Suicides à La Poste : responsable et coupable (Rapport d’experts ici faisant foi)

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Lettre ouverte à Monsieur Philippe WAHL, PDG du Groupe La Poste

Copie pour information : aux membres du Conseil d’Administration du Groupe, au Ministre de l’Economie (Ministère de tutelle) au Ministre du Travail (tutelle des inspecteurs du travail et en charge de l’agrément des experts CHSCT), au Président de la Commission Supérieure du numérique et des Postes, au Président de l’ARCEP, aux organisations syndicales représentatives de La Poste.

Paris, le 13 octobre 2016,

Monsieur le Président-Directeur Général,

En tant qu’experts agréés auprès des Comités d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail (CHSCT), nous avons décidé de vous alerter la direction de La Poste sur la dégradation des conditions de travail et le mépris du « dialogue social » manifesté dans les différents secteurs et aux différentes échelles du Groupe. Nous avons conscience que cette démarche d’alerte rendue publique est inhabituelle. Cependant, nous l’assumons, parce qu’ayant réalisé de nombreuses expertises pour le compte de CHSCT du Groupe, nous mesurons à quel point la situation est préoccupante du fait de la rapide dégradation de l’état de santé des agents. Nous savons aussi combien les représentants du personnel, nos mandants, se sentent démunis en raison du refus du dialogue auquel ils doivent faire face.

Du Courrier au Colis, du Réseau à la Banque, les agents de La Poste subissent des réorganisations permanentes qui réduisent chaque fois les effectifs, et soumettent les agents qui restent à des cadences accélérées. En dépit des recommandations du rapport Kaspar en 2012, le rythme des réorganisations reste effréné. On les habille désormais d’une supposée « co-construction », mais les diaporamas sommaires, les études d’impact standardisées et les groupes de travail sans travail sont les seules concessions au « dialogue social ».

Pour prescrire le travail, les directions de proximité doivent s’appuyer sur des modèles statistiques obscurs, qu’elles-mêmes ne savent pas expliquer ; ces modèles, qui sont supposés résumer l’activité, font barrage à l’expérience et à l’intelligence partagée des agents. Les modèles de prescription et de réorganisation du travail, basés sur des modélisations statistiques (comportant par ailleurs de nombreux biais) s’imposent en dépit de la prise en compte du travail réel et annihilent toute possibilité de discussion sur le travail (et d’amélioration de ses conditions).

Des « organisations innovantes » sont mises en œuvre, qui souvent sur-spécialisent les agents, les exposent à une aggravation de la pénibilité physique, transforment leurs métiers sans recueillir leur avis. Une logique purement taylorienne s’impose : les agents ne sont vus que comme des exécutants sommés d’appliquer la stratégie édictée par des cadres dirigeants – qui sont par ailleurs les seuls à voir leur effectif s’étoffer. De surcroît, à suivre les consignes, on ne gagne même pas la satisfaction du travail bien fait. Pour les agents de La Poste, c’est la double peine, ou plutôt le double risque psychosocial, puisqu’ils voient se dégrader en même temps leurs conditions de travail et la qualité de service délivrée aux usagers.

Les conséquences en termes de santé au travail sont d’ores et déjà dramatiques : le groupe La Poste continue de rencontrer des cas de suicides au travail ; les situations de détresse individuelle ou de conflits ouverts entre agents sont désormais fréquentes ; les indicateurs de santé et de climat social témoignent d’une dégradation qui, déjà dénoncée dans le rapport Kaspar en 2012, n’a depuis cessé de s’aggraver.

Le corrélat de cette dégradation, c’est le mépris affiché par les directions vis-à-vis des institutions représentatives du personnel. La Poste n’est déjà pas bien équipée en la matière : alors que, désormais, la majorité des agents sont des salariés de droit privé, ils ne bénéficient toujours pas de Comités d’Entreprise et d’Etablissement. L’essentiel de la discussion entre les directions et les représentants du personnel est donc reporté, soit vers des comités techniques et des commissions ad hoc quasiment sans pouvoir, soit vers les CHSCT.

Ces derniers sont les plus proches de l’activité. Leurs avis sont requis par le Code du Travail. Les élus des CHSCT se nourrissent de la parole des agents qu’ils représentent, des enquêtes qu’ils diligentent et des expertises qu’ils commanditent. Ils constituent quasiment le seul contre-pouvoir institutionnel. C’est sans doute pourquoi les attaques de la direction se concentrent sur ces CHSCT – et, comme un dommage collatéral, sur nous qui sommes leurs adjuvants occasionnels.

L’entrave à l’action des CHSCT – et, par là, à leur mission de prévention des risques professionnels– se manifeste de diverses manières :
• par la rétention d’informations : les directions cachent des documents puis, lorsque leur existence est connue et que les élus demandent à en avoir connaissance, elles le leur refusent sous divers prétextes ; les informations les plus cruciales (par exemple celles sur le calcul des cadences) ne sont pas communiquées au motif qu’elles sont produites par la direction nationale tandis que les CHSCT n’ont que des compétences locales ;
• par la mise en œuvre de projets importants modifiant les outils et/ou les conditions de travail sans solliciter leurs avis ;
• par le refus de répondre aux questions des élus dans les CHSCT ;
• par un combat systématique contre les expertises, selon une procédure codifiée et diffusée à toutes les directions : ce combat est passé d’abord par la contestation judiciaire des délibérations des CHSCT, avant de se reporter sur les cabinets d’expertise (pour la plupart de petites entreprises que La Poste cherche à dissuader d’accepter des expertises, au moyen d’impayés et de contestations de leurs honoraires au tribunal) ;
• par le refus d’entendre et de prendre en compte les avis circonstanciés des élus.

Confrontés à ce refus du dialogue, des agents ont mené des grèves en de nombreux sites. Là encore, ils ont parfois été confrontés à des pratiques déloyales, voire même illégales (comme le remplacement de grévistes par des taxis).

Dans cette stratégie de la direction de La Poste, il y a une contradiction. Les réorganisations sont menées tambour battant, couvertes par l’idée technocratique que l’intendance suivra et que les râleurs partiront. Dans le même temps, cette direction croit pouvoir garder intact le trésor du groupe : la conscience professionnelle de ses agents, tournée vers le service du public. Or, le professionnalisme ne se décrète pas d’en haut. Il se construit avec ceux qui réalisent le travail, par l’échange de pratiques, la discussion et l’arbitrage collectifs, l’élaboration et l’incorporation de règles de métier à l’échelle des établissements, des équipes, des personnels – et des institutions qui les représentent, comme les CHSCT.

À oublier cela, la direction de La Poste prend le risque de dégrader simultanément la qualité de service, la santé des travailleurs, mais encore la stratégie du Groupe qui souhaite pourtant capitaliser sur la confiance dont les postiers bénéficient auprès de la population, alors même que les conditions d’exercice qui l’ont rendu possible sont mises à mal.

Il appartient aux différents acteurs de la chaîne de prévention des risques professionnels et de développement de la santé au travail d’agir où ils le peuvent, et de sonner l’alarme lorsque trop d’obstacles les empêchent d’agir efficacement. C’est pourquoi nous émettons cette alerte, car il nous est de moins en moins possible de mener à bien notre mission d’expert agréé, en raison des entraves opposées à notre travail, et plus généralement de l’absence de prise en compte des avis et alertes formulés par les représentants du personnel.

Il appartient à celui qui a le pouvoir de diriger, de prescrire et d’organiser le travail, c’est-à-dire l’employeur, de prendre ses responsabilités. La direction de La Poste ne pourra pas dire qu’elle n’a pas été prévenue, au regard :
• du principe constitutionnel de la participation des travailleurs à la détermination collective des conditions de travail, dont découlent les consultations du CHSCT ainsi que l’a rappelé récemment le Conseil Constitutionnel ;
• de l’obligation de sécurité de l’employeur qui prévoit que « l’employeur prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs » (L.4121-1 du Code du Travail) ;
• et des principes généraux de prévention, tels qu’ils sont énoncés à l’article L.4121-2 du Code du Travail.

Espérant que cette alerte contribuera à nourrir votre réflexion, dont découleront les changements qui
s’imposent, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président-Directeur Général, l’expression de
notre considération.

Un collectif de cabinets d’expertise agréés indépendants :

– Aptéis – Ergonomnia
– Aristée – Indigo Ergonomie
– Cedaet – Social Conseil
– Eretra – Odyssée

Je tiens à saluer ici personnellement la probité exceptionnelle de ces cabinets d’expertise qui exercent à leur manière leur devoir d’alerte. Chacun(e) pourra en effet juger par lui-même de l’extrême-gravité des faits qu’ils ont constatés, et à quel point, contrairement aux discours dominants en la matière qui cherchent de manière systémique à rejeter la cause des suicides dans le cercle privé des victimes,  l’organisation du travail est bien l’origine essentielle de ces suicides. Pour être réellement prévenus, cette structuration pathologique doit être modifiée de toute urgence. Des vies sont en jeu, par delà une logique exclusive de profits à court terme qui nie l’humanité, et ce gouvernement là ne pourra pas dire qu’il ne savait pas. Tous les français sont à présent témoins de l’action ou de l’inaction de chacun des ministres concernés, directement ou indirectement. Nous sommes collectivement comptables de votre pouvoir…

#HeHoLePS, vous arrêtez quand de nous prendre pour des taches ?

Et donc, l’intelligentsia mediatico-politique se félicite bruyamment aujourd’hui de l’inversion de la courbe du chômage, avec pour clairon officiel la ministre du travail :

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Sauf qu’il suffit de voir plus loin que les beaux discours sirupeux pour apprendre ceci qui confirme bien des soupçons :

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Burn-out : l’exemple pathologique d’un « socialisme » honteux

Capture3je suis extrêmement choqué du rejet par le gouvernement du burn-out comme maladie professionnelle. Si encore ils avaient eu des raisons valables… Mais ce crétin de  Rebsamen, le ministre du chômage travail, dans sa bêtise crasse, n’a même pas conscience de l’incohérence totale qu’il y a de déclarer à la fois (c’était sur Europe 1) que le burn-out ne sera pas reconnu comme une maladie professionnelle mais que « La loi sur le dialogue social comprendra « un début de reconnaissance » du « burn-out ». Faudrait savoir… C’est une maladie ou ça n’en est pas une ?  De plus, l’argument invoqué me révolte absolument, car c’est exactement le même que celui utilisé par les employeurs fautifs pour se dédouaner cyniquement de toute responsabilité, quand bien même elle est patente :

« ce n’est pas une maladie qui peut figurer au tableau des maladies professionnelles, parce qu’elle n’est pas uniquement liée au poste de travail« . 

(Sous-entendu : « ceux qui en sont atteints ont souvent aussi des problèmes personnels, et qui nous dit que ça vient du boulot, hein ? »). Ben tiens… Quand on connait le sujet, et pas seulement en surface, on ne peut qu’être révolté par un tel positionnement, qui met gravement en difficulté les personnes concernées, si nombreuses, et qui le seront de plus en plus compte-tenu de la concentration de la pression provenant des employeurs (et de la fameuse et criminelle en l’occurrence loi du marché) et de l’hyper-réactivité nécessité par des rythmes de travail de plus en plus effrayants dans des contextes concurrentiels à outrance. Ces gens là n’ont vraiment plus rien de socialiste. Ils reprennent exactement le discours du patronat, sans aucun discernement. C’est insupportable et inadmissible. je pense à toutes celles et ceux qui en sont victimes, qui n’auront donc pour seule solution, face au harcèlement de leurs employeurs, à la pression du résultat et à une organisation du travail anxiogène et défaillante que de négocier, dans le meilleur des cas (quand leur employeur pour s’économiser des frais de licenciement ne les poussent pas cyniquement à la démission…) une rupture conventionnelle, avec les résultats que l’on sait. Honteux.  Not in my name. Cette gauche n’a vraiment plus rien de gauche. Qu’ils s’en aillent tous. Ils sont totalement inutiles, et nuisibles. Tous ceux qui mourront d’épuisement au travail vous remercient.

Tous et toutes avec Licenci’elles devant le Ministère du Travail !

 

Non-aux-licenciements-boursiers-autocollantDemain aura lieu une manifestation rassemblant les délégations des principales sociétés qui ont procédé à des licenciements alors qu’elles faisaient des profits colossaux. Une initiative que je soutiens afin de mettre la pression sur le gouvernement pour qu’il songe enfin à une loi dont il avait eu l’inspiration quant il était encore dans l’opposition… Mais à laquelle il semble beaucoup moins favorable aujourd’hui qu’il est dans la majorité… Et pourtant, il y a urgence, et je n’ai pas vu que cette disposition figurait dans l’accord emploi qui a tant la faveur de notre gouvernement qui se dit très préoccupé par l’emploi, alors qu’il laisse si aisément s’effilocher le code du travail pour le seul intérêt des grandes entreprises et des financiers cupides,  au détriment des salariés… je suis donc heureux de partager ce communiqué paru dans le journal L’Humanité aujourd’hui :

Rassemblement le 29 janvier – salariés en lutte contre les licenciements (Licenci’elles)

Pour une vraie sécurisation de l’emploi,

Une loi contre les licenciements dans les groupes qui font du profit

Grand rassemblement devant le ministère du travail

Pas une semaine ne passe sans l’annonce d’un nouveau plan de licenciement massif par un groupe qui fait des bénéfices énormes. A chaque fois c’est le même refrain : « Entreprise en difficulté, restructuration pour sauver la compétitivité … » alors qu’en réalité l’objectif est de faire encore davantage de profit.

Depuis quelques mois, des délégations de salariés en lutte venus de toute la France se rassemblent autour d’une proposition de loi nouvelle contre les licenciements dans les groupes qui font des bénéfices. L’initiative vient de « Licenci’elles », l’association des salariées des 3 suisses licenciées abusivement par un groupe qui réalise des profits colossaux. Les Licenci’elles ont dénoncé le fait qu’elles ne pouvaient pas porter plainte contre le plan de licenciement de 3 Suisses tant qu’elles n’avaient pas été licenciées !

Comme des centaines de milliers de salariés, elles savaient que le groupe 3Suisses n’avait aucune justification économique valable à leur licenciement au regard de la loi, mais qu’elles ne pouvaient pas pour autant empêcher leur patron de les licencier. Ensemble avec les Pilpa, Bigard, Crédit Agricole, Faurecia, FNAC, Ford, Fralib, Goodyear, PSA, Samsonite, Sodimedical, Sanofi, Sony, Valeo, ZF, Coca-Cola, Merck Serrono… elles ont décidé de rédiger une proposition de loi pour empêcher les licenciements, avant qu’il ne soit trop tard, dans les groupes qui font du profit.

Une loi nouvelle pour vraiment bloquer les licenciements lorsqu’ils sont interdits, c’était aussi une exigence portée par des milliers de salaries pendant la campagne de l’élection présidentielle. Le candidat Hollande est même allé à la rencontre des salariés en lutte de Goodyear et Fralib, en faisant la promesse que s’il devenait Président de la République il ferait voter en urgence une loi interdisant les licenciements dans les groupes qui font des profits.

Pour l’heure Hollande n’a toujours pas tenu cet engagement. Comme bien d’autres promesses de campagne qui ont permis la victoire de la gauche, celle de donner aux salariés le droit d’arrêter les plans de licenciements illégaux avant qu’ils n’aient lieu a disparu des écrans radars du gouvernement.

Pire, l’accord national sur la sécurisation de l’emploi, signé récemment par trois confédérations syndicales, ne va pas dans le bon sens en remettant en cause les principaux droits des salariés face aux licenciements économiques ! Ces confédérations sont-elles réellement en phase avec leurs adhérents et militants de terrain, dont beaucoup sont pourtant en lutte contre des plans de restructuration dont ils dénoncent les effets néfastes pour l’emploi ?

Mais nous n’avons pas l’intention de laisser cela arriver. Nous les représentants des salariés en lutte de Pilpa, Bigard, Crédit Agricole, Faurecia, FNAC, Ford, Fralib, Goodyear, PSA, Samsonite, Sodimedical, Sanofi, Sony, Valeo, ZF … nous avons décidé d’agir pour que la loi que nous avons rédigée soit votée à l’Assemblée Nationale et au Sénat.

Nous avons besoin de cette loi dans les luttes que nous menons contre certaines des multinationales les plus puissantes de la planète qui licencient en masse pour accroitre sans cesse leurs profits et le cours de leurs titres en bourse.

C’est pourquoi nous allons venir de toute la France et de dizaines d’entreprises, où nous nous battons pour nos emplois, pour nous retrouver :

Le mardi 29 janvier 2013 a 14 heures Pour un grand rassemblement devant le ministère du travail

Ce sera le premier acte fort d’une bataille que nous engageons pour que Hollande, son gouvernement et la majorité de gauche au Parlement tiennent ses engagements en nous donnant les moyens de nous battre pour stopper nos licenciements avant qu’il n’aient lieu.

Les salaries en lutte de :

Pilpa, Bigard, Crédit Agricole, Faurecia, FNAC, Ford, Fralib, Goodyear, PSA, Samsonite, Sodimedical, Sanofi, Sony, Valeo, ZF, Coca-Cola, Merck Serrono…

Ça sent le Sapin… et la mise en bière… blonde ?

 Il n’aurait pas dû. Non, ce n’était vraiment pas le moment de dénoncer « l’ivresse des mots » de Mélenchon, et d’aller faire jusque dans les caniveaux de la surenchère en parlant de lui comme d’une « victime du syndrome Sarkozy ». Car c’est bien le Ministre et non le représentant du Front de Gauche qui est en ce moment la risée de toute la blogosphère, de gauche (la vraie) à la droite, suite à son lapsus sur les Contrats à Durée Indéterminée de trois ans

 

Sur twitter, on en rit encore…

Mélenchon lui a répondu du tac au tac :  C’est ici.

 Quant au fond du dossier, je vous invite à lire cet article d’Actuchômage, qui a manifestement mieux potassé son dossier que Monsieur le Ministre du Travail… Le Monsieur a d’ailleurs déja sa petite réputation dans les milieux autorisés. Je dis ça, je dis rien…

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des milliers de licenciements planqués sous le tapis bleu avant la #présidentielle2012…

 

 
la droite a trouvé la solution : non pas les interdire, mais simplement les différer !

Voilà une information qui n’étonnera personne, tant la sarkozie nous a habitués à la désagrégation de nombreuses valeurs morales… Elle nous est apportée par le magazine Challenge (qui n’est pas vraiment sous la coupe de dangereux gauchistes,  je tiens à le préciser pour d’éventuels lecteurs néophytes en politique), et écrit sous la plume,  probablement au clavier,  parFanny GuinochetFanny Guinochet. Nous étions nombreux à nous douter de ce genre de pratiques, mais voilà qu’elle nous est confirmée au grand jour dans son article. Sous le titre « Bertrand se démène pour que les entreprises décalent leurs plans sociaux après les élections », la journaliste nous révèle que plusieurs patrons, et non des moindres, ont reçu des pressions de la part du Ministère du Travail pour retarder leurs plans sociaux. PSA, Renault, la FNAC et AREVA, notamment, ont reçu des instructions pour repousser de quelques mois leurs projets de licenciements.

Voilà qui fera plaisir aux électeurs de Sarkozy qui se verront remercier de leurs bons et loyaux services… après avoir voté pour lui. Non, non, ne le remerciez pas. C’est tout naturel… Cet homme est décidément exquis.

Comme le dit si souvent l’ami Juan, bien qu’il ait fait exception aujourd’hui,  « ami sarkozyste, es-tu là ? »  Sauf que moi, je n’ai pas d’amis sarkozystes. Juste des bayrouistes et c’est déja suffisamment dur à supporter comme cela…

 Ceci écrit, voilà une information qui prend toute sa saveur le jour même où le Sénat,  dont on nous dit qu’il est à majorité gauchiste (non, non, je ne glousse pas) vient de refuser un projet de loi visant à interdire (quoi de plus normal ?) les licenciements boursiers… 

Voilà qui sera certainement de nature à rassurer  la bourse, en France aussi. C’est pourquoi je surenchéris sur Juan en m’exclamant : « ami socialiste, es-tu là ? »

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seule solution du patronat, la déréglementation du travail ? CONTRE !

source : cliquez sur l'image

Avec des propositions d’avant-garde aussi sociales que celles-là, dignes du medef de Parisot (c’est la CGPME, c’est pas mieux…), j’en connais plus d’un qui risque d’en recracher son café, et des travaileurs en lutte de 1936 se retourner dans leurs tombes… Le futur sommet pour l’emploi du 18 janvier s’annonce sportif…

 

Les dix propositions de la CGPME pour faire baisser le chômage

 
Le défilé a commencé. La CGPME a été reçue ce matin par Xavier Bertrand pour préparer le «sommet social» du 18 janvier.

Reçue à 10h30 par le ministre du Travail dans le cadre de ses consultations bilatérales avec les partenaires sociaux, la CGPME n’est pas venue les mains vides. Après avoir profité de la trêve des confiseurs pour faire passer quelques souhaits, notamment l’allongement de la durée de 18 à 30 mois des CDD, la CGPME suggère dix propositions pour relancer les créations d’emplois.

Au surplus, la Confédération propose de prendre des mesures ciblées sur les offres d’emplois non pourvues. Comment ? En mettant en place une prime forfaitaire spécifique de 1.200 euros versée aux salariés à l’issue de la période d’essai pour toute reprise d’un emploi en CDI ayant fait l’objet d’une offre régulièrement déposée à Pôle Emploi depuis plus d’un an.

Pour faciliter le recours au chômage partiel, la CGPME souhaite faire verser directement par l’Etat la participation financière dans le cadre de l’allocation spécifique de chômage partiel, les entreprises, en situation financière délicate, n’étant plus tenues de faire l’avance de trésorerie.

Afin d’optimiser les facultés d’accès ou de maintien dans l’emploi offertes par l’intérim pour les jeunes et les seniors, la CGPME préconise, pour les jeunes, la suppression du délai de carence pour les missions d’intérim d’une durée supérieure à 15 jours, tout en conservant une durée maximale d’enchaînement des contrats de travail temporaire. L’organisation patronale recommande également d’abandonner le principe de limitation de la durée des missions d’intérim pour les seniors en recherche d’emploi depuis une longue durée.

Pour favoriser l’accès de « primo accédants à l’emploi » au marché du travail, il est recommandé d’élargir le quota réservé aux alternants aux « Primo accédants a l’emploi ».

L’accompagnement de la mobilité professionnelle subie doit aussi être pris en charge. La CGPME milite en faveur de la mise en place d’un crédit relais à taux zéro et de l’absence de pénalités de remboursement anticipé, en cas de mobilité professionnelle subie. Un tel dispositif pourrait être mis en place avec le concours du monde bancaire.

Enfin, afin d’inciter à la création d’emplois, la CGPME suggère deux mesures fortes. La mise en place d’un moratoire en 2012 : ainsi, les PME franchissant le seuil de 50 salariés ne seraient, à ce titre, assujetties à aucune nouvelle obligation. Elle plaide aussi pour la remise en vigueur du dispositif d’exonération de charges pour tout nouvel emploi dans les TPE, sous condition que ce nouvel emploi soit pourvu par un jeune de moins de 30 ans ou un senior de plus de 50 ans. Mise en place dans le cadre du plan de relance de fin 2008, cette mesure aurait permis, selon elle, de créer près de 1 million d’emplois. Elle a été supprimée pour des raisons budgétaires en juin 2010.

(Source : La Tribune)

NDLR : La CGT a été reçue hier matin à 9 heures (lire un premier compte-rendu en commentaire, en attendant son communiqué officiel), suivie de la CGPME, et FO sera reçue à midi (rien pour l’instant…). Le 9 janvier, ce sera au tour de la CFE-CGC. Le 10, à celui de la CFTC. La CFDT et le Medef clôtureront le bal le 12 janvier. A suivre…

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Chômage : à gauche, urgence, agir (avant qu’il ne soit trop tard).

 

33 600 demandeurs d’emploi de plus en juillet, soit une hausse continue depuis 3 mois, 2,756 millions chômeurs dans la seule catégorie A, un niveau de chômage sans précédents depuis 11 ans (9.2 %), et que dit la Police de l’emploi, en France ?

 «  Mr Le directeur (de pôle emploi), pour vous cette hausse du chômage, n’est-ce pas un échec ?

 – Non, pas du tout ! blablablabla…., « notre première priorité c’est de payer sans retards les allocations, blablabla, blablabla …, notre deuxième priorité, c’est l’accompagnement vers l’emploi. Mais pour les séniors , c’est plus long et plus compliqué ¹, blablabla, blablabla …, nous avons procédé à 46 000 radiations en juillet 2011 contre 44000 l’année dernière, faut arrêter les polémiques inutiles, cette syndicaliste ferait mieux de faire son boulot,  blablabla, blablabla ….». (entendu sur France Info ce midi…).

 Mais de qui se moque-t-on ? Quel mépris pour la souffrance humaine ! C’est quoi cet esprit technocratique qui tente de nous faire prendre des vessies pour des lanternes, en tentant de noyer le poisson si misérablement ? On le sait bien, que ce n’est pas Pôle Emploi qui crée des postes, comme je vous l’ai entendu dire tout à l’heure, Mr Charpy… Mais arrêtez de nous bassiner avec le retour de la croissance, ça fait trente ans que ça dure, ce charabia, faut arrêter, quoi. Merde. C’est grave, toute cette masse de désespoir que notre société crée depuis toutes ces années, en ne proposant pour seule solution que de faire la chasse aux assistés.  Sûr, c’est bien plus facile que de créer de l’emploi, hein ! Et quand on sait, comme je le partageais hier, que le gouvernement a décidé de ponctionner de 300 000 millions d’euros le budget du Fonds Paritaire de Sécurisation des Parcours Professionnels,  la preuve est faite que les annonces du gouvernement sont vraiment des tours d’illusionnistes ! Regardez ce que je dis d’un côté, mais pas ce que je fais de l’autre… D’ailleurs, quels médias ayant pignon sur rue s’en sont émus ? Quand on sait que ce fonds sert à financer les formations pour les demandeurs d’emploi, cela prend tout son sens, non, le jour même où l’on nous informe la larme à l’œil que les chiffres du chômage ne sont pas bons…

Wauquiez peut bien nous annoncer dans ce contexte qu’il va offrir généreusement un dixième mois de bourse qui ne va concerner que 20 % des étudiants, cela ne provoque chez moi qu’une réaction de surprise (feinte…)  : auraient-ils donc si  peur que les jeunes descendent dans la rue ? Cette mesure est une miette jetées aux chiens : la plupart des étudiants sont en effet dans l’obligation de travailler en plus de leurs études pour financer un  logement dont le loyer prend de plus en plus de place dans leur budget, quand bien même les parents ne seraient pas smicards.

 Dans la série « je sais de quoi je parle » (je vais encore jouer les vieux cons, mais faut bien que l’expérience serve, non ?)  : depuis l’âge de 23 ans, j’ai consacré l’essentiel de ma carrière au domaine de l’insertion professionnelle de différents types de publics, des plus jeunes aux plus âgés, des moins aux (un peu) plus qualifiés, hommes ou femmes, avec ou sans enfants, handicapés, bénéficiaires du RMI, chômeurs de longue durée, femmes seules privées de ressources, jeunes sans qualification, sortants de prison, en milieu rural comme en milieu urbain. J’ai œuvré dans différents cadres : insertion par l’activité économique dans le cadre de chantiers, d’associations ou d’entreprises d’insertion, formation continue, accompagnement à la recherche d’emploi, cabinets de consultants et d’out-placement, conseiller en bilans de compétence…

 J’ai vu passer des tonnes de mesures pour l’emploi, plus ou moins élaborées, sous forme d’allègements de charge pour les employeurs, de 3 mois à 5 ans, avec ou sans formation, payée le quart ou la moitié du SMIC (au mieux), quand ce ne sont pas de simples stages (lien) qui ne donnent rien du tout sinon le droit de se faire exploiter en toute légalité, et de se faire bercer de belles promesses qui n’engagent que ceux qui y croient… J’ai vu passer des gouvernements de droite, de gauche, du centre, avec des Ministres plus ou moins compétents, et qu’en est-il aujourd’hui ? Quel est le bilan, à l’issue de toute cette vie consacrée à ceux qui à mes yeux en avaient le plus besoin, à qui je devais mes (maigres) compétences ? Moi qui ait tant souffert plus qu’à mon tour de certaines périodes de chômage ?

 Toujours la même impasse sociétale, toujours les mêmes discours pseudo techniques propres aux services publics de l’emploi où se mêlent amphigouris, périphrases et galimatias pour dissimuler l’impuissance générale. Pourtant, le roi est nu : les chômeurs ne sont pas tous des feignants, il n’y a pas d’emplois pour tous, il faudrait en créer d’avantage, et notre système socio-économique ne le permet pas. Le chômage est une variable d’ajustement qui permet aux employeurs de payer leurs salariés le moins possible, surtout dans les secteurs d’activité où il y a beaucoup (trop) de candidatures… C’est la dure loi de l’offre et de la demande.

 Pour casser cela, seule une transformation sociétale conséquente le permettra. Nous avons donc besoin d’une politique de l’emploi efficace et obstinée, d’une réflexion orientée emploi et non rentabilité… y compris dans des secteurs d’activité qui devraient de par leur nature y échapper. Quand donc nos décideurs comprendront-ils en outre que le profit n’est pas (plus ?) synonyme de créations de postes ?

 Si la préoccupation de l’emploi pour tous était présente chez tous les élus, cela se saurait, et se verrait. Tel n’est manifestement pas le cas. Donner une place à tous ceux qui n’en ont plus ou n’en ont jamais eue, voilà qui devrait constituer l’essentiel d’un projet de gauche, plutôt que de veiller à enrichir l’actionnaire. Pourtant, beaucoup continuent d’adhérer à un mythe selon lequel ce serait la sacro-sainte entreprise qui ferait tout, qui créerait de l’activité, de l’emploi. Nous les avons laissé faire depuis plusieurs dizaines d’années, et pour quel (maigre) résultat ?

 Pourtant, malgré tous ces lieux communs de l’analyse empirique sur le sujet, que propose le parti socialiste de si particulièrement innovant ? Imaginatif ? Créateur d’emplois pérennes ?

Toujours et encore les mêmes recettes éculées qui n’ont jamais fait la preuve de leur efficacité, qui ne sont que rustines sur jambes de bois. Encore et toujours, une de plus, allons y, une nouvelle mouture des emplois jeunes qui ne serviront encore à rien, sinon créer de la désillusion.

 Un autre monde est possible. J’en veux pour preuve le domaine de l’économie sociale et solidaire qui fonctionne avec d’autres paradigmes que le culte de l’argent roi, qui a fait la preuve de son efficacité, et qui est si peu présent dans les discours socialistes. Je pense aussi à (puisqu’on ne lésine pas sur le sujet en ce moment une taxe progressive (ou une exonération de charges patronales) sur l’emploi plus ou moins forte selon qu’on privilégie ou non le recours à la main d’œuvre. Cela serait plutôt juste, et qu’on ne me taxe pas de démagogie et de méconnaissance de l’économie réelle : quels sont les secteurs d’activités qui créent le plus de valeur ajoutée, selon vous ? Ceux qui justement, pour une grande part, sont les plus automatisés, et emploient donc le moins de main d’œuvre. Leurs marges conséquentes ne devraient-elles pas être réinjectées dans l’économie réelle plutôt que dans les spéculations qui ont donné lieu à cette crise depuis 2008… Voire avant ?

 Voulez-vous donc continuer à collaborer à la consolidation d’un monde dans lequel un Bill Gates ou un Steve Jobs a plus de pouvoir sur la marche du monde qu’un chef d’état, et ce quelle que soit la taille du pays et son degré d’évolution sociétale, d’épanouissement des individus ?

 J’aimerais donc qu’à l’orée de ce rassemblement de la Rochelle qui va réunir une partie de la grande famille de la gauche française, ce ne soit pas seulement les moyens de résoudre le problème de la dette, mais également la politique de l’emploi que l’on entend mener, et les moyens d’une lutte efficace contre ce fléau social qu’est le chômage, qui soient au centre des débats. C’est d’une urgence vitale : notre société est en train d’en crever, bordel !

 Retrouvons notre cœur de gauche : l’humain avant tout !

 ¹ N’ y a-t-il donc pas une incohérence à vouloir nous faire travailler 2 ans de plus (cf. réforme des retraites) alors que les chômeurs âgés ont de plus en plus de mal à retrouver un emploi  ? « meuh non, meuh non, vous ne comprenez rien, Mr GdeC, l’effet n’est pas si mécanique, vous vous méprenez… blablabla … blablabla »)