Un monde meilleur, est-ce trop demander au politique ?

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De Patrice Vergriete, le maire de Dunkerque, je ne connaissais rien ¹ avant de tomber sur cet article dans la Tribune. Il n’a peut-être l’air de rien, entonne un refrain qui peut paraître balayer des lieux communs, mais n’en demeure pas moins authentique et pragmatique à mes yeux. On y sent une fibre réellement de gauche. Parole d’élu local :

Une compétitivité qui se gagne sur le dos des salariés

Il est facile d’expliquer depuis un salon parisien que nos entreprises doivent gagner en compétitivité mais la réalité sur le terrain est que cette compétitivité se gagne essentiellement sur le dos des salariés. Les ouvriers de l’industrie n’en peuvent plus des plans de restructuration à répétition ! Les intérimaires et les sous-traitants n’en peuvent plus d’être les laissés pour compte de tous les plans sociaux ! Les employés n’en peuvent plus de toujours faire mieux avec moins ! Dans la guerre économique mondialisée, ils sont en première ligne, réduits au rôle de chair à canon et ils se révoltent dans les urnes.

Je confirme. Dans les conversations sur le terrain, avec les gens pour de vrai, l’inquiétude économique y est sourde, et sous-tend, en toile de fond, bien des rapports. Les plus solidaires se préoccupent de la situation de tel ou tel de leur proche, de leur ami, de leur conjoint, d’un membre de leur famille, et même d’une vague relation dont on peut avoir peur, collectivement, qu’elle sombre… Plus personne n’est à l’abri, pas même les cadres, et ça, tout le monde en a éminemment conscience, au point que la peur de perdre son emploi, et la volonté de le conserver -parfois d’ailleurs à tout prix, y compris celui de sa propre santé, jusqu’au burn-out – devienne si prégnante.  Aura-t-il fallu une crise qui concerne aussi directement les intérêts personnels de certains journalistes pour qu’on s’en préoccupe enfin ? Tant que cela ne concernait que des ouvriers provinciaux, le mal était encore lointain, presqu’ exotique… On pouvait l’étudier comme un phénomène sociologique suranné. Fini. Toutefois, et c’est là où Patrice Vergriete se plante, se superpose de plus en plus dangereusement à ce phénomène qu’est la peur de perdre son emploi et du déclassement, risque bien réel  ( j’en sais quelque chose) un autre tout aussi réel et inquiétant qu’il évacue bien vite, que je nomme peste brune...

Ce qu’ils rejettent en bloc, ce ne sont ni les élites, ni les migrants, ni les partis politiques mais bel et bien leur condition de sacrifiés d’une mondialisation économique à deux vitesses.

Il a tort. Le peuple rejette fortement les élites, dont il n’a jamais vu aussi crûment, directement, sans filtre, les travers, les erreurs, les approximations, les faux semblants, les comportements malhonnêtes et les conflits d’intérêt que l’heure d’internet ne permet plus d’ignorer à quiconque. Le peuple parle jusque dans mes chères randonnées hebdomadaires dont j’aurais tant voulu qu’elles demeurent des havres de paix, des oasis d’insouciance, de la question des migrants, qui fait s’inquiéter (souvent par ignorance du sujet) de la mise en concurrence des pauvres envers de plus pauvres encore, si pernicieusement véhiculée par les porteurs de peste brune, alors que sa réalité est extraordinairement discutable… Le peuple se détourne de plus en plus massivement de la politique en général et surtout des politiques en particulier, qu’ils perçoivent globalement non sans raison comme des individus mus essentiellement par des intérêts personnels ou de classe sociale qui n’est pas la leur… Les types de politiques menées ces dix dernières années ne leur demandent nullement tort. De là à adopter le parti du pire… Rappelons utilement que le premier parti de fRance, c’est l’abstention, et le désintérêt pour le vote. C’est là où la vision et  les préoccupations du maire de Dunkerque et la mienne divergent. Il ne suffit pas de réindustrialiser des villes petites et moyennes, reconstituer un tissu économique local comme il le souhaite, remplissant ainsi son rôle. Ce genre de projet purement économique, de surcroit sur un modèle tendant à disparaitre, ne répond en aucune manière, ou si peu, à cette « colère sourde » dont il trace une ligne sur le sol allant de Trump au Brexit pour atterrir à Dunkerque. Ce n’est pas d’un projet exclusivement économique, dont on voit trop ben ce que celui à l’échelon européen, si exclusivement libéral, a donné – un autre rejet populaire – dont notre pays a besoin. Mais d’un projet sociétal, plus motivant que le simple fait de travailler le plus intensément, le plus long temps dans la semaine et le plus tard possible -jusqu’à la mort, vraiment ?) pour le plus petit salaire possible. Avec la haine de l’autre, de l’étranger, du noir, de l’arabe, du musulman, de l’asiatique. Avec la violence machiste, sexiste, homophobe, transphobe. Avec le mépris du différent, l’irrespect allant jusqu’au rejet du pauvre (on est toujours celui d’un autre…).  Un monde meilleur, est-ce trop demander au politique ?

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¹ Rassurez-vous, depuis, j’ai comblé cette lacune

Hugo Clément Partout

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Le jeune journaliste qui s’est fait connaitre par sa participation au Petit Journal de Yann Barthès sur Canal et l’a suivi dans son expulsion vers TMC (le suivra-t-il encore aussi sur TF1, cette chaîne si peu propice à l’impertinence et à la pensée alternative gauchiste ?) en officiant dans l’émission Quotidien,  s’est fendu d’un long commentaire sur fesses de bouc validé par 67 000 personnes. Il y brocarde le fait que des  personnalités politiques de premier plan, et de tous bords (Marine Le Pen, Nicolas Sarkozy, Jean-Christophe Cambadélis, ou Florian Philippot) s’érigent en militants anti-système, alors qu’ils font indiscutablement partie de l’élite qu’ils prétendent combattre. Bien, bien, bien.  Attendre si longtemps, malgré le bénéfice du jeune âge que je lui concède volontiers, pour découvrir que la domination de certaines classes sociales existe bel et bien, et que celles-ci s’aliènent des polichinelles qui ne font que vendre la soupe que leurs électeurs/trices en attendent, voilà qui est fort rafraîchissant. Mais enfin, le problème n’en demeure pas moins, et sa propre participation médiatique au système comme il va si mal en fait un acteur complice plus ou moins consentant. Il y a donc comme une forme de tartufferie à perpétuer malgré cet apparent coup de gueule une forme d’information qui ne saurait se départir de sa disqualification à mes yeux par cette seule dénonciation, bien que pertinente. Car enfin, quand on nourrit malgré sa bonne volonté et son courage, qui ne suffisent certainement pas,  une émission qui relève davantage de l’entertainement que du journalisme d’investigation, on ne va pas crier au loup : on agit, et on adopte une forme de journalisme plus conforme à ses aspirations. (Je suis sûr que Taranis News l’accueillera bien volontiers ! ;). A moins de vouloir indéfiniment éprouver des velléités de mordre la main qui vous nourrit, qu’elle appartienne à Bouygues ou à Bolloré. Et dans ce cas, si le symptôme devait perdurer, cela porterait un nom…

 

Mais d’un prix Renaudot ressurgit la lumière. Merci @alancelin

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hé non Monsieur la capitaine de pédalo et vos inféodés, si bassement aplatis devant des intérêts monopolistiques qui vous dépassent – ceux d’un libéralisme purulent dont on souhaite tant et tous vivement la fin – vous n’avez pas réussi à faire taire cette voix si singulière et profonde… je suis ma foi fort satisfait de constater qu’elle ressurgit de là où vous ne l’attendiez probablement pas, à la faveur d’un prix littéraire dans la catégorie essai, sous la forme d’ un pied de nez à la bêtise du monde politique et médiatique… qui atteint actuellement des sommets d’incompétence et d’indigence intellectuelle.  Aussi ai-je choisi ce passage ci-dessous du monde libre,  que je dédicace tout spécialement à ces patrons de presse qui vendent de l’information comme ils vendraient des yaourths dans leur hypermarché… Lieux perdus pour la culture et le sens critique dans lesquels on serait bien en peine d’y trouver le précieux pensum, entre un énième Zemmour ou une rangée de déchets toxiques marqués d’une croix rouge en forme de t. Et l’on s’étonne ensuite, avec un cynisme vertigineux,  que des masses de moins en moins laborieuses engendrant dans le même élan libéral carnassier sans scrupules tant de pauvrophobie, votent si mal…  alors qu’on les nourrit dans le même temps tout aussi mal, avec une matière si creuse et si néfaste, à forte valeur de haine sur-ajoutée.  Aussi, bravo Madame. Des gens comme vous redonnent foi en l’humain, à une époque où l’on en manque tant, devant un tel déluge de crétinisme ambiant. Merci. Chaud au cœur… et à l’esprit.

Sur ce terrain-là également, Lunedeau était comme le stade terminal de la longue maladie qu’avait fini par devenir l’éditorialisme français. De morceau de bravoure qu’il avait été à une époque, l’exercice se résumait désormais le plus souvent, quelle que soit l’orientation du journal, à une pénible justification des réformes exigées par la mondialisation libérale, à laquelle seuls quelques anciens normaliens égarés dans la presse, comme Jacques Julliard à Marianne, parvenaient encore à donner quelque cachet. À quoi devait-on ces purges éditoriales qui, clouées en proue des journaux, vous tombaient littéralement des yeux ? À la dégradation de la langue propre au temps sans doute, mais aussi au rachat successif de tous les titres de médias par les avionneurs, grands financiers et autres géants des télécoms. L’éditorial étant comme la vitrine du journal, la seule chose que, dans le meilleur des cas, les actionnaires se hasardaient une fois par an à lire, les différents directeurs semblaient y saisir l’occasion de faire les beaux devant leurs maîtres, exhibant leurs petits ventres réformistes en signe de soumission.

NB. Et surtout, fiers éditocrates copulant en d’immondes bacchanales amorales avec de si beaux capitaines d’industrie et leurs pathétiques prostituées politiques, ce tout beau monde si merveilleusement empli de tant de certitudes que je vomis, veillez bien à ce que ce livre ne soit pas trop accessible au grand public. Il pourrait ouvrir les yeux sur les raisons pour lesquelles notre journalisme hexagonal va si mal… et cesser par là même de se complaire dans ce médiocre rejet de toute une profession contenu dans le mot « merdias » que je déteste, la sachant capable de bien plus de noblesse. Si elle se réveillait enfin… et revenait à sa mission hautement démocratique, plutôt que de complaire aux plus bas instincts en flattant les puissants plutôt qu’en instruisant les autres.

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VIOLENCE ? Coming Out with me #JeSuisCasseur

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Aujourd’hui, c’est mon anniversaire. Alors, je vais me faire plaisir, sans la moindre considération pour le politiquement correct et le couramment admis. Mais d’abord, petite précaution liminaire. je ne suis pas un gars violent. Je n’ai jamais eu à frapper personne, n’ai jamais commis le moindre sabotage, n’ai jamais rien cassé sauf un stylo de temps en temps.  Et encore, sans faire exprès. Je peux même vous avouer que j’ai très longtemps été fasciné par le mouvement de la non-violence, de la résistance pacifique, à travers ses figures les plus connues, de Gandhi à Martin Luther King en passant par Lanza Del Vasto et Rosa Parks, qui entraînaient mon admiration, à la lecture de leur biographie que j’enviais alors…

Pourtant, depuis quelque temps, se produit en moi un phénomène de radicalisation qui me surprend moi-même. Beau résultat, sur un plan général,  que celui de ce pouvoir prétendûment socialiste, qui parvient à transformer en si peu de temps de gentils militants désobéissants et pacifiques en dangereux « casseurs » équipés de sacs à dos renfermant tout le petit matériel de protection nécessaire en cas d’urgence dans les manifs… Pouvez être fiers de vous, fauxcialistes sécuritaires. Même Sarkozy n’a pas fait mieux.

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Tu veux un nom, méprisable rouage arrogant d’un système pourrissant ? Prends le mien. Car je refuse catégoriquement de condamner les casseurs tant décriés. Je trouve normal, légitime et logique, comme coulant de source, que certains s’en prennent aux permanences du PS. La pire des violences vient d’en haut. De ces agents oligarchiques qui ne contribuent qu’à détruire des vies entières d ‘individus et de familles, quand ce n’est pas de villes entières, sans la moindre considération pour l’être humain, réduit à un chiffre et un montant – un coût ! – sur un dossier.

tumblr_o733hzdIx41vuu14go1_1280Regarder des images, par le biais de ce compte TumblR notamment,  de locaux fauxcialistes redécorés – avec plus ou moins de bon goût et d’esprit – m’amuse plutôt. Je ne ressens pas la moindre gêne, et encore moins d’indignation. Ils ne font que récolter ce qu’ils sèment. Je regrette simplement que d’ autres partis ne fassent pas l’objet eux-aussi de la même attention, parmi ceux qui votent avec eux leurs textes régressifs et anti-sociaux, de la loi travail à celles qui permettent la surveillance de masse et l’état d’urgence permanent, intolérable loi d’exception indigne d’un état de droit.  Pire, je signe mon forfait en rêvant de révolution, et me tiens prêt à y apporter mon concours actif et plein de ressources si nécessaire…  Face à tant d’injustices flagrantes, tant de mépris pour le peuple, tant d’indifférence pour cette si faible représentativité des partis et des personnalités  politiques quels qu’ils soient, devant tant d’irrespect des règles démocratiques les plus fondamentales qu’ils ne cessent de violer tout en poussant des cris de vierges effarouchées pour une chemise déchirée en hurlant avec les loups, il m’apparait urgent de laisser s’épancher notre colère, profonde, immense. Sincère. Honnête.  En ce sens, ne vous en déplaise, les bien-pensants, je refuse de me désolidariser des « casseurs », même si ce n’est personnellement pas le chemin d’expression que j’ai choisi. Et j’appelle même à d’autres formes de lutte et de protestation pour enrayer ce système qui va si mal. je ne vois pas de raison en effet pour qu’il ne broie que nous autres, les manants, et laisse tranquillement barboter dans leurs jaccuzzis les responsables de cette incurie générale. Leur faire peur, ils ne comprendront que ça, c’est le seul garde-fous, le seul pare-feux politique que je vois, pour l’instant, qui m’apparait représenter un minimum d ‘efficacité concrète. L’action directe.  Le reste n’est que palabres sans fin qui n’aboutissent qu’à brasser du vent. OUI,  la peur doit changer de camp ! j’en appelle au Général Ludd ! Que se vayan todos !

#ElKhomri, l’autre nom de la lutte des classes…

Comme il est commode et tellement « in« , dans certains milieux favorisés, tellement à l’abri des vicissitudes  quotidiennes du commun des mortels, de prétendre que le concept de luttes des classes est dépassé, comme le fit Cahuzac,  l’un des leurs pourtant, dont on connait le sort et la force des convictions socialistes… De même, estimer qu’il convient de se situer au delà du clivage partisan, si risible pour certains, que serait celui de gauche et de droite, comme cela est à la mode ! Pourtant, si l’on en juge par la réactions plus qu’étonnantes de certaines personnalités politiques et syndicales, ce concept n’en a que plus de force si l’on en juge à l’aune du mépris dont on nous accable depuis le succès de la pétition contre la loi El Khomri, particulièrement régressive, qui a dépassé hier le million de signatures  :

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Voilà là un simple exemple qui pourrait se décliner à l’envi, tant ils sont nombreux parmi les nantis  de cette caste de néo-conservateurs réactionnaires, comme les nomme à juste titre Pouria Amirshahi, à nous inonder de leur mépris. Celui-ci pourrait bien être réversible, car chacun peut constater à quel point ces gens là sont déconnectés de la réalité, et crassement ignorants du pouvoir de chacun,  donné par l’irruption d’Internet dans  le processus démocratique, qui leur permet de s’informer en temps réel du contenu d’une loi….  Observer jour après jour cette réaction de protection catégorielle et oligarchique me suffira à valider l’existence d’une lutte des classes,  dont celle qui est en train de gagner la guerre tend si bien à se caractériser par son mépris  pour le bas peuple de France…. 

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Et plus ils prétendent que nous luttons contre une loi que nous n’aurions pas lu (serions nous si débiles ?), plus ils se croient au dessus de nous autres, en condescendant à nous adresser ce qui ressemble fort à une insulte à notre intelligence, plus cela  me conforte dans ma volonté de mener le combat. C’est que nous sommes dans le vrai et qu’ils ont peur…. Vivement le 9 mars. Faisons les trembler. C’est la seule chose qu’ils comprennent : la peur. Chacun son tour…

Merci @Anthonygratacos #PS77 ET Chef d’entreprise. STOP à l’idéologie libérale prédatrice.

Bravo à ce patron qui rappelle des évidences pragmatiques que je partage, ayant connu les mêmes… Une réalité de terrain que l’on aimerait voir bien plus souvent affichée et médiatisée, plutôt qu’un certain discours idéologique désastreux qui, sous couvert d’adaptation à la réalité (mais seulement la leur, hein) dissimule une guerre idéologique que nous sommes tous, hormis cette minorité politico-économico-médiatique là, en train de perdre. Non, la lutte des classes n’est pas terminée. Elle a seulement changé de nature, et de visage…

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Et pour celles et ceux qui, aussi curieux que moi, cela intéresse, le Monsieur a un blog, ici. Vous pourrez ainsi en savoir plus sur le lascar….

Bonne révolution ! #Happy2016

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DECLARATION DES DROITS DE L’HOMME ET DU CITOYEN

Le peuple français, convaincu que l’oubli et le mépris des droits naturels de l’homme, sont les seules causes des malheurs du monde, a résolu d’exposer dans une déclaration solennelle, ces droits sacrés et inaliénables, afin que tous les citoyens pouvant comparer sans cesse les actes du gouvernement avec le but de toute institution sociale, ne se laissent jamais opprimer, avilir par la tyrannie ; afin que le peuple ait toujours devant les yeux les bases de sa liberté et de son bonheur ;

Article 35. – Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs. (source)

En ce premier jour de l’an 16 du 3ème millénaire du calendrier grégorien usuellement autorisé, je souhaite une bonne révolution à tout les habitant(e)s de ce territoire hexagonal de plus en plus exigu et étriqué, où l’arbitraire se taille une place de plus en plus grande et dangereuse, où l’injustice et les inégalités économiques et sociales frôlent le point de rupture, et où la justice et la morale sont de plus en plus battues en brèche par un cynisme inégalé, quelles que soient les élites au pouvoir. Aussi, il devient de plus en plus évident à tout un chacun qu’en bien des domaines de notre vie quotidienne, nous n’obtiendrons rien que nous n’ayons arraché à une oligarchie totalement décrédibilisée qui ne défend que ses seuls intérêts, confondus en une même mélasse indistincte politico-médiatico-économique et financière dépourvue de morale commune et de préoccupation de l’intérêt commun. Prenons pour seul exemple indiscutable celui qui touche à la préoccupation fondamentale de notre simple survie, par le biais de revenus décents qui jusqu’à preuve du contraire  ne peuvent hélas passer,  par delà des discours déconnectés des réalités, que par l’exercice d’un emploi digne, stable, correctement rémunéré, dans des conditions ordinaires de travail satisfaisantes et respectueuses de l’être humain.   Alors qu’aucune politique n’a jamais réussi à entamer cette excroissance pathologique  exponentielle de notre société bien malade qu’est le chômage, qui dure depuis près de 40 ans, une incroyable palanquée de guignols grotesques de tous bords ne cessent de nous bassiner avec leurs discours de façade inlassablement nourris d’éléments de langage qui n’arrivent même plus à ressembler à une vulgaire langue de bois, mais bientôt plutôt de fer : elle devient en effet une véritable loi d’airain qui écrase chaque jour de plus en plus en plus d’êtres humains dans notre pays, et qui n’épargne personne, hormis quelques clans fortunés. Pourtant, cela n’empêche nullement cette classe dominante, si terriblement impuissante à assurer nos moyens d’existence les plus fondamentaux, de se montrer insupportablement arrogante, satisfaite et sûre d’elle. Il est pourtant patent qu’elle ne cesse de mentir en utilisant ses habituels éléments de propagande destinés à museler toute tentative d’émancipation populaire, afin de se maintenir coûte que coûte au pouvoir, quitte à utiliser la culpabilisation des chômeurs pour ne pas s’avouer sa pathétique impuissance. Ainsi, dans un autre domaine, manifestement  bien davantage premier dans l’échelle de priorités de ce gouvernement quoi qu’en ait dit son représentant légal hier soir, la sécurité intérieure et la lutte contre le terrorisme demeurent une préoccupation obsessionnelle, alors que la population elle, tout aussi inquiète et soucieuse que ces élites là de voir garantir sa protection personnelle contre les attentats aveugles et ignobles, et globalement informée et consciente des risques encourus, s’obstine pourtant à juger toute politique à la mesure du précédent référant, celui du recul du chômage, depuis des lustres.   Ce serait un bien mauvais euphémisme que d’écrire ici qu’elle n’est pourtant pas entendue ni satisfaite, ce qui explique grandement l’abstention, le désespoir, et bien des comportements négatifs et toxiques dans notre pays. Mais qu’importe, ce qui préoccupe aujourd’hui tant les médias que les politiques aujourd’hui de manière obsessionnelle, comme un écran de fumée pour dissimuler tout le reste, cette terrible impuissance publique,  c’est cette foutue déchéance de nationalité. La version officielle, largement partagée sans guère de sens critique, prétend qu’elle ne concernera que les terroristes, alors que moi-même, pour seul exemple, en écrivant simplement ce billet sans doute peu lu, compris et accepté intelligemment, je serais susceptible d’être concerné, comme bien d ‘autres militants des droits humains et environnementaux, si j’avais une autre nationalité et si j’étais condamné pour ce délit d’opinion, alors que je n’ai rien d ‘un terroriste, à la lecture brute du projet de loi qui laisse tant de place à l’arbitraire :

4. Le 1° de l’article 25 du code civil autorise déjà le Gouvernement à prononcer, par décret pris après avis conforme du Conseil d’Etat, la déchéance des personnes ayant obtenu la qualité de Français par acquisition et qui disposent également d’une autre nationalité, condamnées pour un crime ou un délit constituant un acte de terrorisme ou une atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation. La disposition envisagée par le Gouvernement permettrait d’étendre cette mesure, dans les mêmes conditions, aux personnes nées français)es.

Quant on creuse ce projet de loi, et l’avis du Conseil Constitutionnel, si l’on se pose la question de ce que sont ces mystérieuses  « atteintes aux intérêts fondamentaux de la Nation« , ceux-ci sont définis ici :

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Vous pouvez donc constater par vous-mêmes que, bien loin des certitudes grossières et méprisantes particulièrement égo centrées d’un certain blogueur dit « de gauche » qui prétend donner des leçons à toute la planète, en excommuniant volontiers ceux qui ne partagent pas son positionnement (celui du blogueur couché…), il y a bien là de quoi s’inquiéter. Règle numéro 1 : toujours creuser plus loin que les apparences… Cette disposition explique donc bien mieux que les médias main stream nous y ont habitués que de simples militants écologistes qui ont notamment (ce n’est pas une anecdote…) milité et manifesté contre l’aéroport de Notre Dame des Landes aient pu être assignés à résidence, alors qu’ils n’ont rien de terroristes. Et il faudrait accepter cela sans réagir ? Nous n’obtiendrons donc rien de plus ni de mieux pour la sauvegarde de nos libertés fondamentales, comme pour ce qui concerne la lutte contre le chômage, en nous laissant faire sans réagir, comme nous le faisons depuis maintenant trop  longtemps, avec les résultats que l’on sait. Vive l’esprit de rébellion, de révolte et de révolution pour cette année qui commence, que je vous souhaite bien militante et encore moins soumise encore que la précédente à ces intérêts supérieurs qui ne relèvent nullement, selon mes propres convictions, de l’intérêt supérieur de la population. Quant çà la nation, j’ai déjà dit ce que j’en pensais sans ressentir davantage le besoin d’y revenir : un moteur de la bêtise hexagonale.