bilan carbone du PS : 0+0= la tête à Martin ?

10276-134857957-370x0-2Il est à présent de notoriété publique que les solfériniens se soucient de protection de l’environnement comme de leur première paire de chaussettes. Aussi, quand j’apprends qu’apparait opportunément –  en plein milieu de l’université d’été du PS à La Rochelle, comme par hasard… Faut-il le souligner ? –  le retour du concept de la taxe carbone,   je me gausse, pour parler poliment. Car enfin, qui peut croire un seul instant à l’application d’une telle mesure, en pleine période de mécontentement sur fond de plaintes médéfiennes sans fin sur l’augmentation des taxes et impôts divers ? Et alors que les ministres écologistes ont été jusqu’à présent si peu pris au sérieux, voire carrément humiliés par les solfériniens qui les traitent comme quantité négligeable ? Tout cela ressemble fort à un hochet estival que le nouveau ministre de l’écologie agite pour tenter d’exister. Mais nous ne sommes guère enclins à estimer sa crédibilité et son poids face à des gens comme Moscovici et Montebourg dont on ne connait que trop la force des (non)  convictions environnementales. D’où le titre. Il nous faut en effet des gens un peu plus libres de leurs pensées pour considérer que les considérations écologiques vont dans le sens de l’économie de demain. Mais ces gens sont prisonniers d’une pure logique libérale qu’ils ne mettent que très accessoirement en cause. Le dogme du productivisme à tout crin est en train de creuser notre tombe, mais ils ne le voient même pas, leur seul moteur étant l’argent et le pouvoir…  Espèrent-ils donc  avoir raison à  n’importe quel prix, y compris  celui de notre survie ?

Post-scriptum( j’ai de plus en plus honte d’utiliser les initiales ps) : j’apprends que les verts d’EELV sont contents de leur bilan au gouvernement… Ils se contentent de bien peu ! Qu’ont-ils obtenu de leur présence, qui ressemble de plus en plus à de la compromission, à part… Rien ?

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Le 16 Août, « Merkel et Sarkozy s’échangent leurs roupies (de sansonnet) ».

 

Un beau couple, vous ne trouvez pas ? Comme ils sont mimi… J’ai trouvé ça ici.

 

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 Le haut sommet bicéphale que tous les milieux financiers de la planète attendent n’a même pas besoin de se tenir, ça évitera des frais inutiles aux contribuables français. Il accouchera forcément d’une souris. Pas d’euro-bons (pourtant souhaités par beaucoup et pas des moindres), pas de  taxe carbone ou Tobin Borloo, pas de « nouvelle gouvernance économique » rendue si nécessaire par le contexte, aucune régulation des hedge funds et des paradis fiscaux, pas d’ EFSF (voir ici)… La moralisation du capitalisme n’est pas pour demain.

 Le déjeuner préliminaire annoncé avec tambours et trompettes par les médias aux ordres de notre petit président avec son premier sinistre doit faire l’effet aux yeux de plus d’un observateur de repas de vacanciers plutôt que de rendez-vous politique décisif. Ce vulgaire coup de pub bien français sarkozyste du couple (bien mal assorti) franco-allemand risque donc fort de décevoir ceux qui attendaient de la monnaie sonnante et trébuchante… et avaient besoin d’être rassurés.

 De la roupie de sansonnet, vous dis-je. Ceci étant écrit, il ne faut pas s’en étonner. Bien que je sois un indécrottable optimiste, au risque de passer sous la barre du mépris de Marc Vasseur, je ne suis pour autant point dupe des intérêts divergents. En quoi Miss Merkel aurait-elle  intérêt à bouleverser la donne alors que son pays profite si bien souffre si peu de la crise ?

 Ce qui me choque dans l’histoire, c’est ce manque de solidarité internationale… Mais il est probable que Sarkozy, à l’inverse, ne ferait pas mieux pire.

 Sauvons nos petits intérêts nationaux, comme les personnels, il n’y a que ça qui compte, dans ce PDM….

 Un autre monde est possible.

 

Ps. Ravi de voir que pour une fois, le blogueur ultra libéral¹  H16 se range à mes conclusions . Bien entendu, ce n’est pas vraiment pour les mêmes raisons… S’il fallait une preuve que nous sommes aux antipodes l’un et l’autre du spectre politique, voilà qui suffirait.  

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¹ C’est-à-dire libéral au point d’en être un sujet d’ultra super extra franche rigolade chez les blogueurs de (super) gauche

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Mettre du carbone sur le feu…

Pour faire un barbecue ?


Séquence émotion.. j’étais sur twitter à mater une jolie rousse  sur une photo envoyée par Annie Day depuis le kremlin des blogs, lorsque m’arrive en direct d’un journaliste du Figaro (le comble) une information selon laquelle la taxe carbone venait d’être annulée par le Conseil Constitutionnel…

Forcément, je vérifie, tellement c’est énorme… Et tombe sur une dépêche AFP, via “Romandie.com”, ici.

Vous pouvez consulter l’intégralité du communiqué là

D’aucuns m’informent qu’ils maintiennent quand même le CET et la disparition de la TP”… (comprendre la Contribution Économique Territoriale et la Taxe Professionnelle), mais cela ne parvient pas à entamer mon enthousiasme…

Quand on connait de surcroît les motifs qui fondent cette décision inattendue, on ne peut que sourire (jaune), puisqu’on découvre avec stupeur que  les émissions des centrales thermiques produisant de l’électricité, pour seul exemple, étaient totalement exonérées de contribution carbone, ce qui aurait constitué une mesure discriminatoire envers les autres industries… Et que les pollueurs exonérés constituaient à eux seuls 93% des émissions d’origine industrielle, on croît rêver. Voilà un gouvernement qui tente sincèrement de résoudre le réchauffement climatique,  n’est-ce pas ?

En tous les cas, cette année 2009, finalement, se terminera par un bon coup de pied dans le cul de notre PCPTIP (Personne Célèbre de Petite Taille Immensément Prétentieuse).

Et c’est tant mieux. Marre de ce con ultime. Faut que ça cesse.

Ps. Ceci dit, me vient une dernière crainte, face à quelqu’un qui respecte si peu les règles démocratiques : va-t-il passer outre ? La suite au prochain épisode… A suivre de près. Comptez sur moi.

Ps. 2 : comme l’écrit à l’instant @Sarkopako via @Donjipez : « C’est pas du jeu ils profitent que je suis en vacances avec des chameaux pour me sucrer ma taxounette «

A qui profite la taxe carbone ?

Qui a dit que le parti de gauche ne faisait que revendiquer et tempêter sans avoir d’idées et de propositions concrètes ? La preuve du contraire ci-après…

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Une occasion manquée pour la taxe carbone !



Communiqué du PG



Annoncée à grand renfort médiatique lors du Grenelle de l’environnement, la taxe carbone proposée par la « commission Rocard » présente malheureusement de nombreuses insuffisances. Non seulement elle manquerait sa cible – permettre la réduction des émissions de gaz à effet de serre – mais en plus elle pénaliserait une fois encore les ménages au profit des entreprises.

En premier lieu, cette proposition de taxe ne concerne pas les entreprises les plus fortement émettrices, sous prétexte qu’elles sont déjà soumises à des quotas de CO2. Or ces entreprises bénéficient surtout pour l’instant de quotas gratuits, et peuvent en outre acquérir des « droits à polluer »  supplémentaires sur le marché des émissions de gaz à effet de serre, à des prix inférieurs à ceux annoncés pour les particuliers et les PME ! Gros pollueurs, petits payeurs ?

Ensuite, cette taxe carbone exclut l’électricité d’origine nucléaire et risque donc d’entraîner un report vers le chauffage électrique dont le rendement énergétique est très faible et qui grève chaque hiver le budget chauffage des Français. Sans compter que ce périmètre réduit encore la probabilité que la France envisage enfin la nécessaire sortie, à terme, du nucléaire.

En apparence, la logique de cette taxe est limpide, elle s’appuie sur l’hypothèse hélas bien connue d’un marché libéral vertueux : « hausse du coût = baisse de la consommation ». Que n’y a-t-on pensé avant ! Sauf que cette hypothèse néglige un fait essentiel : aujourd’hui, la plupart des consommations énergétiques des particuliers sont contraintes. En milieu rural et péri-urbain notamment, l’insuffisance du réseau des transports en commun ne permet guère de se passer de voiture. Surtout quand le gouvernement relance, comme avec la loi de modernisation de l’économie, l’ouverture des supermarchés en périphérie et le travail du dimanche !

Quant à la facture énergétique liée au logement, les locataires risquent de se retrouver à en supporter les frais, tandis que les petits propriétaires n’auront pas tous les moyens d’investir suffisamment pour que la réhabilitation de leur logement ait un effet sur leur facturation. Or, le mécanisme de redistribution vers les particuliers, volet pourtant essentiel de ce projet de taxe carbone, reste dans un flou complet.

Enfin, sous prétexte de ne pas augmenter les charges des entreprises, la droite exige que la « taxe Rocard » s’accompagne de nouvelles exonérations de cotisations sociales ; on en entend même certains proposer qu’elle compense la suppression de la taxe professionnelle… Mais si les cotisations sociales permettent de financer la sécurité sociale, la taxe carbone, elle, ne le permettra pas !

Voilà la vision qu’a la droite de l’écologie : faire payer la facture aux plus pauvres, tout en augmentant encore les profits des entreprises. On ne peut que déplorer qu’un ancien Premier Ministre « socialiste » se prête au jeu et qu’un dirigeant « écologiste » qualifie cette taxe de révolutionnaire !
Parce que l’accès à l’énergie est un droit fondamental, et qu’une politique conséquente de lutte contre le dérèglement climatique ne peut pas se résumer à une « taxe miracle », le Parti de Gauche se prononce pour une politique énergétique plus globale, ambitieuse, en rupture avec le système capitaliste et la logique productiviste :

1/ une planification écologique permettant, par une réorientation profonde de nos modes de production et de consommation, à la fois de réduire les émissions de gaz à effet de serre, de préparer la sortie progressive du nucléaire et d’anticiper la raréfaction des ressources naturelles en articulant les conditions sociales et environnementales nécessaires à la mutation écologique ;

2/ l’ouverture d’un large débat public sur les politiques énergétiques en France et en Europe, qui permette de sortir des débats techniques réservés aux experts, et favorisent l’implication populaire sur des choix d’avenir qui engagent la société toute entière ;

3/ l’organisation de tables rondes réunissant organisations écologistes et partenaires sociaux, syndicats et représentants du personnel sur la planification de la reconversion des industries les plus polluantes ;

4/ un plan d’investissement massif dans les énergies renouvelables, la recherche en matière d’efficacité énergétique et la promotion de la sobriété en matière de consommation ;

5/ la mise en place d’un service public de l’énergie, avec le retour d’EDF et GDF à 100% public, permettant à la fois de réduire la fracture énergétique et de planifier, sur le long terme et de manière volontariste, la nécessaire transition énergétique ;

6/ la mise en place d’un vaste plan de rénovation et d’isolation des logements ainsi qu’un plan de développement des transports les moins polluants à l’échelle du territoire (transports en commun de passagers, frêt ferroviaire et navigation fluviale) ;

7/ la réorientation des aides de la Politique Agricole Commune vers une agriculture paysanne relocalisée, pourvoyeuse d’emplois et plus sobre en matière énergétique ;

8/ la mise en place d’une fiscalité écologique aux frontières de l’Union Européenne  permettant, dans le cadre d’accords de coopération avec les pays du Sud, de réduire les importations des marchandises les plus lointaines et les plus polluantes.