fRance. 2018. On en est là.

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C’est un refrain brun bien connu dans la fRance qui sent le rance. On aiderait davantage les étrangers que nos sdf bien français et bien blancs (plutôt blonds ? Aux yeux bleus ?), qu’un certain Bastion dit Social dont les métastases se multiplient dangereusement sur ce pays prétend défendre… Belle hypocrisie quand on sait quel groupuscule haineux, raciste et violent se cache derrière la vitrine récemment repeinte pour cacher les avanies du passé, mais qui laisse transparaitre encore et toujours le même brun. Ils ne sont pas précisément distingués par leur souci du social,  ces gosses de riches… Opposer les pauvres aux tout aussi pauvres, belle tactique d’une hauteur morale exemplaire. Nul ne devrait être dupe. Et pourtant, il y faut, encore et toujours, de l’information, et encore de l’information, et toujours de l’information, pour contrer les fantasmes et les on-dit, les rumeurs, les hoax de tous acabits que sait si bien propager la fachosphère et sa pollution mentale habituelle, qui se fout de la rationalité, de la vérité, et de la raison… Information factuelle contre propagande fasciste, encore et toujours.

Coming out : je suis pauvre.

je ne parle jamais de moi ici. Le sujet ne m’intéresse guère. Mais l’heure est grave.  je ne sais pas pendant combien de temps encore je pourrai maintenir ce blog en l’état, avec ses publications quotidiennes, depuis 2008. Je me bats en effet depuis 2014 contre une terrible maladie, un véritable cancer social : le chômage. Pour celui ou celle que la naissance n’a pas avantagé.e,  et qui ne s’est pas exclusivement préoccupé de son seul enrichissement personnel, je ne connais pas d’autre moyen légal pour faire face à ses dépenses les plus modestes (manger, se vêtir, se loger, se laver, se chauffer ¹) que de vendre sa « force de travail » à un employeur ². Lequel veut visiblement, de manière de plus en plus étriquée au fil du temps, un employé bien formaté : ni trop jeune, ni trop vieux, ni trop diplômé, ni pas assez, avec de l’expérience, mais pas trop, le bon diplôme, la motivation sans faille adéquate, et surtout bien obéissant, n’ayant pas trop de connaissances sur ses droits, qui d’ailleurs s’amenuisent depuis ces dernières années (et ce n’est pas fini). Pour résumer : sujet taillable et corvéable à merci ne présentant aucune aspérité rédhibitoire.

Il semblerait hélas que je ne sois pas tout à fait conforme aux normes en vigueur en matière de mise sur le « marché » de l’emploi,  si j’en juge par le peu d’entrain des décideurs.ses à m’employer, même pour des postes pour lesquels j’étais pourtant il y a seulement quelques années si efficient, moi qui ai tant donné. Mes employeurs en ont pourtant toujours eu pour leur argent. Mais je crois pouvoir écrire que je paie à présent un engagement syndical au prix fort, sanctionnant mon incroyable témérité… Aussi, me voilà dans une situation je l’avoue assez pénible où je me vois contraint depuis peu à demander des aides sociales, de l’aide alimentaire, à la mobilité, ce que mon apparence ne dit pas. Je crains de perdre mon logement, que je ne peux plus financer. Et alors que j’ai consacré toute ma vie professionnelle à en aider d’autres, voilà que je me sens passer à présent de l’autre côté de la ligne… Un peu difficile à digérer, je l’avoue. Voilà voilà… Passons sur les détails en un revers d’écriture.

Dans ce magma d’angoisses qui me réveillent parfois sur une peur compréhensible du lendemain, il se trouve cependant que,  sans que je ne demande rien, une main s’est tendue,  tout à fait spontanément, me faisant un don de 60 euros. Une somme importante à mes yeux, qui m’a permis de boucler au moins ce mois ci, et de remplir mon frigo. Aussi, je tenais à remercier publiquement cet incroyable lecteur dont le visage m’est inconnu, mais qui lui se reconnaitra. Voir qu’il y a sur cette terre des gens pour qui le mot solidarité n’est pas vain, et qui m’a fait ce cadeau de Noël avant l’heure, simplement parce qu’il a noté au détour d’une phrase que j’étais… dans la difficulté, comme on dit, voilà qui me fait un bien fou, indescriptible, terriblement revigorant.  je suppose que sa pudeur n’apprécierait pas forcément que je le nomme, ou le mette trop en lumière. Mais j’espère, à charge de revanche, que je pourrai un jour, le plus proche possible, mettre un visage sur cette main là. Et lui rendre à ma façon ce qu’il m’a si généreusement donné, sans rien attendre en retour, force du don véritable.

Sa générosité personnelle et sa solidarité réelle ne s’est pas limitée à un chèque. Il est allé bien plus loin, mu par je ne sais quelle révolte intérieure contre l’injustice, ce qui me fait me reconnaitre un peu en lui, mon semblable. Il a voulu à sa façon alerter d’autres blogueurs, dans l’espoir de lever je ne sais quelle mobilisation générale à mon endroit, ce qui je l’avoue m’a quelque peu gêné, peu habitué que je suis à me battre pour moi-même, plutôt que pour d ‘autres, comme je l’ai toujours fait. Il m’a même proposé de lancer un appel à dons pour… moi seul ? Horriblement gêné.  Larme à l’œil.  je ne savais pas que cela existait, des gens comme ça. Son idée est qu’avec le nombre de lecteurs/ices abonnées à  ce blog, si un nombre suffisant me versait un peu d’argent en retour de mon bénévolat depuis toutes ces années, me finançant comme ils paieraient leur journal quotidien, cela me permettrait peut être de survivre. je ne sais qu’en penser. Un crownfounding pour moi-même, ou une adhésion payante à mon blog, peut-être ? Voilà qui est horriblement gênant.  je ne suis pas très à l’aise avec l’argent, je l’avoue. Mais je me dois à moi-même et aux autres de survivre, tant bien que mal. Et comme j’ai essayé par tous les moyens possibles et imaginables de me sortir de cette impasse sans que cela ne débouche sur l’emploi tant désiré, je me dis qu’après tout, peut-être a-t-il raison, je ne sais qu’en penser. Mais le pire ne serait-il pas de ne rien faire, de se laisser embourber ? Mais que dois-je faire ? j’ai ma dignité… je me vois mal simplement vous dire  :

« à vot’bon coeur, M’sieurs, dames »

(je l’ai fait. je m’en vais. J’ai ma pudeur quand même. je ne vais pas non plus vous montrer la couleur de mon slip (rouge).

A bientôt. je vais manger. Grâce à lui. Chapeau bas, le savoyard.  A la revoyote, comme disent les vosgiens.

Post-scriptum 

Suite à ce billet, plusieurs d’entre vous m’ont fait connaitre leur soutien et leur solidarité à mon endroit. Qu’ils/elles en soient chaleureusement remercié.e.s. je résiste à l’envie de publier ici leurs noms afin de saluer leur générosité, de peur qu’ils/elles ne s’attirent les mauvaises grâces des bas du front que je pourchasse ici. Mais je veux faire savoir haut et fort que  grâce à elles et eux, je vais pouvoir passer les fêtes avec un peu moins d’inquiétude, me sentir un peu moins oppressé par le poids de cette infortune que j’espère passagère… . Je peux remettre un peu de chauffage, quand il fait trop froid, et remplir mon frigo. Il se trouve qu’un malheur n’arrivant jamais seul, mon ordi m’a lâché. Une utilisation trop intensive ? L’un de mes proches a eu la gentillesse de me prêter son mini pc, en attendant. Merci à lui, il se reconnaîtra lui aussi.

Chaud au cœur. je découvre à cette occasion que contrairement aux idées reçues et propagées par les médias et la rumeur, il n’y a pas que de l’égoïsme en ce bas monde, mais aussi beaucoup de solidarité, de générosité, d’attention à l’autre, dans la gêne. Et ce qui me frappe le plus, c’est que cet élan de générosité dont je suis l’heureux récipiendaire provient de gens qui ne sont pas forcément très aisés non plus… Certain.e.s ont connu également la galère qui est la mienne aujourd’hui. leur effort n’en est que plus méritant. J’espère savoir m’en montrer digne. de cela, je leur suis redevable. je ne suis pas un ingrat=, et ma reconnaissance leur est acquise.

Ce qu’ils /elles m’ont donné à voir en l’occurrence, tout le meilleur du monde, m’a véritablement bouleversé. je n’en reviens toujours pas, c’est tellement incroyable, inespéré…

Merci.

nb. je vais faire en sorte de proposer dans l’avenir la possibilité sur ce blog de verser des dons, durablement, via paypal ou un autre système. Patience…

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¹ A l’heure où j’écris ces mots, c’est pas pour faire pleurer dans les chaumières, mais je décris factuellement, juste : il fait très exactement 14 degrés dans mon petit appartement, je suis sous une couverture, et j’écris sur mon canap avec mon blouson chaud… On ne dira jamais assez les ravages de la précarité énergétique, et de la difficulté de plus en plus courante de se payer du chauffage. Si seulement mon simple exemple pouvait servir à quelque chose aussi…

² ce que d’aucun.e.s appellent plus habituellement « travailler ». Comme si je ne travaillais pas… bien que non rémunéré. Mais ceci est un autre sujet.

#Oberwil-Lieli, la ville la plus bête du monde, est suisse

CaptureTriomphe de la bêtise crasse, de l’entre-soi et de l’égoïsme. Oberwil-Lieli est une commune suisse du canton d’Argovie, située dans le district de Bremgarten, à moins d’une vingtaine de kilomètres de Zurich. Alors qu’elle ne compte que 2.200 habitants,  sa population comporte  pas moins de 300 millionnaires. Pourtant, ces pauvres gens ont refusé d’accueillir 10 migrants (un envahissement, assurément) et ont préféré s’acquitter d’une  amende annuelle d’un peu plus de 260.000 euros.«Nous avons travaillé dur toute notre vie. Nous ne voulons pas que notre joli village soit mis à mal. Le lieu n’est pas approprié pour recevoir des réfugiés. Ils ne cadreraient pas ici.» N’y voyez là aucun racisme, ça va de soi… Des cons, dans toute leur splendeur. L’argent n’achète manifestement pas l’intelligence… Ni l’esprit de solidarité. Qu’ils crèvent avec leur pognon dans la bouche, ces imbéciles.

Ce n’était donc pas de la littérature… N’en déplaise aux jeteurs de sorts ! #ParisAttacks #FluctuatNecMergitur

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Belle devise parisienne que voilà, qui aujourd’hui prend tout son sens. Mais aujourd’hui, compte-tenu des événements, ce n’est pas seulement celle de notre capitale, mais devrait être celle de tout un pays. Et je me mets à rêver de résistance au quotidien, à chacun(e) selon ses moyens, avec le hashtag dédié #FNM pour signe de reconnaissance, comme ce post partagé sur tweeter :

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Bien sûr, que je partage… Cet esprit n’est pas isolé. Partout en France, il avance, et ces assassins maudits à tout jamais qui ont cru implanter durablement la terreur récoltent l’inverse de l’effet escompté : partout en France, et même au delà, les soutiens affluent, les liens se renforcent, la solidarité fait son œuvre, malgré la peur que personne ne nie sauf les fous et les inconscients. Les vraies valeurs, celles du cœur et de l’esprit se retrouvent et nous submergent au travers de l’amitié sincère et solide, même si l’on n’oublie pas le visage de nos morts.   Cela me reconnecte d’ailleurs avec cette discussion d’hier avec une amie récente mais chère qui se reconnaîtra si elle me lit… ¹ . Face à tant de barbarie, nous avons conclu un pacte : resserrer les liens, nous tenir au courant plus souvent, nous promettre de nous protéger mutuellement, nous et les nôtres, chacun selon ses moyens et selon ce qu’il/elle est, contre la connerie humaine, où qu’elle soit, d’où qu’elle vienne… de l’intérieur comme de l’extérieur.  Libertaires tous deux, et conchiant les natios, nous avons tous deux choqué immensément ce genre d’adeptes grotesques et sans cervelle qui beuglent à l’identité nationale et au regroupement contre l’ennemi héréditaire (les cons….) que serait exclusivement le musulman… alors qu’ils ne font jamais rien pour changer le monde, sinon cracher leur venin mortel et leur haleine fétide envers tous ceux qui ne partagent pas leurs idées pourries, aussi moyenâgeuses que celles qu’ils prétendent combattre. Des imbéciles à présent mis en minorité malgré le discours zemmourien à la mode, qui se montrent d’autant plus furieux que leur vieille ficelle ne fonctionne plus, qu’une majorité de français se ressoudent au travers des liens d’amitié et de solidarité, se foutant pas mal des croyances, des politicailleries ou de la religion, ou son absence (fier d’être athée !)… N’est-ce pas cela, l’esprit français ? Bien mauvais patriotes de pacotille que voilà, pour reprendre leurs « propres » éléments de langage ridicules…

CaptureOui, on sait, inutile de vous exciter, les grotesques : nous sommes des collabos. Nous collaborons en effet, ensemble, sans distinction de race ou de religion à construire un monde meilleur où la haine n’a pas sa place. Et nous avons donc tous deux  conclu, cette amie et moi, vils collabos que sommes, par delà nos fragilités respectives mais néanmoins complémentaires,  que c’était mieux ainsi, que cela permettait de faire le tri illico presto et sans effort inutile  dans nos relations mutuelles, que ce soit sur le net ou dans la vie quotidienne. Méthode efficace qui permet de discerner au final  ceux et celles sur qui ont peut compter pour de vrai, et les autres, qui s ‘excluent d’eux mêmes par leurs paroles arrogantes et discriminantes. Marre des tchatcheurs, des beaux  parleurs, des poseurs, qui pullulent sur les réseaux sociaux mais qu’on ne retrouvent que bien peu IRL à participer au monde comme il va, c’est à dire plutôt mal, qu’il s’agit pourtant de faire évoluer et de construire. Quand on se retrouve devant des fanatiques armés, de quelque bord qu’ils soient, le temps n’est plus aux discours, mais aux actes. Et dans ce cas de figure, une porte qui s’ouvre même discrètement est toujours plus efficace qu’un appel à l’unité nationale et au recours à cette foutue Marseillaise et à ses oriflammes datés… Car non, fluctuât Nec Mergitur, c’était pas de la littérature. N’en déplaise aux jeteurs de sorts.

¹ Car non, au risque de décevoir mes contradicteurs si amusants de naïveté, je n’assomme pas mes amis persos en les attachant sur une chaise dans un local fermé à clé pour les obliger à lire mon blog, sous la contrainte. Chacun(e) fait ce qu’il veut….

européens ET solidaires, loin de la stupidité de nos dirigeants… #grexit

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(Explications ici).

Qui est Thom Feeney, qui est à l’origine de cette initiative ? Réponse là.

le monde n’est donc pas si pourri…

CaptureLe monde n’est pas si pourri, et les français pas si racistes qu’on se complait à le dire et l’écrire un peu partout, si l’on en juge par cette anecdote qui me réconcilie avec mes congénères. Karim Zaouai, chauffeur de bus de Cagnes sur Mer, s’est vu offrir 362 jours de congés grâce à une loi de mai dernier qui en autorise la pratique.  Ce don de RTT, encadré juridiquement,  vise à permettre, avec l’accord de l’employeur,  « aux familles traversant des moments de grande douleur de concilier leur vie professionnelle avec les évènements les plus tragiques de l’existence que sont la maladie et la perte d’un enfant« . Cela tombe bien  car Carine, la femme de Karim,  est victime d’une hémorragie cérébrale due à une malformation qui nécessite un accompagnement de proximité qu’assurera donc son mari. La mobilisation qui a permis cette initiative est due à l’origine à l’un de ces collègues de travail, Sébastien Doze, que je tiens à féliciter ici. Grâce à lui, le monde st meilleur. Et que l’article cité nous apprenne que cet exemple n’est pas isolé me fait vraiment chaud au cœur… Voilà, c’est dit. Et écrit.

le miracle de la solidarité entre blogueurs existe : il est de gauche, assurément.

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Qui a dit que les blogs relevaient d’une vie si virtuelle que nous le reprochent parfois ceux qui se disent nos proches ? Un jour de mauvais temps, que le moral était en berne, comme il y en a parfois dans la vie de tout homme, de toute femme, j’ai lancé un SOS tout à fait spontané sous le  coup de la tristesse qui m’étreignait alors dans un commentaire de blog, , et un petit nantais m’a répondu, à son humble façon. Ni une ni deux, n’écoutant que sa générosité si personnelle qui s ‘est traduite en actes pendant toute sa vie probablement,  et son esprit de solidarité qui devrait habiter tout cœur de gauche, il a réservé un billet de train, aller retour, estimant au jugé, inconsciemment, le temps nécessaire à la réparation d’une âme en peine telle que la mienne. Il m’a ensuite appelé, le cœur tout hésitant, sa timidité se devinant si fort au téléphone, pour m’annoncer qu’il viendrait, le surlendemain je crois, mais ma mémoire est peu sûre, me rendre inopinément visite. je l’ai accueilli avec la plus grande dignité dont j’étais capable alors, et ne le regretterai jamais : cet homme est un être exceptionnel. Vous en connaissez beaucoup, vous,  qui, parce que vous leur faites savoir que votre vie est soudainement  devenue un peu trop difficile, n’hésitent  nullement à traverser la France entière, de part en part, pour vous soulager de votre peine ?

J’ai rencontré un ange. Il cache son grand cœur quelque part par . Ceux et celles qui le connaissent savent bien de quoi je parle. Et du peu que je sais, sa femme a eu beaucoup de chance. Si je vous fais part de cette expérience si personnelle ici, contrairement à mes habitudes, c’est que je vous souhaite de rencontrer autant de bonheur sous forme de générosité désintéressée que j’en ai rencontré cette semaine. Une façon aussi de te dire, Jean-Claude, merci. Tu es quelqu’un d’exceptionnel, et je suis très fier de t’avoir rencontré. La gauche, c’est aussi ça. Encore merci. Et… Chañs vat,   comme on dit par chez toi.

J’espère te retrouver bientôt, et rencontrer aussi ces blogueurs dont tu m’as parlé, qui te sont si chers, et que j’aimerais avoir la chance de connaitre aussi. A bientôt, l’ami.

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des verres solidaires pour nos séniors

Première mesure positive d’évolution sociale depuis bien des années…

Une association dénommée  « Optique Solidaire » (leur site est « actuellement en construction« ), qui regroupe des complémentaires santé, des industriels, des opticiens et des médecins, parrainée par Martin Hirsch, lance une initiative solidaire qui doit être saluée comme il se doit. Elle concerne en effet les personnes âgées les plus modestes, dont les revenus sont inférieurs à 816 euros*, qui se voient proposer sous moins de trois mois une consultation avec un ophtalmologiste, puis un rendez-vous chez un opticien de l’association, qui lui propose un choix de montures parmi 11 modèles. « Au total, 483 opticiens, 13 complémentaires santé, 5 lunetiers et le verrier Essilor, ainsi que les ophtalmologistes par le biais de leur syndicat, sont associés à l’opération« (source). Voilà qui va dans le bon sens. On n’avait pas vu ça depuis longtemps…

* « Ce pass s’adresse aux personnes éligibles à l’ACS (aide à la complémentaire santé), dont les revenus sont compris entre 648 et 816 euros. En dessous de 648 euros, la CMU-C (complémentaire de la couverture maladie universelle) garantit une paire de lunettes par an. »

t’as raison, gros…

  Offensive anti-RSA : on aimerait que l’UMP développe autant de fougue pour les dissimulations fiscales ! Mais les pauvres sont certainement plus faciles à atteindre…

 Suite aux déclarations de Mr Wauquiez et d’autres, que l’on croyait enterrées tant elles ont fait l’unanimité contre elles (hormis la frange la moins modérée de l’UMP bien sûr, chauffée à blanc par la droite dite populaire), Hirsch avait fait savoir tout le mal qu’il pensait de cette polémique, disant combien elle était fondée sur des allégations mensongères et des a priori stigmatisants, preuves à l’appui (ainsi, voir « Le RSA, mode d’emploi »).

 La levée de boucliers à laquelle nous avions assisté sur le sujet n’a pas suffit à la droite dure, qui revient à la charge en la personne du bouledogue Daubresse,  certainement envoyé en mission par Sarkozy pour montrer qu’au centre, tout le monde n’est pas sur la ligne plus humaniste affichée par Borloo et Villepin pour faire la différence. (C’est stratégique, hein !!!).

 Tout cela n’a pas empêché Martin Hirsch, maître d’œuvre du RSA, d’ ironiser sur les six malheureuses petites minutes que l’UMP lui accordera généreusement demain, sur un sujet aussi important pour la survie des plus précaires…

 Voilà ce qu’écrit Martin Hirsch, sur son blog (le texte est presque conforme à l’original, comme vous le constaerez, je me suis juste contenté de corriger les fautes…) :

[…]

6 minutes, c’est rapide sur un sujet qui concerne aujourd’hui, près de deux millions de foyers et qui fait l’objet de tant de contrevérités.

6 minutes, c’est court pour à la fois rétablir quelques vérités, pour rappeler quelques résultats, et pour formuler des propositions pour l’améliorer plutôt que de le détruire. L’OCDE, cet organisme qui n’a pas la réputation d’être un repère de gauchises pro assistanat me laisse un peu plus de temps, en ce début de semaine, pour aller expliquer le RSA dans une réunion internationale parce que l’OCDE pense que ce que nous avons mis en place peut intéresser d’autres pays. En m’invitant, ils se sont excusés de « croire au RSA » quand en France, ceux qui l’ont voté cherchent à le remettre en cause.

J’ai donc travaillé pour préparer ces six minutes. Avec un peu de chances j’aurais droit de passer un power point (faveur que j’ai sollicitée). j’ai douze diapos, cela fait trente secondes par diapo. SI je n’ai pas le temps de les passer tous, je les mettrai sur ce blog pour une séance de rattrapage.

Au moment où on explique que le RSA est un système qui coûte cher pour être inefficace, les échos lui ont consacré deux articles coup sur coup. L’un pour expliquer que, en 2010, le RSA avait permis à 140 000 foyers de sortir de la pauvreté. L’autre pour démontrer que le RSA avait rapporté de l’argent à l’Etat, près d’un milliard. Il serait d’ailleurs intéressant de savoir où est passé ce milliard, différence entre ce que rapporte la taxe sur les revenus financiers, créée avec le RSA, et les dépenses supplémentaires liées au complément de revenu pour ceux qui travaillent sans parvenir à boucler leurs fins de mois. La question est posée dans l’une de mes diapositives. J’espère que j’aurai le temps de la passer. Car j’ai même quelques suggestions pour que cet argent retrouve sa destination première et bénéficie aux salariés les plus modestes…

je n’aurai pas le temps, dans ces six minutes, de souligner un rapprochement curieux entre deux propositions. Celle, célèbre, qui consiste à imposer 5 heures de travail gratuit à tous les bénéficiaires du RSA sans activité (et peut-être aussi aux autres personnes qui reçoivent un revenu de solidarité?). Celle de rendre le service civique obligatoire pour tous les jeunes (rémunérés 300 euros et non pas 540 euros comme aujourd’hui).

Ce qui est curieux, c’est que d’habitude on rend obligatoire quelque chose quand personne ne veut le faire de manière facultative. On a rendu obligatoire le port de la ceinture de sécurité en voiture, parce qu’il y avait trop d’automobilistes qui ne la bouclaient pas.

Là c’est l’inverse. Le nombre d’allocataires du RSA qui voudraient travailler, qui voudraient avoir un contrat aidé, ou qui voudraient prolonger un contrat aider plutôt que de revenir au chômage au bout de deux ans est énorme. Ils sont volontaires pour travailler. Certes, ils voudraient travailler plus de 5 heures. Ils sont plutôt demandeurs d’un temps complet. On leur explique que cela n’est pas possible, qu’il n’y a pas assez de contrats.

Même problème pour le service civique. Le nombre de jeunes désirant d’eux-mêmes faire leur service civique est bien supérieur au nombre de missions financées pour ces jeunes. Notre problème actuel n’est pas de les forcer à le faire mais de pouvoir répondre  à leur demande.

D’où une proposition simple : avant de rendre obligatoire un travail, une mission, un service, efforçons nous de répondre à la demande spontanée, volontaire.

Je reconnais que le raisonnement est peut-être trop simple. J’avais appliqué le même au moment où le débat faisait rage sur l’obligation qui devrait être faite aux SDF d’aller dans les foyers d’urgence. En participant à des maraudes de nuit, j’avais pu constater que des SDF qui demandaient à pouvoir être hébergés se voyaient opposer un refus faute de place! J’avais alors tiré la sonnette d’alarme et obtenu du Premier ministre qu’on inverse le problème. Que le service public soit obligé de dire oui à toute demande d’hébergement, avant toute autre chose.

Et si cette volonté d’imposer des obligations nouvelles aux citoyens n’était qu’un moyen de masquer des obligations non tenues ?

Tout est dit. Et écrit. Mais comme c’est trop long pour le lecteur pressé, le camarade blogueur Nicolas nous l’a résumé à sa façon :

 «  soit tu travailles obligatoirement et tu gagnes des bricoles en plus soit tu ne fais rien et tu touches moins ! L’UMP dans toute sa splendeur ».

 Il ajoute également que les modalités d’application des belles déclarations de Mr Daubresse gagneraient à être précisées. Je confirme d’autant plus que, travailleur social et directeur de structures d’insertion pendant plusieurs années, je sais trop bien à quel point, et au détriment de beaucoup, les dites structures ont été asphyxiées par la politique sarkozyste, et combien il en reste aujorud’hui bien peu pour mettre en œuvre ce projet ridicule… N’y a-t-il pas d’autres urgences que de demander aux plus fragiles de gagner des clopinettes pour travailler quelques heures par semaine on se demande bien où … à part dans des communes sarkozystes manifestement plus soucieuses de rétablir les chantiers de travail obligatoire que de concourir à la fracture des inégalités sociales ?!

 Mais l’UMP a tout compris : taper sur les pauvres, c’est bien plus facile : ils ont moins de moyens de se défendre…

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Sarkozy préférait-il Ben Ali ?

En complément de mon billet d’avant, un utile communiqué de la LDH, qui entre en cohérence avec ce que je viens d’écrire ce matin…
 sur une certaine chasse à courre qui prend le pauvre ou l’étranger pour une proie facile…
Plus facile en tous les cas que les délinquants en col blanc, effectivement.
Misère de notre politique sarkozyste rétrograde et antisociale.
 
Solidarité avec les Tunisiens
 

Déclaration de Dominique Guibert, secrétaire général de la LDH, lue lors du rassemblement de solidarité avec les jeunes tunisiens, le 5 mai 2011, devant le ministère de l’Intérieur.

Que se passe-t- il donc en France ? Pourquoi sonne-t-on le tocsin ? Une invasion d’ennemis ? Des hordes d’immigrés aux portes, dit-on… Ce sont des phantasmes, certes, mais ils servent de justification à une politique de force, de chasse à l’homme et de stigmatisation de l’étranger.

Souvenons-nous. La Tunisie, ses palmiers, ses oasis, son désert et ses bas coûts de travail… C’était avant, avant que le peuple tunisien ne fasse le ménage. Le temps n’est plus où le gouvernement Sarkozy louait le dictateur. La Tunisie est devenu moins belle depuis que son peuple est fort du retour à la démocratie.

Aujourd’hui, au rebours des gestes de solidarité, se développent politique de la peur, gesticulation aux frontières et chasse aux Tunisiens en Ile-de-France. C’est une démonstration politique que Sarkozy et Berlusconi préféraient Ben Ali !

Il est profondément indécent que le président de la République française et le Premier ministre italien s’entendent pour limiter la liberté de circulation en Europe au prétexte de l’arrivée de vingt-cinq mille ressortissants tunisiens en Italie.

Evoquer les risques d’une invasion relève de la volonté politique d’attiser la peur et la xénophobie, en Italie comme en France. Que devraient dire les ONG et bénévoles tunisiens qui, avec des moyens réduits, accueillent à la frontière tuniso-libyenne les centaines de milliers de personnes qui fuient les exactions du régime Kadhafi ?

La suite ici.