le livret des Commémorations nationales télégraphié par un petit collabo de #Rivarol ? allo, @FrancoiseNyssen ? #antisemitisme

C’est Camp volant (comme j’aime ce pseudo là…) sur twitter qui nous révèle le pot aux roses… (ça ne sent pas vraiment tout à fait ça, en fait…).   Vous avez peut-être entendu parler de cette polémique à propos du  livret des commémorations nationales 2018, dans lequel figurait des auteurs aussi  notoirement antisémites que  Maurras (créateur de l’Action française et qui prônait un antisémitisme d’état !) et Chardonne, ardent pétainiste et collaborationniste actif.

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[J’ai d’ailleurs, entre parenthèses, été personnellement ravi de voir dans Cpolitique, dimanche soir sur France 5, l’historien Nicolas Offenstadt en moucher un autre, Pascal Ory,  venu là au titre du Haut Comité des commémorations nationales, tant ce dernier était visiblement (au point de susciter l’embarras), sous l’emprise d’une complaisance coupable avec ce dont il s’agit, au point d’avoir signé une tribune particulièrement teintée de duplicité dans Le Monde]

Et bien grâce à Camp volant, on apprend donc que celui qui aurait écrit la notice particulièrement laudatrice de Jacques Chardonne dans le Livret annuel des commémorations nationales, et qui fait l’impasse sur son parcours collaborationniste ne serait autre, selon cette note de bas de page de la fiche Wikipédia de Jacques Chardonne, que  Jacques Aboucaya, écrivain, collaborateur de Rivarol36 sous le pseudonyme « Pierre-Luc Moudenc »37

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On tombe des nues…  Comment ? L’état français se laisserait donc dicter son programme de commémorations par le petit collaborateur d’un journal royaliste antisémite ? Je n’ose y croire. Et dire que ces gens là prétendaient faire barrage. (Les castors, faites la queue, à la libération, il n’y aura pas de la place pour tout le monde, je crois…).

« Allo, Ici radio Londres, le ver est dans le fruit, je répète, le ver est dans le fruit. »

 (si tant est que le macronisme soit vraiment un fruit, qui serait comestible pour le pauvre que je suis… next).

l’Histoire de France ne doit pas être une proie pour les ennemis de l’évolution sociétale

Après avoir zappé brièvement sur Mots croisés hier soir (sur la 2), j’étais assez stupéfait d’un passage sur l’enseignement de l’histoire pendant lequel Bruckner nous délivrait son message pontifiant du « c’était mieux avant », ainsi que du pugilat entre une prof d’histoire particulièrement désagréable et manifestement bien réac (Barbara Lefebvre, Professeure d’histoire-géo à Saint-Cloud) et Nicolas Offenstadt (Historien, maître de conf. à Paris-I). Reliant ce passage dans mon cortex paresseux à ce que j’ai pu lire et entendre au sujet de l’enseignement de l’histoire pendant toute ma vie, m’est apparue soudain cette évidence de la tension idéologique forte que suscite cette matière, moins neutre qu’il n’y parait de prime abord pour qui ne s’y intéresse pas, ou peu. C’est une erreur fondamentale pour tout militant, qu’il soit politique, syndical, associatif, ou pour la défense des droits humains. Car l’ennemi est là, qui cherche à s’en emparer. On peut d’ailleurs observer à quel point cet enseignement est bien vite revisité, remanié, et censuré dès qu’un gouvernement d’essence non démocratique arrive au pouvoir. Et sans même aller jusque là, regarder la manière dont l’extrême droite (et maintenant, la droite sarkozyste) n’a eu de cesse de tenter de récupérer assez obsessionnellement, petit à petit,  des symboles historiques pour en faire son héritage exclusif . Ce qui est  abusif  quand on creuse un peu en se documentant rationnellement, que ce soit à propos  de Jeanne d’Arc ou de Jaurès pour seuls exemples connus. Et ce phénomène va jusqu’à tenter de se réapproprier l’histoire en la revisitant et en la remodelant afin qu’elle corresponde à son schéma idéologique intérieur, fut-il perverti, comme c’est le cas des révisionnistes, et de l’histoire de la Shoah. Et l’on va jusqu’à penser contre toute raison et toute preuve irréfutable que les chambres à gaz n’ont jamais existé… Ces gens là ne sont pas dans le domaine de la raison, mais de l’émotion. Du fantasme historique. Aussi, c’est avec grand plaisir que j’ai découvert, le hasard fait si bien les choses, dès ce matin, cet article particulièrement intéressant que je vous invite à lire sur Rue89 :

CaptureEn le lisant, tout s’éclaire et l’on comprend mieux pourquoi aujourd’hui c’est un point essentiel de convergence (et d’extrême tension)  entre tous les identitaires et autres nationalistes de France, de droite comme d’une certaine gauche réac pour qui le fameux « héritage judéo-chrétien », tout comme la grandeur inconditionnelle de notre pays ne sauraient être contestés. Pourtant, bien des taches et des zones d’ombre viennent délégitimer cet idéalisme historique qui ne correspond en rien à ce que doit être l’Histoire : un bien commun.

Il y a certainement, et c’est à mon sens sa place exacte, une vision plus progressiste (c’est  à dire non figée sur des clichés et des émotions qui n’ont rien à voir avec la réalité de l’Histoire vivante, en constante évolution) et plus ouverte de l’Histoire, qu’il convient d’explorer assez régulièrement pour ne pas être en reste face aux idéologues aux petits pieds, qui profitent de notre inculture historique pour nous vendre leur soupe frelatée. Et de ce genre là, ils sont légion, que ce soit en philosophie, en politique, dans le paysage médiatique (et j’y inclus les réseaux sociaux, défouloir émotionnel et idéologique formidable dans lequel on trouve à boire et à manger… ou à vomir)  et culturel de notre pays.

Ne leur laissons pas le champ libre. L’histoire est aussi un combat, perpétuel, contre l’obscurantisme, d’où qu’il vienne. C’est une science en perpétuel mouvement, qui ne doit être ni arrêtée, ni figée, ni même accaparée par quelque courant idéologique ou spirituel que ce soit. Le sens critique doit toujours y conserver une place de choix. Et de cela, les réacs de tous poils ne veulent surtout  pas. Ils ne détestent rien tant que le changement… Nous devons donc les combattre également sur ce terrain là.

(Poil au bras).

C’est à lire, en complément : Pour une critique de gauche des nouveaux programmes d’histoire