Selon que tu seras le puissant ou misérable… #RemyFraisse #ChristophedeMargerie

CapturePas un mot. Pas un mot de Hollande. Pas un mot de Valls. Pas un mot de Royal. Pas un mot de Le Foll. Pas un mot de Cazeneuve. Pas un mot de Cambadélis. Pas un mot d’aucun gouvernant socialiste, après la mort de Rémi Fraisse, le jeune manifestant contre le barrage de Sivens, dans le Tarn, dont le premier rapport d’autopsie indique qu’il est mort « après une explosion », lors d’un échange de projectiles entre manifestants et gendarmes, cocktails molotov contre grenades assourdissantes. Pas un mot (ah si. On me souffle que Cazeneuve a envoyé un communiqué lundi soir, peu avant minuit, soit plus de 24 heures après la nouvelle, communiqué dans lequel il « pense à la famille et aux proches » de la victime). L’expression de la révolte et de la douleur est laissée aux écolos -il fallait entendre Cécile Duflot ce mardi matin, sur France Info. Mais peut-être n’ont-ils plus de mots. Peut-être n’ont-ils plus de larmes. Peut-être les ont-ils toutes versées pour le PDG de Total, dont les obsèques se déroulaient lundi, en présence de Hollande et Valls.(Rémi Fraisse, et le silence de l’Etat par Daniel Schneidermann le 28/10/2014)

Et oui, Monsieur Juan DE Sarkofrance (à qui j’ai répondu par ceci),  c’est bien justement tout cela qui nous indigne, nous meut, et nous émeut. Une mort n’en vaudrait-elle pas une autre, dans notre beau pays des droits de l’homme ?  Ceux qui ont soutenu Filoche ont éminemment conscience des enjeux et des disparités de traitement médiatique et politique, des luttes de classe et de conflits d’intérêts qui se trament dans notre vase monde, et cela bien avant cette mort tragique… Celle d’un jeune homme, un anonyme que nous aurions pu être, au mauvais endroit et au mauvais moment, comme d’aucuns ont tenté de l’y réduire,  fraîchement muni d’un BTS environnement qui défendait ses idées, qui n’étaient pas tout à fait celles de ceux qui ont choisi de soutenir l’ancien PDG de Total…  Monsieur Carcenac, Président du Conseil Général du Tarn ¹, où s’est déroulé la tragédie, l’illustre très bien, à sa façon si stupide et méprisable,  inconscience d’une classe qui n’est pas la nôtre  :

« Mourir pour des idées, c’est une chose, mais c’est quand même relativement bête »

Selon  que tu seras puissant ou misérable…  J’en connais, blogueurs plus connus que je ne le suis et que je déteste cordialement, qui préfèrent railler assez régulièrement dans leur antre la bêtise du militantisme, comme ce Monsieur le Président du Conseil Général du Tarn qui est très bête mais qui ne le sait pas parceque personne n’ose le lui dire. Il se reconnaîtra aisément : il est gros, grand, et frisé. Et (très) parisien.  Je préfère quant à moi défendre ce qui doit l’être, comme je le peux, et des combats plus nobles. J’ai vu par exemple quelqu’un écrire sur twitter que s’il fallait se garder dans les deux cas d’instrumentaliser la mort de l’un (De Margerie) et de l’autre (Rémi Fraisse), la manière dont on traitait l’information dans chaque cas était assez éclairante. En effet.  Les jeux de rôle, dans leur interprétation sociologique, et des enjeux politiques, économiques et sociaux, n’apparaissent que trop visiblement ici. Ainsi, les dominants pourraient donc instrumentaliser sans entrave la mort de l’un des leurs, avec pompe et majesté, sans voix contraires.  Surtout ne pas parler des errements capitalistiques mondialisés de Total, ni de sa politique de gestion du personnel, ni de ses crimes environnementaux… C’est mal, incorrect, Et de l’autre, on refuserait aux gueux de se rebeller contre la mort de l’un des leurs,  qui le serait donc pour rien, comme le voudraient tant les puissants, voyant trop bien où cela risquerait de les mener… Ne pas instrumentaliser la mort de ce jeune homme, alors qu’on en sait déjà davantage que ne le dit Cazeneuve sur l’origine de sa mort ?   Ceux qui s’émeuvent de la mort de Margerie ne se recoupent manifestement pas  avec ceux qui aujourd’hui s’indignent de celle de Rémi. La guerre des classes est en train de se réveiller, sous une autre forme, plus complexe, que de par le passé. Et contrairement au bon mot d’un milliardaire, ce n’est pas celle des riches qui est en train de la gagner (ou alors, bien provisoirement, et le seuil de tolérance est à présent dépassé), dans les médias d’aujourd’hui que sont les réseaux sociaux, les autres étant durablement dépassés et décrédibilisés par leur complicité avec l’oligarchie. Ce n’est pas un hasard si nos politiques pour beaucoup se plaisent à cracher sur nous autres, internautes, en vilipendant internet : il est à notre image, ombre et lumière, le meilleur et le pire s’y côtoyant, comme la vraie vie dont il est l’image. Et comme les dominants n’ont aucune prise ni contrôle sur cela, ils tentent de le museler, par tous les prétextes. Mais c’est trop tard. Nous communiquons, nous échangeons nos informations, nous comparons notre point de vue vis à vis de telle ou telle information et nous faisons notre opinion personnelle, indépendamment de la parole publique qui circule dans les médias officiels, à la télé, à la radio, dans les sites d’information… Et le décalage est de plus en plus visible d’autant plus que le grand public est de mieux en mieux informé. Alors, cher Juan, je t’ai pardonné la dernière fois, mais aujourd’hui, j’attends une réponse un peu plus argumentée que le poids d’une larme à géométrie variable qui ne représente que sa part exacte d’injustice flagrante, et aliénante. Celle justement contre laquelle nous avons manifesté, au détriment du politiquement correct en reproduisant ce tweet que vous autres estimez si méprisable, dans une certaine classe sociale… déconnectée de certaines réalités plus prosaïques. C’était un mouvement de révolte contre l’injustice que tu n’as pas su capter, ni toi ni ceux qui sous estiment tant le poids de la colère sourde qui trépigne en ce moment, en attendant son heure dans les coulisses de la France profonde….

Capture

Alors, maintenant, j’attends ta réponse, de même que  celle de tous ceux et celles, en accord ou en désaccord avec ma position si personnelle,  qui souhaitent se joindre au débat, sans insultes, sans agression, sans discriminations, mais avec des arguments, des vrais. Pas des borborygmes incultes ou les défécations habituelles des bas du front auxquels nous sommes l’un et l’autre si tristement habitués… Pas de ça ! Du débat ! Il n’a jamais été aussi nécessaire et urgent. Avant l’implosion.

post-scriptum :  l’ambiance sur la ZAD du Testet, et l’étrange comportement des forces de l’ordre…. (merci à Edwy Plenel sur twitter)  :

.

¹ merci à Guy Birenbaum sur twitter pour l’info.

Quand les sans-dents tapent des pieds dans les gradins de tweeter #fauxcialisme

tweet FilocheFace à tant d’injustice sociale, il fallait bien ça, même si cela peut vous paraître bien dérisoire… Hier soir, dans un grand élan spontané qui faisait plaisir à voir, des centaines de comptes twitter se sont mis sans que l’on sache trop pourquoi à dupliquer le fameux tweet de GG Filoche qui a horrifié le bourgeois au cul serré et  aux lèvres pincées qui trône à présent au Parti Dominant, et aux figures interchangeables (UMP et PS, même combat économique : saigner les classes populaires jusqu’à l’os ?). Leur discours est toujours le même : le patron le salarié est trop payé, le smic devrait être supprimé ou contourné, les employés ont trop de droits et les patrons pas assez, trop de contraintes, le code du travail est un frein à l’emploi, les fonctionnaires sont trop nombreux,  coutent trop cher à la nation, le CDD et le CDI doivent disparaître, il faut contrôler plus sévèrement les chômeurs, les gauchistes sont des monstres préhistoriques qui empêchent de faire des profits colossaux sur le dos des salariés qui n’ont plus aucun droit sinon celui de se taire la société d’évoluer et de se diriger vers davantage de modernité en dépassant les clivages partisans. Nous ne sommes plus dupes de toutes ces belles paroles qui bien que souvent dites de manière doucereuse par Valls ou Macron comme par Copé ou Lemaire, n’en sont pas moins porteuses d’une violence sociale inédite. Le peuple qui ne se reconnait plus dans ces partis et ces discours dominants, et pas davantage nécessairement, contrairement aux idées reçues (que fait-on dire aux abstentionnistes, à présent le parti le plus populaire de France ?), dans les idées à vomir du FN et de ses conjoints, se sent abandonné. Aussi, quand il voit avec effarement cet emballement médiatique et politique, les deux à l’unisson dans une confondante complicité, se répandre dans une touchante unanimité en discours larmoyants sur la bonté et la grandeur du grand patron de l’une des sociétés les moins éthiques qui soit,  et de plus fondre comme un seul homme sur sa proie, le bouc émissaire pourtant (malgré lui)  parole du peuple qu’est Filoche, il a peut-être le droit de ruer (un peu) dans les brancards,  en se sentant injustement désigné à la vindicte médiatique. Pire, il est révolté par l’injustice qui consiste à envoyer le soldat Filoche au tribunal militaire alors que les plus coupables et responsables de ce parti, la bande de la MNEF, les Le Guen, Les Cambadélis plusieurs fois condamnés, les Guérini et autres socialistes bon ton en délicatesse avec la morale et la justice, eux, ne sont jamais inquiétés.  Le dernier communiqué d’Ensemble, la formation politique à laquelle j’appartiens dit tout cela bien mieux que moi.  Alors, oui, nous nous reconnaissons dans le combat de GG à travers son tweet, malgré ses outrances, malgré l’incompréhension de le voir encore et toujours dans ce parti si éloigné de nos idéaux communs, et nous le faisons savoir, sur twitter, par centaines (et non quelques poignées, Juan), en reprenant en écho le tweet de notre GG national, à qui l’on fait dire ce qu’il ne dit pas. Non, nous ne crachons pas sur les morts, mais sur Total, ses magouilles, son fonctionnement capitalistique prédateur et incontrôlé, et le fait qu’il ne paie aucun impôt en France. Pire, malgré cela, l’Etat devrait peut-être lui faire un chèque pour les bons services qu’il a rendu à l’économie française. En ne payant aucun impôt. Et il faudrait se taire, ne rien signifier, ne pas broncher. Et ben non, nous avons nous aussi une morale, une conscience, un combat. Nous en avons marre que la lutte des classes soit gagnée chaque jour un peu plus par les riches, dont Monsieur De Margerie était un représentant. Et nous le faisons savoir comme nous pouvons, puisque nous ne sommes plus entendus. Il ne faut pas le dire, mais la guerre est là : elle est économique, et nous en faisons les frais chaque jour un peu plus, en plus grand nombre. L’ex patron de Total est mort dans un accident d’avion, pendant que des milliers de paysans se suicident, des centaines de salariés sont victimes de burn-out sous des pressions insupportables, vont jusqu’à s’immoler… Des milliers d’emplois sont supprimés, les trains de licenciements n’émeuvent même plus… Et nous pleurerions la mort d’un homme, un seul, fusse-t-il grand patron et « capitaine d’industrie » ? La mort de Margerie en vaut une autre, surtout quand elle est sacrifiée sur l’autel du grand profit international. Et de cela, nul ne pipe mot parmi les nantis, les ceusse qui ont une bonne conscience malgré les dégâts sociétaux et personnels irréparables. Et donc, dans ce contexte, dans ce flot de tweets nourris de tout ou partie de cela à la fois, voir paraître ce tweet raisonne comme une provocation à notre conscience de classe :

Juan

Monsieur De Sarkofrance, tu ferais mieux d’avoir honte de ce que ceux qui ont choisi le camp de Margerie font de sa mort. Tu ferais mieux d’avoir honte de commettre la même erreur que ceux de ta classe et de ton champ idéologique font en réduisant le combat d’un homme à un malheureux tweet, dont je ne partage pas nécessairement la forme, mais le fond. Tu commets la même en réduisant l’ami Pourrito, que tu balances comme ça en place publique (mais il est assez grand pour se défendre tout seul) à un seul tweet. Si tu ne le comprends pas, c’est que tu n’es pas franchement du même monde….. Sais tu ce que c’est seulement, de rechercher un emploi, de connaitre la galère de se voir désigné par les pouvoirs en place comme l’ennemi à abattre bien davantage que le grand patron qui fait des profits incommensurables et part tranquilou en retraite avec son parachute doré et sa retraite chapeau malgré les pertes considérables de son groupe et les milliers de licenciements ? n’est-ce pas plutôt ça l’insulte faite à notre société, et à notre pays ? Tu as choisi ton camp, permets nous de choisir le nôtre. Nous ne sommes pas du même monde. ce qui ne m’empêche nullement, comme tu le vois, de communiquer. Paix à ton âme.

Total scandale

« Le scandale TOTAL doit cesser : nationalisation ! »

(J.L. Mélenchon)

Total vient d’annoncer un bénéfice pour 2011 de 12,3 milliards d’euros. C’est son record depuis 2008 ! Décidément ce n’est pas la crise pour tout le monde !

Cet argent est accumulé sur le dos des Français qui voit chaque jour le prix de l’essence s’envoler. Il est une offense  odieuse  face aux  salariés sacrifiés de la raffinerie de Dunkerque.

Dans le même temps, le PDG précise que Total payera seulement 300 millions d’euros d’impôts sur les sociétés en France. C’est à peine 2,4% de ses bénéfices ! Rien ne dit mieux l’abaissement face aux puissances d’argent dans lequel sont tombés l’Etat et les citoyens !

Rien ne montre mieux l’urgence et l’intérêt qu’il y a à nationaliser Total comme le prévoit le programme du Front de Gauche. C’est une condition indispensable pour préserver le pouvoir d’achat populaire. C’est aussi une absolue nécessité pour mettre enfin les moyens financiers, techniques et humains de Total au service de l’intérêt général dans le cadre de la planification écologique.

Communiqué de Jean-Luc Mélenchon

les rois de l’arène

Pourquoi ce ne sera jamais toi qui aura la fève…

le 6 janvier 2012, Epiphanie – Jour des Rois

Les journaux du 5 janvier 2012 ont difficilement pu cacher que les entreprises du CAC 40 en France résistent bien à la crise : « Les ténors du CAC 40 devraient verser quelque 37 milliards d’euros de dividendes en 2012 – au titre de l’exercice 2011 -, selon les analystes. Une majorité d’entreprises devraient augmenter ou maintenir leurs dividendes, afin d’éviter de donner un signal négatif au marché » (sic). Pour ne pas donner de signal négatif au marché, les gouvernements reculent l’âge du départ en retraite, suppriment des emplois publics, cassent les derniers services publics et les concèdent aux amis, baissent les impôts sur les sociétés, augmentent la TVA, etc. Et pour ne pas donner de signal négatif au marché, les entreprises du CAC 40 versent de très gros dividendes à leurs actionnaires.

Quelques exemples « français » permettent d’éclairer tout ce que ceci veut dire :

Total va verser 5,38 milliards d’euros. Derrière ces très gros bénéfices, il y a le prix de vente de l’essence à la pompe qui est supporté par chacun, il y a l’exploitation des salariés des raffineries et des camionneurs, il y a les délocalisations, il y a les pétroliers qui traversent les océans en battant le pavillon d’un paradis fiscal, il y a des navires poubelles qui exploitent leurs salariés et déversent parfois leur contenu sur les cotes, il y a les corruptions avec les dirigeants des territoires d’où est extrait le brut, il y a les impôts que ne paye pas Total.

France Télécom va verser 3,71 milliards d’euros. Derrière ces très gros bénéfices, il y a l’escroquerie du prix des télécommunications, l’illisibilité des tarifs et des abonnements, il y a les conditions de travail des personnels, les suicides de salariés dans les entreprises, il y a la précarité grandissante, il y a les rachats d’entreprises à l’étranger et l’exploitation de leurs salariés, il y a l’usage qui est fait de l’optimisation fiscale pour réduire l’impôt payé.

Sanofi va verser 3,48 milliards d’euros. Derrière ces très gros bénéfices, il y a le prix de vente des médicaments, il y a la collusion entre les laboratoires et ceux qui décident de la mise sur le marché des médicaments et de leur prix de vente, il y a les cadeaux offerts aux congressistes du secteur de la santé, il y a le coût des visiteurs médicaux et de la publicité versée aux professionnels, il y a le déficit de la Sécurité sociale, il y a les augmentations des cotisations sociales et de la CSG des salariés, il y a l’augmentation du coût des mutuelles, il y a les personnes qui ne peuvent plus accéder à certains soins, il y a les impôts que le secteur évite, grâce notamment aux délocalisations fiscales et au crédit-recherche.

Gdf-Suez va verser 3,38 milliards d’euros. Derrière ces très gros bénéfices, il y a le prix de vente élevé de l’énergie qui interdit maintenant à des familles pauvres de pouvoir y accéder, il y a les conditions de travail des salariés, il y a la précarité, il y a l’exploitation de milliers de travailleurs dans d’autres pays, en Europe, en Afrique, en Amérique latine, en Asie, il y a les le recours aux « prix de transferts » pour réduire l’impôt payé en France.

Nous pourrions continuer avec Edf, BNP Paribas, Vivendi, Axa, LVMH, L’Oréal, et d’autres, en France, en Allemagne, en Italie où ça va mal pour d’autres italiens, en Espagne où ça va mal pour d’autres espagnols, au Portugal, et en Grèce (où ça va toujours très bien pour les armateurs), et en Afrique, et en Asie, et dans les Amériques, etc.

Pour l’Union Nationale Interprofessionnelle des Retraités Solidaires (UNIRS) ceci confirme bien que « de l’argent, il y en a », et qu’il faut le répartir autrement. Il faut faire cesser l’accaparement des richesses produites par une très grande majorité de la population de la planète par une extrême minorité qui, progressivement, va posséder directement ou indirectement l’essentiel de celle aura pu « financiariser ».

 Communiqué UNIRS – Union Nationale Interprofessionnelle des Retraités Solidaires (source)