Peillon pour un sursaut du journalisme #mediapart

Puisque c’est Peillon qui le dit… Les blogueurs de gouvernement n’ont plus qu’à fermer leur clapet. Ou alors, l’indignation serait sélective. Et c’est mal. Moi-même, je ne cautionne pas ça, par exemple… :

3) Un Front de Gauche bien à droite.

L’homme politique Michel Lefebvre, présenté au public comme un « élu PS » alors qu’il est en réalité maire et conseiller général du Front de Gauche, tient un discours tout à fait opposé aux valeurs de son parti. Frigide Barjot l’embrasse et le remercie de montrer que l’opposition au mariage pour tous est de gauche comme de droite – elle rappelle à cette occasion que son amie de jeunesse Laurence Tcheng a fondé le collectif « La gauche pour le mariage républicain ». (source)

Ya manifestement des cons partout. Même au Front de Gauche. Ce gars là mérite une rubrique ici.  Mais je m’égare… L’essentiel est ailleurs : la place d’un journalisme de qualité est effectivement au cœur du débat et d’un nécessaire et urgent renouveau démocratique. Peillon  a raison. Marre du journalisme couché. A gauche comme à droite. Si notre démocratie est aussi affaiblie, certains journalistes à la petite semaine y ont aussi leur part. Il serait temps qu’ils s’en rendent compte et réagissent, en proposant autre chose que du relais de dépêches d’agences… et de l’info en continu sans réflexion ni investigation. Bravo Médiapart.

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Nicolas, plus que 17 jours. Nous ne t’oublions pas.

Merci à Bruno, pour ceci :

Or ce qui apparaît maintenant, c’est qu’en fait cette filière de fonds occultes avait été révélée au procureur Philippe Courroye dès l’automne 2010. C’est l’avocat suisse des Bettencourt qui avait livré cette information. Et, bizarrement, rien ne s’était passé. Mais peut-être qu’en fait ce n’était pas si bizarre que ça…

Comment fonctionnait cette “filière” ? Est-ce que la famille Bettencourt faisait venir de l’argent dans des valises ?

C’est plus sophistiqué et plus discret. C’était une société, à Genève, qui organisait le transfert des sommes grâce à ce qu’on appelle un mécanisme de “compensation” : en Suisse, la somme est virée d’un compte détenu par Mme Bettencourt vers celui de la société ; à Paris, la même somme est retirée en espèces et livrée chez les Bettencourt par des coursiers très spéciaux, à une heure précise, avec un mot de passe… Du coup, l’argent ne franchit pas la frontière, rien n’est détectable. Seulement dès 2010, la justice connaissait le circuit, la société. Des documents bancaires étaient saisis. Ils montraient que quatre millions d’euros avaient été livrés dans ces conditions. On peut se demander pourquoi il a fallu attendre 18 mois pour qu’on enquête sur la destination de ces fonds.

Est-ce que le procureur peut avoir voulu étouffer cette piste ? Pour protéger Nicolas Sarkozy ?

On ne peut pas l’affirmer, mais on a le droit de le soupçonner. Dans cette affaire, il y a déjà eu plusieurs interventions contestables du procureur Courroye. Il s’est opposé à la mise sous tutelle de madame Bettencourt, puis à la production des fameux enregistrements du maître d’hôtel, qui révélaient que Mme Bettencourt était manipulée par des proches. Dans ces enregistrements, on entendait aussi que l’Élysée suivait cette enquête comme le lait sur le feu. Alors, il n’y a pas de preuve que Nicolas Sarkozy a bénéficié d’une partie des sommes en question – et Éric Woerth, qui était le trésorier de sa campagne en 2007 et qui est mis en examen, a nié tout financement occulte. Mais a posteriori, on peut se dire que l’attitude du procureur, dont chacun sait qu’il est très proche de l’Élysée, est peut-être le signe le plus éclatant que cette affaire met en jeu des intérêts très haut placés.

A force de taper sur la prétendue inefficacité des juges, il fallait bien qu’ils s’ingénient à lui prouver le contraire… Question de principe, et de compétence professionnelle. Tu n’aurais pas du te repaître de bons mots, peu conformes à tes actes, comme cette « république irréprochable » qui fut si peu la tienne, et de moins en moins la nôtre…  Car le système judiciaire dans son ensemble, lui, t’as pris au pied de la lettre. Et rêve de t’enlever tes lacets. Plus que 17 jours…

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Courroye : encore un coup des juges rouges !

 

 L’idée qu’un magistrat, tout Procureur de la République au Tribunal de Nanterre qu’il soit,  ait à répondre de ses actes auprès de la justice, en marge de l’affaire Woerth/Bettencourt, malgré son statut d’ami personnel de Nicolas Sarkozy, et qu’il ne soit donc pas au dessus des lois,  me convient tout à fait, à moi… Mais manifestement pas au dénommé Courroye, qui l’a fait savoir haut et fort à qui de droit…

 Voilà cependant le sens concret que je donne quant à moi  à ce qui n’était pour d’aucuns qu’une formule, celle de la « République irréprochable ».

 [youtube http://www.youtube.com/watch?v=SBjnhC_RQWM&w=420&h=315]

  Bravo,  Sylvia Zimmermann, de laver l’honneur des français par cet acte courageux.

 Rappelons tout de même pour ceux à qui ce léger détail aurait échappé que Courroye est  celui qui (entre autres…)  a classé « sans suite » l’enquête préliminaire de police sur les conditions d’achat par Nicolas Sarkozy d’un luxueux duplex à Neuilly…

 Il fallait donc bien que celui que même ses pairs  condamne se retrouve un jour à devoir rendre des comptes sur les libertés qu’il prend avec la justice de son pays… qui n’est pas censée être aux ordres d’un autocrate sans scrupules, comme l’histoire récente le démontre tous les jours.

Mais il est effectivement regrettable, comme je l’ai vu écrit ailleurs,  pour l’image du sytème judiciaire de notre pays que la justice française se saisisse elle-même… ça fait désordre.

A présent, pour nous détendre un peu, je vous propose d’aller écouter la symphonie inachevée de Guy Birenbaum.

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Comment ça il est pas frais, mon poisson ?

Billet doux / La maquerelle vertueuse

Publié le samedi 24 septembre 2011 à 11H00

La « République irréprochable » voulue par Nicolas Sarkozy a la douce voix de l’harengère de l’UMP Nadine Morano, qui se répand partout sur les ondes que son poisson est frais quand le citoyen sait bien qu’il n’en est rien. Elle a le visage fourbe de Brice Hortefeux qui jure la main sur le cœur qu’il n’a pas eu connaissance des procès-verbaux des juges alors qu’il téléphonait le contraire à son pote Gaubert mis en examen. Elle a l’impudence de Jean-François Copé qui dénonce dans l’affaire Karachi, tenez-vous bien, un complot socialiste. La « République irréprochable » ressemble à s’y méprendre à une mère maquerelle qui voudrait nous faire croire qu’elle travaille pour une ligue de vertu.

Bruno TESTA,    ici.

btesta@journal-lunion.fr