Mon antifascisme

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(je me suis permis d’agrandir mon badge sur twitter, certains n’ayant visiblement pas les yeux en face des trous et  particulièrement durs de la comprenette… Ya écrit quoi là dessus ? Et vous voudriez qu’on vote pour Macron ? M’enfin ? )

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L’abstention, « trahison de l’antifascisme » ?

3 mai 2017

Une connaissance a fait circuler sur les réseaux sociaux un texte simple, clair et direct pour répondre à celles et ceux qui tentent de faire de l’abstention une trahison de l’antifascisme. C’est juste du bon sens, diront peut-être certainEs, mais par les temps qui courent, on pense que ça va mieux en le disant !

A en croire ce qu’on lit dans les médias dominants, y compris « de gauche », ne pas appeler à voter Macron serait une trahison de l’antifascisme. Comment expliquer alors qu’aucune organisation antifasciste n’appelle à voter Macron ? C’est quand même étrange : les gens qui luttent contre le FN depuis des années, sur tous les plans, de manière infiniment plus conséquente que les éditorialistes donneurs de leçons, n’appellent pas à voter Macron. Bizarre ? Non, pas bizarre. Ce que prouvent ces attaques à l’emporte-pièce contre les abstentionnistes, c’est que leurs auteurs ne connaissent rien et ne comprennent rien à l’antifascisme.

L’antifascisme, ce n’est pas construire des fronts électoraux, en tout cas pas avec n’importe qui. Aucun bulletin de vote n’a jamais empêché et n’empêchera jamais l’extrême droite de continuer à contaminer la société. Au contraire, ce sont les politiciens que ces bulletins de vote légitiment qui sont les meilleurs agents de l’extrême droite. Depuis 30 ans, les partis de gouvernement récupèrent les idées du FN et mettent en œuvre des politiques sécuritaires et racistes. Il ne saurait y avoir de front antifasciste avec ces partis, pas pour ceux qui mènent concrètement la lutte antifa et se font réprimer toute l’année.

Vous voulez vous engager dans la lutte antifasciste et lutter contre le Front national et ses idées ? Ce n’est pas par un bulletin Macron que vous le ferez. Allez plutôt voir La Horde, les collectifs Action Antifasciste ou le Mili. Ca veut pas dire que l’inverse est vrai et qu’il faudrait s’abstenir, d’ailleurs ce n’est pas à ça que ces groupes ou que le mouvement « Ni patrie ni patron » appellent. Mais dire que l’abstention serait une trahison de l’antifascisme, c’est un mensonge grossier, relevant de l’ignorance ou de la manipulation. Ce qui est une trahison de l’antifascisme, par contre, c’est de rendre les abstentionnistes responsables de la montée du FN. pour mieux dissimuler les responsabilités de l’extrême droite, de ses réseaux, et des partis, médias et patrons qui se servent d’elle.

Alors que celles et ceux qui veulent voter Macron le fassent. Mais ne laissons pas croire que le faire ou y appeler donne un brevet d’antifascisme.

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Vous me voyez ravi de lire ce texte, et de le partager. je ne me sens pas seul à crier ma révolte devant ce monde si  hypocrite. Les textes démontrant à quel point le beau front républicain est une grotesque mascarade ne cessent d’éclore un peu partout, quand bien même la presse aux ordres essaie d’étouffer cette voix discordante là.  Voir une telle unanimité dans une  presse qui prétend « faire barrage contre le FN » alors que les mêmes nous crachaient à la figure leurs unes dégueulasses, voilà qui ne manque pas de piquant. S’ils peuvent faire taire ceux qui ont beaucoup à perdre, ils ne peuvent pas grand chose contre ceux qui n’ont déjà plus rien. Nous ne saurions être les instruments complaisants d’un système qui nous broie.  Et nous n’avons pas à choisir quelle main nous frappera : nous la mordrons l’une et l’autre.

Mais écrivant cela, voilà que j’éprouve le besoin, pour que les moins au fait de la chose comprennent  mieux,  de définir mon antifascisme personnel, tel que je le conçois, faisant face et même attendant les critiques, qui elles seules font avancer comme ce  fut autrefois le cas grâce à un  déclic salutaire bien que fort désagréable sur l’instant. C’était l’époque où j’écrivais que j’étais un antifa qui n’aimait pas les antifas, en contre-réaction.  Pourtant, parfois, sans secousse, on n’avance pas.  La suite m’a démontré que j’avais encore du chemin à faire, en effet, et tout un monde de représentations personnelles à déconstruire, de liens à creuser, des causes à étudier. Militant alternatif et anti-raciste depuis longtemps, engagé dans de nombreuses luttes sociales et environnementales, j’ai tout d’abord été plus présent dans le champ associatif que politique, pour une raison d’efficacité, d’efficience sur le monde réel, en rapport à ma principale préoccupation : les plus fragiles, les pauvres, les précaires, les sans voix. Venant d’un milieu ouvrier, je leur devais bien cela, plutôt que de renier y compris professionnellement mes origines. Puis au moment de l’arrivée au pouvoir de sarko, j’ai senti le vent tourner, et la politique, si je ne m’occupais pas d’elle, s’occuper de moi. La suite ne m’a pas démenti : les coupes sombres dans les dépenses sociales ont été sans précédents, foi de travailleur social. C’est alors que j’ai conçu l’idée de ce blog, pour réagir et y consigner l’état de mes réflexions et de mes propres luttes, des empreintes de l’époque en moi, de mon évolution politique. Je me suis tout d’abord engagé au Front de Gauche via le PG, puis Ensemble. Mais mon combat antiraciste m’est devenu plus important, essentiel, rendu plus nécessaire par le contexte, détestable.  Et de l’anti-raciste que j’étais,  j’ai évolué vers l’antifascisme. c5e2bda769712ffbPourquoi ? Parce que lutter contre le racisme, c’est aussi  tenter d’en comprendre les raisons, les vecteurs de transmission, le mécanisme à l’œuvre… Celui d’une domination, de pouvoirs permettant des discriminations, des actions autoritaires, des  attitudes machistes, sexistes, homophobes, virilistes et globalement anti-sociales. Ce système est de même nature et de même fonction que celui qui oppresse jusqu’à l’étouffement les travailleurs.ses, les démuni(e)s, les sans voix qui me sont cher-e)s. Il porte un nom, et un visage, et nous le connaissons tous. Il peut se permettre, parce qu’il a le pouvoir et l’argent, de faire ce qu’il veut, quand il veut, où il veut, tant qu’il a les moyens d’acheter le silence. Pourquoi y a-t-il tant de convergence entre des militants venant de champs si différents ? Ils sont antiracistes, contre les violences faites aux femmes, féministes, anticapitalistes, pour la défense des droits LGBT, défenseurs de la culture pour tous, de l’éducation populaire, de l’art non élitiste, combattent les agresseurs de l’environnement, les violences envers les animaux, et tous convergent vers le refus de l’arbitraire, de l’injustice, d’un autoritarisme, père nourricier de tant de violences et de discriminations qui nous sont devenues intolérables. Son masque est d’argent, l’un des seuls moteurs que semblent avoir trouvé tous ces gens qu’ensemble nous combattons. On les connait bien, ils  sont en train de dicter pour nous la société que nous voulons, avec Macron, cette marionnette des marchés. C’est pourquoi depuis que je suis devenu antifasciste, in progress, je me sens si libre de ma parole, de  mes écrits, et de mes luttes contre nos oppresseurs communs. je me suis débarrassé des attaches qui freinaient mon action, j’ai quitté les partis et les mouvements que je peux à présent dénoncer en ses individus et ses entités respectives, chose à laquelle il m’était plus difficile de m’attaquer en étant à la fois juge et partie. Pour exemples, comment se sentir encore communiste quand tant de ceux qui adhèrent à ce parti ne le sont si visiblement plus dans leurs actes ? Comment se dire encore socialiste en ne l’étant visiblement pas, lorsqu’on est attiré par les forces de l’argent, comme les suiveurs de Macron ? Y défendra-t-on là mieux qu’ailleurs les intérêts des plus humbles, ou plutôt ceux des déjà tant aisés ? Comment lutter contre le racisme, le fascisme,  l’autoritarisme, les violences faites aux femmes, aux pauvres, aux non-blancs, aux LGBT, en étant soi-même à l’intérieur d’une structure qui agresse, opprime et discrimine ? Quel crédit apporter encore  en ce sens à un parti, quel qu’il soit,  qui revendique l’intérêt supérieur de la nation pour faire taire un ou des individus qui réclament justice, que ces autorités là se revendiquent d’un patriotisme ou d’un nationalisme qui sont pour moi d’ un égal crétinisme ? Je ne veux plus être dans l’ambiguïté face à toutes ces questions. J’ai choisi mon camp, choisissez le vôtre. Et arrêtez de m’emmerder avec vos dikats d’où qu’ils viennent. Vous n’êtes pas fondés à me donner la moindre leçon, vous qui nous avez si cyniquement conduit là où nous sommes par compromissions successives, dont mon âge et mon expérience m’ont permis de voir l’œuvre, dans la durée. Le FN ne s’est pas construit en un jour, et n’est pas venu là  rien que pour embêter le chouchou des médias. Nous ne sommes plus des enfants. Faudra trouver autre chose…

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« On sent venir l’élection sans projet de société d’un côté comme de l’autre » #Rocard

La mort de cette personnalité politique de premier plan m’a laissé un peu abasourdi, au point que j’ai du attendre un peu d’avoir digéré cette information avant d’écrire ce billet. Car pour quelqu’un(e) de ma génération, Michel Rocard a été quelqun qui a beaucoup compté, et qui a inscrit sa marque dans l’histoire, qu’on l’apprécie ou pas.   Il représentait toutefois une famille politique qui n’est pas la mienne, cette « deuxième gauche »  socialiste aujourd’hui triomphante (la culture et la profondeur idéologique en moins), qui se veut tellement moderne qu’elle a allègrement dépassé  ses fondamentaux, au point qu’on ne puisse que bien difficilement la distinguer de la droite. Une gauche social-démocrate (d’inspiration chrétienne en ce qui le concernait, alors que je suis athée) à laquelle je ne saurais souscrire, bien que je lui sois en partie reconnaissant d’avoir contribué à la création du RMI, ancêtre du RSA. (Je le suis beaucoup moins quant à la CSG, cet impôt sur une partie de salaire qu’on ne touche pas, une injustice intrinsèque) .   je ne verserai donc pas de larmes de crocodile. Je me mentirais à moi-même en instrumentalisant cette mort, à l’image de tant d’autres qui n’emporteront ainsi que mon plus cordial mépris. Ainsi de celui qui prétend en être l’un des héritiers, qui a été formé sous sa tutelle, du moins dans un premier temps, ce premier ministre tant honni, pour qui je ne nourris qu’opposition ferme et définitive tant il représente de négation des valeurs de gauche :

« je me suis engagé en politique par et pour Michel Rocard. Parce qu’il avait dit en 1978 qu’il n’y avait pas de fatalité à l’échec de la gauche. Parce qu’il disait avant les autres que le changement passe par la réforme et non par la rupture ».

Il semblerait que cette admiration ne soit pas aussi évidente…

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Cet extrait provient de ce que certains journalistes ont déjà qualifié de « testament politique » de Michel Rocard : un interview donné au journal Le Point, si peu de gauche… Cela est cohérent avec son titre puisque ce dernier est « la gauche française est la plus rétrograde d’Europe« . Je pourrais éventuellement partager le constat, mais certainement pas pour les mêmes raisons, ni aux mêmes fins… Il y dit notamment ceci, qui me semble constituer un point clé d’analyse et de sagesse que je partage. Aussi,  je le laisse à votre méditation pour mieux m’effacer, comme il se doit…

«Les politiques sont une catégorie de la population harcelée par la pression du temps. Ni soirée ni week-end tranquille, pas un moment pour lire, or la lecture est la clé de la réflexion. Ils n’inventent donc plus rien. On sent venir l’élection sans projet de société d’un côté comme de l’autre.»

Et vive la gauche moderne !

On ne traite pas assez les  ravages de l’inculture politique et les stigmates de la dépolitisation  dans la jeunesse macronienne :

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Le confusionnisme et l’absence de repères, c’est maintenant.

 

#Macron ? Comment vous dire… Ras le bol !

Vous aussi, vous avez remarqué ? Plus d’un mois après, ces propos sont encore une fois de plus d’actualité... Ce qui démontre que même les plus stupides d’entre nous sont en mesure de découvrir le bout de la ficelle usée jusqu’à la corde par les « stratèges » en communication de haut niveau (sic… Lucette….) de l’Elysée. Le roi est nu, et Macron n’existe plus que par ses minables provocations, et leur déplorable médiatisation, dont on a bien compris qu’elles font partie de la stratégie globale d’un gouvernement de plus en plus pathétique dans sa négation des intérêts populaires et des valeurs de gauche … Et donc, si on arrêtait d’en parler ? Il ne serait plus grand chose : du vide, du vent, le néant intersidéral de sa bêtise libérale convenue. Je vais me faire un café, ça vaudra mieux. Encore un pet sur une toile cirée juste destiné à annoncer sa deuxième loi bidon ramasse-miettes dans laquelle, comme la dernière fois, on planquera encore une fois de plus des cavaliers législatifs de nature à berner les gogos, et faire encore et encore régresser notre droit du travail, toujours en faveur des mêmes. Ras le bol. Faut que ça pète.

dis, Camba, tu sais où tu peux te le mettre ton référendum ? #PS #reg2015

Et donc, les mêmes qui nous crachent à la gueule tout le reste du temps, nous assènent leurs recettes libérales incompatibles avec les valeurs de gauche, et qui ne cessent de nous jeter du gauchisme à la figure comme une insulte s’aperçoivent soudain que nous existons et prétendent organiser un référendum d’un peuple de gauche dont ils ne sont plus ? Tout cela parce qu’il est devenu évident qu’ils vont se prendre une branlée magistrale aux prochaines élections régionales… Bien fait. Qu’ils assument ce qu’ils ont semé depuis 2012 (et avant). Ils n’auront plus jamais ma voix.

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@jm_leguen, charlatan fauxcialiste, tente de nous vendre un produit frelaté : du PS de droite.

CaptureJean-Marie Le Guen, profil type jusqu’à la caricature de ce qu’est le fauxcialisme, dénommée autrefois gauche caviar, a donc décidé tout seul dans son coin de ce que devait être la gauche, comme si elle lui appartenait en privé. Pour ce faire, il a donc publié une tribune dans Le Point, journal dont chacun sait qu’il s’agit d’un organe horriblement gauchiste plein de journalistes le couteau entre les dents. Il commence par dénoncer un manque de cohérence, d’unité et donc de dynamisme à gauche. Sur ce point là, on ne peut guère le contredire, démonstration à l’appui. Mais comme chacun voit midi à sa porte, je considère que l’incohérence  politique qui confine chez lui à l’escroquerie intellectuelle est de son côté. Mais poursuivons. Monsieur Le Guen estime que  » la question sociale n’est plus l’élément moteur de la structuration du débat politique en France.  » Dans ce cas, va falloir changer le nom de son parti, comme je le pense également tant il y a fraude sur la marchandise, mais également comme le pensent certains de ses congénères parmi les plus droitiers du PS. Je vois déjà les persiflages propres à l’usage des réseaux sociaux poindre le bout de leur tête, langue vipérine en prime,  susurrant comme je l’ai déjà vu faire il y a peu qu’ils n’ont qu’à s’appeler, comme leurs cousins américains, « les démocrates »… En effet, rien ne les séparent de beaucoup de cette engeance là, prolongement commode et sans surprise de leurs voisins de banc d’école nationale que sont les prétendus républicains… Quand la gauche ne se préoccupe plus de social, elle n’est plus la gauche, mais la droite, en effet.

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Je pensais qu’il allait nous annoncer dans la suite de son texte bien huilé la rupture d’avec le socialisme constitué par la mondialisation de l’économie, qu’il aborde en effet… Mais voilà que Ô immense surprise, il nous balance un débat sur le vivre ensemble par le biais de l’unité non pas nationale mais « européenne, la laïcité, les droits de l’homme, le statut des femmes » etc….  » C’est cette interrogation que nous adressent les Français, dans les sondages, les études d’opinion, dans leurs interpellations quotidiennes sur le terrain comme dans les résultats des urnes ». « C’est cette interpellation qui se traduit dans la tripolarisation du paysage politique français induite par la présence durable du FN. » Nous y voilà… Le fameux débat identitaire, avec  la peur des français du déclassement et de la rupture d’avec leur modèle d’appartenance communautaire de souche, débarrassé de tout apport qui viendrait polluer notre fameux héritage judéo-chrétien, modèle d’ailleurs historiquement faux, n’en déplaise à nos élites qui en sont encore à croire la légende de l’arrêt des hordes arabes à Poitiers qui fait la fortune du Front national et de ses acolytes identitaires. Bien sûr, la  situation d’impasse dans laquelle se trouve notre pays n’est aucunement de la responsabilité de ce gouvernement, puisque, selon Monsieur Le Guen, « la gauche de la gauche » (qui n’est en réalité que simplement la gauche puisque le PS a sensiblement changé d’axe en déviant insensiblement vers la droite jusqu’à la situation actuelle) n’a pas réussi à rassembler alors qu’elle se concentre selon lui exclusivement ( un peu trop, ne vous en déplaise ?) sur  les thématiques sociales (sous-entendu : et l’on voudrait que le PS s’en préoccupe ? Pour aller lui-aussi vers l’échec ?). C’est là faire sienne la thèse de la boite à caca idéologique qu’est le think tank Terra Nova, selon laquelle il ne s’agirait plus de se préoccuper du peuple puisque ce n’est plus lui qui constitue les forces militantes du PS. Sauf qu’il suffit de regarder à quel point l’une des seules et trop rares initiatives sociales et sociétales qu’à porté ce gouvernement, le mariage pour tous, a soulevé de manifestations populaires à droite, preuve s’il en est que les thèmes sociétaux font encore bouger… C’est également faire l’impasse sur la dimension économique, ce qui l’arrange bien pour affirmer sa thèse, car peuple de gauche, nous n’oublions pas ce que les manifestations contre l’austérité ou pour le retraites ont soulevé de protestations populaires par millions dans les rues…. Ce qui infirme clairement et factuellement le propos. Mais il lui suffira de poursuivre en décriant comme le font tous les conservateurs des intérêts dominants qui s’en défendent l’immobilisme d’une certaine gauche qui n’analyse pas correctement la période, c’est à dire selon sa seule grille de lecture non pas démocrate sociale puisqu’il n’en veut plus mais économico-démocrate. Tous ceux qui ne pensent pas que l’homme doit être au service de l’économie, comme lui dans ce texte, mais l’inverse, sont donc  forcément des passéistes  bien sûr,  l’argument est connu.  Puis vient le couplet du rassemblement républicain ressassé à satiété depuis les attentats de janvier, une corde sensible sur laquelle les hollandais me semblent un peu trop tirer,  jusqu’à l’usure… Sauf que cela ne marche plus, puisque nous sommes nombreux à avoir vu depuis que le roi est nu, à travers différentes lunettes. . Le reste n’étant que blabla politicien sans grande teneur intellectuelle, on se l’épargnera utilement. Pour résumer, notre Sébastien national avait donc raison et j’en arrive à me demander l’utilité de ce billet puisque tout était déjà si parfaitement résumé : pourquoi inventer une gauche de droite quand la droite y suffit amplement ? Le Guen est donc un charlatan qui vend du dentifrice rouge à rayures blanches en le présentant comme révolutionnaire parce que plus adapté aux besoins de l’époque et synonyme de progrès. Sauf qu’on en avait déjà… CQFD.

une rose flétrie ou un poing levé, à vous de choisir #fauxcialisme

indexIl est de bon ton parmi les commentateurs politiques qui se veulent politologues mais ne sont pour l’essentiel que libéraux pérorants de décrier le paysage lunaire d’une gauche qui, après Hollande et Valls, serait éclatée façon puzzle. Inutile de vous dire que je ne vois pas les choses ainsi. Je considère plutôt pour ma part qu’il ne faut pas confondre le peuple de gauche, soit l’immense majorité, avec une oligarchie fauxcialiste qui aussitôt arrivée au pouvoir a trahi la plupart de ses promesses, et mis à la tête du gouvernement l’un des leurs, excessivement droitier et si marginal dans notre famille politiqque. Leurs orientations en matière sociale depuis qu’ils sont au gouvernement vont à l’encontre des valeurs de gauche, et sont pour certaines encore plus autoritaires que ne le seraient celles de l’ancien président. Quand à leurs orientations économiques, elles ne sont guère différentes et favorisent un peu trop ostensiblement les entreprises et les nantis, davantage que les plus modestes, d’ailleurs un peu trop souvent pris pour cibles ces derniers temps. Aussi, quand j’ai vu ce sondage, et bien que je ne leur accorde en général que bien peu de crédit, celui-ci m’a mis un peu de baume au cœur. L’élection de l’ignoble Cambadélis n’est en effet que l’arbre qui cache la forêt. C’est davantage la démonstration d’un parti  de carriéristes de la politique professionnelle qui ont choisi la sécurité en faisant en sorte de ne pas déjuger le gouvernement, quand bien même celui-ci se dirige-t-il au vu et au su de tous dans une impasse économique, politique et sociale. Ceux qui se sont déplacés pour élire le premier secrétaire de ce parti autrefois socialiste n’ont fait que marquer un choix catégoriel : les votants  étaient en majorité des cadres du parti plutôt que des militants, l’hémorragie d’adhérents au PS depuis l’arrivée au pouvoir de Hollande étant de notoriété publique.  Cela ne marque aucunement une droitisation du parti, qui est en effet coupé en deux : les cadres et les technocrates hollandais et vallsiens détachés des réalités sociales qui font une politique de droite et s’auto-protègent les uns les autres, et le reste, les militants et les sympathisants qui restent dans l’expectative, sont de plus en plus démotivés par des positions gouvernementales incompréhensibles, et réclament à corps et à cris plus de gauche : 46 % des français et 44 % des sympathisants du PS, c’est beaucoup.

Capture1Le PS est donc de toute évidence totalement dichotomisé, n’en déplaise aux derniers des mohicans que sont les fauxcialistes hollandais, qui apparaissent comme un camp retranché dans le paysage de la gauche dans sa totalité, si l’on ajoute à un PS qui se veut si  hégémonique mais qui perd de sa superbe après chaque élection,  l’ensemble des forces de gauche. C’est pourquoi il me semble indispensable que l’ensemble de la gauche hors mouvance droitière gouvernementale se rassemble pour emporter les prochaines élections, avec un projet plus conforme à ce que l’on attend traditionnellement de la gauche, la vraie. Car si l’on se contente de cet ersatz de gauche qu’est celle de gouvernement, qui va se replier sur elle-même à son proche congrès de Poitiers en excluant toute pensée alternative, on fonce droit vers l’abîme. Et compte-tenu des forces en présence et de la faible mobilisation populaire dans notre pays pour des causes alternatives, je ne compte pas sur un soulèvement de masse comme en Espagne ou en Grèce, pourtant en effet enviables et souhaitables, qui pourraient changer la donne. Aussi, il devient urgent de créer cette alternative d’une gauche rassemblée et porteuse de propositions sociales fortes, plutôt que de rester dans son quant-à-soi,  chacun dans son petit parti, sa petite chapelle du « c’est moi qui ait raison et les autres sont des cons », tout ça pour ne pas dépasser, au mieux, les 10 à 15% de votes. Nous méritons mieux. Il est en effet désolant et désastreux pour la défense des intérêts populaires qu’en Espagne, on ait Podemos, en Grèce Syriza, et en France… Le FN. Honte à nous. Il nous appartient à tous de changer cet état de fait objectif.

le monde de Valls est vieux. C’est celui des rapaces.

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On ne peut même pas dire que le masque tombe et qu’il révèle son vrai visage, puisqu’on le connaissait déjà depuis longtemps. Simplement, comme un rat acculé dans une voie sans issue, il fait face et montre les dents, en recourant au caporalisme, à l’exclusion et l’arbitraire. Vrais socialistes,  gaffe à vos gorges. Sa proposition de changer le nom du Parti Socialiste ? Ce n’est pas une première, il nous l’avait déjà faite. Le concours pour en trouver un autre a aussitôt démarré sur les chapeaux de roue, sur les réseaux sociaux. je propose quant à moi P.P., pour Parti Progressiste, histoire qu’il colle à mon propos comme au sien… Pour ma part, je peux avancer des dizaines d’arguments (comme je l’ai déjà fait ici, dans des centaines de billets ) qui peuvent démontrer combien la voie que suit Valls est d’un autre âge, et le capitalisme une impasse. En effet, contrairement à ce qu’il pense (mais sait-il de quoi il parle, lui qui ne connait même pas les paroles de l’Internationale ?), c’est le capitalisme qui est un peu vieillot, au point que nous sommes de plus en plus nombreux à souhaiter le voir tomber. Car comme chacun peut le constater, il est véritablement à bout de souffle. Dans notre gauche à nous, la vraie, la seule (l’autre est de droite, et il vient de le prouver en demandant à Bayrou de le rejoindre), d’autres pistes économiques sont en débat, des alternatives à ce système devenu fou de l’avis de tous sont proposées, une véritable vision d’une société plus juste sont dans les têtes. Et ce type là se dit socialiste ? Rappelons lui les fondamentaux :

déclaratin principes PS

 

Si lui et ses semblables étaient restés fidèles à ces principes, pourtant simples, nous n’en serions pas là. Ce parti ne se serait pas coupé si gravement de l’électorat populaire, je serais encore au PS, les gens croiraient davantage en la politique de ce parti, et le désastre en ses rangs ne serait pas si prononcé.  Au point qu’aussi isolé, il veuille en changer un nom qui dérange fortement son idéologie libérale pur jus. Mais pour reprendre encore et encore Brel, « chez ces gens là, Monsieur, on ne pense pas : on compte ». L’économie est d’ailleurs leur seule obsession, au détriment le plus clair de nos vies. Alors, Monsieur le premier Ministre (et toi aussi, Macron) je vous regarde droit dans les yeux et je vous le dit : oui, un autre monde, moins égoïste, plus juste et plus équilibré est tout à fait possible. Et les hommes du passé ne sont pas ceux qu’on croit. Surtout quand ce sont des femmes.