Philippe Courroye, une verrue sur le visage de la justice française

(j’ai bêtement hésité également avec cet autre titre : « Courroye, la voix de son mètre… (et demi). »

Selon Marianne, « Courroye est l’incarnation de la porosité entre le parquet et le pouvoir. » Selon Libération, il est « très compréhensif avec le pouvoir. » (source)

Pauvre petit Philippe, injustement muté « de force » (au Parquet Général de Paris, quand même, faut pas pousser…), et écarté des affaires du pouvoir, lui qui était si intimement lié au sarkozysme purulent… Dommage pour lui de s’être si gravement compromis dans des affaires qui nécessitaient pourtant tant d’impartialité pour que son travail soit mené conformément aux règles de l’art.

Il n’est donc pas vraiment surprenant que le gouvernement suivant prenne tant de soin à s’en séparer pour éviter notamment tout risque de sabotage de ses œuvres… Mais également toute critique et incompréhension des milieux autorisés de la profession. Quoi de plus normal ? Courroye ne s’est-il pas illustré par sa si grande propension à écarter de son seigneur et maître tout ce qui pouvait contrarier sa sérénité ? N’a-t-il pas fallu aller jusqu’à le dessaisir pour que l’affaire Bettancourt puisse suivre tranquillement son cours judiciaire, sans qu’un quelconque procureur ne muselle l’avancement normal de ce dossier ? Courroye n’est-il pas en outre ce procureur là, si sévèrement jugé par ces pairs, qui s’est notamment illustré par son peu de respect des lois républicaines en espionnant des journalistes à leur insu , ce qui aurait pu lui apparaître contraire à l’éthique dont il se revendique à présent pour dénoncer sa mutation ? N’est-il pas le premier procureur de la république qui ait dû répondre de ses actes délictueux auprès de la justice, malgré son statut personnel d’alors, d’ami personnel de Nicolas Sarkozy ? Voilà un record qui ne s’était jamais vu dans toute l’histoire judiciaire de notre République Française… On se souviendra aussi de lui comme celui qui a « classé « sans suite » l’enquête préliminaire de police sur les conditions d’achat par le président de la République, Nicolas Sarkozy, d’un luxueux duplex à Neuilly3 » . On espère d’ailleurs que Sarkozy aura un jour à répondre de ses actes malgré l’incroyable prévenance à son égard d’ un procureur dont le rôle est pourtant de veiller au respect des lois, ce par quoi il ne s’est pas véritablement caractérisé ces dernières années.

C’est pourquoi je trouve les cris de vierge effarouchée d’un juge qui se pose en victime injuste d’une chasse aux sorcières de nature prétendument idéologique du dernier ridicule. Il ferait mieux de se taire et de méditer sur ses erreurs s’il voulait se montrer plus crédible pour la suite de son histoire personnelle. Qui en outre n’intéresse que bien peu de gens. Hormis les juges, et ses avocats. Qu’il se le dise. Ferait mieux de prendre ses responsabilités et d’accepter de payer le tribut d’un attachement excessif à un pouvoir honni, méprisant et méprisé. Qu’on soit de droite ou de gauche d’ailleurs, là n’est pas la question. Mais celle du principe. Et de l’honneur.

Courroye : encore un coup des juges rouges !

 

 L’idée qu’un magistrat, tout Procureur de la République au Tribunal de Nanterre qu’il soit,  ait à répondre de ses actes auprès de la justice, en marge de l’affaire Woerth/Bettencourt, malgré son statut d’ami personnel de Nicolas Sarkozy, et qu’il ne soit donc pas au dessus des lois,  me convient tout à fait, à moi… Mais manifestement pas au dénommé Courroye, qui l’a fait savoir haut et fort à qui de droit…

 Voilà cependant le sens concret que je donne quant à moi  à ce qui n’était pour d’aucuns qu’une formule, celle de la « République irréprochable ».

 [youtube http://www.youtube.com/watch?v=SBjnhC_RQWM&w=420&h=315]

  Bravo,  Sylvia Zimmermann, de laver l’honneur des français par cet acte courageux.

 Rappelons tout de même pour ceux à qui ce léger détail aurait échappé que Courroye est  celui qui (entre autres…)  a classé « sans suite » l’enquête préliminaire de police sur les conditions d’achat par Nicolas Sarkozy d’un luxueux duplex à Neuilly…

 Il fallait donc bien que celui que même ses pairs  condamne se retrouve un jour à devoir rendre des comptes sur les libertés qu’il prend avec la justice de son pays… qui n’est pas censée être aux ordres d’un autocrate sans scrupules, comme l’histoire récente le démontre tous les jours.

Mais il est effectivement regrettable, comme je l’ai vu écrit ailleurs,  pour l’image du sytème judiciaire de notre pays que la justice française se saisisse elle-même… ça fait désordre.

A présent, pour nous détendre un peu, je vous propose d’aller écouter la symphonie inachevée de Guy Birenbaum.

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Quand un procureur sakozyste viole la loi, où va-t-on ?

Le procureur sarkozyste Courroye remercié ?

 Il est à présent admis par plusieurs sources que le procureur Courroye, proche de Nicolas Sarkozy, a violé la procédure ( ce qui est plutôt dérangeant pour un magistrat du parquet…), et s’est donc vu désavoué par la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Bordeaux, juridiction dans laquelle le dossier avait été transféré l’année dernière.

 Celui qui instruisait l’explosive affaire Bettancourt  au parquet de Nanterre  avant d’en être dessaisi, (comme l’avait d’ailleurs déjà proposé auparavant Eva Joly), au motif qu’il y avait une trop grande proximité médiatique qui nuisait au bon fonctionnement de la justice, vient donc de se prendre une grande baffe dans la tronche. (Puisque certaines manchettes journalistiques parlent de camouflet, il  fallait bien innover…).

 Voilà comment Le Monde, aujourd’hui, relate l’événement :

 Le désaveu, pour Philippe Courroye, le procureur de Nanterre, est cinglant. La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Bordeaux a considéré, dans un arrêt rendu le 5 mai – dont Le Monde a eu connaissance –, que la procédure lancée en septembre 2010 à l’encontre de la juge Isabelle Prévost-Desprez, pour « violation du secret professionnel » était entachée d’illégalité.

En conséquence, les magistrats ont annulé l’essentiel de l’enquête. Ils ont fondé leurs arguments sur le fait que M. Courroye avait demandé aux services de police de se procurer les « fadets » – facturations téléphoniques détaillées – de deux journalistes du Monde, censés être en relation avec Mme Prévost-Desprez.

La chambre de l’instruction a estimé que cette initiative procédurale était totalement illégale.

Dans ses attendus, l’arrêt rappelle qu’à aucun moment, « l’accord des intéressés, qui n’ont d’ailleurs pas été entendus au cours de l’enquête, n’a été recueilli », ce qu’exige pourtant l’article 77-1-1 du code de procédure pénale. Il y a, selon les magistrats, une « violation manifeste » de l’article 10 dela Convention européenne des droits de l’homme et de l’article 2 de la loi du 29 juillet 1881.

Si un procureur lui-même viole la loi, où va-t-on ? On comprend mieux pourquoi la france a été rétrogradée à la 31 ème place du classement mondial des démocraties par le journal libéral The Economist !

Le Monde, toujours dans ce dossier, a déposé au tribunal de grande instance de Paris une plainte avec constitution de partie civile, pour« violation du secret des sources ».

 Il est intéressant de constater que l’affaire prend un tournant si délicat pour le Président de la république française et l’oligarchie environnante que la chaîne TF1, l’amie des sarkozystes,  préfère titrer quand à elle sur son site :

 Affaire Bettencourt : les sources du Monde non utilisables en justice

 La justice appréciera. Et l’affaire Bettancourt suit son cours… Comptez sur moi pour suivre également le sien , ce dossier me revenant encore hier en tête quand un membre du gouvernement se faisait l’écho d’une  nouvelle chasse  de plus aux assistés… Quand on sait que Mme Bettancourt paie moins de 2.5 % % d’impôts là où nous en payons, pour la plupart d’entre nous, 25 %…. Cherchez l’erreur. Sans parler du fait que cette justiciable (comme les autres ?) a remporté l’année dernière la palme de la passoire fiscale avant que le bouclier ne soit aboli dans les conditions que l’on sait.

Et c’est aux pauvres qu’on fait la chasse ? Quelle injustice !

Cette affaire est donc pour beaucoup d’entre nous le symbole d’une justice de classe… Même si d’excellents théoriciens tentent de nous convaincre que ce concept est dépassé,  nous ne sommes pas prêts de l’oublier.

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