Pot de terre contre pot de fer ? La belle victoire des Sanofi !

Sanofi : la justice donne raison aux représentants des salariés !

Ils ont donc réussi à faire plier un patronat peu respectueux de leurs droits… et plus soucieux de satisfaire ses actionnaires que ses salariés.  La direction de Sanofi vient donc d’être condamnée à revoir son plan de réorganisation… Voici le L’arrêt de la Cour d’appel de Paris en PDF, et le tract distribué sur les sites concernés par le plan de licenciements :

Sans titre

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Tous et toutes avec Licenci’elles devant le Ministère du Travail !

 

Non-aux-licenciements-boursiers-autocollantDemain aura lieu une manifestation rassemblant les délégations des principales sociétés qui ont procédé à des licenciements alors qu’elles faisaient des profits colossaux. Une initiative que je soutiens afin de mettre la pression sur le gouvernement pour qu’il songe enfin à une loi dont il avait eu l’inspiration quant il était encore dans l’opposition… Mais à laquelle il semble beaucoup moins favorable aujourd’hui qu’il est dans la majorité… Et pourtant, il y a urgence, et je n’ai pas vu que cette disposition figurait dans l’accord emploi qui a tant la faveur de notre gouvernement qui se dit très préoccupé par l’emploi, alors qu’il laisse si aisément s’effilocher le code du travail pour le seul intérêt des grandes entreprises et des financiers cupides,  au détriment des salariés… je suis donc heureux de partager ce communiqué paru dans le journal L’Humanité aujourd’hui :

Rassemblement le 29 janvier – salariés en lutte contre les licenciements (Licenci’elles)

Pour une vraie sécurisation de l’emploi,

Une loi contre les licenciements dans les groupes qui font du profit

Grand rassemblement devant le ministère du travail

Pas une semaine ne passe sans l’annonce d’un nouveau plan de licenciement massif par un groupe qui fait des bénéfices énormes. A chaque fois c’est le même refrain : « Entreprise en difficulté, restructuration pour sauver la compétitivité … » alors qu’en réalité l’objectif est de faire encore davantage de profit.

Depuis quelques mois, des délégations de salariés en lutte venus de toute la France se rassemblent autour d’une proposition de loi nouvelle contre les licenciements dans les groupes qui font des bénéfices. L’initiative vient de « Licenci’elles », l’association des salariées des 3 suisses licenciées abusivement par un groupe qui réalise des profits colossaux. Les Licenci’elles ont dénoncé le fait qu’elles ne pouvaient pas porter plainte contre le plan de licenciement de 3 Suisses tant qu’elles n’avaient pas été licenciées !

Comme des centaines de milliers de salariés, elles savaient que le groupe 3Suisses n’avait aucune justification économique valable à leur licenciement au regard de la loi, mais qu’elles ne pouvaient pas pour autant empêcher leur patron de les licencier. Ensemble avec les Pilpa, Bigard, Crédit Agricole, Faurecia, FNAC, Ford, Fralib, Goodyear, PSA, Samsonite, Sodimedical, Sanofi, Sony, Valeo, ZF, Coca-Cola, Merck Serrono… elles ont décidé de rédiger une proposition de loi pour empêcher les licenciements, avant qu’il ne soit trop tard, dans les groupes qui font du profit.

Une loi nouvelle pour vraiment bloquer les licenciements lorsqu’ils sont interdits, c’était aussi une exigence portée par des milliers de salaries pendant la campagne de l’élection présidentielle. Le candidat Hollande est même allé à la rencontre des salariés en lutte de Goodyear et Fralib, en faisant la promesse que s’il devenait Président de la République il ferait voter en urgence une loi interdisant les licenciements dans les groupes qui font des profits.

Pour l’heure Hollande n’a toujours pas tenu cet engagement. Comme bien d’autres promesses de campagne qui ont permis la victoire de la gauche, celle de donner aux salariés le droit d’arrêter les plans de licenciements illégaux avant qu’ils n’aient lieu a disparu des écrans radars du gouvernement.

Pire, l’accord national sur la sécurisation de l’emploi, signé récemment par trois confédérations syndicales, ne va pas dans le bon sens en remettant en cause les principaux droits des salariés face aux licenciements économiques ! Ces confédérations sont-elles réellement en phase avec leurs adhérents et militants de terrain, dont beaucoup sont pourtant en lutte contre des plans de restructuration dont ils dénoncent les effets néfastes pour l’emploi ?

Mais nous n’avons pas l’intention de laisser cela arriver. Nous les représentants des salariés en lutte de Pilpa, Bigard, Crédit Agricole, Faurecia, FNAC, Ford, Fralib, Goodyear, PSA, Samsonite, Sodimedical, Sanofi, Sony, Valeo, ZF … nous avons décidé d’agir pour que la loi que nous avons rédigée soit votée à l’Assemblée Nationale et au Sénat.

Nous avons besoin de cette loi dans les luttes que nous menons contre certaines des multinationales les plus puissantes de la planète qui licencient en masse pour accroitre sans cesse leurs profits et le cours de leurs titres en bourse.

C’est pourquoi nous allons venir de toute la France et de dizaines d’entreprises, où nous nous battons pour nos emplois, pour nous retrouver :

Le mardi 29 janvier 2013 a 14 heures Pour un grand rassemblement devant le ministère du travail

Ce sera le premier acte fort d’une bataille que nous engageons pour que Hollande, son gouvernement et la majorité de gauche au Parlement tiennent ses engagements en nous donnant les moyens de nous battre pour stopper nos licenciements avant qu’il n’aient lieu.

Les salaries en lutte de :

Pilpa, Bigard, Crédit Agricole, Faurecia, FNAC, Ford, Fralib, Goodyear, PSA, Samsonite, Sodimedical, Sanofi, Sony, Valeo, ZF, Coca-Cola, Merck Serrono…

Au Front de gauche, nous ne nous résignons pas ! #MeetingMetz

phtos 2013 066A travers différents exemples, discours et témoignages, nous avons pu constater hier combien en France la gauche qui se bat est vivante et debout. Que ce soit au travers des témoignages de sidérurgistes, dont une délégation s’est rendue hier à Paris pour demander la nationalisation non seulement de Florange mais de l’ensemble de la sidérurgie française, de la prise de parole de représentants de Sanofi, Virgin, ou Mittal, tous ont dénoncé les logiques de recherche de profit maximal visant à enrichir à court terme les actionnaires au détriment des salariés  considérés comme la seule variable d’ajustement possible… phtos 2013 072Des (parfois anciens) salariés qui étaient pour certains présents dans la salle, victimes de multiples plans sociaux et des méandres parfois insupportables de la recherche d ’emploi, attirés autrefois pendant leur reconversion par les vitrines d’escrocs déguisés en sociétés de formation ou de recrutement avec pignon sur rue, comme l’un d’entre eux, Mic-mousse, grande gueule duweb (et dans la vie) bien sympathique dont j’ai eu le plaisir de faire la connaissance dans le bus, m’en a intimement entrenu… Mais qu’ importe pour les gros industriels et financiers de haut vol que cet intérêt collectif là, cette sauvegarde de l’emploi. Non, ce qui compte, c’est de réaliser des plus-values substantielles… A Virgin par exemple, comme en témoigne très clairement la salariée qui a souhaité intervenir (courageusement) dans ce meeting, alors qu’elle n’était pas syndiquée, on ne s’explique pas autrement le fait à présent notable que la société n’investissait plus depuis belle lurette dans ses magasins, sans souci de suivre la conjecture et l’évolution des modes d’achat, les yeux rivés sur le seul taux de profit et de rémunération des actionnaires. A Sanofi, on a délibérément choisi d’abandonner les secteurs non rentables à court terme comme celui de la recherche, ce qui conduit à sacrifier les unités de Montpellier et de Toulouse, dont provient la salariée qui a bien voulu apporter ses lumières sur le dossier. Ainsi, elle nous appris,  bien que le scénario soit malheureusement trop courant et symptomatique d’une certaine dérive industrialo-financière, que le PDG de Sanofi gagnait 17 000 euros par jour, et que la part consacrée à la rétribution des actionnaires étaient passée en quelques années de 30 à 50%, ce qui est probablement excessif.  Dans le même temps, 4 000 surpressions d’emploi ont eu lieu ces dernières années par plans successifs, et 7 sites ont été fermés depuis 2007 ).

phtos 2013 081Et bien sûr, puisque le lieu de ce premier meeting de lancement de cette campagne de lutte contre l’austérité du front de gauche n’a pas été choisie par hasard, mais par fidélité aux promesses envers les ouvriers du site, la sidérurgie a pris une place importante dès l’ouverture de ce meeting, où ceux de Florange ont pris une place prépondérante puisqu’ils nous ont fait part d’entrée des avancées de leur combat. Il se trouve que, hasard du calendrier, certains d’entre eux faisaient partie de la délégation qui s ‘est rendue à Paris le jour même pour plaider leur cause, la sauvegarde des emplois, et la nécessité impérieuse non seulement d’une nationalisation de Florange, mais de l’ensemble de la sidérurgie française qui représente un secteur stratégique incontournable, primordial. Il est donc inconcevable de le laisser se démanteler comme nous autres lorrains pouvons y assister depuis tant et trop d ‘années.phtos 2013 076 Et cela alors même, comme l’a très bien expliqué l’intervenant, que des savoirs essentiels, de l’ingénierie dans tous les domaines scientifiques et techniques  ont été accumulés. Doit-on les laisser disparaître sans réagir, comme semble s’y résigner aujourd’hui le gouvernement, alors que le projet Ulcos  été abandonné, et que l’attitude de Mittal ne souffre plus de doutes possibles quant à la moralité de sa stratégie qui consiste à raréfier l’offre pour s’assurer de confortables dividendes à moindre frais? Doit-on accepter que tous les brevets partent à l’étranger et profitent à d’autres, qui n’ont de mobile et de moteur que la cupidité ? C’est la question qui a été posée en filigrane par l’ensemble des intervenants, qui tous se demandent jusqu’à quand on laissera sévir les cupides, les avides de profits à court terme, et les financiers sans scrupules ni considération pour les populations qu’ils vampirisent. Car chacun et chacune se rappelle ici la promesse du candidat Hollande qui résonne aujourd’hui bien amèrement dans les coeurs de ceux qui y ont cru (c’est à dire pas moi) : « Mon adversaire, c’est le monde de la Finance« .

phtos 2013 0539 mois après, le bébé est mort né : aucune des occasions de prouver cette déclaration d ‘intention n’a été saisie. Ni le TSCG, ratifié en dépit, ni la loi de séparation des activités des banques, ni surtout l’accord emploi qui se fait dans le dos des salariés. Preuve en est par la formule de Clémentine Autain qui pouvait amèrement dire sur l’estrade que le lendemain de cet accord la représentante du MEDEF, Laurence Parisot, dans les médias, » avait la banane« . Et pour cause ! Comme elle l’a souligné, voilà un accord qui a multiplié les oxymores. Ainsi, « le CDI intermittent »… Mais  cela n’est-il pas la conséquence d’un rapport de force défavorable aux salariés dans notre pays, où seulement trois syndicats représentant à peine 30 % des votes aux élections prud’hommales ont signé un accord en connivence avec le MEDEF avec l’appui du gouvernement, alors qu’il est de toute évidence si néfaste pour la défense des droits des salariés, et déguise la précarité généralisée en avancée moderne sous le vocable  qui se veut moderne,  mais n’est qu’un attrape nigauds, de flexisécurité, l’autre nom du cynisme patronal sur lequel s’appuie le gouvernement d’obédience libérale ?phtos 2013 080 Le mal est fait depuis que Sarkozy a institué les accords compétitivité emploi, derrière lesquels se réfugie Renault pour asseoir aujourd’hui son ignoble chantage, rassuré par le fait que le Ministre de la très sainte productivité a estimé que la ligne rouge n’était pas franchie. La belle blague… Qui y croit ? Comme l’a dit Pierre Laurent, quand la circulation bloque, quelque part, si l’on veut être efficace, on double par la gauche… phtos 2013 098Car pour reprendre la formule de Clémentine Autain, notre président a commis la performance, alors qu’il ne nous avait pourtant pas promis grand chose, de quand même nous décevoir... C’est pourquoi l’annonce pendant ce meeting par Pierre Laurent de l’obtention de la création d ‘une commission d ‘enquête sur « la situation de la sidérurgie française et européenne dans la crise économique et financière et les conditions de sa sauvegarde et de son développement » est une bonne nouvelle, et une petite illustration bien que modeste mais néanmoins  constructive des avancées de notre combat quotidien, cette fois au travers de nos députés. Un droit dont nous comptons bien faire bon usage… Pour reprendre le mot d’ordre de cette soirée : nous ne renonçons à rien, nous ne nous résignons pas…

téléchargement

On lâche rien ! 

NB. Pour ceux qui le souhaitent, je publierai l’ensemble des photos de ce meeting sur mon compte facebook dès que possible. Les interventions ont en effet été nombreuses, de Mélenchon aux syndicalistes de Florange, de Myriam Martin à Christian Picquet, de Clémentine Autain à Pierre Laurent, et tant d’autres… impossible de les caser tous ici ! En outre, pour le détail des interventions de chacun, je vous mets ici le lien dès que la vidéo est disponible en ligne. Merci pour votre compréhension. La rédaction (c’est à dire moi tout seul à mes heures perdues… Pas pour tout le monde, j’espère !).

Pour aller plus loin

Le lien vers les vidéos du meeting

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Aujourd’hui, les riches déterrent la hache de guerre #vautours

 

source : cliquez sur l’image

Aujourd’hui, c’est compète de riches. Après les #geonpi, les #vautours

 » S’ils nous sortent un machin à l’eau tiède, les hostilités seront lourdes, les réactions excessivement violentes. Il y a des gens à cran dans nos rangs «  (source)

Il fallait s’y attendre… Le gouvernement ayant baissé son pantalon devant le mouvement des #geonpi, cela ne pouvait que donner l’idée à d’autres, plus puissants, de s’engouffrer dans la faille. Ils le font aujourd’hui dans une tribune parue dans le Journal du Dimanche :

« Les PDG des 98 plus importantes entreprises françaises demandent au gouvernement une baisse massive des charges pour les entreprises.  .. l’association française des entreprises privées (Afep) demande d’urgence une baisse massive des charges et 60 milliards de réduction des dépenses.  » Nous sommes arrivés au bout de ce qui est supportable « , expliquent-ils. Cinq d’entre eux posent en une du journal: Jean- Pierre Clamadieu, président du comité exécutif de Solvay, Serge Weinberg, président du conseil d’administration de Sanofi, Pierre Pringuet, président de l’Afep et DG de Pernod Ricard, Robert Brunck, président du conseil d’administration de CGG Veritas et Gilles Michel, PDG d’Imerys. Cinq entreprises qui à elles seules pèsent plus de 128 milliards d’euros. »

source

Notons pour commencer gentillet l’analyse de cet ultimatum que le conseil en communication du Medef, honorable syndicat fort soucieux de l’intérêt collectif et national, aura certainement pris grand soin de ne pas faire figurer parmi ces rapaces qui ont préféré s’exiler en Suisse pour gagner toujours plus. C’est bien. La morale patriotique à la sauce Montebourg est sauve. Cependant, il se trouve que figure pour seul exemple et pour besoin de ma démonstration la société Sanofi, qui aurait mieux fait de se faire plus discret, actualité oblige :

Congrès PS de Toulouse : les Sanofi en tête de cortège réclament le changement

Des centaines de salariés, syndicats et politiques de gauche ont manifesté devant le congrès du PS, à Toulouse. « Le changement, c’est pour quand ? » demandait la banderole de tête. (source)

Origine du conflit : un projet de restructuration qui pourrait entraîner la suppression de 1.200 à 2.500 postes en France selon les syndicats. (900 confirmés par la direction). Ceux-ci remettent « en cause la stratégie de la direction jugée exclusivement financière et de court terme. Selon le rapport, « Sanofi tendrait à sacrifier sa recherche au versement de dividendes toujours plus importants ». Le rapport observe que la moitié des grands acteurs du secteur, et non les moindres (Novartis, Roche, Lilly, Merck . . .) envisagent au contraire d’augmenter leur investissement en R&D. »

Nous y voilà. Le cœur du dossier, assurément. Voilà donc des sociétés qui pour beaucoup (la logique est malheureusement un peu trop courante, comme tout un chacun peut s’en assurer au quotidien) ont préféré dans leur passé miser sur le profit à court terme et l’argent facile des tractations boursières, au lieu d’investir dans la Recherche et le Développement, et aussi, et surtout, les deux étant à mon sens étroitement liés, dans l’humain, d’abord. Qui ont choisi la logique des délocalisations et de la maîtrise des dépenses sur le dos de la main d’œuvre, toujours trop chère, comme leur tribune le dit assez, au cas où le gouvernement, et surtout vous, salauds de smicards, n’auriez pas compris… Et qui pleurent à présent qu’ils seraient mal aimés, que leurs charges sont trop lourdes, et que leur compétitivité dépendrait du coût du travail. Lequel est pourtant certainement beaucoup plus mal en point – demandez donc à ceux qui cherchent du boulot – si l’on en juge par les derniers rapports que ces patrons qui, quant à eux, ne songent certainement pas à pointer à Pôle emploi ni à toucher le RSA.Et qui n’ont jamais rien fait pour rendre le travail plus accessible, et pour lutter contre le chômage. D’où des charges de plus en plus lourdes. CQFD. On appelle cela un cercle vicieux. Il l’est. Le chômage devrait être l’affaire de tous, et pas seulement des chômeurs qu’il est à la mode de vilipender sous le délicieux vocable, si généreux, d’assistés…

Alors, Messieurs, un peu de décence : vous ne crevez pas de faim. D’autres si. Et si vous avez pris dans le passé de mauvaises décisions, mordez vous en les doigts, et commencez par accepter de regarder en face vos propres erreurs. Qui rejaillissent sur l’ensemble de la société. L’état, seul fautif ? Non. La preuve. Commencez par faire le ménage chez vous et on en reparlera. Car si vous déterrez la hache de guerre, sachez que nous pourrions bien le faire aussi. L’argent commençant manifestement à se raréfier en France, et les charognards que sont certains d’entre vous ne songeant manifestement pas à rogner sur leurs bénéfices, ce ne seront pas les plus modestes qui vont se saigner jusqu’aux quatre veines pour asseoir votre confort. Ils n’ont plus rien à perdre. Et les ouvriers qu’on met à la porte malgré leur investissement personnel durable, et des sacrifices significatifs, alors que vous faites pour certains des profits colossaux non plus. Qu’on se le dise. Et surtout, qu’on agisse en conséquence.

Aussi, Monsieur Hollande, Monsieur Ayrault, s’il vous plait : pour l’intérêt de tous, ne baissez pas de nouveau votre pantalon : nous pourrions nous voir contraints de vous le faire manger. Et votre chapeau avec, si ce n’était déjà fait.

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les rois de l’arène

Pourquoi ce ne sera jamais toi qui aura la fève…

le 6 janvier 2012, Epiphanie – Jour des Rois

Les journaux du 5 janvier 2012 ont difficilement pu cacher que les entreprises du CAC 40 en France résistent bien à la crise : « Les ténors du CAC 40 devraient verser quelque 37 milliards d’euros de dividendes en 2012 – au titre de l’exercice 2011 -, selon les analystes. Une majorité d’entreprises devraient augmenter ou maintenir leurs dividendes, afin d’éviter de donner un signal négatif au marché » (sic). Pour ne pas donner de signal négatif au marché, les gouvernements reculent l’âge du départ en retraite, suppriment des emplois publics, cassent les derniers services publics et les concèdent aux amis, baissent les impôts sur les sociétés, augmentent la TVA, etc. Et pour ne pas donner de signal négatif au marché, les entreprises du CAC 40 versent de très gros dividendes à leurs actionnaires.

Quelques exemples « français » permettent d’éclairer tout ce que ceci veut dire :

Total va verser 5,38 milliards d’euros. Derrière ces très gros bénéfices, il y a le prix de vente de l’essence à la pompe qui est supporté par chacun, il y a l’exploitation des salariés des raffineries et des camionneurs, il y a les délocalisations, il y a les pétroliers qui traversent les océans en battant le pavillon d’un paradis fiscal, il y a des navires poubelles qui exploitent leurs salariés et déversent parfois leur contenu sur les cotes, il y a les corruptions avec les dirigeants des territoires d’où est extrait le brut, il y a les impôts que ne paye pas Total.

France Télécom va verser 3,71 milliards d’euros. Derrière ces très gros bénéfices, il y a l’escroquerie du prix des télécommunications, l’illisibilité des tarifs et des abonnements, il y a les conditions de travail des personnels, les suicides de salariés dans les entreprises, il y a la précarité grandissante, il y a les rachats d’entreprises à l’étranger et l’exploitation de leurs salariés, il y a l’usage qui est fait de l’optimisation fiscale pour réduire l’impôt payé.

Sanofi va verser 3,48 milliards d’euros. Derrière ces très gros bénéfices, il y a le prix de vente des médicaments, il y a la collusion entre les laboratoires et ceux qui décident de la mise sur le marché des médicaments et de leur prix de vente, il y a les cadeaux offerts aux congressistes du secteur de la santé, il y a le coût des visiteurs médicaux et de la publicité versée aux professionnels, il y a le déficit de la Sécurité sociale, il y a les augmentations des cotisations sociales et de la CSG des salariés, il y a l’augmentation du coût des mutuelles, il y a les personnes qui ne peuvent plus accéder à certains soins, il y a les impôts que le secteur évite, grâce notamment aux délocalisations fiscales et au crédit-recherche.

Gdf-Suez va verser 3,38 milliards d’euros. Derrière ces très gros bénéfices, il y a le prix de vente élevé de l’énergie qui interdit maintenant à des familles pauvres de pouvoir y accéder, il y a les conditions de travail des salariés, il y a la précarité, il y a l’exploitation de milliers de travailleurs dans d’autres pays, en Europe, en Afrique, en Amérique latine, en Asie, il y a les le recours aux « prix de transferts » pour réduire l’impôt payé en France.

Nous pourrions continuer avec Edf, BNP Paribas, Vivendi, Axa, LVMH, L’Oréal, et d’autres, en France, en Allemagne, en Italie où ça va mal pour d’autres italiens, en Espagne où ça va mal pour d’autres espagnols, au Portugal, et en Grèce (où ça va toujours très bien pour les armateurs), et en Afrique, et en Asie, et dans les Amériques, etc.

Pour l’Union Nationale Interprofessionnelle des Retraités Solidaires (UNIRS) ceci confirme bien que « de l’argent, il y en a », et qu’il faut le répartir autrement. Il faut faire cesser l’accaparement des richesses produites par une très grande majorité de la population de la planète par une extrême minorité qui, progressivement, va posséder directement ou indirectement l’essentiel de celle aura pu « financiariser ».

 Communiqué UNIRS – Union Nationale Interprofessionnelle des Retraités Solidaires (source)