Assurance chômage : le #Medef se radicalise


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Il est à la mode de brocarder l’attitude jusqu’au-boutiste des syndicats de salariés dans les milieux libéraux, et nos politiques comme nos médias s’en donnent actuellement à cœur joie, au mépris de toute mesure, et de toute raison. Mais il y a fort à parier que les mêmes s’appesantiront beaucoup moins sur l’attitude intransigeante et irresponsable d’un grand patronat qui s’est obstiné dans sa radicalité. Ce n’est pas moi qui le dit, mais le représentant d’un syndicat bien peu suspect de gauchisme…

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  « Ce qu’on paie cet après-midi c’est l’irresponsabilité du patronat. Aujourd’hui, le Medef a délibérément choisi de planter la négociation assurance chômage« , a réagi le secrétaire général de la CFDT. Le principal point de blocage est purement idéologique : celui du relèvement des cotisations sur les contrats à durée déterminée (CDD). Actant cet échec des négociations, la ministre du travail a déclaré par communiqué ci-après que les conditions d’indemnisation du régime général d’assurance chômage seraient maintenues au delà du 30 juin, date de la fin de l’actuel accord paritaire. De plus, l’accord du 28 avril 2016 sur l’assurance chômage dans les métiers du spectacle sera entériné par décret et prendra effet dès la mi-juillet. Il conviendra en tous cas de se montrer très vigilant sur les modalités d’assurance chômage du régime général que ce gouvernement si libéral prendra… Il y a en effet de quoi être inquiet quand on connait sa propension à rogner sur les droits des plus fragiles, comme le projet de loi travail le montre si visiblement.

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#Valls #ElKhomri #Unedic : des régressions successives ne sauraient représenter un progrès social #fauxcialisme

je ne suis nullement complotiste, ni paranoïaque (mon psychiatre me l’a confirmé récemment 😉 . Je commence pourtant à me sentir en phase avec cette thèse selon laquelle le premier ministre, dans un calcul stratégique très politique et cynique, saborde  volontairement par le biais de l’action gouvernementale le navire socialiste. On connait ses idées, particulièrement droitières (il n’a franchement rien de gauche, ou alors à la sauce Macron), et il n’a jamais fait mystère de sa volonté de faire virer le PS à droite, allant même jusqu’à demander à plusieurs reprises qu’il change de nom et de contenu programmatique… en sa faveur, bien sûr. Nos idées sont d’un autre âge, n’est-ce pas, et l’exploitation de l’homme par l’homme au profit de fortunes amassées sans morale ni conscience collective, c’est forcément plus moderne. C’est d’ailleurs à la vue de cet argument absolument disqualifiant là, notre positionnement forcément passéiste, voire même préhistorique,   quand ce n’est pas en brandissant la référence  infamante aux goulags et aux massacres des khmers rouges,  qu’on reconnait les tenants idéologiques du fauxcialisme. Cela constitue le Point Godwin de gauche de ce qu’est pour la droite la référence rapide au nazisme. Malheureusement pour eux – il n’a jamais été aussi éminemment nécessaire de le rappeler – l’épine dorsale du socialisme originel, et de la gauche toute entière a toujours été la recherche de points d’évolution sociétale, profitables à l’émancipation du plus grand nombre, et notamment des classes les plus défavorisées. La terrible régression représentée par la loi El Khomri, dont on a donc la confirmation de ce que l’on pressentait, à savoir qu’elle est en effet, malgré la grotesque propagande gouvernementale, d’origine libérale, directe inspiration droitière du Medef,  doit être remise dans ce contexte, et cette ligne directrice là, sous peine de tomber dans le confusionnisme politique habituel, où d’aucuns tentent de nous précipiter pour brouiller les pistes en se plaçant à leur avantage hors du clivage partisan. Ce calcul politicien de Valls devient de plus en plus une évidence, lui qui tente, que ce soit en 2017 ou en 2022 selon la décision finale de Hollande, de se placer en homme central, providentiel, et déjà prêt à gouverner avec la droite, tant il est soluble dans les idées de LR, et plus largement du sarkozysme. Mais un autre point de vigilance que celui de la loi El Khomri qui centralise à juste titre  l’attention des politiques et des médias tous comme des militants de gauche est à prendre en compte également : la renégociation du régime d’assurance chômage. Les vallsistes ont déjà tâté le terrain en lançant des sondes à propos d’une possible dégressivité des allocations.  Ce n’est pas la seule piste étudiée par le gouvernement, comme le rappelle ce document :

Jusqu’à 2 600 euros de perte par an pour 406 000 allocataires

Il chiffre – «dans une seule visée illustrative», assure-t-il – les économies envisageables en actionnant trois leviers :le taux de contribution des salariés et des employeurs, la durée d’indemnisation et le niveau des allocations. Par exemple, diminuer de 100 jours la durée maximale d’indemnisation pour tous les allocataires permettrait d’économiser 1,1 milliard d’euros. L’effort pèserait sur 406 000 allocataires, qui perdraient chacun 2 600 euros par an.

Autre exemple, passer à un ratio de 0,9 jour indemnisé pour un jour cotisé, au lieu de 1=1, ferait économiser 900 millions d’euros, répartis entre 947 000 allocataires (900 euros/personne). Concernant le niveau de l’allocation, abaisser le plancher d’indemnisation de 57% à 49% de l’ancien salaire brut rapporterait un milliard d’euros au régime, en affectant 1,28 million d’allocataires (800 euros/personne).

(merci pour la vigilance du Colporteur, @clprtr , sur twitter) :

Si l’on met bout à bout le pacte de responsabilité, le CICE, la loi Macron, la loi El Khomri et à présent cette renégociation des modalités d’assurance chômage avec des propositions si peu soucieuses des plus vulnérables que sont les chômeurs, c’est toute une chaîne de points de régression économique et sociale qui est à prendre en considération.Et malgré le talent autoritaire et les intimidations de Monsieur Valls,  la volte-face sur l’utilisation du 49.3 de Madame El Khomri (qui s ‘est définitivement décrédibilisée en mentant si éhontément), toutes comme les manœuvres plus sournoises de Monsieur le ministre du budget, je doute que l’on fasse passer une régression globale pour un progrès social. La ligne rouge est franchie, et continuer à inonder comme ils le font  les gens qui s’opposent à cette logique mortifère de leur mépris, en les prenant de surcroit pour des cons, ça va bien 5 minutes…

SMIC toujours, tu m’intéresses…

 

Source : INSEE, ici

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C’est encore et toujours l’histoire de la coupe à moitié vide ou à moitié pleine. Dès qu’ils ont eu connaissance de la hauteur de l’augmentation du SMIC (2%), les syndicats ont aussitôt protesté du trop peu, et les patrons de cette trop forte hausse qui risquerait de mettre en péril leurs équilibres financiers internes. C’est le jeu, ma pauvre Lucette. Mais regardons plus froidement ce dont il s ‘agit. Le SMIC brut est de 9,22 € par heure soit 1 398,37 € brut et 1 096,94 € net mensuels pour la durée légale de 35 heures par semaine.Pour les salariés concernés¹, cela constituera 22 euros de plus par mois en bas de leur fiche de paie. Même pas de quoi remplir un réservoir d’essence (même en diesel) pour se rendre sur un lieu de travail de plus en plus distant.

 Pour illustrer cet argument par un cas bien concret, plus propre à frapper l’imagination de ceux qui ne sauraient pas de quoi on parle ici, j’ai rencontré ce week-end un bon gars,  vraiment très bien,  volontaire et travailleur, qui était employé par 5 communes comme employé municipal. Celles-ci ont poussé le vice jusqu’à considérer que chacune d’entre elles constituait sa résidence administrative principale de rattachement. Les frais de déplacement étaient donc pour sa pomme. Sur un smic, ça laisse songeur, en termes de justice sociale… Le gars n’était pas un feignant, mais à deux ans de la retraite, on comprend qu’il ait hâte de ne plus se faire entuber… Si les communes en question avaient eu plus de considération pour l’être humain, pourtant particulièrement utile, qu’elles avaient en face d’elles, sûr qu’elles se seraient arrangées pour constituer un SIVU, et employer collectivement cette personne qui se serait alors vu rembourser les frais de déplacement  induits par son activité professionnelle.

 Je crains donc que pris globalement, le problème du SMIC ne soit à considérer du point de vue du salarié, confronté lui-même à des contraintes bien concrètes comme le pouvoir d’achat (+2,1 % entre 2010 et 2011) plutôt que de l’employeur, qui n’est pas quant à lui le représentant d’ une entreprise philanthropique, en général… Même (surtout?) quand il est public. Et qui, en particulier, a toujours tout intérêt (bien que celui-ci soit à mon sens à bien courte-vue) à payer ses salariés le moins possible, ceci indépendamment des bénéfices qu’il tire de l’activité dudit salarié. Et qui sont parfois colossaux en regard de la rigueur que l’ensemble de l’économie actuelle fait peser sur les seuls salariés. Et donc, bien que certainement insuffisante, si l’on prend en compte les intérêts des uns et des autres (étant entendu que l’Etat est le seul acteur du système à pouvoir mettre en place ce garde-fou des égoïsmes et de la cupidité universelle qu’est le SMIC),  cette hausse me semble une bonne avancée malgré tout. Et notamment malgré le fait que l’indice de l’augmentation du coût de la vie soit plus important que cette hausse, ce qui est symboliquement très regrettable pour un gouvernement dit socialiste, cela d’autant plus qu’il n’y avait pas eu de hausse du smic  depuis fort longtemps (2006 ?). C’est un bon début. On attend la suite… Car si l’on se basait sur ce seul levier pour relancer la croissance, comme Hollande s’en veut le chantre et le hérault, ça craint…

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