultants de Stéphane Courtois sur votre antenne  ont été, vous l’aurez compris, la goutte d’eau qui fait déborder le vase, vous comprendrez que ma requête, au-delà de ce lamentable incident, est plus large. Elle n’a qu’un seul but :  faire droit au respect du pluralisme sans lequel la démocratie n’est qu’une coquille vide.

  Pierre Laurent, Secrétaire national du PCF (source)

cumulards médiatiques : ça suffit aussi !

En voilà un sujet qu’il est intéressant, quand on évoque les obstacles, barrages, parasites et manipulation ou à l’opposé la libération de l’espace démocratique, en France. Car il n’y a pas que les personnages politiques mais également médiatiques, qui cumulent…

 Quelques noms feront l’affaire, mais on aurait pu en citer d’autres… « On les surnomment les cumulards. Presse écrite, radio, télévision, avec en plus, pour certains, un blog, des vidéos sur Internet et des centaines de followers sur Twitter, ces journalistes politiques sont présents sur tous les supports pour y décliner leurs analyses et éditoriaux »(source)

 Jean-Michel Aphatie – Christophe Barbier – Eric Zemmour – Yves Calvi – Joseph Macé-Scaron -Laurent Joffrin… Voilà des noms qui vous disent forcément quelque chose, que vous n’avez pas pu ne pas entendre ou voir au moins une fois récemment dans votre quotidien, tant ils squattent tous les supports : radios, télés, journaux papier, sites internet, réseaux sociaux… Difficile de les éviter.

 Cela peut apparaître quelque peu problématique quand on étudie le traitement de l’information par souci d’objectivité, dans la mesure où le fait qu’une oligarchie médiatique puisse concentrer la plupart des analyses et des interventions sur la chose politique peut entraîner une grave diffraction de la lumière apportée à nos concitoyens dans un espace médiatique accessible immédiatement et aisément par tous relativement restreint. Peut-on en outre critiquer si férocement l’oligarchie politique sans faire de même lorsqu’elle sévit dans les médias ? N’y a-t-il pas là une certaine forme de collusion (a)morale ?

 Pourtant leur vérité est incontournable… à moins de passer des heures, comme nous autres, internautes et blogueurs, à nous faire notre propre opinion et à rechercher l’information, comparer, analyser, se documenter, fouiller, creuser… et remettre en forme, pour redistribuer ou garder pour soi.

 Malheureusement, je ne suis pas certains que tous nos concitoyens aient la même passion, la même envie, ni la même patience.. Il est même hautement probable qu’ils doivent se contenter de la (pseudo) pensée pré-digérée qu’on leur apporte de manière si… ludique et amusante. Ou pas.

 Ce cumul là aussi, à l’heure où tant d’autres n’ont pas cette chance (quand on sait, en plus, combien ils sont payés…) n’est-il pas préjudiciable à l’évolution constructive de notre démocratie ? Le paysage audio-visuel public, par exemple, ne devrait-il pas avoir également cette mission, de proposer une parole publique politique plus diversifiée, plus alternative, pour qu’un autre monde soit possible ?

 Je pense en outre que cette indigence d’offre de paroles et de tons politiques alternatifs, à travers différents formats d’émissions, n’est pas pour rien dans l’aura sondagière et la portée incantatoire et subjective donnée au Front National.  Pour ce qui concerne un certain public, qui souhaiterait éventuellement protester, se démarquer et/ou se révolter contre le système en place, il n’a pas forcément grand chose d’autre à se mettre sous la dent, quand il ne regarde que TF1, et des chaînes ou des émissions du même acabit, qui vont jusqu’à se propager sur des chaînes autrefois un peu plus (et mieux) publiques.

Quand on est si mal informés, et que nulle part (où dans des endroits, je le répète, difficilement accessibles) des opinions politiques contradictoires ne leur sont apportées,  comment voulez vous…

Portrait d’un chef de clan en père la rigueur

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Oui, je l’avoue, pas pu m’en empêcher, j’ai regardé not’ p’tit Président à la télé, hier soir. Tout ce que j’en ai retenu tient en bien peu de mots, finalement. Il nous a parlé comme si nous étions des demeurés, avec un ton si paternaliste que c’en devenait pitoyable, est allé chercher avec les dents les causes de la situation économique désastreuse de la France très loin, (trop loin, en vérité, je vous le dit, mes frères) en arrière – vu que la droite est là depuis si longtemps, l’avait pas le choix, le gars – en 1983 et 2001, tapant sur un prédécesseur duquel il n’arrive pas à la cheville, puis a scandé comme un bourin que c’était la faute aux 35 heures Mame Chabot Mr Calvi (l’autre, l’était pas là, devait cuver le Pernault). Tout juste ais-je oublié pour faire fidèle quelques mensonges par ci par , qui ne l’ont pas étouffé.

 Sinon, il serait déjà mort depuis longtemps, notre bon Président.

***

A signaler :  les conditions d’organisation de l’émission ayant donné lieu à une (à mes yeux légitime) polémique, je tiens également à vous inviter à lire, pour ceux qui ne l’auraient pas déjà fait, ce billet : Ci-gît une part de journalisme

Allez, c’est ma tournée ! Des blogs… (à signaler au passage que l’Partageux bien connu des commentateurs (de gauche, forcément…) vient d’ouvrir le sien et que c’est une vachement bonne nouvelle vu qu’il a l’air de bien aimer les gens. Et ça, c’est toujours un plaisir… de partager dans ces conditions. Pour le moment, deux portraits de gens simples et touchants, comme je les aime… je suis sûr que l’Agnès du Monolecte aimerait ça aussi… #jedisçajedisrien, comme on dit sur l’twitteur…) Ils ont parlé aussi du #sarkoshow :

 BibiYann Savidan DéCHIFFRAGES (Le blog de Jean-François Couvrat, excellente analyse à recommander) – David Burlot BembellyNico93pazmanyBirenbaum (feignant ! salaud d’exploiteur du peuple qui fait bosser les autres…) – alter-ouebMon avis t’intéresse –  –Nicolas J.une autre vie des pas perdus SarkofranceRéservusA toi l’honneurcaptain HakaMelclalexArnaud MouillardBlogExpériencedidier actu – nosotros incontrolados

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