le droit à l’anonymat est constitutif des droits humains, Robert (Je répète EN PARLANT FORT…) #OKBoomer

Assez régulièrement apparait, ici et là, cette polémique généralement initiée par des mous du bulbe – pour certains d’ailleurs faussement ingénus (la duplicité une marque du macronisme) – qui consiste à laisser penser que l’anonymat (et le pseudonymat) seraient le prétexte à se lâcher immodérément sur les réseaux sociaux en disant tout et nawak. Ce point nodal serait sensé expliquer l’essence même du phénomène de haine en ligne, ce poison anti-démocratique qui me préoccupe au plus haut point et dont j’observe attentivement les derniers développements (1). Ces gens là sont au choix : grotesques, idiots, incultes numériquement parlant, malveillants, anti-démocratiques et autoritaires, ne supportent pas la contestation, sont hostiles au principe de l’information libre et non faussée par des intérêts économiques, sont des non-sensibilisés au sujet dont on cause pourtant sur les zinternets, etc.etc.etc. (liste non exhaustive).

Car c’est un fait malheureusement insuffisamment perçu du grand public : le droit à l’anonymat est reconnu par plusieurs organisations internationales représentatives en matière de droits humains.

Le dossier complet est ici.

Seuls ceux qui n’ont pas préalablement creusé ce sujet l’ignorent encore. Ou alors, hypothèse également permise, ils le savent mais ont un intérêt personnel, politique, plus largement idéologique, ou matériel, financier, en termes de pouvoir et/ou de domination, d’influence, à faire croire que toutes celles et ceux qui ont choisi l’anonymat ou le pseudonymat sont de vulgaires trolls sans éthique personnelle, de dangereux asociaux, et des imbéciles et des incultes ivres de haine et de violence, prêts à sauter sur le quidam pour l’égorger sans autre forme de procès ni état d’âme. C’est à mon sens en effet une sorte de pensée magique assez régulièrement à l’œuvre dans l’inconscient des internautes, alimentée qui plus est par des événements réels, hélas. Car les pensées fausses ont souvent une origine, même ténue, qui elle ne l’est pas : on a tous été avertis des dangers d’internet, et des risques d’être interpellés IRL par des individus malveillants qui profiteraient de votre particulière naïveté, crédulité ou vulnérabilité intellectuelle ou psychique pour vous attirer dans un guet-apens, vous ou votre (notre) chère progéniture, il ne faut pas être imprudent. Les dangers sont bien réels, mais l’œuvre d’une minorité qui ne saurait édicter la règle ni sa loi.

Internet est à l’image de notre société, dont les maux y sont simplement parfois sur-représentés, ou rendus plus aigus, et certains aspects parfois outrageusement amplifiés, par la capacité de démultiplication démesurée (à une échelle internationale même, je préciserais, pour les irréfléchis) qu’apporte l’outil numérique. Tout peut donc y prendre une proportion hors normes qui n’existait pas à l’époque où cet outil était absent et où même les débats les plus suivis physiquement, dans telle ou telle salle des fêtes (allez, soyons fous, allons dans les cas les plus probants pour un quelconque palais des congrès parisien) n’avaient pas l’impact d’un sujet lancé aujourd’hui sur les réseaux sociaux. Internet a un effet loupe, grossissant certes, mais aussi déformé, plus ou moins volontairement selon les cas étudiés. Des biais cognitifs y sont très présents et installés, comme les travaux de Gérald Bronner m’y ont dans un premier temps initié, eux qui m’ont permis d’affuter davantage encore mon sens critique en lui donnant précisément des outils cognitifs, avant que je ne me détache de sa réflexion pour cause de militantisme divergent, et de conflit d’intérêts évidents. Sur ces réseaux sociaux que je connais bien, des groupes de pression plus ou moins visibles, plus ou moins masqués, voire carrément outrageusement trafiqués (les fakes), plus ou moins politisés et organisés sont à l’oeuvre, et certains se sont fait unespécialité de monter certains sujet en épingle pour assoir à la fois leur visibilité médiatique et leur influence idéologique. Il convient donc de n’en être point dupe, comme j’en vois à l’instant certains pris sur le fait. A moins de prendre le risque de croire que Damien Rieu est représentatif de l’ensemble du monde civilisé (je m’esclaffe, sachant à qui précisément j’ai affaire… ). Et dire que certain.e.s jugent bon de suivre les provocations racistes fortement toxiques de ce Damien Lefèvre pour l’état civil, en les prenant pour argent comptant, au point qu’elles en deviennent virales, et alimentent la turbine à lisier grâce à laquelle il vit si bien, visiblement… (payé par l’argent du contribuable européen via les emplois fictifs de son parti et les innombrables combines et affaires politico-judiciaro-financières dans lesquelles le parti corrompu jusqu’à la moelle qu’il sert si bien est embourbé…).

moi, gars, j’ai un pc antique à 150 euros d’occase qui ne m’empêche nullement de faire le job, vu que je n’ai pas besoin de trafiquer la réalité pour faire des photomontages de nature à me permettre d’assoir mon idéologie dégueulasse par le biais de fakenews en tous genres et une honteuse instrumentalisation du moindre fait divers pour satisfaire vos médiocres petits appétits électoraux. Et toc. Tu viens d’expérimenter le fusil a un coup Pandanslagueule.

L’exemple Mila en est la triste illustration, hélas. Et ceux qui se sont emmanchés dans cette polémique contemporaine là sont les dupes d’une escroquerie médiatique de gens mal intentionnés qui en internautes avertis en tirent à la fois les ficelles et les bénéfices électoraux. Car c’est mal connaitre le fonctionnement des réseaux sociaux que de penser que l’expression y est si spontanée que cela, certaines têtes de réseaux et comptes influents ayant un pouvoir d’attraction, et de capacité de conviction qu’ils n’auraient pas en réalité, physiquement, avec leur seule petite parole personnelle, et même suffisamment argumentée. Internet est le règne de l’illusion, et il faut y être armé à la fois sur le plan cognitif, intellectuel, affectif et en termes d’éthique pour y agir positivement. Car on ne le répétera jamais assez, sur internet, il y a vraiment de tout, et pas seulement le pire comme certains voudraient nous le faire croire. Comme disait je ne sais plus qui « on est contre la société mais pas contre l’annuaire du téléphone ». Pareil pour internet, qui à la fois nous simplifie considérablement la vie quotidienne, au point que certaines professions puissent en être entièrement dépendantes aujourd’hui, ce qui n’est pas sans poser d’autres problèmes, et engendrer des phénomènes (pas toujours positifs en termes de bouleversements de nos schémas mentaux et de nos capacités d’attention, de mémorisation, de gestion de nos émotions), qui ne sont pas tous encore correctement cernés précisément, de manière scientifique.

Et donc, où voulez-vous en venir, mon bon Monsieur Gédécé ? Me direz vous. Et bien, tout simplement au fait que je viens de rencontrer sur twitter une certaine personnalité publique et médiatique (dont il n’est pas anodin de connaître la longue carrière médiatique et le positionnement politique exact) qui nous tance donc ainsi vertement , en remettant une pièce dans la turbine à merde :

Voilà ce que je répondais déjà il y a 10 ans à l’un de ces tenants de la suppression de l’anonymat, qui en outre voulait aller plu loin en l’inscrivant dans une loi :

(On lira avec profit ce commentaire là, qui en dit déjà assez long sur un registre un peu brut de décoffrage il est vrai mais néanmoins bien concret et opérationnel sur les dangers de se trimballer sur les zinternets à visage découvert)

Mais depuis, sur ce sujet, ma réflexion, étroitement liée à ma pratique particulière et toute personnelle de l’usage d’internet, a significativement évolué, tout comme mon positionnement de vie professionnelle et personnelle ont changé, le tout me semblant étroitement lié et imbriqué, comme souvent chez moi. Une forme de cohérence personnelle. Je suis, défaut ou/et qualité, quelqu’un de plutôt entier. Sur le plan politique, mon engagement antifasciste est passé par là, qui a tout bouleversé, et certains combats frontaux laissés des traces encore présentes, qui m’ont valu de voir circuler mon pedigree complet sur certains réseaux de groupuscule nazifiants, le tout assortie de moult menaces de sévices physiques plus ou moins élaborés allant jusqu’à des menaces de mort sous les formes les plus tortueuses et cruelles qui soient.

Avec ces gens là, le pire est toujours certain. je ne peux donc plus vivre comme avant, dénué de toute considération pratique : même si je ne suis pas parano (un danger qui guette tous les antifas), il convient d’être (au moins, un peu, ma non tropo) prudent, et de ne pas faire n’importe quoi. j’ai ainsi commis dans ma trajectoire ici un petit manuel de survie numérique, histoire d’en prémunir d’autres contre mes propres erreurs de jeunesse. ..Si ça peut servir, je parle d’expérience… faites passer).

je sais que je contrarie par mes écrits et mes informations délivrées ici, pas tant sur les informations qui y sont diffusées, disponibles ailleurs (3), mais surtout dans sa dimension d’archivage méthodique, qui peut voir certains individus peu scrupuleux se retrouver confrontés à leurs actes passés, ce qu’ils/elles n’apprécient pas trop quand ils veulent se refaire une virginité drapée dans une certaine posture morale, et éthique, ces hypocrites (d’où ma sentence sur mon compte twitter ; « je suis l’accroc sur votre story telling »). Si vous saviez le nombre de personnalités connues, impliquées dans mes billets, qui m’ont demandé de retirer telle ou telle référence à leur nom, pour ne pas figurer sur les moteurs de recherche internet… ce qui nuisaient à leur carrière…. Ainsi, l’un des jeunes homophobes impliqué dans l’agression homophobe de la Roche sur Yon… Ou cette militante historique du FN canal hystérique qui m’a demandé de retirer une célèbre photo de quenelle en famille… sous le fallacieux prétexte que des enfants y figuraient, mais qu’elle ne voyait aucun inconvénient à instrumentaliser pour les besoins de sa cause détestable, mâtinée d’antisémitisme..

A ces tentatives de pression diverses et variées, plus ou moins sournoises, je reconnais mon efficacité : si mon blog est si anodin, alors pourquoi tout ça ?

Ce long préambule qui pourrait paraitre fastidieux à certains m’était éminemment nécessaire à la fois pour me préciser à moi-même les raisons du choix de mon anonymat, et de mon pseudonymat en fonction des circonstances, mais aussi pour expliquer à d’autres les raisons circonstancielles de mon choix conscientisé. J’ai mes raisons, d’autres ont les leurs : risques de perdre son travail, sur ses fonctions publiques ou privées, appréhension en raison de son appartenance ethnique, religieuse (donc susceptible d’agressions), idéologique, de ses dificultés psychiques, de son orientation sexuelle…. En outre, tout le monde n’a pas une assise personnelle et financière suffisante pour se prémunir contre les procédures baillon destinées à faire taire toute contestation, comme cela est un peu trop le cas sous l’ère macroniste, un autoritarisme. Le fait que cette demande de levée de l’anonymat précisément quand le contexte est si tendu, et tout si aisément criminalisable par un pouvoir aux abois en dit assez long sur l’état de notre société…

Une parenthèse encore, à propos du choix de mon titre. #OKBoomer... Une fois, alors que je me disais que je n’étais plus tout jeune et que les vrais pourraient à juste titre m’attribuer cette interjection contemporaine, il m’a été répondu en substance que ce n’était pas tant l’âge qui était visé qu’une certaine manière de penser, en fonction de contraintes et d’une culture valable à une certaine époque, mais plus très efficientes à la nôtre. Ces jeunes là ont en partie raison, nonobstant le fait que certains jeunes raisonnent déjà comme de vieux réacs tous pourris, avec des idées toute faites, des clichés jamais questionnés, des discriminations plein la tête, et une posture face au monde particulièrement rigide. Dans ce cas, du haut de ma cinquantaine passée, je peux leur dire, décomplexé : OK Boomer… 😉

(Alors, les djeuns, l’ai-je bien descendu, cet escalier, vers la victoire de nos idées ?

A vous de ouar… moi, je vais satisfaire un besoin urgent, après avoir répondu comme il se doit, de la manière la plus circonstanciée qu’il me soit permis, à ce médiacrate là… qui se prend pour le nombril du monde.

Faut relativiser gars. Twitter, c’est pas ton monde, visiblement. ET l’Irène, elle est médecin, pas précaire chez Cora, malgré tout le respect que je lui dois pour son combat contre l’industrie pharmaceutique, en effet. Et puis, dernier argument utile, comme dit l’autre, à qui j’aime à laisser le dernier mot pertinent pour passer le flambeau…

(La culture de l’excuse, vous dis-je, ma bonne dame… ;).

(1) d’autant plus préoccupant qu’il est susceptible de pénétrer profondément jusque dans nos cercles intimes et personnels, si l’on n’y met pas des garde-fous efficaces, opérants. Et parfois, même malgré cela.

(2) Son positionnement personnel et « scientifique » sur le principe de précaution m’est par exemple insupportable. J’ai du mal à considérer en effet qu’il n’y a aucun lien d’aucune sorte, ne serait-ce que sur le plan idéologique, entre son appartenance au Conseil Scientifique d’Areva et l’avancement de sa pensée sur ce concept à mon sens plus que pertinent, ce qu’il continue pourtant de nier en vertu du principe d’antériorité, son livre ayant été écrit avant. Et donc ? Qui de la poule a fait l’œuf ?

(3) j’utilise en général ici la presse main stream volontairement, afin d’utiliser des supports auxquels tout un chacun peut avoir accès, histoire de me mettre à dessein dans un bain de connaissances et d’information commune, non élitiste, pour parler au plus grand nombre et en être compris… ce qui ne dit rien de mes lectures par ailleurs.

de quoi la galaxie @zinebElRhazoui est-elle le nom ?

L’égérie des républicanistes de tous poils, qui polèmiquent si volontiers dans le sillage de l’extrême-droite, avec les mêmes obsessions (c’est dire assez combien elle rase gratis…) a osé sortir cette énormité, illustrant assez je pense qu’elle vit dans un monde parallèle, sans même être interrompue par qui que ce soit de sensé dans l’auguste hémicycle… :

Quelqu’un qui pense que les islamistes sont davantage proches du pouvoir dans notre pays que l’extrême droite a vraiment un problème de rationnalité… Bref.

Quelqu’un a eu la bonne idée d’observer qui pouvait bien relayer ce genre de conneries hallucinées :

Edifiant non ? Tout ce contre quoi je lutte ici…

(Pour ceux que la dimension technique intéresse, les explications sont ici)

#FacebookMent. Effrontément. Absolument ! (et #Twitter, c’est pas mieux…. ;) #NONazis #NOHate

Tout est parti de:

Cet article fait référence au discours du comédien Sacha Baron Cohen, que j’ai déjà partagé ici, et qui semble déranger bien des intérêts financiers colossaux, bâtis sur l‘industrie de la Haine, plus que florissante aujourd’hui.

Alors, piqué au vif, un Community Manager (CM, ça fait moins bien 😉 certainement bien plus grassement payé que je ne le suis pas, a cru bon de rétorquer ceci :

Faux, les propos de Sacha Baron Cohen ? Il y a de quoi rire… jaune. Voir un réseau social qui prétend lutter contre les fakenews en produire une aussi grossière…. Car il n’y a guère besoin de trop chercher, ni bien longtemps, pour trouver rapidement des publications sur cette plateforme qui contreviennent, et même très directement et violemment, tant aux lois en vigueur dans ce pays qu’à leurs propres CGU (Conditions Générales d’Utilisation, visibles ici, et pour ce qui concerne le contenu des publications, les « standards de la communauté », ).

C’est pourquoi les comptes de twitter qui connaissent comme moi cette réalité numérique là, à laquelle ils sont quotidiennement confrontés, et qui ont vocation à lutter contre la haine en ligne, se sont aussitôt mobilisés, en réagissant, sous le hashtag #FacebookMent. Quelques extraits :

source

Pour ma part, j’ai également voulu en avoir le cœur net (private joke), à titre personnel. J’ai donc tapé le premier nom qui m’est venu à l’esprit, celui d’un célèbre dealer de haine raciste, (et pas que), leader (tristement) incontournable dans l’hexagone… Et ça n’a pas raté :

… Puis je suis allé taper dans la fenêtre de recherche de fesse de bouc le nom d’un site nazi bien connu ici, Démocratie Participative, dont les aimables suiveurs (c’est mieux que followers,non ? ) éprouvent visiblement tant d’empressement à me gratifier de leur gentilles petites attentions, comme cela est si tristement banal chez ces gens là… :

Pourtant, le site nazi de Le Lay est théoriquement interdit en France par décision de justice…

Alors, pourquoi cette décision n’est-elle pas appliquée par Facebook France ? Je le démontre factuellement :

Il suffit à n’importe quel internaute de cliquer sur l’une de ces images pour se retrouver illico presto propulsé derrière son écran face à ça :

Quelqu’un.e trouve cela normal ? Respirable ? Et même « drôle », peut-être ?

Moi (nous ?) pas. Faut que ça cesse. Maintenant.

Participez avec nous à expulser ce genre de contenus insupportables, pour toute communauté humaine digne de ce nom, de toutes les plateformes internet de fournisseurs de ce genre de mauvaise came. Les modalités de modération de ces réseaux de plus en plus asociaux sont totalement scandaleuses et dépassées. Si elles consacraient autant de moyens financiers et surtout humains à la dite modération qu’à leur publicité, nous n’en serions pas là !

Stop les dealers de haine. Maintenant ! Et qu’on ne me dise pas que l’on ne peut rien y faire. Quand il s’agit de lutter contre les autres terroristes, d’un autre camp tout aussi intolèrable, les moyens existent, alors qu’on arrête de me (nous) raconter des bobards. ça suffit. Le terrorisme d’extrême droite ne serait-il pas lui aussi tout aussi préoccupant pour nos autorités, malgré ses nombreuses ondes de choc, dont Internet est le creuset ?

#NONazis ! Anywhere !

NB. et comme je me livrais à l’instant à mon habituel cyber-activisme au sujet de ce dont on cause ici, sous le hashtag #FaceBook ment, comme par hasard, la réponse n’a pas tardé à venir, indirectement… Qui en sera très étonné ? Les réseaux (a) sociaux comme les fachos y ont tant d’intérêts conjoints… On se demande d’ailleurs parfois qui tient les ficelles de cette modération si terriblement perfectible, comme on vient de le démontrer ici.

Post-scriptum: je me trompe, où c’est du spamming, une pratique interdite par les cgu de twitter ? je demande, juste, rapport à ça :

Discours de Sacha Baron Cohen à l’#ADL : aux racines de la haine, la responsabilité des entreprises d’Internet #NOHaters

S’il y a un discours dont la retranscription vaut d’être lu en ce moment, c’est celui-là, assurément. Il reprend en grande partie un ensemble de préoccupations qui sont  également les miennes en leur donnant une audience que je n’aurai jamais. Pourtant, je suis franchement ravi que l’on fasse savoir – de manière visible et je l’espère fortement médiatisée –  à quel point il existe des intérêts financiers importants qui dépendent du développement des discours racistes et qui, plus largement, soutiennent les discriminations en général, quelle que soit la manière dont on doive les nommer (ce que je nomme « l’industrie des petits producteurs de haine » ici).

Que cette réalité  soit davantage connue de tous, et que d’autres que nous (les convaincus, les sur-informés, les politisés et conscientisés…) en prennent conscience enfin, avant qu’il ne soit trop tard, surtout parmi les plus vulnérables que cela touche en premier lieu est une question de santé et de sécurité publique. Il faut le faire savoir, haut et fort, que les réseaux dits sociaux sont un outil central dans l’expansion des idées racistes et des actes terroristes, un phénomène sur lequel j’ai encore insisté dans cet article récemment ici. Il s’agit d’une véritable propagande installée par nos ennemis, anti-humanistes, avec ses mots clés, sa novlangue et sa stratégie de conquête, politique, économique, mais aussi lexicale. Elle est basée sur la généralisation des fakenews et du complotisme, d’une dimension en effet exponentielle et sur-multipliée rendue possible par l’usage d’Internet,  comme l’évoque Sacha Baron Cohen, car rien ne les dérange plus, les haineux dont il s’agit,  que la vérité.  Elle repose aussi sur la lutte, le rejet  voire l’exclusion systématique de l’information objective,  de qualité, qui ne se résume pas à une simple propagande en leur faveur,  comme on peut le voir en France avec la couverture médiatique des meetings d’extrême-droite, où des journalistes sont régulièrement empêchés de faire leur métier. Elle se structure enfin sur la  généralisation de l’ironie, de la raillerie et de la mise au placard des propos, des textes et des idées positives, car rien ne les freinerait davantage – nos ennemis communs, ceux de la démocratie réelle –  que l’emprise de  l’empathie sur l’indifférence, qui ne risque pas quant à elle de freiner leurs projets autoritaristes, d’essence fasciste, qui ne supportent aucune opposition, fut-elle passive, mais terriblement efficace comme peut l’être la bienveillance usuellement.

Voici donc un discours fort et dense, tout en étant personnalisé, que je vous laisse découvrir ci-dessous :

 

Discours de Sacha Baron Cohen au sommet sur l’antisémitisme et la haine « Plus jamais ça, c’est maintenant » de l’ADL, 2019

(voir le discours original en anglais ici : https://www.adl.org/news/article/sacha-baron-cohens-keynote-address-at-adls-2019-never-is-now-summit-on-anti-semitism )

 

Merci Jonathan pour vos propos aimables. Merci, #ADL, pour cette reconnaissance et pour votre travail dans la lutte contre le racisme, la haine et le fanatisme. Et pour être clair, quand je dis “racisme, haine et fanatisme”, je ne fais pas référence aux noms des Labradoodles de Stephen Miller.

Maintenant, je me rends compte que certains d’entre vous doivent penser : pourquoi diable est-ce qu’un comédien intervient dans une conférence comme celle-ci ? J’en suis un, assurément. J’ai passé l’essentiel des deux dernières décennies dans la peau de personnages. En fait, c’est la première fois que je me tiens debout et que je prononce un discours en incarnant mon personnage le moins populaire, #SachaBaronCohen. Et je dois l’avouer, c’est terrifiant.

Je me rends compte que ma présence ici peut aussi être inattendue pour une autre raison. Parfois, certains critiques ont dit que ma comédie risquait de renforcer les vieux clichés.

En vérité, j’ai combattu passionnément le #fanatisme et l’#intolérance tout au long de ma vie.

Adolescent au Royaume-Uni, j’ai défilé contre le Fascist National Front et pour l’abolition de l’Apartheid.

Étudiant de premier cycle, j’ai voyagé aux États-Unis et écrit ma thèse sur les mouvements pour les droits civiques, avec l’aide des archives de l’ADL. Comédien, j’ai essayé d’utiliser mes personnages pour que les gens baissent la garde et révèlent ce qu’ils pensent vraiment, y compris leurs propres préjugés.

Maintenant, je ne vais pas prétendre que tout ce que j’ai fait l’a été dans un but supérieur. Oui, une partie de ma comédie, d’accord, probablement la moitié de ma comédie a été absolument juvénile et l’autre moitié complètement puérile. Je l’admet, il n’y avait rien de particulièrement enrichissant à mon sujet – en tant que Borat du Kazakhstan, le premier journaliste de #fakenews – courant au milieu d’une conférence de courtiers en hypothèques complètement nu.

Mais quand, en Arizona, Borat réussissait à faire chanter à tout un bar “Balancez le Juif au fond du puits”, ça révélait l’indifférence des gens à l’#antisémitisme. Quand, – en tant que Bruno, le reporter de mode gay venu d’Autriche – je commençais à embrasser un homme dans un combat en cage en Arkansas, manquant déclencher une émeute, je montrais le potentiel violent de l’#homophobie. Et quand – déguisé en promoteur immobilier antiraciste – je proposais de construire une mosquée dans une communauté rurale, amenant un résident à admettre fièrement “Je suis raciste, contre les musulmans”, cela montrait l’acceptation de l’#islamophobie.

C’est pour cela que j’apprécie l’opportunité d’être ici avec vous. Aujourd’hui dans le monde, les démagogues font appel à nos instincts les plus bas. Les théories du complot autrefois confinés à la marge deviennent “mainstream”.

C’est comme si l’âge de raison – l’ère des preuves tangibles – s’achevait, et que maintenant la connaissance devenait illégitime et le consensus scientifique rejeté.

La démocratie, qui dépend de vérités partagées, bat en retraite, et l’autocratie, qui dépend de mensonges partagés, est en marche. Les crimes de #haine explosent, de même que les attaques meurtrières sur les minorités ethniques et religieuses. Qu’est-ce que toutes ces tendances dangereuses ont en commun ? Je suis juste un comédien et un acteur, pas un universitaire. Mais une chose me paraît assez claire. Toute cette haine et cette violence sont facilitées par une poignée d’entreprises de l’Internet qui constituent la plus grande machine de propagande de l’histoire.

Réfléchissez-y. #Facebook, #YouTube et #Google, #Twitter et les autres atteignent des milliards de gens. Les #algorithmes dont ces plateformes dépendent amplifient délibérément le type de contenus qui captent l’attention des utilisateurs – des histoires qui font appel à nos bas instincts et suscitent l’indignation et la peur. C’est pourquoi YouTube a recommandé les vidéos du conspirationniste Alex Jones des milliards de fois. C’est pourquoi la popularité des “fake news” dépasse celle des véritables informations, parce que les études montent que les mensonges se diffusent plus vite que la vérité. Et c’est sans surprise que la plus grande machine de #propagande de l’histoire a diffusé la plus ancienne théorie du complot de l’histoire – le mensonge prétendant que les juifs sont dangereux d’une manière ou d’une autre

Comme un journal l’a titré “Imaginez seulement ce que #Goebbels aurait pu faire avec Facebook”

Sur Internet, tout apparaît comme également légitime. #Breitbart ressemble à la BBC. Le fictif “Protocole des Sages de Sion” semble aussi valide qu’un rapport de l’ADL. Et les vociférations d’un aliéné semblent aussi crédibles que les découvertes d’un lauréat du Prix Nobel. Il semble que nous ayons perdu le sens partagé des faits de base dont dépend la #démocratie

Quand, en tant que Ali G, aspirant gangsta, j’ai demandé à l’astronaute Buzz Aldrin “Comment qu’c’était de marcher sur le soleil ?”, la blague a fonctionné parce que nous, les spectateurs, partagions les même faits. Si vous croyez que l’alunissage était un canular, la blague n’est plus marrante.

Quand Borat parvient à faire admettre à ce bar de l’Arizona que “les Juifs contrôlent l’argent de tout le monde et ne le rendent jamais”, la blague fonctionne parce que les spectateurs partagent le fait que dépeindre les juifs comme avares est une théorie du complot qui remonte au Moyen-Âge.

Mais quand, grâce aux médias sociaux, les #complots prennent corps, c’est plus facile pour les groupes de haine de recruter, plus facile pour les services secrets d’interférer dans nos élections, et plus facile pour un pays comme le #Myanmar de commettre un #génocide contre les #Rohingyas.

C’est en fait assez choquant de voir combien c’est facile de convertir la pensée conspirationniste en violence.

Dans ma dernière émission “Who is America”, j’ai trouvé un gars normal, instruit, avec un bon travail, mais qui sur les médias sociaux avait répété beaucoup des théories du complot que le Président #Trump, sur Twitter, avait diffusé plus de 1700 fois à ses 67 millions d’abonnés. Le Président a même twitté qu’il envisageait de qualifier les antifas – les antifascistes qui manifestent contre l’extrême-droite – d’organisation terroriste.

Donc, déguisé en expert de l’anti-terrorisme Israélien, le colonel Erran Morad, j’ai dit à la personne que j’interrogeais que, à la Marche des Femmes de San Francisco, les antifas projetaient de mettre des hormones dans les couches pour bébés pour les “rendre transgenre”. Et il l’a cru.

Je lui ai montré comment poser de petits appareils sur trois personnes innocentes participant à la marche et lui ait expliqué que quand il appuierait sur un bouton, il déclencherait une explosion qui les tuerait toutes. Ce n’étaient pas de vrais explosifs, bien sûr, mais lui, le croyait. Je voulais voir s’il allait vraiment le faire.

La réponse a été oui. Il a appuyé sur le bouton et cru qu’il avait vraiment tué trois êtres humains. Voltaire avait raison, “Ceux qui peuvent vous faire croire à des absurdités peuvent vous faire commettre des atrocités”. Et les médias sociaux laissent les #autoritaristes nourrir d’absurdités des milliards de personnes.

À leur décharge, ces entreprises de médias sociaux ont pris quelques mesures pour réduire la haine et le #complotisme sur leurs plateformes, mais ces mesures ont été superficielles pour la plupart.

Je m’exprime aujourd’hui parce que je crois que nos démocraties pluralistes sont au bord du gouffre et que les douze prochains mois, et le rôle des médias sociaux, pourraient être déterminants. Les électeurs britanniques se rendront aux urnes alors que les #conspirationnistes en ligne promeuvent la théorie abominable du “#GrandRemplacement”, qui prétend que les chrétiens blancs sont délibérément remplacés par des #immigrés #musulmans. Les américains vont élire leur président alors que les #trolls et les bots perpétuent le mensonge répugnant de “l’invasion hispanique”. Et depuis les années que les vidéos Youtube qualifient le changement climatique de “canular”, les États-Unis prennent le chemin, dans un an, de se retirer formellement des accords de Paris. Un égout rempli de #fanatisme et de théories du complot qui menacent la démocratie et notre planète, ce n’est certainement pas ce que les créateurs d’#Internet avaient envisagé.

Je pense qu’il est temps de repenser en profondeur les médias sociaux et la manière dont ils propagent la haine, les complots et les mensonges.

Le mois dernier cependant, #MarkZuckerberg de Facebook a prononcé un discours majeur qui, sans surprise, nous alertait contre les nouvelles lois et réglementations imposées à des compagnies comme la sienne. Et bien, certains de ces arguments sont simplement absurdes.

Examinons-les.

Premièrement, Zuckerberg essaie de dresser un portrait de tous les problèmes comme “des choix … autour de la #liberté d’expression”. C’est ridicule. Il ne s’agit pas de limiter la liberté d’expression de quiconque.

Il s’agit de donner aux gens, y compris à certaines des personnes les plus répréhensibles sur terre, la plus grande plateforme de l’histoire permettant d’atteindre un tiers de la planète.

La liberté d’expression n’est pas la liberté d’atteindre. Malheureusement, il y aura toujours des #racistes, des #misogynes, des #antisémites et des #pédophiles.

Mais je pense qu’on sera tous d’accord qu’on ne devrait pas donner aux fanatiques et aux pédophiles une plateforme gratuite pour amplifier leurs points de vue et cibler leurs #victimes.

Deuxièmement, Zuckerberg a affirmé que des nouvelles limites à ce qui pouvait être posté sur les médias sociaux seraient “une régression dans la liberté d’expression”. C’est une ineptie complète. Le Premier Amendement stipule que “le Congrès ne fera aucune loi” qui limite la liberté de parole, toutefois ça ne s’applique pas à des entreprises privées comme Facebook. On ne demande pas à ces entreprises de déterminer les limites de la liberté d’expression dans la société. On demande juste à ce qu’elles soient responsables sur leurs plateformes.

Si un néonazi entre au pas de l’oie dans un restaurant et commence à menacer les autres clients, en disant qu’il veut tuer les juifs, le propriétaire du restaurant est-il tenu de lui servir un repas gastronomique raffiné ? Bien sûr que non ! Le propriétaire du restaurant a légalement le droit et moralement l’obligation de ficher le nazi dehors, et ces entreprises de l’Internet l’ont aussi.

Troisièmement, Zuckerberg a semblé assimiler la réglementation des entreprises comme la sienne aux agissements “des sociétés les plus répressives”. Incroyable. Ceci, de la part de l’une des six personnes qui décident des informations qu’une si grande partie du monde peut voir. Zuckerberg à Facebook, #SundarPichai à Google, à sa maison-mère #Alphabet, #LarryPage et #SergeyBrin, l’ex-belle-soeur de Brin, #SusanWojcicki à YouTube et #JackDorsey à Twitter.

Les “Silicon Six” – tous milliardaires, tous américains – qui se soucient plus de faire grimper leurs actions que de protéger la démocratie. C’est un impérialisme idéologique, six individus non élus de la Silicon Valley imposant leur vision au reste du monde, n’ayant de compte à rendre à aucun gouvernement, et agissant comme s’ils étaient hors de portée de la loi. C’est comme vivre dans l’Empire Romain et Mark Zuckerberg serait César. Au moins ça expliquerait sa coupe de cheveux. Voici une idée.

Au lieu de laisser les “Silicon Six” décidé du destin du monde, laissons nos représentants élus, pour qui les gens ont voté, dans toutes les démocraties du monde, avoir au moins leur mot à dire.

Quatrièmement, Zuckerberg parle d’accueillir une “#diversité d’idées”, et l’année dernière il nous en a donné un exemple. Il a dit qu’il avait trouvé des posts niant l’#Holocauste “profondément offensant”, mais il ne pensait pas que Facebook doive les supprimer “parce que je pense qu’il y a des choses sur lesquelles différentes personnes se trompent”. En ce moment même, il y a encore des #négationnistes de l’Holocauste sur Facebook, et Google vous amène encore d’un simple clic sur les sites négationnistes les plus répugnants. Un des responsables de Google m’a dit une fois, c’est incroyable, que ces sites montraient simplement “les deux cotés” du problème. C’est de la folie.

Pour citer Edward R. Murrow, on ne “peut pas accepter qu’il y ait, pour chaque récit, deux faces égales et logiques à une discussion.” Nous avons des millions de preuves de l’Holocauste, c’est un fait historique. Et le nier n’est pas une opinion comme une autre.

Ceux qui nient l’Holocauste ont pour but d’en encourager un autre.

Pourtant, Zuckerberg dit que “les gens devraient décider ce qui est crédible, pas les entreprises de technologie.” Mais à une époque ou les deux tiers des millenials disent qu’ils n’ont jamais entendu parler d’#Auschwitz, comment sont-ils supposés savoir ce qui est “crédible” ? Comment sont-ils supposés savoir que le mensonge est un mensonge ?

La vérité objective n’existe pas. Les faits existent. Et si ces entreprises du net veulent vraiment faire la différence, elles devraient embaucher suffisamment de contrôleurs pour contrôler, travailler en relation étroite avec des groupes comme l’ADL, insister sur les faits et nettoyer leur plateforme de ces mensonges et complots.

Cinquièmement, quand il discutait de la difficulté de supprimer du contenu, Zuckerberg a demandé “où place-t-on la limite ?” Oui, placer la limite peut être difficile. Mais ce qu’il disait vraiment : supprimer plus de ces mensonges et complots revient juste trop cher.

Ce sont les entreprises les plus riches du monde, et ils ont les meilleurs ingénieurs du monde. Ils pourraient corriger ces problèmes s’ils le voulaient. Twitter pourrait déployer un algorithme pour supprimer plus de discours de haine suprémacistes, mais ils ne l’auraient pas fait parce que ça aurait éjecté certains politiciens influents de leur plateforme. Peut-être ne serait-ce pas une si mauvaise chose !

En fait, ces entreprises ne changeront pas fondamentalement, parce que leur business model entier s’appuie sur la génération de plus d’engagement, et rien ne génère plus d’engagement que les mensonges, la peur et l’indignation.

Il est temps de finalement considérer ces entreprises comme ce qu’elles sont vraiment : les plus grands #éditeurs de l’histoire. Et voici une idée pour elle : respectez les normes et pratiques de base que les journaux, magazines et infos télévisées appliquent tous les jours; il y a certaines choses qu’on ne peut pas dire ou faire. En Angleterre, on m’a dit qu’Ali G ne pouvait pas jurer quand il était diffusé avant 21h. Ici, aux USA, la Motion Picture Association of America régule et évalue ce qu’elle voit. Certaines scènes de mes films ont été coupées ou réduites pour respecter ces normes. S’il y a des normes et pratiques pour ce que les cinémas et chaînes de télévision peuvent montrer, alors certainement que les entreprises qui publient du matériel à l’attention de milliards de personnes devraient respecter également des normes et pratiques de base.

Prenez le problème des #publicités politiques. Heureusement, Twitter les a finalement bannies, et Google est également en train de procéder à des changements. Mais si vous les payez, Facebook diffusera toutes les pubs “politiques” que vous voulez, même s’il s’agit de mensonges. Et il vous aideront même à micro-cibler ces mensonges vers leurs utilisateurs pour un effet maximal. Avec cette logique tordue, si Facebook avait été là dans les années 30, il aurait permis à #Hitler de poster des pubs de 30 secondes sur sa “solution” au “problème Juif”. Donc voici une bonne norme et pratique : Facebook, commencez à faire du fact-checking des pubs politiques avant de les diffuser, arrêtez immédiatement les mensonges micro-ciblés, et quand les pubs sont fausses, rendez l’argent et ne les publiez pas.

Voici une autre bonne pratique : ralentissez. Tous les posts n’ont pas besoin d’être publiés immédiatement. Oscar Wilde a dit “nous vivons à une époque où les choses inutiles sont notre unique nécessité”. Mais voir chaque pensée ou vidéo postée en ligne immédiatement, même si c’est raciste, criminel ou meurtrier, est-il vraiment une nécessité ? Bien sûr que non !

Le tireur qui a massacré des musulmans en Nouvelle-Zélande a diffusé en direct son atrocité sur Facebook, d’où elle a été propagée sur Internet et a été vue probablement des millions de fois. C’était un “snuff movie” mis à disposition par les médias sociaux. Pourquoi ne peut-on pas avoir plus de délai pour que cette saleté traumatisante puisse être capturée et stoppée avant qu’elle soit postée au départ ?

Enfin, Zuckerberg a dit que les entreprises de médias sociaux devraient “assumer leurs responsabilités” mais il est totalement silencieux sur ce qui devrait arriver si elles ne le font pas. Il est assez clair à présent qu’on ne peut pas leur faire confiance pour s’autoréguler.

Comme avec la Révolution Industrielle, il est temps que la #régulation et la #législation jugulent la cupidité de ces barons voleurs de la high-tech.

Dans toutes les autres industries, une entreprise peut être tenue responsable quand son produit est défectueux. Quand un moteur explose ou qu’une ceinture de sécurité ne fonctionne pas bien, les entreprises de l’automobile rappellent des milliers de véhicules, ce qui coûte des milliards de dollars. Cela semblerait assez juste de dire à Facebook, YouTube et Twitter : votre produit est défectueux, vous êtes tenus de le réparer, quel que soit le coût et quel que soit le nombre de modérateurs que vous deviez employer.

Dans toutes les autres industries, vous pouvez être poursuivi pour le dommage que vous avez causé. Les éditeurs peuvent être poursuivis pour calomnie, les gens peuvent être poursuivis pour diffamation. J’ai été poursuivi plusieurs fois ! Je suis actuellement poursuivi par quelqu’un dont je ne dirai pas le nom, car il pourrait à nouveau déposer plainte contre moi ! Mais les médias sociaux sont bien protégés de toute responsabilité concernant le contenu des posts de leurs utilisateurs – peu importe quelle en soit l’indécence – par la section 230, accrochez-vous, de la Loi sur la Décence des Communications (Communications Decency Act). Absurde !

Heureusement, les entreprises du net peuvent maintenant être tenues responsables lorsque des pédophiles utilisent leur sites pour cibler des enfants. Je dis, rendons aussi ces entreprises responsables lorsque certains utilisent leur site pour appeler au meurtre d’enfants en raison de leur race ou religion. Et peut-être que des amendes ne sont pas suffisantes.

Il est peut-être temps de dire à Mark Zuckeberg et les PDG de ces entreprises : vous avez déjà permis à une puissance étrangère d’interférer dans nos élections, vous avez déjà facilité un génocide au Myanmar, faites-le encore et vous irez en prison.

Au final, tout revient à se demander quel type de monde nous voulons. Dans son discours, Zuckerberg a dit que l’un de ses principaux objectifs est de “défendre une définition de la liberté d’expression aussi large que possible”. Pourtant, nos libertés ne sont pas une fin en soi, elles sont également le moyen d’atteindre un autre but – comme vous dites ici aux USA, le droit à la vie, à la liberté et à la poursuite du bonheur. Mais aujourd’hui, ces droits sont menacés par la haine, le complotisme et les mensonges.

Permettez-moi de terminer avec une suggestion d’un objectif différent pour la société. L’objectif ultime d’une société devrait être de s’assurer que les individus ne sont pas visés, pas harcelés, et pas assassinés en raison de qui ils sont, d’où ils viennent, qui ils aiment ou comment ils prient.

Si nous faisons de cela notre objectif, si nous donnons la priorité à la #vérité sur les #mensonges, à la #tolérance sur les #préjugés, à l’#empathie sur l’#indifférence et aux #experts sur les #ignorants, alors peut-être, seulement peut-être, pourrons-nous stopper la plus grande machine de propagande de l’histoire, sauver la démocratie, conserver une place pour la liberté de parole et d’expression, et le plus important, mes blagues continueront à fonctionner.

Merci beaucoup.

… et merci aux Sleeping Giants France pour leur traduction. On comprend bien pourquoi certains sont si pressés de les voir disparaître : ceux dont les intérêts non seulement politiques et idéologiques, mais également matériels, financiers et le petit pouvoir personnel intrinsèquement lié sont visés ici par ce discours éclairant et utile.
Continuons de les toucher là où ils sont le plus fragiles, leur talon d’Achille : au porte-monnaie. Car force m’est de constater tous les jours qu’ils ne sont guère perméables aux arguments, même les plus puissants et s’appuyant sur des raisonnements factuels. Et l’argent étant le nerf de leur guerre…  Sectionnons le !
D’ailleurs, ironie du sort, à peine ai-je écrit ce billet que je vois paraître cette information, qui nous donne si cruellement raison… A qui profite le crime ?
je m’exprimerai sur ce que m’inspire cet article et ses informations dans un autre billet. A  suivre…

Où les petits producteurs de haine abandonnent leurs créatures… #Bayonne #RN #FDesouche #Islamophobie

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Suite à l’attentat raciste visant la mosquée de Bayonne, perpétré par un ancien candidat du FN/RN, Claude Sinké, il est intéressant de noter que même les personnalités et sites d’extrême-droite, débordés par les commentaires haineux, ouvertement racistes et faisant l’apologie du terrorisme, sont obligés de supprimer leurs publications pour ne pas encourir les foudres de la loi…

Ce mercredi 30 octobre, le post de Robert Ménard a disparu de sa page officielle, comptabilisant plus de 41 000 abonnés. Le maire de Béziers, contacté par CheckNews, confirme être à l’origine de cette suppression. La raison ? Un trop grand nombre de commentaires haineux.

La page officielle du Rassemblement National semble avoir connu le même problème. Hier, plusieurs captures d’écran publiées par des journalistes sur Twitter et sur le site de France Info indiquaient que le communiqué du parti, qui «condamne avec la plus grande fermeté l’attaque de la mosquée de Bayonne» était reçu de manière particulièrement négative sur Facebook. De nombreux propos y minimisent voire légitiment l’attaque. «Rien à faire de la mosqué.Je vote RN mais gaffe de pas pousser le bouchon au risque de s’y perdre.Avec ces propos je vais finir par douter à savoir de quel côté vous êtes réellement ??» lance un internaute. Un autre se contente d’écrire : «Je ne condamne pas.»

Idem pour Fdesouche : la page du site d’extrême droite a dans un premier temps relayé un contenu sur l’attaque de Bayonne sur sa page Facebook, avant de faire machine arrière et de le supprimer. Là aussi des internautes ont relevé des propos haineux particulièrement violents qui auraient été tenus sur la publication avant suppression. Un compte aurait ainsi écrit : «Souhaitons qu’ils meurent ça fera deux étrons de moins», en référence aux deux personnes gravement blessées dans l’attaque. Contacté, le créateur de Fdesouche, Pierre Sautarel, s’est contenté de nous indiquer qu’il ne «s’occupait pas de Facebook».

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Voilà qui s’appelle assumer ses responsabilités…

Ménard, le RN , FDesouche, submergés par les monstres qu’ils ont créés… Cela nécessitait bien évidemment d’être souligné ici. S’ils pensent qu’ils vont se défausser si facilement… Je serai toujours là – avec d’autres – pour leur mettre le nez dans leur caca. Les archives de ce blog sont là pour étayer le dossier d’accusation.

Ici, par exemple, l’auteur de l’attentat raciste de Bayonne, Claude Sinké, sur une photo aux côtés de Marine Le Pen.

La vérité est cruelle, pour les bas du front.

faux comptes twitter : #antisémitisme et #islamophobie, quand les racismes se répondent… #desinformation

Vous avez peut-être entendu parler de cette histoire :

4CHAN. De faux comptes Twitter dont les signataires se font passer pour des Juifs et promouvant des théories conspirationnistes ont proliféré après la publication d’un post sur le forum de messagerie en ligne 4chan. L’auteur du post appelait les lecteurs à « créer un mouvement massif de faux profils juifs sur Facebook, Twitter, etc ». Selon le post, le but est d’éviter la censure par les entreprises de réseaux sociaux et de diffuser des théories conspirationnistes sur le soi-disant rôle juif dans le commerce d’esclaves, l’économie globale, les médias de masse et l’industrie de la pornographie (source : The Times of Israel, 21 août 2019). (vu ici).

Il se trouve qu’il n’est pas nécessaire d’aller aussi loin pour rencontrer le même type de stratagèmes racistes. Dans notre pays, sur twitter notamment (je ne peux pas être partout…), on a assisté à une époque à une floraison de comptes racistes qui se dissimulaient sous des identités en apparence musulmane avec des noms à consonance arabe pour propager de la merde raciste et complotiste à l’endroit de la communauté musulmane. C’est une pratique bien connue des habitués de ce réseau (a) social là…

Je ne vous dis pas quel niveau d’amoralité totale il faut pour se livrer à ce genre de stratagèmes dégueulasses.

Qu’il existe sur ces réseaux des groupes de chasseurs de haters (clin d’œil à @resisteamFR) est une bonne chose. Le problème, c’est que rien n’empêche les auteurs de comptes suspendus et/ou supprimés pour leurs propos incitant à la haine d’en recréer un autre, sous une autre identité avec une autre adresse mail, et de continuer à pourrir le net avec ses ordures mentales. Et après tant d’années de pratique de ce réseau en particulier, je n’ai toujours pas vu de parade efficace à ce phénomène qui permet à la haine en ligne de perdurer. Seule une condamnation judiciaire hélas semble de nature à stopper tant les propos délictueux de ce type que les cyber-harcèlements.

lycée Ozar-Hatorah de Créteil : des fuites dans la boite à neurones des antisémites

Des fuites au Bac, à mon âge, j’en ai vu passer… Tous les ans, plusieurs histoires en font état dans les médias. Pourtant, c’est comme par hasard – comme c’est bizarre (mention Pas) – précisément un lycée privé confessionnel juif qui se retrouve dans le collimateur des habituels neuneus haineux que je combats ici…

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Voilà qui ne manqua pas de faire les bonnes feuilles comme les bonnes affaires des habituels sites rageux pullulants qui se repaissent sur le dos de la bête immonde…

En formulant cela, le site du nazi Soral est vraiment très con, se tirant une balle précisément dans le pied qui fait avancer les petites affaires si peu reluisantes d’une petite entreprise de haine commerciale sur laquelle il vit bien… et en toute impunité.   En effet, voilà à quoi sont contraints certains médias dans ce pays pour ne pas se voir submergés par des flots de haine raciste, comme c’est le cas précisément des  nombreux commentaires antisémites situés sous l’article dédié à ce sujet  du Parisien, que Twitter ne se donne même pas la peine de modérer malgré sa prétendue nouvelle clause contre les propos haineux... CQFD). On apprend en effet grâce à cette affaire que certains médias ne précisent pas  volontairement la confession de tel ou telle personne ou institution pour se dispenser d’avoir à gérer une flopée de commentaires haineux, un phénomène hélas tristement prévisible, tellement courant, honteusement banalisé. Outre que cela constitue une entorse à la déontologie du journalisme, voilà qui est déjà donner raison à notre ennemi en capitulant devant ses grossières intimidations. Est-ce que je me tais quant à moi sur les particulières dégueulasseries des fachos que j’égrène ici sous prétexte que je reçois régulièrement des commentaires violents, agressifs, racistes, homophobes, allant jusqu’aux menaces de mort ou d’intimidations judiciaires, comme un certain facho de l’ICES qui me poursuit de ses assiduités, et qui je l’espère se reconnaitra ? Cela serait leur donner raison là-aussi. Je refuse obstinément de baisser les yeux devant la haine raciste, sexiste, et fasciste. Ils ne nous feront pas taire.

No Pasaran.

 

Le Lay exclu de #Facebook, pleurniche sur #twitter…

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La petite ordure raciste internationale que le monde ne nous envie vraiment pas en raison de ses innombrables méfaits , tous plus dégueulasses les uns que les autres,  est en train de couiner sur twitter que son compte facebook a été supprimé. Bien sûr, je n’en suis vraiment pas triste…

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je vais demander à un spécialiste ce qu’est encore cet énième réseau tellement asocial là, Minds, qu’il peut encore accepter de pareils monstres amoraux… Car si c’est comme VKontakte, réseau russe sur lequel le même genre d’ordures racistes avaient annoncé se réfugier pour échapper à la censure socialo-communiste (à moins que ce ne soit islamo-gauchiste ? je m’ai trompé… ;),    ), on l’ ignorera bien volontiers. Notre univers mental ne s’en portera que mieux.

Outils, stratégies et présence numérique de l’extrême-droite : vidéo de l’audition de @TristanMF…

j’ai fait la connaissance virtuelle de Tristan Mendès France à l’occasion de l’épisode de cette ignoble tentative de création d’une section Pierre Mendès France à Sciences po Paris par… (un comble !) le FN, en mai 2016.

Je suis de loin en loin ses travaux et ses découvertes. Son compte twitter m’y aide. je lui dois notamment cette alerte il y a un an sur la présence de personnalités d’extrême-droite aux côtés d’un innocent dessin animé sur You Tube…  Les enfants qui voulaient regarder Peppa Pig se retrouvaient potentiellement en contact avec JM Le Pen, de Lesquen, ou Steve Banon… On peut rêver mieux comme éducation, en effet.

C’est aussi lui qui nous a alertés sur la présence de cet immonde personnage qui a profité du mouvement des gilets jaunes pour diffuser son antisémitisme bien dégueulasse, et dont le compte facebook est empli de références puantes, Pascal Olivier Chiron. Ce qui n’a pas empêché certains de le propager sur les réseaux sociaux de manière si… virale (un virus, en effet).

Si je parle de Tristan à présent, c’est parce qu’il vient d’être auditionné par la commission d’enquête sur sur la lutte contre les groupuscules d’extrême droite, dont je suis également les travaux (voir ici). Il faut vraiment regarder cette vidéo pour vous familiariser avec ce continuum fasciste et raciste que nous connaissons déjà, mais dont il maîtrise davantage que nous autres probablement la dimension internationale, du moins sur internet.

Ce que décrit Tristan fait également partie de mon quotidien… bien que je n’aie pas son assise universitaire…  je me suis formé sur le tas (et le tard), dirons nous. Et je n’ai pas les mêmes moyens… ni le même temps, ni les mêmes outils, ni le même réseau. Hélas.

Pourtant, ça n’a l’air de rien, mais si vous saviez à quel point je suis heureux de pouvoir partager  des connaissances communes sur l’observation de la présence de l’extrême droite sur internet et sur ses stratégies d’occupation de l’espace numérique… Entendre parler de telle ou telle figure de la fachosphère, de  pepe the frog, de l’histoire du C Star et de defend Europe, des publicités programmatiques sur lesquelles  les sleeping giants mettent en gardent tant de sociétés qui financent (rarement en connaissance de cause) des sites d’extrême droite, du mouvement Alt Right aux USA (dont nos neuneus hexagonaux copient les méthodes, les outils et les fétiches), de la présence massive de l’extrême droite sur You Tube, à travers quelques personnalités phare,   des sites principaux de la fachosphère,  de Soral, de Démocratie Participative, etc etc etc… 

Et comme il m’est rassurant  de voir dit par un autre l’esquisse d’un contour de mes propres analyses et constatations… J’avance. Avec lui. Et vous. Ensemble, partageons cette connaissance de l’ennemi : pour mieux le combattre. Car quant à moi, lorsque j’ai entendu Tristan évoquer « la culture numérique des parlementaires », comment dire… je vais être poli : j’ai souris. Comme il y insiste si opportunément, nos décideurs passe à côté de cette forme de culture virtuelle pourtant si présente au plus près même des plus jeunes, ce qui n’est pas sans conséquence sur la formation de l’esprit des futures générations. Et ce que nous voyons n’est pas toujours beau à voir… Quand des fascistes créent des comptes sur Tik Tok, ce n’est pas pour leur parler de Winnie l’ourson. Et si on protégeait au moins nos enfants et ados, à défaut des adultes, de ces contenus idéologiques toxiques ?

Merci pour votre attention.

 

 

Pascal Olivier Chiron et le grand complot judéo-maçonnique #Giletsjaunes #antisemitisme

C’est Tristan Mendès France qui a levé le lièvre sur twitter. Inutile de vous dire qu’il est particulièrement  puant, le lièvre… Et avec ou sans gilet jaune, le procédé qu’il met en œuvre est d’une dégueulasserie sans nom, à la veille d’une journée de mobilisation contre ce fléau qu’est l’antisémitisme.

Tristan nous affirme pourtant (je lui fais confiance) que c’est une idée régulièrement relayée sur les réseaux sociaux par certains gilets jaunes… Démonstration :

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Pourtant, malgré l’ignominie du procédé, le quidam dont on va révéler les bien tristes exploits a été promptement suivi et relayé par un grand nombre de gilets jaunes sur twitter, comme en témoigne ce seul exemple -voir le nombre de Retweets et de like ci-dessous) , qui prétend – honte de rien – lutter contre le racisme…  :

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… Sauf que. Ya comme un problème. Car celui qui est ici représenté avec une kippa, ultime provocation insupportable de la part de ce malveillant là, a une intention bien précise… dont on peut se faire une petite idée à la faveur d’un petit aperçu du contenu de  son compte facebook  :

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Alors, j’arrête ou je continue ?

Stop ou… encore ?