Macron finira-t-il sur un croc de boucher ?

gadç’aurait pu n’ être qu’un lapsus sans gravité, comme en commettent  forcément un jour ou l’autre ceux et celles qui sont amenés à s’exprimer très souvent en public. Faut pas se moquer, en ne parlant pas, logiquement, on ne risque pas l’erreur. .. Total respect pour ceux qui doivent s’exprimer en public, moi le  timide. Mais dans ce cas là,  précisément, l’assertion est un peu plus grave, car elle révèle dans toute son indigence la perception pleine de mépris et d’élitisme qu’à ce ministre de l’économie là pour les classes laborieuses.

« Dans les sociétés qui me sont données, sur les dossiers que j’ai, il y a la société Gad. Vous savez ? Cet abattoir. Il y a dans cette société une majorité de femmes. Il y en a qui sont, pour beaucoup, illettrées. Pour beaucoup on leur explique : “Vous n’avez plus d’avenir à Gad ou aux alentours. Allez travailler à 50 ou 60 km.” Ces gens-là n’ont pas le permis de conduire. On va leur dire quoi ? Il faut payer 1 500 euros et il faut attendre un an ? Voilà, ça ce sont des réformes du quotidien. » (source)

Avec un tel parcours, c’était à prévoir… Et dire qu’on nous reprochait lors de sa nomination d’avoir des préjugés… Qui en a le plus ? Celui qui estime qu’on ne peut pas lutter efficacement contre les dérives financières en ayant fait carrière chez Rothschild, ou celui qui fait d’un problème d’illettrisme qui, bien qu’en partie réel, ne représente aucunement la majorité des salariés concernés, et encore moins celle des ouvriers et salariés français qui à travers ses propos se sentent gravement insultés ? Certes, il ne viendrait pas à l’idée de ce Monsieur si bien mis qu’une ouvrière de chez Gad, quand bien même n’aurait-elle pas accès à l’écrit, puisse se sentir insultée en le regardant à la télévision, ou même ô surprise qu’elle a accès à internet et qu’elle peut ainsi prendre connaissance de ses déclarations péremptoires et qu’alors, elle ressente une furieuse envie de le dépecer sur place… C’est humain.

Se prendre pour Jean Jaurès, fallait oser…

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93318-imposteur-cotta,bWF4LTY1NXgw« C’est en poussant à bout le mouvement économique que le prolétariat s’affranchira et deviendra l’humanité.  » (Jean Jaurès)

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Déjà, ce matin, ça commençait mal sur le front du socialisme. Politeeks nous alertait en effet sur  ce « nouvel outrage soc-lib en préparation » :

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Ce dispositif, qui n’étonnera pas ceux qui savent à quel point ce gouvernement est inféodé sans guère de recul aux intérêts financiers dominants,  fait dire à Politeeks  que  » c’est  le lobby patronal MEDEF à l’assemblée nationale ou même avant. ils n’auront plus besoin de déposer des amendements via des députés complices, et autres avocats d’affaires devenus élus. »  Je trouve cela en effet particulièrement choquant et relevant d’un conflit d’intérêts et de confusion des valeurs inquiétant pour le respect des intérêts populaires et contraire à l’esprit démocratique.

Puis je me remémore cette poussée de fièvre détricoteuse de nos droits salariaux (pourtant acquis de longue date et de forte lutte) propagée par les bons soins de Fabius, qui souhaite voir étendre le droit le devoir du travail le dimanche, dans une volte-face idéologique d’inspiration totalement libérale qui conduira à le banaliser. Et cela au détriment le plus clair de salariés qui n’auront pas le choix, ni hiérarchique, ni économique, ni personnel, de refuser. Le chantage à l’emploi, nous, on sait ce que c’est… Et puis il y a aussi le gel des retraites et des prestations sociales, toutes mesures de nature à faciliter la vie des plus modestes et à respecter la vocation du gouvernement qui devrait être de veiller à l’intérêt populaire…

Mais il est peut-être vrai, n’est-ce pas, chers (ou pas) blogueurs de gouvernement,  qu’au nom d’un pragmatisme obligatoire à sens unique qui ne sert en priorité bien visible de tous que les classes dominantes, il est indispensable de geler le salaire des fonctionnaires pendant (au moins…) 7 ans, pendant que les rémunérations des banquiers et des patrons français ne cessent de croître… 8% de perte de salaire depuis 2010, voilà une belle mesure de gauche… Cela va dans le bon sens, n’est-ce pas, Messieurs les libéraux hollandais qui se prennent pour de dangereux gauchistes… et à qui je fais pour une fois la grâce d’un lien que l’on ne me fait pas, alors que je suis l’insulté, plus que de raison…. La noblesse d’âme n’atteignant manifestement pas les gueux, qui sont toujours du côté des oppresseurs plutôt que de celui des plus modestes d’entre nous… L’austérité pour seule perspective socialiste, un projet de société véritablement innovant, pour sûr. Seuls les idiots comme moi ne peuvent pas comprendre… Vous savez, ces gens modestes qui ont hué Hollande lors de sa visite à Carmaux. Là où, précisément, Jaurès défendit les ouvriers contre leurs exploiteurs…. Fallait oser. Mais c’est à ça qu’on les reconnaît.

« Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage.  » (J. Jaurès)

 

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« A la Bastille, on l’aimait bien, Edouard Martin… » (ou pas)

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Oui, je sais, en ces temps troublés, en perte de repères sûrs, le commun des mortels a besoin de héros, et celui-ci en valait bien un autre…. Héros des temps modernes, qui se dressait à la fois contre l’état faible et une multinationale toute puissante… Certains s’étaient peut-être identifiés (un peu trop ?) à ce beau gosse à la parole facile qui ne vacillait pas devant les puissants. L’amertume n’en est que plus grande à présent, pour sûr…

Mais non, franchement, je ne comprends pas toute cette hostilité d’un côté (du nôtre, au Front de Gauche essentiellement, où les mots sont franchement parfois orduriers) et cette satisfaction de l’autre (au PS, où l’on croit avoir fait une prise utile, ce que seul l’avenir décidera…) envers cet ancien syndicaliste habilement reconverti en politique. Comme dit l’autre, faut bien bouffer, il a peut-être une femme au RSA et des enfants à nourrir après tout !  Et puis, oui, vous avez raison les twittos,  en voilà au moins un qui à Florange a retrouvé du boulot ! Et cela dans un parti où les perspectives de carrière sont bien plus nombreuses qu’au Front de Gauche.  Un parti où l’on ne risque pas l’opprobre et le crachat dévolus à nous autres, les soi-disant marginaux qui ne représenteraient personne.  Je suis d’ailleurs ravi d’entendre l’argument massue, destiné à faire taire définitivement les médiocres dont je suis,  qu’on ne peut pas à la fois défendre les intérêts des couches populaires et ne pas être satisfait qu’un ouvrier se présente en politique, ce qui constitue une forme de reconnaissance certaine… L’argument est spécieux : depuis quand le PS représente-t-il  les ouvriers ? Ce n’est pas ce que prétendait un célèbre rappport de Think Tank…. . L’aurait-on oublié et les médias qui ensensent ou fustigent ont-ils la mémoire courte ? Faut croire…

PS2. Pour ceux qui parmi vous travaillent encore, et ont à faire aux syndicats, êtes vous vraiment étonnés qu’un syndicaliste de la CFDT se faufile au PS, vraiment ? Comme on dit par chez nous, si un gouvernement rétablissait l’esclavage, la CFDT négocierait encore le poids des chaînes… Ce n’est franchement pas un syndicat de combat, je parle d’expérience.

Voir aussi : Candidature PS: quand Édouard Martin disait « non » par LeHuffPost

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Le FN est l’ennemi héréditaire des employés et des ouvriers

 

 Marine Le Pen et le Front National aiment beaucoup les travailleurs. Mais ils n’aiment pas les syndicats qui les défendent. J’en veux pour seule preuve les propos de celui que l’on désigne généralement comme le compagnon de Marion-Anne-Perrine Le Pen, et accessoirement vice-président du Front national. (Comme quoi la gestion d’un parti est trop sérieuse pour la confier à des étrangers. La politique au FN est donc une affaire de famille… Ne serait-ce pas ce phénomène que l’on qualifie de népotisme, par hasard ? Mais ceci est une autre histoire.. ).

 Qu’a donc dit Mr Aliot qui puisse m’offusquer de la sorte… ? Tout simplement (dans la dernière émission « Mots Croisés ») que les syndicats sont tous pourris, qu’ils ne sauraient représenter les travailleurs avec seulement une petite dizaine de pour cents de syndiqués en France, et qu’il serait temps de faire le ménage là-dedans.

 Effectivement, Monsieur, effectivement…. Mais que faisiez vous aux temps chauds ? « je chantais, ne vous déplaise, la Marseillaise ! » « vous chantiez ? J’en suis fort aise. Et bien, pensez, maintenant ! »  Car nous n’avons pas attendu, tout syndicaliste que nous sommes, pour nous poser la question… dont je voudrais bien qu’effectivement les candidats aux présidentielles s’emparent. Car elle est trop sérieuse quant à elle pour la confier à des lepénistes.

 Mais dites moi, Mr Aliot, si nous sommes si méprisables et inefficaces que vous le dites, expliquez-moi juste une petite et simple chose : pourquoi, si nous sommes si peu représentatifs, tentez vous avec tant d’opiniâtreté de nous noyauter de si grossière manière ?

 Pourquoi avez-vous tenté à plusieurs reprises de créer, sans grand succès, ce que vous présentiez alors comme votre « propre »syndicat maison ? Syndicat qui ne saurait d’ailleurs en aucun cas en être un puisque ce statut obéit à des règles précises qui de fait vous en excluent compte-tenu de vos positions politiques anti-démocratiques…

 Mais manifestement, fort heureusement,  la mayonnaise xénophobe ne prend pas, et c’est très bien comme cela. j’en veux pour preuve le peu de succès de l’initiative malheureuse de Marine Le Pen devant les grilles de PSA, à Sochaux… Lorsqu’elle a tenté de se livrer à l’une de ses entreprises de récupération politicienne dont le FN a le secret… et qu’elle s’est retrouvée confrontée à un militant du Front de Gauche (nous sommes nombreux à avoir été très fierrs de toi, Vincent).  Comme le disait ce dernier, on a rarement vu des militants du FN défendre nos retraites ou se trovuer aux côtés des ouvriers qui défendaient leur gagne-pain…. Il faudrait arrêter ce petit cirque victimaire qui consiste à tenter de faire croire que le vote frontiste serait majoritaire dans un pays qui l’ostraciserait : cela n’est plus le cas quand on voit l’empressement de certains journaleux pour faire de l’audience en vous invitant si volontiers. La réalité est bien plus simple : les salariés ne veulent pas de vous, le FN ne représente que (et c’est encore bien trop) environ 15 à 20 % des votants, ce qui ne fait aucunement une majorité, puisque 80 % des français ne sont pas xénophobes, racistes, homophobes, sympathisants d’une extrême droite européenne aux étranges relations avec l’histoire et, excusez moi du peu,  contre les droits des femmes . Si elles savaient toutes le sort que le FN leur réserve,  je doute qu’il y en ait encore beaucoup qui le soutiennent…

 Preuve en est que le peuple est bien moins con que ce que les médias en disent : certains préfèrent encore, quand ils ne sont pas d’accord avec le système, ne pas voter plutôt que de voter pour un parti dont ils ont éminemment conscience qu’il détruirait leurs libertés. Point barre.

NB. Ceci était l’ultime opus (mais pas le dernier j’espère) d’un trytptique gauchosphèrique écrit à  6 mains et trois cerveaux par l’ami des pas perdus, Steph, que je vous invite à rejoindre pour y lire son billet sur le même sujet sous un angle différent, ainsi que celui du Cri du Peuple, Nathanaël, qui s’xprime quant à lui à son auguste manière ici.

Et maintenant, Place au peuple !

 

PS. Sur ce même sujet du FN et des travailleurs, surtout, procurez vous ceci ! C’est un produit de première nécessité . En cas d’urgence, brisez la vitre ! Il est ci-contre…

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Terra Nova, boîte à caca

 Ils sont un certain nombre, de Dagrouik à Marc Vasseur, en passant par Romain Pigenel et Thierry, à évoquer dans leur billet du jour en des termes peu amènes le contenu d’un rapport de Terra Nova, le think tank socialiste, intitulé :

 Gauche : quelle majorité électorale pour 2012 ?

 Tous l’ont interprété comme une incitation à l’abandon de l’électorat populaire pour de vulgaires raisons de stratégie électorale. Cela m’a semblé tellement gros que je me suis empressé d’aller y voir de plus près

 En me rendant aux conclusions, j’ai découvert ce chapitre qui en a forcément hérissé plus d’un, et que cite également Marc :

 « Il n’est pas possible aujourd’hui pour la gauche de chercher à restaurer sa coalition historique de classe : la classe ouvrière n’est plus le cœur du vote de gauche, elle n’est plus en phase avec l’ensemble de ses valeurs, elle ne peut plus être comme elle l’a été le moteur entraînant la constitution de la majorité électorale de la gauche. La volonté pour la gauche de mettre en œuvre une stratégie de classe autour de la classe ouvrière, et plus globalement des classes populaires, nécessiterait de renoncer à ses valeurs culturelles, c’est-à-dire de rompre avec la social-démocratie. »

 Je ne peux que souscrire à l’analyse de Dagrouik qui réfute une logique libérale basée sur une approche marketing de la politique qui traite de l’offre et de la demande, et voit chaque programme de parti comme une prestation à réaliser. Comme il le dit judicieusement,  « c’est du clientélisme au niveau national« . Du Guérinisme à grande échelle.

 « Terra Nova explique à coup de marketing pour neuneus que le politique doit sélectionner ses électeurs et leur faire des offres. »

 Dans cette logique, il s’agit donc « d’améliorer le taux de participation : les jeunes ou les minorités ne sont pas des abstentionnistes systématiques, ils votent par intermittence. L’objectif est donc de les mobiliser : cela passe par une campagne de terrain (porte-à-porte, phoning, présence militante sur les réseaux sociaux et dans les quartiers…), sur le modèle Obama ». Nous y voila…

 Est-ce de cette gauche là, dont nous voulons, qui serait alors, effectivement, parfaitement incarnée par une approche DSkiste, à tendance fmisante,  sans le moindre état d’âme, en toute logique et cohérence, la Porsche devenant pour le coup un élément d’identification plutôt que de répulsion ou d’indignation ?

 Mais en allant plus loin, un autre passage  m’a choqué, que n’ont pas relevé mes collègues  :

 « La gauche doit dès lors axer sa campagne sur les priorités économiques et sociales, où elles sont en phase, et faire oublier ses convictions culturelles, notamment sur l’immigration et l’islam. Une telle stratégie présente des atouts. Elle est en phase avec la conjoncture »

 Nous y voila… Ce qui veut dire ? Comment interpréter cela ? Sinon au travers d’une orientation qui irait dans le même sens que celle que je dénonce à longueur de blog ? Ai-je vraiment bien lu ? Si j’en juge par ce qui suit, hélas, je le crains fort… Misère de la pensée socialiste.

 Mais je ne suis pas au bout de mes surprises… Tenez, ceci : « En voie de dédiabolisation, et donc bientôt fréquentable, le FN de Marine Le Pen a opéré un retournement sur les questions socioéconomiques, basculant d’une posture poujadiste néolibérale (anti-Etat, anti-fonctionnaires, anti-impôts) à un programme de protection économique et sociale équivalent à celui du Front de gauche ».

 Voilà qui n’est pas sans me rappeler l’accusation de populisme dont des ténors socialistes ont affublé Mélenchon, qui en arrive à la revendiquer, avec la fameuse caricature de Plantu qui a tant fait couler d’encre…  Mais n’a manifestement servi de leçon à personne. Cela fait-il à rpésent partie intégrante de la culture socialiste, au point que cela apparaisse dans un tel rapport ?

 Et vous voudriez que nous votions pour ces gens là, au prétexte qu’il s’agit de voter utile pour faire obstacle au front national et à Sarkozy, et ne pas nous montrer responsables de la division de la gauche ?

 Ce rapport est vraiment à vomir. Messieurs les blogueurs, je ne vous remercie pas d’avoir attiré mon attention sur le sujet. Moi qui était déjà en colère et remonté contre le PS… ça va pas s’arranger. Vous aviez donc raison… Il s ‘agit donc d’abandonner les pauvres et l’électorat populaire au Front National. C’est honteux, inadmissible, irresponsable, et jamais je ne saurais m’y résoudre. C’est de surcroît, par delà les considérations morales, vraiment prendre l’électorat populaire pour ce qu’il n’est pas, en bloc en tous cas : des cons, incapables de comprendre la haute pensée progressiste et réformatrice de ces valeureux sociologues, alors que les classes moyennes et les jeunes, eux, si… Bêtise.

 Et si nous migrions plus raisonnablement vers la Fondation Copernic ? A chacun ses valeurs…

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Marianne visite le Parc de Montretout

Jeux de (F) haine… en milieu ordinaire de (non)travail :

aujourd’hui, la banque… et les milieux financiers

  Au moment même où le gouvernement préfère quant à lui – sublime priorité – taper encore et toujours sur les moins favorisés,  en profitant de sa dernière ligne droite avant les présidentielles pour faire un petit cadeau de quelques millions à ses amis riches, Monsieur Debré lui-même en personne, tout président du Conseil constitutionnel et membre de l’UMP qu’il est,  s’indignait ce matin sur I-Télé (à moins que ce ne soit BFM ?) de l’absence de principes moraux des patrons et des banquiers.

 Monsieur le Président trouve donc indécent, et je ne peux qu’approuver, que les mêmes qui ont provoqué la crise par leur cupidité sans scrupules soient toujours en place sans qu’aucune sanction ne soit prise, même quand ils ont notoirement démérité. Jean-Louis Debré cite ainsi l’exemple de l’étonnante désinvolture de Carlos Ghosn   face au scandale de ces cadres injustement dénoncés pour une soi-disant affaire d’espionnage. Quant à moi, je ne m’inquiète pas pour eux, ils seront certainement grassement dédommagés, avec des sommes à plusieurs zéros que le commun des mortels n’a point le bonheur de connaître.

 Mais revenons au centre du débat : l’injustice criante qu’il peut y avoir à constater que certains se gavent pendant que d’autres crèvent, que la crise n’y a rien changé, et que notre société manque d’humanisme… Monsieur Debré est-il  le mieux placé pour faire ce constat ? Lui qui s’est rendu célèbre par des mesures, des lois et des actions qui ne brillent pas particulièrement par leur humanité ? Rappelons pour mémoire l’expulsion, le 23 août 1996, de 300 étrangers en situation irrégulière occupant l’Eglise Saint-Bernard à Paris. Ou mentionnons encore, lorsqu’il était Ministre de l’Intérieur, le projet de loi portant « diverses dispositions relatives à l’immigration », qui a eu pour petit effet secondaire quelques manifestations   critiquant la politique du gouvernement Juppé, durant lesquelles on scande des slogans réclamant l’« abrogation des lois Pasqua-Debré ».

Mais peut-être est-ce parce qu’il est de notoriété publique que cet homme soit d’une grande fidélité à Jacques Chirac et qu’il s’est opposé à maintes reprises à ce titre  à Nicolas Sarkozy que cet ancien président de l’Assemblée nationale se permette ainsi de remettre en cause les orientations politiques de son parti qui favorise si ostensiblement les intérêts des plus aisés ? A moins que ce ne soit parce qu’il est tout simplement en train de faire la promotion de son dernier livre , dont l’intrigue cousue de fil blanc utilise justement la figure des  « rivaux de la haute finance internationale » ?

S’il continue ainsi, sa sonnerie de téléphone pourrait bien sonner pour lui de la même façon qu’il appréhende certains de ses amis politiques…

Il se trouve en tous les cas que l’actualité économique du jour donne tristement raison à ce nouveau gauchiste (bienvenue parmi nous, camarade !) puisque nous apprenons grâce aux échos que les modestes émoluments des patrons du CAC 40 ont augmenté en moyenne de 24 % à l’heure où l’on préfère geler le salaire des fonctionnaires pendant 3 ans.

Pour toucher le tiercé des patrons les mieux payés en France, il fallait jouer en deux Franck Riboud (Danone) et en 3 Bernard Arnault (LVMH), alors que la première place est ravie par un outsider, Michel Rollier, inconnu du grand public (Michelin).

Dominique Seux,  sur son blog des échos, relativise cependant la hauteur astronomique de ces salaires par temps de crise en arguant du fait que Benzema touche bien plus qu’un patron du CAC40 (en moyenne 2.5 Millions d’euros, contre 9 millions pour le footeux) alors qu’il serait moins utile à la société… Mouais. Le lecteur jugera de la profondeur de l’analyse.

Moi, je me contenterai juste d’indiquer pour en terminer (provisoirement) que malgré les sondages en cours (qui ne font pas, comme 2002 l’a prouvé, une présidentielle), et notamment celui que porte à notre attention l’ami Bruno ici, la meilleure amie des ouvriers, et la plus grande pourfendeuse d’injustice sociale,  n’est certainement pas celle qui se fait nommer Marine (pour faire moins bourge… ou plus peuple ?).

 Marion Anne Perrine Le Pen (Marine est donc son nom de scène) ne sort en effet peut être pas de la cuisse de Jupiter mais très certainement de celle de son papa, riche héritier des ciments Lafarge Lambert. J’indiquerai en outre qu’elle n’est pas née à Villiers le Bel mais à (ô curieux hasard !) Neuilly-sur-Seine. Et que quelqu’un qui a passé son enfance dans un manoir à Saint Cloud au cœur du parc de Montretout me semble bien mal placée pour donner des leçons de sécurité, ou de connaissance des problèmes d’immigration au quotidien.  

Marion Anne Perrine Le Pen, défenseur de la veuve et de l’opprimé ?

Marion Anne Perrine Le Pen, proche du peuple et de ses préoccupations ?

Laissez-moi rire. Et me foutre de la gueule de tous ces gueux qu’elle mène en bateau…  sans pour autant les prendre pour des cons, mais avouez :  ya vraiment de quoi !

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Parceque je suis lorrain. Et de gauche.

Le Forum-IRTS de Lorraine
propose une conférence avec

Julian Mischi

intitulée

« Au service de la classe ouvrière ?
Les militants communistes de Meurthe-et-Moselle et d’ailleurs »



jeudi 4 novembre à 20h30

au Forum-IRTS de Lorraine
201 avenue Raymond Pinchard / 54000 Nancy
Entrée libre

 


Le Parti Communiste a été longtemps le premier parti de France. Des années 30 aux années 70, sa puissance électorale était considérable et ses militants nombreux. Au nom du communisme, des ouvriers se sont engagés dans un monde, celui de la politique, d’où ils sont d’ordinaire exclus. Comment le « parti de la classe ouvrière » s’est-il forgé dans des régions aussi différentes que la Meurthe-et-Moselle et l’Allier ?


En s’appuyant sur plusieurs cas locaux, Julian Mischi décrira l’organisation des militants communistes dans les quartiers, les villages et les usines. Revenir sur le succès passé du PCF permet de mieux comprendre les relations actuelles entre la gauche et les classes populaires.

Julian Mischi, docteur en sciences politiques, est chercheur en sciences sociales à l’INRA, (CESSAER, Dijon), enseignant à Sciences Po Paris et à l’université de Bourgogne.


Son ouvrage, Servir la classe ouvrière. Sociabilités militantes au PCF (Presses Universitaires de Rennes, 2010), constitue la version remaniée de sa thèse de science politique qu’il a soutenue en 2002 à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS). Il y étudie le PCF dans son ancrage local sur la base d’une enquête menée dans quatre départements (Allier, Isère, Loire-Atlantique, Meurthe-et-Moselle). Il a également co-dirigé avec A. Antoine Sociabilité et politique en milieu rural, (Rennes, PUR, coll. Histoire, 2008), publié des articles : « Mondes ruraux », dossier Politix, n°83, 3/2008, avec E. Doidy et N. Renahy et « Pour une histoire sociale du déclin du PCF », in F. Haegel (dir.), Partis politiques et système partisan en France, Paris, Presses de Sciences Po, 2007.

Cette conférence est animée par Sylvain Bernardi, cadre de formation à l’IRTS de Lorraine.