l’Histoire de France ne doit pas être une proie pour les ennemis de l’évolution sociétale

Après avoir zappé brièvement sur Mots croisés hier soir (sur la 2), j’étais assez stupéfait d’un passage sur l’enseignement de l’histoire pendant lequel Bruckner nous délivrait son message pontifiant du « c’était mieux avant », ainsi que du pugilat entre une prof d’histoire particulièrement désagréable et manifestement bien réac (Barbara Lefebvre, Professeure d’histoire-géo à Saint-Cloud) et Nicolas Offenstadt (Historien, maître de conf. à Paris-I). Reliant ce passage dans mon cortex paresseux à ce que j’ai pu lire et entendre au sujet de l’enseignement de l’histoire pendant toute ma vie, m’est apparue soudain cette évidence de la tension idéologique forte que suscite cette matière, moins neutre qu’il n’y parait de prime abord pour qui ne s’y intéresse pas, ou peu. C’est une erreur fondamentale pour tout militant, qu’il soit politique, syndical, associatif, ou pour la défense des droits humains. Car l’ennemi est là, qui cherche à s’en emparer. On peut d’ailleurs observer à quel point cet enseignement est bien vite revisité, remanié, et censuré dès qu’un gouvernement d’essence non démocratique arrive au pouvoir. Et sans même aller jusque là, regarder la manière dont l’extrême droite (et maintenant, la droite sarkozyste) n’a eu de cesse de tenter de récupérer assez obsessionnellement, petit à petit,  des symboles historiques pour en faire son héritage exclusif . Ce qui est  abusif  quand on creuse un peu en se documentant rationnellement, que ce soit à propos  de Jeanne d’Arc ou de Jaurès pour seuls exemples connus. Et ce phénomène va jusqu’à tenter de se réapproprier l’histoire en la revisitant et en la remodelant afin qu’elle corresponde à son schéma idéologique intérieur, fut-il perverti, comme c’est le cas des révisionnistes, et de l’histoire de la Shoah. Et l’on va jusqu’à penser contre toute raison et toute preuve irréfutable que les chambres à gaz n’ont jamais existé… Ces gens là ne sont pas dans le domaine de la raison, mais de l’émotion. Du fantasme historique. Aussi, c’est avec grand plaisir que j’ai découvert, le hasard fait si bien les choses, dès ce matin, cet article particulièrement intéressant que je vous invite à lire sur Rue89 :

CaptureEn le lisant, tout s’éclaire et l’on comprend mieux pourquoi aujourd’hui c’est un point essentiel de convergence (et d’extrême tension)  entre tous les identitaires et autres nationalistes de France, de droite comme d’une certaine gauche réac pour qui le fameux « héritage judéo-chrétien », tout comme la grandeur inconditionnelle de notre pays ne sauraient être contestés. Pourtant, bien des taches et des zones d’ombre viennent délégitimer cet idéalisme historique qui ne correspond en rien à ce que doit être l’Histoire : un bien commun.

Il y a certainement, et c’est à mon sens sa place exacte, une vision plus progressiste (c’est  à dire non figée sur des clichés et des émotions qui n’ont rien à voir avec la réalité de l’Histoire vivante, en constante évolution) et plus ouverte de l’Histoire, qu’il convient d’explorer assez régulièrement pour ne pas être en reste face aux idéologues aux petits pieds, qui profitent de notre inculture historique pour nous vendre leur soupe frelatée. Et de ce genre là, ils sont légion, que ce soit en philosophie, en politique, dans le paysage médiatique (et j’y inclus les réseaux sociaux, défouloir émotionnel et idéologique formidable dans lequel on trouve à boire et à manger… ou à vomir)  et culturel de notre pays.

Ne leur laissons pas le champ libre. L’histoire est aussi un combat, perpétuel, contre l’obscurantisme, d’où qu’il vienne. C’est une science en perpétuel mouvement, qui ne doit être ni arrêtée, ni figée, ni même accaparée par quelque courant idéologique ou spirituel que ce soit. Le sens critique doit toujours y conserver une place de choix. Et de cela, les réacs de tous poils ne veulent surtout  pas. Ils ne détestent rien tant que le changement… Nous devons donc les combattre également sur ce terrain là.

(Poil au bras).

C’est à lire, en complément : Pour une critique de gauche des nouveaux programmes d’histoire

Pierre Laurent #PCF, un autre problème du #FDG

Marre. Ras le bol. Fais chier. Je viens dans un accès de confiance, en vertu de mon  plaisir du débat contradictoire, de regarder mots croisés sur la 2. J’aurais pas dû.  Que vois-je donc à l’écran ? Pierre Laurent qui représente le Front de Gauche. Misère…. Franchement, j’aurais préféré tant qu’à faire Mélenchon, malgré la distance prise. Mon sang n’a fait qu’un tour, dont certains twittos ont fait les frais. Car j’en reviens toujours au même, cette idée si mal comprise (je m’en prends plein les dents…) que chaque porte-parole du front de gauche, quels que soient ses talents personnels, que je ne nie nullement, ne fait que tirer la couverture à lui, pour son propre parti, sans jamais ou si rarement porter un discours, un mot d’ordre, une orientation collective.  Cette parole collective que, membre du FDG mais  d’un mouvement différent, nous attendons tous, cohérence idéologique oblige. Aussi, voir Pierre Laurent, dont le parti a décidé unilatéralement de voter pour le PS dans le cadre d’un fumeux front républicain (comme il l’a fait en nous trahissant lors des dernières municipales), alors même que celui-ci voit ses bases sapées par l’attitude de l’UMP,  voilà qui me déplait fortement.  Ais-je encore le droit de le dire, sans me voir agressé et  insulté ?  Pierre Laurent n’est pas la bonne personne pour me représenter, pas plus que CaptureMélenchon, ou d’autres. Tant qu’il n’y aura pas d’élection d »un(e) candidat(e) plus rassembleur(se), plus porteur d’unité politique et de stratégie commune, les occasions de division seront bien réeles. Qui le nie ne fait que mettre la tête sous le sable devant un vrai problème. Persiste et signe. Ou alors, soyons plus honnêtes et dissolvons le Front de gauche, ça vaudra mieux.

Quant à ceux qui, ici ou ailleurs, comme ce fut déjà le cas, m’accusent d’anti-communisme, s’ils savaient ce que je pense de la faiblesse de cet argument là….  je leur épargnerai mon mépris. Il s ‘est déjà exercé ailleurs. J’aime les communistes quand ils sont cohérents politiquement,  et n’appellent pas comme encore une fois  à retrouver ceux qu’ils ont rejetés hier, comme ils le font depuis toujours, pour des questions de fauteuils. Point barre.

Guaino, l’ennemi de la République

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Voilà un gars qui n’a jamais été élu d’aucune manière pour assumer le rôle qu’il a eu, de premier plan bien que dans l’ombre,  auprès de l’ancien président de la République.

Et pourtant, un non élu que les médias de toutes sortes ne cessent d’inviter actuellement sur tous les plateaux de télé et de radio.  Et voilà qui m’agace prodigieusement, car c’est l’exemple type, le cas essentiellement symbolique de la faillite de notre système républicain, qui démontre très concrètement que la démocratie n’est plus. Actualité oblige, sa présence s’explique en termes de logique médiatique puisque l’ancien président qu’il soutient si aveuglément est au cœur d’un certain nombre d’affaires, et qu’il fut autrefois l’un de ces si occultes conseillers, aux côtés de l’à présent honni Buisson. De quoi ne pas s’étonner qu’il soit aussi actuellement l’un de ses principaux laudateurs. Puisqu’il en a si bien vécu…

Le Monde le surnomme le sculpteur de discours. Celui de Grenoble comme celui de Dakar….  Celui de Grenoble a marqué les mémoires, dans le sens du pire, la marque historique du sarkozysme honteux, celui qui a désigné à la vindicte populaire une ethnie pour sa seule existence prétendûment délinquante. A gauche, et plus largement dans le cercle de l’humanisme français qui le dépasse,  nous n’oublions pas.

Pourtant, malgré sa non légitimité, on continue de l’inviter, on continue de lui donner la parole à des heures de grande écoute, comme ce soir, dans Mots Croisés. C’est lui donner une importance qu’il n’a pas, qu’il n’a plus, et que rien ne justifie ni ne saurait légitimer.

Continuer de le laisser faire l’apologie du sarkozysme auquel il a si activement participé, alors que celui-ci a si gravement fauté en termes de respect des libertés publiques et de la dignité de la fonction présidentielle tout comme de celle de la crédibilité de notre régime républicain, c’est commettre l’irréparable avec la bénédiction du service public.

Antenne 2, je te hais : tu as gravement failli. Heureusement que Vallini était là pour relever un peu le niveau. Car si l’on avait compté sur un animateur aussi orienté et honteusement partisan qu’Yves Calvi pour jouer les médiateurs efficaces, on aurait pu être déçu du niveau d’équilibre d’un débat qui n’en est plus un, mais juste de la pure propagande.

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Yves Calvi, la voix de son maitre, au même titre que Guaino ou ce gars du Figaro dont j’ai oublié le nom mais qui fut si caricatural dans sa prestation de roquet d’une droite trop sûre d’elle qui semble atteinte de la maladie d’Alzheimer quant à certaines, dérives qui ressortent tragiquement aujourd’hui.

#motscroises : le meilleur des blogs et sites d’infos du Match Cahuzac/Mélenchon

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 LEADERSHIP DE GAUCHE: AVANTAGE MELENCHON

Le débat a eu beau commencer sur des notes apaisées, ce sont bien deux visions de la gauche qui se sont affrontées lundi soir. Et sur le plan des références, Jean-Luc Mélenchon a clairement pris l’avantage. Dézinguant le vote du traité « Merkhollande », l’eurodéputé, métamorphosé en sans-culotte, s’en est pris tour à  tour aux paradis fiscaux du « Royaume de Belgique et du Grand Duché du Luxembourg », ressuscitant au passage la Constituante et le décret du 4 août 1789 sur le revenu maximum tout en maniant avec élégance les citations latines.

« La parole qui compte plus que toutes les paroles, c’est la parole du peuple », a martelé le chef de file du Front de Gauche, plus à  l’aise il est vrai dans l’invocation révolutionnaire que dans l’érudition fiscale. Mais les exégètes de la gauche relèveront l’erreur stratégique de Jérôme Cahuzac, qui a affirmé qu’il n’avait jamais cru à  la lutte des classes. Une référence qui va de soi pour ce social-libéral assumé mais une rupture encore taboue à  gauche, comme le montre la réaction prudente du député socialiste (aile gauche) Jérôme Guedj.

Jérôme Guedj@JeromeGuedj

La franchise de @J_Cahuzac sur la lutte des classes l’ honore, mais … #MotsCroisés

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 L’autre surprise de ce débat a été de voir Cahuzac nous annoncer que la réforme fiscale, promise par François Hollande lors de la campagne électorale, était faite. Alors là si je n’avais été assis j’en serai tombé sur le cul car là franchement c’est de l’abus de confiance, les électeurs de Hollande attendaient une réforme encore plus importante que de taxer les revenus du capital comme les revenus du travail, quid de la fusion IRPP et CSG, quid de l’imposition des grands groupes qui devait se rapprocher de celle, plus élevée dans les faits, des PME, quid de l’imposition des Français exilés fiscaux, quid de la lutte contre les paradis fiscaux ?

Sur ce coup là, Cahuzac a marqué un but contre son camp.

 Source

Sur l’affaire Cahuzac : « L’accusation est énorme. On imagine que l’initiative de porter cette accusation a été méditée avant d’être publiée, a dit Jean-Luc Mélenchon. Si c’est vrai, c’est terrible, mais si c’est faux, c’est ignoble. Nous n’en savons rien, mais des procédures judiciaires ont été engagées et peuvent lever tous les doutes, d’un côté ou de l’autre. Je demande que la justice ne traîne pas, que la garde des Sceaux fasse en sorte que l’affaire soit jugée le plus vite possible, parce que ça va pourrir la vie politique de ce pays. »

 source

Pour revoir l’émission, c’est ici.

La phrase : 

La parole qui compte plus que toutes les autres paroles, c’est la parole du peuple !

(Jean-Luc Mélenchon)

La bourde :

Nous on fait la même chose que Fillon.

(Jérôme Cahuzac)

 source

3éme mensonge : «Nous avons réalisé la grande réforme fiscale ». Un sommet de la blague, la menterie politicienne atteint ici  des niveaux  jamais égalés. L’économiste socialiste Thomas Piketty, présenté comme le père du projet de réforme fiscale que nous avait présenté Hollande, parlait il y à quelque jour dans libération d’une « improvisation fiscale consternante », il ajoutait pour faire bonne figure  qu’Il « faut qu’ils arrêtent de voter les yeux fermés les bricolages fiscaux du gouvernement : des augmentations de TVA, des reculades sur la taxation des plus-values, une taxe à 75% aussi mal ficelée qui conduit finalement à cette censure… Si le gouvernement ne fait pas son travail, c’est au Parlement de le faire. » Fermer le ban !

source

 Sans titre 2

Source

 

 

 

#motscroises : Cahuzac nous as bien endormis…

serpent-kc3a2Voilà qui en a interloqué plus d’un…. Le face à face tant attendu même pas encore commencé, voilà que la machine médiatique pro-libérale se mettait en route, quelques heures seulement avant, comme lancée par une marque de com bien connue des DSKistes dont certains composent l’entourage de Hollande et de son plus fidèle coiffeur… Drôle de coïncidence pour ce qui n’est sûrement pas un hasard. Trop gros pour être entièrement faux. Passons.

Dans cette séquence télévisée, le tenant de la logique austéritaire n’a pourtant pas été franchement aidé par l’annonce du (gros)  couac du FMI… qui renforce au bon moment la crédibilité du discours du Front de gauche, et plus particulièrement de Mélenchon sur le sujet…. Nous ne disions en effet pas autre chose.

Mélenchon a d’emblée élevé le débat en précisant opportunément qu’il ne donnerait pas de tournure personnelle au débat, en référence à l’affaire Cahuzac. Un bon point., puisqu’il  s’est appuyé sur des arguments politiques forts plutôt que des attaques ad hominem inutiles.  La divergence essentielle, c’est l’appréhension par les socialistes de la nature même du capitalisme. A ceux qui se réjouissaient prématurément du fait que Mélenchon  n’exclue pas les socio-démocrates de la gauche en refusant le débat vraie/fausse gauche proposé assez cyniquement par Calvi n’auraient pas du sourire trop vite, car la suite valait son pesant de ca

CaptureVînt ensuite la question de la taxation des plus riches à 75%… Face à  laquelle en se croyant habile Cahuzac a botté en touche en s’exonérant de la moindre responsabilité de son échec par l’affirmation que, malgré tout,  une grande réforme fiscale avait déja eu lieu…  Nous sommes pourtant bien nombreux à droite comme à gauche à l’attendre encore… Redistribution des richesses, avez-vous dit ? 20 milliards pour les entreprises, la hausse de la TVA pour les plus démunis, le compte n’y est pas. Chacun jugera donc de la réalité de cette réforme là, et de son ampleur…

Sur la question de l’exil fiscal, qui a permis d’échapper au seul cas Depardieu tant exagérément surmédiatisé dans lequel a tenté de l’enfermer Calvi, Mélenchon a proposé de s’y attaquer frontalement,  en agissant concrètement sur les principaux pays qui sont si protecteurs envers les exilés fortunés. Il serait en outre plus que judicieux de la part de ce gouvernement qu’il applique une loi imposant les exilés fiscaux dans leur propre pays, ce qui est techniquement possible puisque tant Mélenchon dans son programme à la candidature présidentielle  que Cahuzac autrefois comme il ‘a avoué lui-même, avait déposé un amendement allant dans ce sens.

[là, j’avoue : je me suis endormi… lassé par des querelles futiles et les provocations sournoises toujours si habilement policées de Cahuzac…]

Bon ben j’espère que d’autres blogchéviks auront pris le relais et pondu de meilleurs billets, parce que là j’avoue je n »ai pas été très performant…. Emporté par la fatigue. Mais parait que Cahuzac, le concept de lutte des classes, ça le fait sourire…. Si ça ce n’est pas du mépris de classe….

Bon, ben moi je vais me coucher, j’ai fait ce que j’ai pu, hein…. Dure journée. Tchao.

Ce soir dans #motscroises, va y avoir du sport… (et moi j’aime ça). #melenchon #cahuzac

 

lutte

Avec aujourd’hui en perspective l’alléchante hypothèse¹ de pouvoir enfin assister au combat idéologique de deux hommes que tout oppose, je jubile d’avance…  Comment que Mélenchon il va te  l’agonir, le soc dem ! Fait pas le poids… Franchement. (Et objectivement, bien sûr…).

 Faut dire que le ministre délégué au budget ne part pas avec tous les atouts, et bien des épines dans le pied : une affaire qui porte son nom révélée par Médiapart, qui égratigne singulièrement l’image que voulait donner Hollande d’une « République modeste et exemplaire », petit cadeau à Woerth  dans le dossier de l’hippodrome de Compiègne, « inexplicable erreur » de la taxation à 75 %… Tout cela sans parler des sujets de fonds. Et notamment de la position intenable sur le plan politique – si l’on veut sortir du modèle libéral/vorace comme je l’expliquais ce matin – du gouvernement sur les points suivants, dont la plupart concernent le domaine de compétence directs du ministre : budget , déficits, taxation des plus riches à 75% , pacte de compétitivité, Florange, Europe, vote des étrangers aux élections locales, Notre-Dame-des-Landes, EPR, « méthode » de Hollande… Mélenchon aura franchement le beau rôle. Les arguments ne manquent pas, vu les nombreux couacs qui ont émaillé la gestion par les socialistes de ces dossiers.

 La suite après le visionnage de l’émission… qui promet ! Blogueurs de gauche, de droite et du milieu, tous à vos claviers ! J’attends avec grande impatience nos contradicteurs !  Et vive la démocratie… ce beau sport de combat !

 .  

¹ Ce débat a déjà  été reporté le 17 décembre 2012 par Cahuzac lui-même…

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gauchiste et fier : l’espoir nous porte, et porte un nom : #Mélenchon

Lentement mais sûrement, le candidat du Front de gauche grignote des parts de marché dans celui de sondages tellement contradictoires qu’ils en deviennent ridicules, leur profusion ne faisant qu’ajouter à l’impression de pourrissement de la démocratie.

 Si j’y croyais un tantinet, je me laisserais volontiers griser par le fait que ces mêmes sondages laissent entr’apercevoir un effritement des intentions de votes pour les candidats favoris des médias, qui ne sont que les leurs et non ceux des électeurs qui jugeront le moment venu ce qui est le mieux à leurs yeux seuls, dans le secret de l’isoloir.

 Pourtant, ces mêmes médias dominants tentent sans relâche de nous les imposer, à la force d’un temps de parole démesuré s’il le faut. Ainsi, TF1 qui prétend donner une heure trente à la candidate du FN quand il en donne généreusement une demi heure à Mélenchon, et se voit contraint au dernier moment – quel aveu de faiblesse et d’iniquité ! – de porter à une heure son intervention tant il séduit même les plus réticents par une prestation de haute tenue. TF1 finira par se laisser piéger par ce qui fait son talon d’Achille : l’appât du gain lié à l’audimat.

 Antenne 2 ne l’a pas encore compris, ou plutôt ce brave Monsieur Calvi au front bas, dont les opinions politiques finissent par se laisser trop facilement deviner tant il s’obstine à ne surtout pas laisser ce candidat là (ou l’un des autres représentants du Front de Gauche) venir chez lui, alors qu’il invite si volontiers la même sauterelle pérorante, aussi bouffie de certitude et d’orgueil qu’elle est dénuée de principes moraux, ce représentant de commerce du FN vu hier sur la chaîne dite publique. On en arrive à se demander si ce Calvi là ne serait pas atteint plus volontiers d’un anti-communisme primaire que d’une sainte horreur du fascisme… Là où l’on sait, sur la même chaîne, la réticence de Ruquier à inviter Madame Le Pen, ce qui est tout à son honneur : le FN, contrairement au Front de gauche, n’est pas un parti démocratique, il se sert de la démocratie pour mieux la piétiner, et j’en veux terriblement au système politique et médiatique dans son ensemble de se laisser imposer par ce parti puant là les thèmes de la campagne de 2012, au point que nos concitoyens s’en retrouvent dégoûtés. Voudrait-on favoriser l’abstention qu’on ne s’y prendrait pas autrement. Même Hollande, bien qu’à son corps défendant, en arrive à se prêter à ce jeu ignoble dans le sillage sarkozyste de la stratégie volontaire du choc des civilisations.

 Ne souffrant pas du syndrome journalistique hélas trop répandu de la mémoire courte, je me souviens qu’hier, des socialistes, parmi la frange la plus libérale et la plus proche de la droite¹, nous méprisaient, nous traitaient plus bas que terre, nous jetaient l’insulte suprême du populisme à la figure, comme si le peuple était soudain devenu honteux. Puis voyant que cela ne fonctionnait pas, ils ont tenté pour les plus intelligents d’entre eux de nous faire le coup du vote utile, nous prenant par les sentiments, nous accusant parfois de faire le jeu du front national… lorsqu’ils étaient à court d’arguments plus élaborés. La suite a prouvé assez combien ce point Godwin là en est un qui ridiculise aujourd’hui ceux qui l’emploient : qui est en train de forcer Marine Le Pen à mettre genou à terre et l’a réduite peu à peu au silence ? Qui se coltine les fachos sur le terrain et dans les débats, quand ces gens là acceptent d’y venir, de peur d’avoir à fournir une argumentation plus construite que celle qu’ils servent comme une soupe populaire à des gogos qui n’avaient auparavant pas de points de comparaison, tant l’offre politique était affligeante et l’insulte coupait court à l’échange ?

 Aujourd’hui, et encore plus demain, il va falloir compter avec nous. Les socialistes ont commis une erreur grossière, et se sont laissés dépasser par l’évolution de la réflexion et de l’action, populaire justement. Ils n’ont pas su voir que le monde changeait, qu’une partie grandissante du peuple était en capacité de se forger ses propres opinions, de se construire sa propre gauche, moins réformiste, plus sociale, davantage porteuse de projets de rupture et d’alternatives au libéralisme triomphant. Il ne suffit pas de dire et d’écrire que le changement c’est maintenant pour qu’il advienne. Encore faut-il le porter en soi, le nommer, le réfléchir et le construire, en ayant parfois le courage de s’opposer pour qu’il ne constitue pas un simple cataplasme sur une jambe de bois. Ce changement que nous espérons et qui s’avère nécessaire, il apparaît de plus en plus clairement que ce n’est pas Hollande qui l’incarne… de plus en plus mal au fur et à mesure que ses renoncements économiques, sociaux et écologiques apparaissent : le roi est nu… comme le fut hier le président déjà élu par les médias…. je n’oublie pas.

 ¹frange du PS qui ferait mieux de se rallier à Bayrou pour que les choses soient enfin plus claires pour tous.

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Hallal(i) dans les médias

 Franchement, quelque chose ne va pas bien dans notre système médiatique et dans le fonctionnement politique hexagonal. Il doit y a voir un bidule de cassé dans les rouages de la machine à appréhender, à restituer et à traiter les informations.

 Il a donc suffi que le Front National répande une rumeur dont il est pourtant facile de vérifier le caractère mensonger pour que toute la presse française et jusqu’à nos politiques au plus haut niveau se retrouvent malgré tout en ébullition… Il aurait été pourtant aisé de réfuter les fondements de cette information (exclusivement destinée à nuire et à reprendre la main dans les médias) par un simple communiqué de manière purement rationnelle ¹. Le FN serait-il donc devenu à présent le maître du temps électoral ? Serait-ce lui qui dicte à présent nos thèmes de campagne ?

 Me trouver pour seul exemple devant cette incroyable scène, pleine de ridicule, dans laquelle une tête à claques qui ne passerait pas le seuil de ma porte dans la vie réelle, se retrouve en pivot d’une une émission de grande écoute comme l’est Mots Croisés hier soir en dit assez long sur l’état déliquescent de notre démocratie. Aurait-on eu droit au même type de polèmique pour la viande kasher, dont on se fout tout aussi royalement  ?

 Alors comme cela, dès que Madame Le Pen éructe quoi que ce soit, pète ou rote, la machine médiatique se retrouve aux ordres de cette puanteur là ? Alors qu’on l’a trouvée étrangement muette quand l’un de leurs confrères s’est vu, fait inédit, interdire d’exercer son métier, contrevenant ainsi à la liberté de la Presse ? Mais où va-t-on ? On aurait aimé voir le Figaro, le Nouvel Obs ou le Monde plus diserts sur cette honte plus légitime là…

 Le discours pitoyable de ces gens là, ces fachos à la petite semaine qui se réfugient soudainement derrière des arguments relevant de la défense animale, alors qu’ils sont pour le rétablissement de la peine de mort, et respectent bien moins les êtres humains que les bêtes d’abattage, en dit assez long sur leur malhonnêteté pour qu’il ne soit davantage besoin de les encourager à aller encore et toujours plus loin dans l’ignominie et la stigmatisation de la différence.

 Pendant qu’on parle de cela, on ne parle pas d’autre chose de, me semble-t-il, beaucoup plus essentiel. Que fait le Front National par exemple pour lutter contre le chômage, à part la solution simpliste de renvoyer tous les étrangers dans leur pays, même quand ils n’ont plus rien à y faire ?

 Que fait le front national pour lutter contre la pauvreté, à part distinguer encore et toujours entre les pauvres méritants, les pauvres blancs et les pauvres qui leur serait d’une couleur ou d ‘une religion indigeste, impropres selon leurs critères à la solidarité nationale ?

 Mesdames et Messieurs des médias, politiques de bas étage qui courrez derrière ces vessies là, je ne vous félicite pas.

   ¹… à moins que comme beaucoup d’ adeptes de Madame Le Pen, on ne pratique la théorie du complot et de la propagande islamophobe, sur lesquels les arguments rationnels n’ont aucune prise, ayant affaire là à une forme de pathologie, à traiter comme telle.