ces villes gérées par un air de haine #RN

* sur le titre, je développe ici

En observateur attentif de l’extrême-droite de ce pays, je ne manque jamais une publication du site VISA de la Conex,  et plus particulièrement celle des chroniques « lumière sur mairies brunes«  (qui ont déjà donné lieu à plusieurs publications papier)  :

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cliquez sur le lien...

Que ce soit à Hénin-Beaumont ou Hayange, à MarseilleBéziers ou Beaucaire, j’ai vu très concrètement et factuellement au quotidien pendant toutes ces années comment étaient et sont encore gérées les villes sous emprise du FN, maquillé en RN. Tout n’y est que haine, mensonges et trahisons, conflits entre bandes rivales ou/et conflits d’intérêts, racisme et exclusion, attaques contres l’opposition, y compris contre les associations humanitaires et d’entraide sociale, comme on l’a vu si tragiquement pour Hayange, dont le maire s’en est pris nommément aux membres du Secours Populaire.  Pour le parti des pauvres et des sans voix (soi-disant), voilà qui fait tache… Et bien que je le sache déjà pour les observer de suffisamment près (et purée, ce que ça schlingue), ça va encore mieux en le voyant écrit par un autre. Surtout quand il s’agit de sa spécialité universitaire : l’observation de la gestion municipale par l’extrême-droite. C’est une qui connait son sujet pour habiter dans une ville gérée par le FN/RN qui partage avec nous cet article (j’espère qu’elle se reconnaitra. Courage à elle)

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Extraits significatifs :

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CQFD. Merci Monsieur.

à #CSOJ, Zohra Bitan #FQSP faisait tache…

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(significatif de son incapacité à débattre, non ? )

je suis content pour ceux qui ne la connaissaient pas (ils ne perdent pas grand chose, franchement) que Zohra Bitan fusse présente dans la dernière émission de Taddeï, hier soir, Ce Soir ou Jamais… Ils ont en effet pu constater à quel point la vacuité de sa pensée personnelle éclatait au grand jour parmi de vrais intellectuels. Car celle qui prétend représenter le pragmatisme absolu (alors qu’on est toujours le bobo ou le rêveur d’un autre, chacun son pragmatisme et sa réalité personnelle…)  n’a démontré hier soir que son incapacité à conceptualiser le monde dans lequel nous vivons tous, avec des propos au hachoir, nourris de haine de la gauche et de rancœur, qui n’aident nullement à donner du sens au débat, dont elle prétend détenir la seule vérité, unique et universelle, sous prétexte qu’elle a été de gauche (mouais… laquelle ? Celle de Valls), qu’elle a vécu en banlieue, et qu’elle est d’origine étrangère). Tout cela ne saurait cautionner son discours si réac qu’il m’insupporte au plus haut point. Je suis issu moi aussi d’une famille modeste. J’habite moi-aussi dans une banlieue pauvre, faite de quartiers sensibles, et nous n’observons pas du tout la même réalité, de laquelle, contrairement à elle, je ne saurais faire une généralité. Dire que les cités sont contrôlées par des barbus et des dealers ne correspond en rien  à ce que j’observe, d’une réalité quelque peu plus complexe en outre que ces clichés sur lesquels repose sa non pensée laissent à le supposer. Son positionnement m’apparait de nature à renforcer la vision cruellement stéréotypée que se font tous ceux qui n’y habitent pas de la banlieue, alors que les cités sont bien plus riches, diverses, ceux qui y vivent bien plus hétérogènes que les médias et la vision tronquée des politiques qui n’y ont jamais vécus le laissent supposer. De plus, elle oublie une chose, une petite chose, un léger détail qui a son importance dans le débat qui nous préoccupait hier, sur une prétendue culture de l’excuse qu’aime à dénoncer la droite et ses extrêmes. Car elle pêche par excès d’autorité et d’égo-centrisme. On ne peut pas en effet en appeler à la seule volonté personnelle, à la seule rage de « réussir » (de plus qu’est-ce que cela veut dire ?), et au sacro-saint goût de l’effort et de la force de travail pour sortir du trou, comme s’y rattache si habituellement la droite (c’est à ça qu’on la reconnait) pour justifier sa culture individualiste outrancière. Car c’est partir du principe que tout le monde est égal en droits et en ressources personnelles. C’est tout simplement faux. C’est occulter totalement le fait que certains, un grand nombre, sont atteints dans leur volonté personnelle et dans leur vision du monde et de leur capacité à le changer (et à se changer) et à y faire leur chemin par un contexte socio-économique, psychologique, familial, donnant l’impression à beaucoup qu’ils sont impuissants à contrôler leur destinée. Il y a donc une certaine forme de violence à demander aux autres ce dont on est capable seul(e) soi-même. C’est le point précis où achoppe tout ce que cette activiste réac peut mettre en œuvre pour étayer ses positionnements si virulents et sûrs de leur fait, excluant toute autre possibilité d’angle d’attaque du débat. Ce n’est pas là l’expression d’une culture de l’excuse, mais d’une construction sociétale de l’impuissance, à laquelle bien des prismes contribuent… Et ce n’est pas l’incapacité de la production politique actuelle, quel qu’en soit l’origine partisane, à changer le monde en mieux, et à donner de l’espoir et de la confiance en l’avenir qui pourra me détromper. Notre pays est riche. Or, il fabrique de la pauvreté et du chômage de manière exponentielle. Cruelle impuissance politique que devrait méditer cette personne qui semble assoir son orientation politique sur la réussite individuelle et l’autoritarisme sécuritaire… Une impasse et une hypocrisie qui nie à chacun le droit de s’épanouir, dont ne dépend pas son seul petit effort personnel, contrairement à ce qu’affirme avec tant d’assurance Madame Zohra Bitan. La société est en effet une construction collective, pour le peu que je sache… 😉

Sortir du trou pour reprendre de la hauteur politique, c’est possible

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Hollande plantait un chêne… Valls agit comme un gland.

« Aucune excuse sociale, sociologique et culturelle » ne doit être cherchée au terrorisme, dit Valls

C’est certainement l’un des meilleurs papiers qu’il m’ait été donné de lire ces derniers jours, dans le sens où il permet de nous  donner plus de hauteur de vue et d’analyse au débat politique ambiant, particulièrement étouffant et réduit à la taille d’un trou de souris. Il se focalise en effet actuellement un peu trop à mon sens sur la seule mesure de déchéance de nationalité, si étriquée, en faisant oublier tout le reste. N’est-ce pas en effet le terrorisme, qu’il s’agit de combattre, plutôt que la bi-nationalité des uns ou des autres, sans effet sur ce dernier ? L’hystérie collective favorisée par des médias qui ont perdu toute boussole et toute perspective d’éclairage de ses lecteurs semble l’avoir oublié. C’est pourquoi il est intéressant de lire cet article de  Pierre Beckouche, Professeur à l’université Paris I Panthéon Sorbonne. Si vous avez la force de dépasser le diktat de Valls ci-dessus, en exergue, vous pourrez ainsi mieux accepter l’idée que, bien loin de trouver des excuses aux terroristes, il  s’agit cependant de se doter des clés de compréhension de ce phénomène complexe qui, on le sait à présent, pousse sur le fumier de la vulnérabilité personnelle, de la fragilité psychologique, de l’inculture, et de l’absence de raisons de vivre et de projets structurants. Et le contexte dans lequel ont poussé ces monstres que sont les terroristes n’est pas anodin, comme nous le souligne Pierre Beckouche : « la presque totalité des assassins de 2015 sont issus des quartiers de la politique de la ville », de Zones Urbaines Sensibles (ZUS). « Les quelques autres ne viennent pas de ZUS mais de communes pauvres dans leur ensemble », […], bien plus pauvres que la moyenne nationale. » 

Mais, nous dit P. Beckouche …

Il faut aller plus loin. Si leur déculturation a pu faire de Français des nihilistes radicaux, le processus touche de bien plus larges parties de notre jeunesse. Au-delà de quelques milliers d’islamistes, cette déculturation concerne sans doute des centaines de milliers de jeunes Français. Cela se traduit, quelquefois, par l’islamisme, plus souvent par l’anomie, la drogue, la délinquance, le banditisme, la marginalité. Les attentats nous révèlent quelque chose de l’islamisme ; à son tour, l’islamisme nous révèle quelque chose de plus profond sur la jeunesse française et, on l’a vu avec les élections régionales, sur son attirance pour le Front national – appel désespéré à un ordre social chaotique mais dans lequel ils ont l’illusion de pouvoir trouver une place.

On voit donc là, bien loin de cette grotesque et dangereuse mesure de déchéance de nationalité, que c’est d’un projet global de cohésion sociale, d’une politique de la ville tenant compte des erreurs du passé, d’une action efficace sur le chômage qu’il s’agit de définir et d’assumer. Mais il devient de plus en plus évident à tous que cela ne peut provenir d’un premier ministre pour qui seul le « tout sécuritaire » allié au « tout économique » (cf. les nombreuses macronneries), avec si peu de place pour le social et le socialisme abandonnés que l’on peut avancer et trouver des solutions, nécessairement politiques, globales et ambitieuses, qui répondent à ce constat préoccupant et sérieux. Qui aurait dit enfin que celui-ci pouvait être partagé à la fois par un gauchiste libertaire que je suis et par un homme de droite modérée comme Autheuil, dont le dernier billet va dans le même sens que le mien ?

Malheureusement, le débat actuel sur la déchéance de nationalité va dans le sens exactement inverse. Non seulement on refuse de voir la source du problème, mais on rajoute de la stigmatisation symbolique pour exclure encore davantage ces populations qui sont déjà largement mises à l’écart. Le plus triste, c’est que cela répond à une demande profonde des français. L’électeur moyen, pas seulement du FN, approuve largement que l’on fustige ces « barbares » et qu’on le rassure par des mesures spectaculaires (même si largement inefficaces).

Ce que j’attends d’une classe politique responsable, c’est qu’elle cesse d’être à la remorque d’une opinion publique qui la mène dans le mur. J’attends à l’inverse que les élus posent un diagnostic des causes profondes et fixent un cap, même si cela prend l’électorat à rebrousse-poil dans un premier temps. La France crève de l’absence de courage de ses élites, qui n’osent plus jouer leur rôle. Je suis, encore un peu plus, persuadé que je n’ai absolument rien à attendre des personnes qui sont au pouvoir en France.

Je partage son avis.

Madame la ministresse du (non) travail : bienvenue et bon courage.

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je ne suis pas de ces crétins, journalistes ou plutôt moins (d’une chaîne dont le crétinisme semble, justement, être la marque de fabrique),  qui s’arrêtent à votre nom, votre origine ou celle de votre mari et de sa profession, toutes choses dont on devrait se ficher totalement si le but était de juger de vos compétences et de vos qualités personnelles en rapport avec votre nouvelle fonction.  Ce ministère que l’on vient de vous assigner par la grâce de notre bon roi Hollande, à la grande surprise de ses non-courtisans dont je suis, revêt une importance essentielle et, au risque de la redondance, éminente  à mes yeux, pour cause : je suis en effet un pur produit de l’inefficience des politiques publiques de l’emploi, pour employer une périphrase, si ce n’est un euphémisme. Il m’est très agréable, et je le revendique, de voir enfin partir quelqu’un que je déteste tout particulièrement, lui qui n’a eu de cesse d’accumuler les bourdes, les erreurs de communication et d’action, de stigmatiser les chômeurs, de faire reculer l’égalité professionnelle, et de se revendiquer d’une culture libérale qui produit aujourd’hui  tant de désastres humains, ce que je combats de toutes mes forces. Il me semble d’ailleurs, sans vouloir parler en leur nom, que mon sentiment doit être partagé par de nombreux chômeurs et salariés de notre pays, au vu de la totale absence de résultats de ce gouvernement  en matière de lutte contre le chômage, de protection des salariés, d’amélioration de leurs conditions de travail et d’existence.  Mais cette hollandie là, dans laquelle vous évoluez si rapidement à présent, pense peut-être  s’en tirer avec la formule choc qu’à trouvé l’un de vos excellents communicants, cet élément de langage creux repris en boucle depuis ici et là, selon lequel « ce n’est pas le ministre du travail qui crée de l’emploi…  « . Bel humour. On rit presque. Les dents serrées. J’attends beaucoup de vous, comme de nombreux français, malgré nos divergences politiques fortes. Ne vous connaissant pas, je me suis renseigné, comme pour tout(e) autre à qui je consacre un billet ici. Je sais donc que votre parcours n’est pas celui d’un(e) énarque déconnectée, du genre de ceux qu’on se plait à brocarder à gauche du PS. Bien sûr, vous forcez le respect, compte-tenu de vos origines modestes ¹, vos petits boulots de jeunesse, les échelons politiques qu’il vous a fallu gravir pour arriver jusqu’à cette fonction prestigieuse. Les informations que j’ai récoltées laissent transparaître une femme de convictions, et d’une forte personnalité. Il en faut, pour exercer à ce niveau là. Votre force de travail impose le respect, et cela même à droite. Beaucoup s’inquiètent cependant de votre inexpérience face au périmètre de votre ministère. La politique de la ville vous donne certes un angle de vision utile, mais apparait bien précaire en regard des futures échéances de votre ministère.  Certains pointent du doigt votre bilan mitigé au secrétariat d’état à la politique de la Ville, une action gouvernementale que je connais bien professionnellement, dans le détail,  et qui se révèle, pas seulement à cause de votre départ, laissée en friches. Et ce n’est pas la non-expérience de Monsieur Kader, et surtout ses limites,  qui vont me rassurer… Ce secrétariat d’état qui fut d’une surface un peu plus convaincante autrefois a été victime des passages successifs, comme en coups de vents,  de ministres qui ont passé et l’ont dépassé sans laisser grande trace… Et cela, à droite comme dans cette « gauche » que vous représentez. Un secrétariat d’état important à mes yeux, quand on sait de quoi on parle, que certains libéraux pur jus choisissent de mépriser. C’est leur choix. Il en dit long sur leur racisme social, estampillé par la faculté ultra-libérale Medefienne à laquelle le Monsieur qui signe le texte a participé. Un Monsieur qui en passant prétend vous donner des leçons de dialogue social en marquant son mépris insupportable pour les syndicats, en visant nommément, pratique indigne, la représentante de l’un d’entre eux. A peine nommée, vos ennemis idéologiques, vous le savez probablement déjà, sont prêts à vous savonner la planche, sont bien vite à pied d’œuvre (au noir, l’ « œuvre »…). Et vos principaux ennemis ne sont pas, contrairement à ce qu’en laissent à penser médiocrement des médias plus préoccupés de la mousse médiatique que du fond, ces racistes débiles au cerveau grillé et autres abrutis adeptes de la secte du Grand remplacement, qui ne sont qu’une minorité bien que terriblement agissante, mais bien les forces de l’argent, quelle que soit leur forme : les lobbies patronaux, les réseaux financiers, bancaires, industriels, ou, en un mot comme en cent,  les intérêts des dominants plus que du peuple de ce pays. Des gens qui ont des noms, des visages,  pour qui l’emploi ne se réduit invariablement qu’à la seule capacité du système à maximiser leurs profits à court terme au plus grand mépris de l’être humain, dont le Medef et ceux qui partagent son idéologie  font bien peu de cas, à rogner si ostensiblement l’os jusqu’à la moelle. Saurez-vous enfin par votre action mettre fin à cette insupportable litanie des adeptes de la secte de la Croâssance bien connue, qui veut que le Code du travail soit toujours trop dur pour les uns, alors qu’il ne l’a jamais été aussi peu pour les autres, quand on a l’œil exercé en matière de droit du travail. Mu par ce genre de préoccupations, il ne m’est donc vraiment pas apparu d’évidence que ce gouvernement dont vous n’êtes qu’un maillon bien faible (quelles que soient vos qualités par ailleurs) a su se mettre à distance suffisante de ces forces financières pour le plus grand profit, enfin, du peuple français, de la défense des intérêts des salariés, et des chômeurs dont je suis. Entre Macron et Valls, dont on sait les positions idéologiques respectives, votre marge de manœuvre m’apparait bien limitée. Mais si vous parveniez à me prouver le contraire, vous ‘en verriez le premier ravi. Loin des beaux discours, je vois les actes. Et tout ce que je veux savoir,  qui m’importe aujourd’hui, c’est de savoir si cette putain de société de merde qui dysfonctionne gravement va enfin pouvoir se racheter par le biais de votre nomination, en  nous procurant un emploi, un vrai, pas à temps partiel subi, pas le dimanche, pas l’une de ces mesurettes de contrat aidé qui n’apporte au bout  du compte que désillusion malgré l’investissement personnel fort. Déjà, vous avez posé des jalons, premiers discours, premiers actes.. (Chapeau, le coup de la visite de pole emploi..  ). Mais ce n’est pas ce genre de répétition mécanique d’éléments de langage totalement stéréotypés et agaçants  qui sont de nature à me rassurer…

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Plus que lassant : désespérant. Que cela vienne de la droite ou du PS, on s’en fout. Même inefficience. Peut mieux faire. J’attends la suite…

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¹ Sa mère était prof d’anglais, son père a fait beaucoup de métiers, avant d’ouvrir une boutique de reprographie à Bordeaux

Géographie de la pauvreté : quels crédits pour lutter contre ?

 

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Afin de déterminer les zones prioritaires permettant l’accès aux subventions allouées dans le cadre de la politique de la ville, Najat Vallaud-Belkacem a dévoilé aux acteurs de terrain la nouvelle carte de la géographique de la pauvreté en France,  lors de l’ouverture des Journées nationales d’échanges de la rénovation urbaine (Jeru)

« Basée sur le critère unique des bas revenus des habitants, cette nouvelle carte met en lumière toutes les concentrations urbaines de pauvreté à travers le territoire. Ce sont ainsi 1 300 quartiers qui ont été identifiés sur 700 communes en métropole. Ils se substitueront aux 2 500 quartiers en contrat urbain de cohésion sociale (Cucs), qui englobaient jusqu’à 900 communes ».

« Ont été retenues les zones où plus de la moitié de la population vit avec moins de 11 250 euros par an, soit 60% du revenu médian national (avec une pondération selon le niveau de vie dans l’agglomération) ».

Le dossier de presse est ici.

Là où l’Etat français se vante de voir un programme de politique de la Ville concerner 700 communes au lieu de 900 précédemment, j’eusse aimé constater chiffres à l’appui que la pauvreté a diminué en France, et non pas le volume financier alloué aux quartiers difficiles… à moins que ce ne soit un effet trompeur lié à une volonté de concentration des aides vers les quartiers encore plus pauvres que les plus pauvres… Mais de cela, je n’ai ni l’assurance, ni l’information nécessaire pour l’instant.

le Front de Gauche fait remarcher ceux qui ne marchent plus

Nassurdine Haidari, élu PS à Marseille, est à l’origine d’un appel intitulé « Nous ne marcherons plus! », visible ici. Il demande aux candidats à la présidentielle de présenter un projet politique « qui mette enfin en application le principe constitutionnel d’égalité ». Extrait :

Nous ! Citoyens de la République de toutes origines, refusons les inégalités, défendons une certaine idée de la politique consistant à être au service de tout citoyen, quelle que soit sa condition sociale, ses croyances, sa religion, ses appartenances politiques ou son pays d’origine.

Nous ne marcherons plus dans les calculs politiques à court terme qui instrumentalisent la différence, qui installent le désespoir et la déshérence au cœur de nos cités.

Nous ne marcherons plus dans ces politiques de la ville annoncées en fanfare, « plans Marshall » ou « antiglandouille »…

Nous ne marcherons plus pour demander ce qui devrait nous revenir de droit : une égalité réelle garantie par la loi et vérifiée dans les faits.

[…]

Nous les appelons à réparer les injustices sociales subies par toute une génération oubliée, lassée et déçue par une politique qui a dénaturé et trahi les valeurs de notre pays en disqualifiant ses propres citoyens.

Nous y voilà. L’oubli des quartiers. L’oubli des zones sensibles. Le peu de cas que l’on fait dans les discours politiques actuels et les programmes de nos principaux partis à propos de ce que l’on nomme si pudiquement « politique de la Ville », tout aussi oubliée par Nicolas Sarkozy que nous avons déjà oublié ce qu’a concrètement réalisé Fadela Amara… et qui l’a remplacée. Ou pas.

Le Collectif « Nous ne marcherons plus ! »  émet plusieurs propositions concrètes :

1. « créer un ministère de l’Egalité »

2. « favoriser la mixité sociale » en rendant anonymes les dossiers de logement

3. « lutter contre les contrôles au faciès » en instaurant des reçus pour chaque contrôle d’identité.

4. « assurer une représentativité politique et diplomatique conforme à l’image de la France », en limitant à trois le nombre de mandats électifs successifs

5. « conditionner l’accès aux marchés publics aux entreprises qui ont une vraie politique de lutte contre les discriminations ».

Pour l’instant, seul le Front de Gauche est d’accord avec l’ensemble de ces 5 propositions, qui sont en adéquation avec son programme électoral. Bayrou ne s’est engagé que sur une seule d’entre elles, la création d’un Ministère de l’Égalité.

Il m’apparaît pour le moins paradoxal que le Parti auquel appartient l’élu  à l’origine de ce Collectif  – qui a réalisé un travail aussi remarquable – s’intéresse si peu à la Politique de la Ville et donc  à l’amélioration concrète de la vie des quartiers… Cela ne le rend-il pas un peu amer ? Dans ce cas, il lui est toujours possible de rejoindre le Front de Gauche !

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