impôts : beaucoup de questions, peu de réponses, une certitude : l’ injustice

progressivité impôts France

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taux imposition Europe

vus ici

Quel sens ont nos impôts quand on assiste à de telles inégalités ? Comment peut-on accepter de les payer au prix fort si de telles logiques, aussi absurdes, sont à l’ œuvre partout en Europe ? Comment ne pas s’indigner de ce que plus on est riche, moins on paie d’impôts ? Pourquoi n’y a-t-il pas davantage de progressivité dans son calcul et son montant ? Pourquoi les gouvernements ne font-ils pas en sorte de concevoir le prélèvement fiscal comme un outil de redistribution des richesses ? Est-ce se montrer communiste que de penser cela ? Pourquoi la France, entre 1995 et 2014, a-t-elle choisit de baisser son taux d’imposition sur les revenus de près de 9 points ? Cela ne contredit-il pas très objectivement la litanie usuelle répandue dans les médias des chacals libéraux selon lesquels nous serions en France étranglés par l’impôt ? Cela ne semble manifestement pas être le cas à titre individuel… Dans ce contexte, la décision tonitruante et tape à l’œil de Valls et Cazeneuve de supprimer la première tranche de l’impôt sur le revenu a-t-elle un sens, alors que les techniciens des centres des impôts eux-mêmes ne savent pas comment cela pourrait être simplement rendu possible sans affecter les autres de manière substantielle  ? Pourquoi les médias dominants ne nous instruisent-ils pas plus sérieusement, comme Arte, de cette affaire qui nous concerne tous ? Au lieu de nous abreuver du rituel « trop d’impôts » des libéraux qui trustent les plateaux de télévision.. plutôt que du thème, moins racoleur mais nécessitant plus d’analyse il est vrai,  de l’impôt juste.

Décidément, la vision, l’analyse et l’interprétation de ces deux graphiques appellent tant de questions sans réponse qu’il faudra bien que les politiques de tous bords s’en mêlent et nous disent plus clairement ce qu’ils ont l’intention de faire, afin que nous puissions nous positionner autrement. Ou pas. Ou de manière plus consciente des enjeux. Ce sera probablement plus difficile que de parler, pour certains, d’immigration ou de PMA de manière si tranchée… Pourtant, cela ne transforme-t-il pas très concrètement notre vie quotidienne ? La manière dont un état lève des impôts ne devrait-il pas refléter son orientation politique et ses priorités ? Son sens de l’avenir ? La nature de ses réalisations ?

j’attends des réponses. Et pas de blabla : des résultats !

L’étrange combat du capitaine de pédalo et son sabre de bois contre le monde de la finance

au-sycomore-syma35010Les forces vives de la nation attaquent la crise économique et la désindustrialisation de notre pays à l’aide de leur beau sabre de bois, magnifiquement peint… en rose.  Pourtant, étonnamment, on n’entend guère le chantre de la démondialisation donner de la voix, lui qui n’en est guère avare d’ordinaire. Serait-il en plein travail, arc-bouté sur ses volumineux dossiers, armé de sa légendaire inspiration gauchiste, prêt à pourfendre le patron voyou et à nationaliser d’autres Florange ? Ou alors, serait-il dans les caves de Bercy ou de son château en Saône et Loire pour fourbir une arme de construction massive d’emplois, qu’il pourrait ressortir opportunément à l’occasion des fêtes de fin d’année, pour permettre à François Hollande de respecter ses promesses électorales en offrant un beau cadeau de Noël à tous les chômeurs de France : un emploi sûr et bien payé dans une boite enrubannée par les bons soins de Pôle Emploi ? Toujours est-il que nos gouvernants semblent étrangement confiants dans les bons résultats de leur (forcément) excellente politique économique, et tablent toujours sur l’éradication du chômage avant fin 2013, alors que tous les indicateurs leur donnent tort. Et quand on sait que la décision de S&P est motivée de la manière suivante, on est en plein cœur du problème :

« L’agence d’évaluation financière Standard & Poor’s a justifié sa décision en expliquant que le pays a perdu de sa marge de manoeuvre financière et n’est pas en mesure de se réformer davantage en raison du maintien d’un chômage élevé. » (source)

La méthode Coué a donc ses limites que le bon sens et l’examen critique de la réalité sont en train de vertement contredire.  Ainsi, le Nouvel Obs publie une carte interactive assez édifiante des plans sociaux actuellement à l’œuvre dans notre pays, où l’on voit que la Bretagne qui fait actuellement la Une des révoltes sociales n’est pas la seule concernée, et que tous les salariés ne brûlent pas leur entreprise comme d’autres des portiques…

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« Le cabinet d’études Altares vient pourtant de tirer la sonnette d’alarme, indiquant qu’avec 12.790 entreprises en dépôt de bilan au troisième trimestre 2013, la France retrouve le niveau de défaillances d’entreprises atteint en 2009. » (source)

 Cela n’empêche pourtant pas le Medef de minimiser tout ça, et d’être bizarrement au diapason de nos sommités gouvernementales en partageant la même confiance sur la reprise…« Je ne sais pas si les plans sociaux qui sont annoncés sont un syndrome de la crise. Ils sont très spectaculaires, ils font la une des médias mais ils ne sont que l’écume des choses. » (Geoffroy Roux de Bézieux, ici). Mais comme chacun voit midi à sa porte, non content de trouver cette vague de licenciements si peu dramatique, il tente de surcroît, encore et encore,  jusqu’à l’absurde,  de tirer la couverture à lui, plutôt que vers les plus démunis d’entre nous, en réclamant une baisse des charges rendue très audible en ce moment par les bonnets rouges…  Qui s’en étonnera ?

 C’est pourquoi, après réflexion, je trouve l’idée de Mélenchon de ne pas laisser à la seule droite et à l’extrême droite le monopole d’une révolte fiscale qui sert surtout l’intérêt des patrons, en rejoignant – sans grande surprise pour moi – le camp des  bonnets verts, de très bon aloi. Et je la soutiens. Pour une plus juste répartition des richesses… Et des taxes. Certaines sont utiles. D’autres sont injustes, et la TVA en est l’illustration. Lutter contre son augmentation, c’est donc éminemment socialiste, au sens le plus originel du terme. L’oublier, comme le gouvernement en ce moment, une faute impardonnable.

« Si vous voulez faire un cadeau aux patrons, trouvez le ailleurs que dans nos poches. »(JL Mélenchon)

Sans titre

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combat contre l’austérité : le FMI au secours du Front de Gauche ?

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C’était une constante du Front de gauche que de critiquer la politique d’austérité  hypocritement maquillée en rigueur par des solfériniens qui n’assument pas de perpétuer la même politique économique orthodoxe libérale que les sarkozystes. Mais ne voila-t-il pas, Ô surprise, que le front de gauche vient de se trouver un allié inattendu : le  FMi lui-même vient de demander à la France de ralentir le rythme de réduction de ses déficits… Sauf que ce n’est pas pour la même raison, et que cela ne va pas dans le même sens. Là où le front de gauche estime que certaines dépenses publiques sont utiles et nécessaires et doivent être maintenues, le FMI, lui, s’oppose à la politique solférinienne car celle-ci serait trop basée sur des augmentations des taxes. On appréciera l’équité du combat de ce fonds international, qui critique les orientations gouvernementales uniquement quand elles ne vont pas dans le sens des intérêts dominants. Il y a en effet une troublante concordance de vues entre le FMI et le Medef. Les masses populaires apprécieront.

Les jeux sont faits. Rien ne va plus. Vive la proposition Galut !

Au moment où l’Assemblée Nationale vient de voter le budget 2013, il est intéressant de souligner l’initiative d’un député PS, qui  propose de taxer les plus gros gains des jeux de hasard à hauteur de 15 %. Selon son estimation, la mesure rapporterait 1 milliard d’Euros, soit 10 % des impôts supplémentaires qui seront demandés par les socialistes en 2013 aux contribuables. Un milliard de moins sur nos économies, ce n’est pas rien. Pourtant les gros richards pourris de pognon qui ont les moyens de miser gros, notamment au poker, s’y opposent farouchement. Le gouvernement résistera-t-il à ce lobby comme il a résisté aux pressions financières des banquiers, de la troïka européenne, des agences de notation et… du mouvement des #geonpi ? Oups, je ne dirai rien. Car aujourd’hui, ce n’est pas la fête au PS, mais à l’UMP. La suite au prochain épisode…

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Aujourd’hui, la sauce hollandaise est plutôt bonne (je l’ai goûtée)

  Acceptons de nous montrer naïfs un instant, et laissons à ce gouvernement le bénéfice du doute. Si l’on en croit les mesures annoncées ce matin par Jérôme Cahuzac, les hausses d’impôts  prévues (7,2 milliards d’euros cette année et 6,1 milliards supplémentaires en 2013) pèseront à 53% sur les ménages et 47% sur les entreprises. Voilà qui nous apparaît plutôt (presque)  équilibré. Pour ce qui nous concerne,  nous autres particuliers, les nouvelles charges « viseront à 73% des patrimoines et des revenus «les plus élevés». Un ISF exceptionnel verra le jour qui ponctionnera 2.3 milliards d’euros sur les personnes dont le patrimoine net imposable est supérieur à 1.3 millions d’euros. « La TVA sociale adoptée par l’ancienne majorité qui devait entrer en vigueur en octobre sera supprimée ». La taxe sur les banques sera doublée, de nouvelles taxes sur les sociétés apparaîtront et les dividendes et stocks options seront taxés à 3 %… De plus, les non-résidents seront également visés par ces nouvelles taxes. Voilà qui va donc dans le bon sens, celui que nous demandions, même si elles s’avèrent en deçà, ne boudons pas notre plaisir.  Des esprits chagrins pourront néanmoins se concentrer sur la partie du verre la plus vide, et retourneront l’argument en se lamentant de ce que 27 % de ces impôts concerneront des classes sociales plus modestes et moins argentées. Mais nous commenterons cela le jour venu, lorsque nous en saurons plus sur la nature de ces prélèvements supplémentaires, et sur la forme précise qu’ils prendront.

 Sur ce, retournons à notre jardin…

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Monsieur Toutes Taxes Comprises… #TSS

C’est exactement ce que je pensais, et que j’ai oublié d’écrire, en composant un billet, tout à l’heure,  sur la dernière taxe acidulée…

« Vous avez taxé les clés USB, les disques durs, les véhicules selon des caractéristiques fluctuantes au gré des lois de finances (…) Vous avez même taxé les poissons, les crustacés et les mollusques, avant que la Commission européenne ne vous dise que décidément, celle-là était peut-être de trop ! » A front renversé, alors que l’argument du « matraquage fiscal » est en général celui de la droite contre la gauche, le député socialiste du Lot-et-Garonne, Jérôme Cahuzac  s’est livré, mardi 18 octobre, à un réquisitoire contre les taxes que propose l’UMP dans le cadre du projet de loi de finances.

La pique du président de la commission des finances de l’Assemblée visait à souligner un paradoxe : c’est selon lui sous le mandat de Nicolas Sarozy qu’a été battu le record de créations de taxes nouvelles. (la suite ici)

Pas seulement selon lui d’ailleurs… : que ceux et celles parmi les blogueurs notamment qui sont d’accord le fassent savoir ! ici ou ailleurs…

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le goût amer de l’effort mutuel

Comment des députés, majoritaires ou pas, de droite ou pas, peuvent-ils en leur âme et conscience voter une telle mesure, cette  nouvelle taxe sur les mutuelles, qui va pénaliser tous les français, alors qu’ils n’ont pas voulu taxer, ou si peu,  les plus riches, pas voulu taxer ou si peu les propriétaires de résidences secondaires ? Et pas voulu taxer les parcs de loisirs tout simplement parce qu’un gros Monsieur s’est fâché tout rouge… et non par souci de l’intérêt collectif.

Drôle de message d’une profonde injustice donné à des français qui sont déjà submergés de taxes à en vomir. Au nom du principe de réalité, peut-être ? Bel exemple de partage des richesses, assurément. car les mutuelles sont des organismes à but non lucratif, relevant de l’économie sociale et solidaire, et non des entreprises accumulant des bénéfices sur lesquels il suffirait de prélever une quelconque gabelle… Voilà donc là une mesure bien de droite : taxer les pauvres pour laisser les riches continuer à spéculer tranquillement et nous préparer une nouvelle crise…  Yen a marre !

Un autre monde est possible.

(Lire aussi ceci)

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UMP/austérité : ya des claques qui se perdent !

Donc, si j’ai bien compris ce que j’ai lu ici, cela voudrait donc dire que ces cancres brevetés du gouvernement ont tout faux ? Qu’ils taxent notre coca,  notre alcool, et nos cigarettes, tout en contribuant à une augmentation de 5 % de nos mutuelles l’année prochaine ¹, alors qu’il y a moyen d’économiser au moins 11,7 milliards d’euros par an avec ces niches fiscales qui ne servent à rien ? Même que de mauvaises langues  vont même  jusqu’à 53 milliards.. c’est énorme !

Vraiment, oui, y a des claques qui se perdent ! Ailleurs, dans la vraie vie, on en licencie pour moins que ça…

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¹sans parler de toutes les taxes desquelles Sarkozy a manifestement décidé d’être le champion du monde !

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fiscalité des entreprises : un impôt à la (grosse)tête du client…

C’est une étude de huit pages qui ne va pas manquer de faire réagir le patronat et les partis politiques. Publiée hier soir par la Direction du Trésor, elle s’intitule sobrement « Le taux de taxation implicite des bénéfices en France ». Mais ses conclusions sont explosives : « Au titre de 2007, le taux implicite varie de 39 % pour les PME (de 10 à 249 salariés) à 19 % pour les grandes entreprises (de 5.000 salariés et plus) », indique l’étude. « Le taux implicite d’imposition des microentreprises (de moins de 10 salariés) s’établit à 37 % et celui des entreprises de taille intermédiaire (ETI) se situe, lui, dans la moyenne, à 28 %. » Le taux implicite est un indicateur macroéconomique, rappelle le Trésor : c’est le ratio entre les recettes d’impôt sur les sociétés perçues par l’Etat et « son assiette économique mesurée par l’excédent net d’exploitation » (valeur ajoutée dont sont déduits les rémunérations, les impôts sur la production et l’amortissement du capital physique) de l’ensemble des entreprises (non financières).

Extrait d’un article de V. L. B. sur  Les Echos

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Laissons les riches spéculer tranquillement sur le marché de l’art

  Source

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Taxer ceux qui font de l’argent sans travailler, est-ce une si mauvaise idée ?  Encore un signal malheureux pour ceux qui attendent davantage de justice, y compris fiscale.

 Serait-ce une illustration de la tactique des contre-feux ? Pour faire oublier l’injustice de la disparition progressive de l’ISF et ses conséquences néfastes sur le budget de l’état, l’UMP fait-elle exprès de lancer son offensive anti-RSA ?

 Peut-être est-ce mon esprit totalement contaminé par un gauchisme malvenu, mais je ne cesse de voir un contraste de plus en plus saisissant entre l’accumulation des gages  favorables offerts par le gouvernement sarkozyste aux plus riches, et cette chasse de plus en plus agressive envers les plus pauvres.

 Toujours est-il que l’assemblée nationale a rejeté hier l’amendement Le Fur, repris par l’opposition (et certains centristes…), qui proposait d’intégrer les œuvres d’art dans le champ du calcul de l’ISF. C’est fortement regrettable. J’entendais d’ailleurs hier Serge Portelli dans l’émission Ce soir ou jamais (≠csoj pour les twittos)  dire tout  le ridicule qu’il y avait de la part de l’UMP à prétexter l’évasion des artistes et des œuvres d’art pour justifier ce refus. Il rappelait en effet à bon escient, et c’est utile en période de totale démagogie de la part d’un gouvernement hystérique, qu’il ne fallait pas confondre l’art spéculatif et un autre mode artistique qui voyait ses créateurs, pour beaucoup,  percevoir le RSA, justement,  puisqu’ils n’en vivaient pas…. Décidément, on voit bien à travers ce sujet la préoccupation obsédante des plus hautes instances de l’état, et quelle catégorie de personnes hante ses orientations… au mépris de la réalité. Prétendre défendre l’art en ne défendant là aussi que les plus riches, voilà qui est choquant. Si cet argument était sincère, pourquoi ne pas créer un statut de l’artiste, qui le mette à l’abri du besoin, dans la mesure où les artistes en galère représentent bien plus sûrement l’art vivant que cette poignée d’artistes internationaux dont on se sert pour profiter de niches fiscales ?

 Pourtant, j’avais trouvé intéressante la proposition d’un député ( socialiste ?) de suspendre la taxation lorsque l’œuvre était exposée dans un musée, ce qui aurait permis de rendre bien davantage d’œuvres d’art  accessibles au grand public. Il sera donc dit que l’art pourra être confisqué par les grandes fortunes de ce monde là.

 Un autre est possible.

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