Monsieur Macron, la place des enfants n’est pas en prison !

Dans une démocratie véritablement moderne, et non sous ce régime capitaliste faussement démocratique et réellement technocratique autoritaire qu’est le macronisme, on serait contraint d’entendre un tel cri :

Capture.PNG

Il y a un an, le 12 juillet 2016, la France était condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) pour des « pratiques dégradantes » à l’encontre des enfants enfermés en rétention. Mais ces pratiques perdurent : de jeunes enfants – parfois des nourrissons – ou des adolescents sont privés de liberté, surveillés par des policiers, enfermés derrière un grillage… Dans des prisons qui ne disent pas leur nom : les centres de rétention administrative. Leur crime ? Avoir des parents étrangers dont les papiers ne sont pas à jour.

Une pétition a déjà recueilli plus de 60 000 signataires pour demander à Macron de mettre fin à l’enfermement d’enfants dans les centres de rétention. Cette pétition exige du président de la République qu’il interdise cette maltraitance dénoncée par la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH), le Comité des droits de l’enfant des Nations unies et le Défenseur des droits.

Voir qu’autant de français se mobilisent pour aller à l’encontre de la logique de xénophobie et de rejet que ce blog consigne chaque jour, voilà qui ne pouvait que rasséréner mon cœur si meurtri par tant d’inhumanité, et qui permet de contrebalancer avantageusement par son poids de positivité d’autres initiatives bien dégueulasses… Si je peux par cette publication apporter ne serait-ce qu’une poignée de signatures en plus à cette pétition pour obliger le gouvernement à mettre fin à cette pratique détestable, ce ne serait déjà pas si mal et vaudrait la peine que je me donne chaque jour pour militer contre le fascisme, quels qu’en soient l’origine et les figures… Alors, n’hésitez pas.

signer la pétition : c’est ICI.

 

la politique de modération de @TwitterFrance est toujours à chier #antifa

Capture.PNGIl paraitrait que twitter se serait beaucoup amélioré en matière de modération des contenus haineux, au point que les associations dites « antiracistes » (à géométrie si variable) aient décidé de retirer leurs plaintes envers les réseaux sociaux. En effet, je vois ça tous les jours…

Capture.PNG

Et encore n’est-ce là qu’un seul  exemple. Ce genre de comptes qui se complaisent dans la fange haineuse, nous en connaissons des tas, qui ne datent pourtant pas d’hier. Dites, @twitterFrance, embauchez moi donc dans votre équipe de modération. Au moins, on  serait sûr que les résultats seraient un peu plus visibles. Nous sommes un certain nombre en effet à en avoir un peu marre de faire le job à votre place sans être payés… Les merdes racistes, xénophobes, homo et transphobes, sexistes, faisant l’apologie du terrorisme, en effet, ça pullule.

Quant à Numérama, je les soupçonne d’avoir des intérêts financiers chez Twitter, vu leur grande indulgence qui m’apparait si coupable. Car enfin, soyons sérieux et donc rigoureux un instant. Passons à l’épreuve du réel plutôt que des beaux discours macroniens que suivent si peu les actes. Il suffit de quelques clics, en quelques minutes,  pour voir à quel point les propos haineux et violents sont bien présents  sur ce réseau asocial là, qui n’épargnent aucune famille politique, et qui démentent formellement ce bel optimisme qui ressemble beaucoup à de la compromission avec l’ennemi. Le fait est que la fRance est en retard sur le sujet, là où d’autres pays sont bien plus sévères avec ces pourvoyeurs de haine, de violence et de terrorisme, qui ne se limite pas il est utile de le préciser au seul islam radical. J’en ai la preuve tous les jours. Le terrorisme d’extrême-droite est une réalité. Qui le nie en meurt. On a la liste.

Apologie du terrorisme : Charles Demassieux justifie l’attentat de Québec

capturIl s’appelle Charles Demassieux, et officie trop régulièrement (213 articles) sur le site d’extrême droite raciste et islamophobe Riposte (soi-disant) Laïque pour que ce soit un simple dérapage. Dans un texte d’une médiocrité sans nom, où il présente d’ailleurs un témoin comme un assassin (sans doute la connaissance de son seul nom lui aura suffit pour  ça…), il se permet de justifier l’attentat de Québec.  Il en dénie le caractère terroriste et va même jusqu’à légitimer cette tuerie raciste venant d’un jeune homme dont on sait maintenant qu’il est nourri d’idées d’extrême droite, identitaires, et qu’il est influencé par Marine Le Pen et Donald Trump.

capture

C’est la marque de ce genre d’imbéciles que de se sentir investis d’une mission divine, et de se qualifier si abusivement en regard de l’histoire, la vraie, de résistants. Cette prétendue résistance ressemble un peu trop fortement à de l’ordure raciste pour demeurer impunie. Aussi, le MRAP vient d’adresser à juste titre une lettre au premier ministre pour l’alerter sur ce qui constitue, de toute évidence, un propos relevant de l’apologie du terrorisme. Nous serions nombreux à ne pas comprendre que la justice ne fasse pas son travail, vis à vis de ce terrorisme là, d’extrême droite, comme de celui venant du djihadisme de l’islamisme radical. Même mépris de la vie humaine ? Mêmes sanctions.

Pour se marier à Orange, il vaut mieux être blanc, d ‘extrême droite, catholique et hétéro…

La ville mauditeIl ya avait autrefois le principe de la double peine… C’est à dire être condamné après l’exécution de sa peine à une autre pour les mêmes faits. Cela s’appliquait essentiellement aux étrangers…  Minute fait pire. Il invente la peine à perpétuité (et pourquoi pas la peine de mort tant qu’on y est ?) pour le seul prétexte que l’on soit d’origine étrangère. Ce torchon d’extrême droite va en effet  jusqu’à s’insurger – en montant honteusement et exagérément au passage  le fait divers en épingle – contre des événements consécutifs d’un mariage à Orange, lieu symbolique s’il en est pour ces gens là…et dont on ne peut imaginer que leur médiatisation excessive n’ait pas bénéficié de la complicité active de leur député-maire, quand on connait ses idées et son origine politique. De plus, le journal n’a pas hésité une seule seconde à détourner une photo de facebook où l’on voit les deux jeunes mariés pour les traîner dans la boue et les désigner à la vindicte populaire. Cela me semble particulièrement grave, et je suis très fier que le Front de Gauche, en la personne de  Fabienne Haloui, conseillère municipale à Orange et conseillère régionale du Front de Gauche du Vaucluse, ait choisi une position courageuse, avec le soutien également du MRAP, dans une région où il n’est pas franchement facile d’être de gauche… et humaniste.

Je constate en outre que pour ces gens là, on peut être français, parfaitement intégrés, avec une profession que ces gens là devraient juger honorable (puisque ces jeunes sont respectivement militaire et gendarme) et malgré tout se voir jugés  cependant coupables de toutes les vilenies du monde… en les rendant abusivement responsables en personnes du tapage de leurs seuls invités. De plus, leur responsabilité n’a pourtant pas été négligée puisque ceux-ci  ont été verbalisés pour les faits incriminés… qui sont de bonne guerre quand on se marie.  La culture française autrefois incluait le même type de débordements si l’on veut bien faire un effort (non partisan et non discriminatoire) de mémoire. Mais pour certains, le fait d’avoir tout simplement une certaine origine justifie toutes les critiques, qu’on n’auraient pas adressées à un couple bien français… et bien blanc. Et catholiques…

je préfère relever quant à moi dans leur exemple que  bien que d’origine différente, on peut être acceptés et intégrés par notre pays, au travers  de leur profession. Et ça,  c’est bien. Même si je suis antimilitariste. Car cet homme, il n’est pas inutile de le rappeler, a donné de son corps, contrairement aux pleutres qui le pourchassent de leur calomnie, en service commandé,  pour son pays, la France, au Mali. C’est de cette culture là que nous sommes tous issus, contrairement à la théorie de l’envahissement, et aux tenants de la France de souche, qui n’est que  pur fantasme de gens délirants à tendance paranoïaque.

Enfin, il sera utile au lecteur d’apprendre que le maire d’Orange n’a pas souhaité célébrer le mariage d’un couple de femmes… Beau sens de l’ouverture au changement, et du respect de la loi… D’où le titre de ce billet. Je n’y habiterais pas pour tout l’or du monde. La manière dont est gérée cette ville, comme par exemple sur le registre culturel également, nous fait honte.

Pas de fachos dans nos quartiers !

Capture

.

Dissolution des identitaires : êtes-vous d’accord (moi oui)

Après la gauche, des associations réclament la dissolution des Identitaires

Alors que le Parti communiste, la Parti de gauche et le Parti socialiste ont exigé la dissolution du mouvement d’extrême-droite Génération identitaire, le Mrap, SOS Racisme et le Rassemblement des Musulmans de France (RMF) réclament plus de fermeté contre les groupuscules identitaires au lendemain de l’occupation d’une mosquée en construction à Poitiers par des militants d’extrême droite.

« Ce groupuscule doit être dissous et ses responsables poursuivis pour provocation à la haine raciale », indiquait le Parti communiste français, hier, dans un communiqué après l’occupation samedi matin par 73 militants du groupe d’extrême droite Génération Identitaire de la mosquée de Poitiers pour protester contre « l’islamisation de la France ». « Cette provocation stupide et pleine de fiel est inacceptable », poursuit le communiqué du PCF. Jean-Luc Mélenchon, co-président du Parti de gauche (PG) a aussi demandé samedi la dissolution des « groupes impliqués » dans l’occupation du chantier de la mosquée de Poitiers, une action qui selon lui « marque un franchissement de seuil dans la violence politique de l’extrême droite en France ». (source)

Êtes-vous d’accord avec ceci  ? Car vu le peu de réactions qui ont suivi mon coup d’indignation d’hier (en avance de plusieurs heures sur l’info des médias, grâce à Clément),  je commence à me poser des questions sur mes lecteurs… et lectrices. Vous dormez ou quoi ? Ce n’est pas parce qu’on est dimanche soir qu’il faut se laisser aller sur le canapé, hein…. Hop, hop, hop ! Réagissez, bon sang de bonsoir ! C’est quoi votre avis sur la question ? Sachant que pour ma part,  il est tout trouvé, et cela bien qu’il soit fort probable que ces jeunes ne soient que « l’avant-garde » (sic)  d’autres extrémistes,  adultes qui eux prennent bien soin de ne pas se faire pincer… Alors ? Vous en dites quoi ? Sinon, cela ne sert à rien que Ducros Gédécé se décarcasse ! J’attends, moi !

Ps. ceux qui ont répondu au précédent billet sur ce sujet sont dispensés de corvée de commentaires, pour ce dimanche soir. Qu’ils se reposent en paix, les bienheureux.

.

Sur l’écran de mes nuits blanches, j’écris ton nom… Humanité.

Trouvée dans les tribunes de l’Humanité du 23 mars 2011, cette réaction qui fait écho plus formel à mon billet précédent… Comme j’aimerais qu’elle émane de plusieurs partis politiques démocrates confondus en un même élan de sauvegarde de ce qui peut encore l’être de notre humanité commune, qui dépasse la seule gauche…

 

COMMENT FAIRE ÉCHEC AUX INCENDIAIRES, SANS ATTENDRE LA PRÉSIDENTIELLE ?

Ne les laissons pas jouer avec la peur de l’étranger et les amalgames

 

PAR BERNADETTE HÉTIER, JEAN-CLAUDE DULIEU, GIANFRANCO FATTORINI, RENÉE LE MIGNOT, MEMBRES DU COLLÈGE DE LA PRÉSIDENCE DU MRAP.

 

Le 8 mars dernier, la députée UMP de Seine-et-Marne, Chantal Brunel, suggérait de « remettre dans les bateaux » les immigrés « qui viendraient de la Méditerranée ». Ces propos font écho à la volonté de Marine Le Pen de « repousser dans les eaux internationales les migrants qui voudraient entrer en Europe ». Ces appels à « non-assistance à personnes en danger », qui pourraient presque s’apparenter à un appel au meurtre, constituent le prolongement immédiat des politiques de l’Union européenne et de ses pays membres dont la France. Ces derniers ont, de longue date, délégué aux pays du Sud méditerranéen et d’Afrique subsaharienne la mission de gendarmes des frontières du Nord, en échange d’accords impératifs de réadmission, comprenant de chiches aides au développement.

De tels propos s’inscrivent dans le climat délétère de l’actuelle course-poursuite entre ceux qui nous gouvernent et l’extrême droite, avec l’oeil fixé sur la ligne d’arrivée de l’élection présidentielle de 2012. « On doit rassurer les Français », ajoute Chantal Brunel. Quelle hypocrisie de la part de ceux qui utilisent la peur comme arme électorale ! Dans une recherche sans limites de boucs émissaires, visant à faire oublier les vrais problèmes sociaux et économiques qui préoccupent les Français, étrangers, sanspapiers, migrants, Roms, gens du voyage, chômeurs, jeunes, fonctionnaires, magistrats, musulmans ou supposés tels sont livrés tour à tour à la vindicte publique. Un vent mauvais aux relents vichystes souffle sur la France : racisme, haine et peurs sont distillés comme un poison sournois.

En premier lieu, peur des révolutions arabes en cours au sud de la Méditerranée et dans les pays du Golfe. Ces peuples qui se soulèvent dans des mouvements d’ampleur historique – à partir d’exigences démocratiques d’égalité, de liberté, de justice – doivent susciter non la peur, mais l’espoir. Pour les citoyens de France, ils sont en réalité porteurs de la perspective d’un autre monde possible, construit par les peuples pour les peuples. Il s’agit là d’un cinglant démenti au spectre brandi de la « guerre des civilisations », laissant croire qu’il n’y aurait pas d’autres choix qu’un libéralisme sauvage écrasant les peuples ou le fanatisme religieux.

En second lieu, peur d’une « invasion massive de réfugiés », reprise, dans une concurrence odieuse UMP et FN, en écho aux propos de Silvio Berlusconi appelant à faire face à un « exode biblique vers l’Europe » de migrants du Sud.

Contre ces prophètes de malheur, c’est au contraire à une « intervention solidaire de l’Union européenne en Méditerranée » (Appel Mare Nostrum du 3 mars 2011) qu’on a appelé 95 organisations de défense des droits humains (dont le Mrap), pour que notre continent assure son devoir fondamental d’aide aux populations menacées par une catastrophe humanitaire.

Les démocrates français doivent être solidaires des forces progressistes arabes car leurs aspirations sont les nôtres. Chômage, inflation, autoritarisme, sacrifices demandés aux plus pauvres pour payer la crise … Malgré des histoires et des situations différentes, les problèmes auxquels sont confrontés les peuples du Maghreb et du Machrek sont de même nature que ceux rencontrés en France et en Europe. N’oublions pas qu’il y a peu de temps encore, des millions de Français sont descendus dans la rue contre la politique sociale de Nicolas Sarkozy.

Pour mieux semer le trouble chez les Français, après plusieurs autres études d’opinion, un sondage Harris en ligne accrédite maintenant la peur d’un nouveau et pire 21 avril 2002, en nous annonçant Marine Le Pen en tête du premier tour de la présidentielle 2012. Comme, d’ailleurs, avaient été pronostiqués la victoire de Lionel Jospin en avril 2002, ou encore le coude-à-coude Jean-Marie Le Pen- François Bayrou en 2007 ! Mais, il importe de ne pas oublier qu’au-delà de ces outils – qui se prêtent si facilement aux manipulations d’opinion – le danger extrême droite est bien réel en France et en Europe et pas seulement pour les prochaines élections présidentielles. En effet, comme pour mieux lui ouvrir la voie, le racisme et une xénophobie assumée se banalisent au sommet de l’État. Le président de la République, ses ministres, le parti qui les soutient franchissent toujours plus les garde-fous qui séparaient traditionnellement la droite républicaine de l’extrême droite xénophobe.

Ne nous laissons pas berner par l’amalgame « insécurité-immigration » ou par le « projet social » qu’affichent tant Marine Le Pen que Nicolas Sarkozy : il s’agit essentiellement – pour les familles françaises et immigrées les plus démunies –, de chômage, de précarité, de casse de l’école, des services publics, de fermeture des hôpitaux, de l’impossibilité de se soigner, de se loger. S’y ajoutent les discriminations racistes qui renforcent la difficulté pour les jeunes de se former, de trouver un emploi, etc.

C’est d’une politique sociale et économique – qui respecte les droits de toutes et tous – dont les citoyens ont besoin. C’est parce qu’ils refusent de répondre à ces aspirations que l’UMP comme le FN brandissent la peur, le rejet de l’autre, la stratégie du bouc émissaire comme arme de gouvernement. Arrêtez de jouer les apprentis sorciers ! L’histoire nous a enseigné les conséquences désastreuses de cette stratégie.

Nous en appelons à la vigilance démocratique, à la résistance citoyenne et aux mobilisations unitaires pour faire échec à ces incendiaires, sans attendre les présidentielles.

Zemmour condamné : bien fait !

.

Bonne nouvelle pour la démocratie,  le respect des droits de l’homme, et plus particulièrement la lutte contre le racisme, la xénophobie, et l’islamophobie  : j’apprends avec grand plaisir et un certain soulagement (on a évité le pire…) que Zemmour vient d’être condamné pour « provocation à la discrimination raciale ». Le chroniqueur était malheureusement absent pour la lecture du délibéré. Dommage… j’aurais adoré voir une autre figure que celle qu’il arbore, généralement si sûre d’elle et suffisante,  dans l’émission de Ruquier

Mais précisons préalablement l’origine de la plainte de SOS Racisme, la Licra, le Mrap, l’UEJF,  et J’accuse, pour ceux qui n’auraient pas suivi l’affaire : dans l’émission de Thierry Ardisson « Salut les terriens« , Eric Zemmour s’était écrié, après une intervention sur les contrôles au faciès: « Mais pourquoi on est contrôlé 17 fois? Pourquoi? Parce que la plupart des trafiquants sont noirs et arabes, c’est comme ça, c’est un fait« .  Dans ce cas précis, le tribunal a jugé que Zemmour avait « dépassé les limites autorisées de la liberté d’expression« .

Le même jour, sur France Ô, il avait estimé que les employeurs « ont le droit » de refuser des Arabes ou des Noirs. La justice en a décidé autrement puisqu’elle a estimé qu’il avait « justifié une pratique discriminatoire illégale – la discrimination à l’embauche – en la présentant comme licite« .

Les deux jugements devant faire l’objet d’une publication dans la presse,  je me demandais dans quel titre cet événement pourrait bien avoir lieu… Mr Zemmour n’aura qu’à choisir Minute ou Présent, que ces propos ne choqueront probablement pas… Mais qui y feront peut-être (on peut rêver) réfléchir plus d’un, avant de dire de telles conneries. Ce serait une publication à caractère pédagogique efficace, pour une fois…

Les auteurs des propos (de ces immondices, plutôt) contenus, cette fois,  dans ce billet, pourront donc méditer utilement sur  cette décision de justice… Nul n’est censé ignorer la loi, et leurs déclarations écrites, comme je le leur ai déjà fait savoir et ce qu’ils ont préféré ignorer en me prenant (je cite l’un d’entre eux) pour « un illuminé qui prenait ses désirs pour des réalités », sont effectivement et objectivement, comme le montre cet exemple, condamnables pénalement.… Et toc !

Car si les juges ont estimé que Mr Eric Zemmour avait « dépassé les limites autorisées de la liberté d’expression« , ces gens là ont quant à eux carrément explosé le mur du çon…

Ceci étant écrit, je m’interroge sur cette mystérieuse association citée par l’AFP et reprise par tant de titres comme d’ordinaire (beau travail, les gars !) dont je n’avais jamais entendu parler jusqu’à présent alors que la défense des droits de l’homme (et de la femme ! Et de l’enfant !) font partie de mes combats fondamentaux depuis bien des années…

Si quelqu’un a des infos… je suis preneur. Ce « J’accuse » là ne saurait rester indéfiniment sans son Zola, n’est-ce pas ?

 

Ps. Comme j’aimerais être aussi confiant qu’Eric et Ramzy… dans les Inrocks.

 

Complément d’info : j’apprends que Thierry Marianni se dit consterné par cette nouvelle. Normal : il fait partie de la droite populaire (pas populiste, hein, elle, Mr Huchon Plantu, et consorts…), si proche du FN…

Vous aussi, diffusez le Pacte des états généraux du service public

.

Réunis à Orly les 29 et 30 janvier 2011, les associations, syndicats et partis signataires de l’Appel pour des États Généraux du Service Public, les représentants des collectifs locaux ont abouti à la définition du pacte des états généraux du service public (voir ici… et… et encore ). Ce document me semblerait être une bonne base programmatique pour l’ensemble des partis de gauche et démocrates, de nature à créer l’enthousiasme et l’adhésion qui manquent à nos concitoyens pour impulser une dynamique de combat face aux puissances élitistes contre lesquelles  nous sommes de plus en plus nombreux à nous mobiliser,  tous (et toutes). Aussi, merci de le partager, de le faire circuler, de créer du battage médiatique autour de lui par tous les moyens à votre convenance, afin que nos idées se répandent et triomphent, par delà nos positionnements politiques ou syndicaux respectifs. L’essentiel y est : les idées, le programme, le plan d’action, le calendrier. Il n’y a qu’à voir les signataires à la fin….  Même le NPA y est !  C’est pour dire… (Thierry,  m’enfin, je rigooole !)

 

PREAMBULE

En France, en Europe et dans le monde, les crises financières, sociales et écologiques qui se succèdent sont la démonstration des échecs du capitalisme et de la concurrence « libre et non faussée » sacralisée que l’on nous impose depuis des décennies.

Dans cette lutte sans fin au profit d’une minorité, les populations payent le prix fort. Partout, les services publics, les protections sociales sont la cible des agressions les plus violentes, car ils sont un symbole de prééminence de l’intérêt général, de progrès social et de solidarité. Depuis quatre décennies, les inégalités – que le service public contribue normalement à réduire – n’ont fait que croître.

C’est bien une inquiétante régression qui s’installe. Tant sur les plans économiques qu’écologiques, que sur ceux des droits et des libertés fondamentales, surtout pour les populations les plus dominées, marginalisées ou démunies (peuples du « Sud », personnes âgées démunies, femmes, réfugié(e)s et migrant(e)s, travailleurs(euses) précaires…).

Face à cette offensive de grande ampleur, les populations se mobilisent pour ne pas payer la note d’une crise dont elles ne sont pas responsables et pour construire des alternatives. Dans le domaine des politiques publiques de nombreuses luttes sociales ont eu lieu et se poursuivent : la santé, les retraites, l’éducation, la recherche, la Poste, l’énergie, l’eau, la petite enfance, le logement, la culture, les transports, etc.

Si nous voulons éviter la barbarie, la désespérance et le fatalisme, si nous voulons que les résistances et les luttes débouchent, il nous faut opposer et proposer un autre projet de société dont le Service Public est un des éléments moteurs.

A la priorité donnée aujourd’hui à l’accumulation des profits au bénéfice d’une minorité, nous opposons l’exigence de la satisfaction des besoins sociaux du plus grand nombre par une autre répartition des richesses.

Le Service Public est en effet seul capable de répondre à une définition et gestion démocratique des biens communs, et d’assurer la satisfaction des besoins fondamentaux de chacun sans discrimination d’aucune sorte, origine, croyances, et opinions philosophiques. L’élaboration et la mise en œuvre de l’intérêt général, la redistribution des richesses qu’il induit, la solidarité qu’il nécessite et mobilise, l’implication populaire qu’il exige, participent de la construction d’une société démocratique et durable, tant pour les humains que pour les ressources de la planète.

Partie prenante des luttes et convaincues qu’à partir d’elles il faut ouvrir un large débat de société sur le Service Public du 21ème siècle une quarantaine de syndicats, d’associations et de partis politiques, s’appuyant sur tous les mouvements sociaux et d’usagers concernés, ont lancé l’Appel pour des États généraux du Service Public.

A l’issue d’une première année de débats, de mobilisations, réunis à Orly les 29 et 30 janvier 2011, ils adoptent le « Pacte du Service Public » suivant.

1. Le service public a pour objectifs la satisfaction des besoins prioritaires des populations, concrétisés par des droits (droits civiques, droits sociaux, droits économiques, droits environnementaux et culturels) et de l’intérêt général, défini démocratiquement par les citoyens et leurs élus, dans une volonté et une recherche de liberté, d’égalité, et de solidarité.

Dégagés des contraintes du marché et du profit, les services publics contribuent à un développement économique participant à la fondation d’un État social, dans une société juste, solidaire, redistributive, garante des libertés publiques, sans discrimination et respectueuse de l’environnement.

Aucune réelle égalité, notamment entre les hommes et les femmes, entre les territoires, n’est possible sans services publics évolutifs, de qualité et de proximité. Dans cette perspective, nous nous engageons à soutenir, par une mobilisation associant tous les acteurs concernés, celles et ceux, qui se battent pour la création de nouveaux services publics, qui résistent ou s’opposent à leur destruction ou à leur affaiblissement.

2. Des services publics de l’énergie, de l’eau, des transports, des télécommunications, de la Poste, du logement, du crédit, de l’emploi sont à reconstruire.

Il faut stopper le démantèlement des services publics de la petite enfance, l’Éducation, la Recherche, la justice et la santé et au contraire les développer et les améliorer.

Il faut refonder un service public de l’information et de la culture, soustrait à l’emprise des pouvoirs politique et économique et garant d’un pluralisme politique et d’une diversité culturelle effectifs.

Il faut également de nouveaux services publics, définis avec les personnes concernées, pour faire face aux défis liés à la révolution de l’information, à l’émergence d’une société de la connaissance, aux exigences écologiques sans précédent, et aussi à l’allongement de la durée de vie et au vieillissement, aux mouvements migratoires.

3. Tous les dispositifs de protection sociale doivent relever d’une logique publique dans leur évaluation, leur financement et leur gestion.

4. Pour chaque service public, il convient de regarder quel est le niveau territorial le plus pertinent pour sa mise en œuvre par et pour les populations, notamment pour assurer le lien avec les citoyens, mais aussi pour s’assurer que ce niveau permette une réelle égalité sur tout le territoire et garantisse la mise en œuvre de l’intérêt général et la défense de la planète. Quel que soit le niveau territorial dont ils relèvent, les Services Publics doivent permettre à tous, un plein accès aux services rendus, dans le respect des principes qui sont les leurs : égalité, continuité territoriale, capacité d’évolution dans la qualité du service rendu, solidarité. À ces principes qui fondent l’identité des S.P. il faut ajouter la laïcité, la proximité, la transparence de la gestion et son contrôle par les élu(e)s, les usager(e)s et les personnels.

5. Nous refusons tout dispositif qui fasse perdre à la puissance publique le plein contrôle du service rendu, de sa tarification, des investissements à consentir, ainsi que des conditions de travail et d’emploi des agents et de la place effective pour les usagers dans la définition et l’évaluation du service.

6. Les services publics, les politiques publiques doivent permettre une répartition des richesses qui garantit l’effectivité des droits. Le financement de services publics n’est pas une charge, c’est un investissement qui manifeste une confiance dans l’avenir et assure une redistribution des richesses.

Cela passe notamment par une fiscalité (nationale et locale) juste, fortement progressive, par une taxation des revenus et actifs financiers non taxés à ce jour, par une véritable taxation des revenus du patrimoine et par une suppression des niches fiscales profitant aux hauts revenus et aux multinationales.

Cela passe également par la remise en cause d’exonérations de cotisations sociales, et d’aides injustifiées aux entreprises. Cela passe par le retour à la maîtrise publique de la politique monétaire et du crédit.

Cela passe aussi par une tarification qui tienne compte à la fois des péréquations nécessaires et des situations sociales.

Dans un souci de justice sociale les systèmes tarifaires ne doivent pas exclure la gratuité lorsque le service concerne de fait toute la collectivité publique, et doivent prévoir des mesures de non facturation des minimums vitaux de services pour les personnes en difficulté.

La défense et l’extension de la sphère de la gratuité, parce qu’elle impose des choix et s’oppose à la logique marchande, parce qu’elle oblige et favorise une citoyenneté active, constitue une des batailles importantes dans les années à venir.

7. Il est nécessaire de sortir du « tout marchand », mais également de contrer tout État bureaucratique et technocratique coupé des besoins réels et du contrôle des populations. L’État doit être conçu comme un « faisceau de services publics » (Léon Duguit) et être fondé sur une réelle démocratie, représentative et participative. Si « Là où est la propriété là est le pouvoir ! » il convient que ce pouvoir soit celui du peuple.

Nous plaidons donc pour l’appropriation sociale des services publics ; celle-ci passe par un transfert juridique de propriété à l’État ou une collectivité publique mais ne saurait s’y réduire. Elle doit, en effet, s’accompagner d’une extension de la démocratie : intervention des travailleurs dans la gestion ; participation des populations, définition des missions et des orientations des services, entreprises et organismes concernés par le débat des assemblées compétentes (nationale, régionale, départementale, municipale voire internationale), etc. Il s’agit aussi de donner aux citoyen-ne-s -usager-e-s, salarié-e-s, élu-e-s- de nouveaux droits pour exercer une démocratie effective avec pour objectifs : – une véritable égalité dans l’accès à ces services et leur plein usage, sur tout le territoire, – la garantie de leur qualité et de leur efficacité, – une vraie collégialité dans toutes les décisions.

8. La caractéristique commune de tous et toutes les salarié-e-s du secteur public (le quart de la population active en France) est que leur situation est définie par la loi et non par le contrat au sens du code du travail. Il en est ainsi parce que les fonctions et activités exercées relèvent de missions de service public, elles mêmes inspirées par l’intérêt général exprimé sur le terrain politique à l’issue d’un débat démocratique. C’est cette spécificité qui caractérise l’agent public. Il doit être l’agent, et le garant de la mise en œuvre d’une égalité réelle, de la continuité, de la qualité. C’est à ce titre que nous nous opposons à toute précarité et demandons que le même niveau de garanties soit reconnu dans le statut général des fonctionnaires (d’état, hospitalière, territoriale). Les conditions de travail, d’emploi, de formation et de rémunération doivent viser aux mêmes finalités et notamment permettre d’assurer à tous et partout un service de qualité.

Ceci doit être mené de façon convergente avec la construction d’un « statut des salarié-e-s du secteur privé » sur des bases, à la fois homogènes et différenciées.

9. Notre bataille pour le Service Public s’inscrit dans le cadre français, européen et mondial. Notre époque est celle d’une prise de conscience par les peuples de l’unité de leur destin. Nombre de biens et de services sont appelés à entrer dans le patrimoine commun de l’humanité ce qui appelle une large appropriation sociale et la mise en œuvre de services publics partout dans le cadre d’une planification démocratique.

Réunis à Orly les 29 et 30 janvier 2011, les associations, syndicats et partis, les représentants des collectifs locaux, signataires de l’Appel pour des États Généraux du Service Public

Décident de faire connaitre partout, dans les lieux de vie (villes, villages, quartiers…) et de travail, et au travers de débats ouverts au plus grand nombre ce « Pacte du Service Public ». De le porter dans la mobilisation populaire pour le Service Public.

Proposent à tous les réseaux (associatifs, syndicaux, politiques) qui luttent pour une véritable transformation sociale de s’en saisir pour travailler ensemble, au niveau local, national, européen et mondial à une contre- offensive convergente, concertée et durable, afin de défendre et de promouvoir le service public.

Proposent de soumettre à signature ce pacte, et de tout faire pour le traduire en loi constitutionnelle. Ils proposent une pétition (500 000 signatures) demandant au Conseil Économique Social et Environnemental l’ouverture d’un débat national.

Se fixent comme objectif de faire de 2011 une année d’initiatives de toute nature et de mobilisation populaire en faveur du service public, et pour cela :

• De soutenir et de populariser toutes les luttes et les mouvements de résistance et de développement des SP, compatibles avec ce Pacte, qui se multiplient contre la démarche d’affaiblissement, de privatisation, de marchandisation du service public actuellement à l’œuvre.
o Notamment le 11 mars pour le petite enfance avec le collectif « pas de bébés à la consigne »,
o Le 19 mars dans l’éducation à l’appel du collectif « Un pays, Une école, notre avenir »
o Le 2 avril dans la santé à l’appel de 80 organisations à l’initiative de la Coordination Nationale des hôpitaux et maternités de proximité.
o De s’inscrire dans le contre sommet au « forum mondial de l’Eau » à Marseille en 2012.

• De faire connaître, par tous les moyens dont elles disposent, les nouveaux champs de services publics qui s’ouvrent dans le monde ainsi que toutes les innovations développées notamment par des collectivités et par les agents du service public pour améliorer la qualité et favoriser l’égalité d’accès réelle.

• De proposer aux collectivités territoriales, d’organiser localement, un « Festival des SP » destiné à populariser la diversité et la richesse des SP existants, les innovations et reconquêtes, ainsi que les besoins non satisfaits.

• D’interpeller sur ce Pacte les candidat-E-s aux différentes élections, les organisations syndicales, les partis politiques, et les associations en charge de services publics et sociaux.

• D’intervenir dans les débats européens contre la prééminence donnée à la « concurrence libre et non faussée », qui assure la primauté de la rentabilité économique sur le social dans la construction de l’Union européenne et pour défendre la construction d’une Europe plus solidaire dont les services publics soient une des pierres angulaires. Cette dimension européenne de notre combat sera la nouvelle étape des EGSP.

• De faire entendre leur point de vue et leurs expériences dans le cadre de la construction d’ « Un Agenda mondial pour des Services Publics de Qualité » proposé par la Confédération Syndicale Mondiale, ainsi que dans tous les forums sociaux et autres instances internationales qu’ils jugeront nécessaires.

Elles travailleront, enfin, dans la suite de toutes ces initiatives, à la construction d’une manifestation d’ampleur nationale, à l’automne 2011 pour imposer ce Pacte dans le débat politique et citoyen.  

Les EGSP proposent que leur prochaine réunion nationale, permettant de faire le point et de décider de la manifestation nationale se tienne le 11 juin à Bagneux et ils proposent à cette occasion à toutes les collectivités territoriales engagées dans la lutte pour le Service Public et contre l’Accord Général du Commerce et des Services (AGCS) de venir témoigner et populariser leur combat.

Pacte soutenu par : Appel des appels/AITEC/ANECR/ACRIMED/ACU/ASS NAT SPORTS/ ATTAC/CADAC/ CELSIG/CNAFAL/Convergence Nat. de défense et développement des SP/Coordination Nat des Hôpitaux et Maternités de Proximité/Coord EAU IDF/COPERNIC/FASE/Fédé Finances CGT/FEDE CGT SP/FSU/Gauche Avenir/GU/IRFSU/Les ALTERNATIFS/LDH/MRAP/M’PEP/NPA/ PCF/PG/PS/ République et Socialisme/Résistance Sociale/ SOLIDAIRES/UFAL/UDB/UGFF CGT/UFAL/ UNRPA/USP

 31 janvier 2011

 

 Pour approfondir le sujet, et bénéficier de l’éclairage intéressant fourni par  l’un des acteurs de ce travail digne d’éloges, Jacques Fournier,  c’est ici.

 

.