Le « racisme d’état » n’existerait pas ? Et pourtant… #ViolencesPolicieres

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source : wikipédia (cliquez sur le texte)

J’ai souvent été choqué par cette expression, qu’en mon fors intérieur je refusais catégoriquement jusqu’à présent. Car l’Etat, qu’on le veuille ou pas, c’est aussi toi et moi. Et je ne suis pas raciste, en aucun cas. je lutte contre de toutes mes forces et possibilités, en toutes occasions, et pas seulement sur ce blog, ceux qui me connaissent personnellement le savent bien. Comment donc qualifier de raciste une organisation sociale constituée d’une somme d’individus sans pratiquer une généralisation outrancière ? Une série d ‘événements, de lectures, de réflexions et d’expérience personnelle  viennent toutefois peu à peu ébranler mes certitudes en la manière…

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A force de m’informer précisément et quotidiennement depuis l’existence de ce blog – 8 ans déjà  ! –  sur le périmètre des droits humains dans notre pays et les manquements quasi-quotidiens, je pense connaître un peu le sujet. Et si l’on ne peut bien évidemment pas comparer comme l’écrit cette sénatrice EELV que je respecte profondément  le régime de Hollande à celui de Vichy, on ne peut que constater, souvent terriblement impuissant, la manière dont ils sont régulièrement violés, et en tout premier plan par l’Etat français, qui devrait pourtant en être le garant, et un exemple pour tous. Tel n’est pas le cas. L’injustice s’ajoute à l’injustice et les dénis de vérité de l’Etat constituent actuellement une masse purulente qui vient entretenir le malaise collectif. La pathétique réaction de notre ministre de l’intérieur à propos de la décision rendue hier à propos des migrants de Calais, destinée simplement à rétablir les conditions minimales de la dignité humaine, est suffisante pour le démontrer. On tombe des nues face à tant d’irresponsabilité et de négation de nos valeurs communes fondamentales. Un autre exemple nous est également donné à travers la mort tragique de Rémy Fraisse, militant écologiste pourtant pacifiste, dont l’instruction judiciaire est volontairement et honteusement freinée par l’Etat français et notamment le ministère de l’intérieur pour qui c’est manifestement et volontairement, très cyniquement,  un non-sujet, alors que c’est une zone de rancœur et de volonté de vengeance inextinguible (tant que la vérité ne sera pas faite et les responsabilités reconnues) pour bien des militants dont je suis. Alors qu’il s’agirait de crever l’abcès, l’état français l’étouffe, le masque, le maquille, ce qui est pire que tout, source de potentielles violences qu’il s’agirait pourtant bien d’éviter. Attitude irresponsable. Mais quel rapport avec le racisme, me direz-vous ? j’y viens. L’antiracisme vient de connaître récemment une étape importante par le biais de la marche de la dignité, dont je n’ai volontairement pas parlé ici, préférant garder de la distance malgré mes convictions, celle-ci m’apparaissant (à tort ?) d’emblée entachée par la présence du PIR, parti raciste, (épinglé dans mon sac à vomi personnel en tant que tel) qui a dans le débat qui nous occupe ici une influence idéologique non négligeable de par sa radicalité… que je ne rejoins en aucun cas malgré mon intérêt pour le sujet, celle-ci tentant d’opérer comme je l’ai déjà indiqué une tentative de racialisation des enjeux dans un sabir intellectualiste outrancier tentant de brouiller les pistes qui m’insupporte au plus haut point. Mais il parait que j’en exagère l’importance… Passons. L’important est ailleurs. En lisant l’article déjà cité en lien précédemment, je suis tombé sur ceci :

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S’il n’y a pas racisme d’état, il y a tout au moins de toute évidence, jour après jour, année après année, gouvernement après gouvernement, violences, délits, et crimes d’état, dont certains sont en effet le fait de policiers ou de gendarmes réellement racistes (allant même jusqu’à arborer des insignes nazis) ce qu’il s’agirait de reconnaitre et de sanctionner plutôt que d’étouffer, alors que c’est tout à fait impossible dans notre société où l’information circule qu’on le veuille ou non, en temps réel, malgré la surveillance de masse… et quelle est accessible à tous nos concitoyens par le biais d’internet, qu’il est à mon avis assez vain de vouloir museler. Noyer le poisson serait encore possible s’il n’était pas devenu si gros que sa mort deviendrait de plus en plus difficile à cacher… Le roi est nu.

Post-scriptum : la suite logique de ce billet sera celle de la présence de l’extrême droite et du racisme dans la police, ceux-ci pouvant aller jusqu’au nazisme, comme l’histoire l’a déjà démontré… Phénomène marginal ou réel sujet d’inquiétude démocratique ? Ne comptons pas sur nos dirigeants prétendûment responsables pour agir et nous dire la vérité. Nous sommes nos propres médias. Alors si vous avez des pistes de lecture, des observations personnelles sur le sujet, des sources, des photos, des liens à me fournir pour étayer un billet qui a fort intérêt à l’être pour me protéger… merci à vous.

pourquoi je serais plus fier d’être espagnol que français #okupas

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Déjà, lorsque l’Espagne s’est levée massivement pour montrer son indignation, et que de pseudos-indignés ont tenté d’exporter assez artificiellement ce mouvement en France, avec le succès que l’on sait – c’est à dire un pur échec – je l’avoue, j’ai eu honte.

Puis il y a eu cette longue marche pour la dignité, qui a traversé tout le pays de part en part, sans que les médias français ne se donnent la peine de l’évoquer, sauf à en faire un point de détail de l’histoire, alors qu’en Espagne, ce fut un événement si important, qui marqua le refus de la population de se laisser tondre sans réagir… Là où les français apparaissent si soumis au dogme libéral prédominant.

A présent, voilà que depuis plusieurs jours, un mouvement de contestation significatif est en train de secouer Barcelone, et toujours ce silence étourdissant de l’autre côté de la frontière….  Essayez de taper simplement Barcelone dans votre moteur de recherche et vous trouverez essentiellement sur la première page des événements sportifs, alors que la réalité et l’urgence sont ailleurs…

C’est pourtant la cinquième nuit que des manifestants par milliers protestent contre le projet de démolition d’un squat nommé « Can Vie » (situé près de la gare de Sants) qui accueille sous forme de centre social à la fois des concerts, des projections de films, des débats ou des ateliers de formation. Sauf que les autorités espagnoles ont mésestimé l’intense maillage social et associatif local dont l’immeuble de Can Vie était devenu un lieu d’expression. Résultat : des émeutes impressionnantes.  L’ami des AZA publie sur son blog des vidéos représentant les manifestations du 28 mai, qui se poursuivent depuis. j’ai lu à différents endroits des articles, des réactions et des témoignages qui démontrent à quel point l’erreur est éminemment politique. Il suffit de s’intéresser un peu au phénomène des « okupas« , en Espagne, que décrit si bien ce blogueur,  pour s’en convaincre.  j’ai ainsi lu les propos  d’un commerçant qui  estimait que les autorités avaient créé un problème là où il n’y en avait pas puisque selon lui ce lieu (le squat can vie) avait une importance sociale fondamentale dans la vie et l’identité du quartier. Ce bouillonnement populaire favorisait probablement  ses affaires… Et tout le monde avait à y gagner.

j’entends déjà ceux qui argueront de l’argument légal, et qui me rétorqueront que force doit rester à la loi, et que le droit de propriété doit être respecté… Pourtant, je préfère voir là quant à moi un promontoire d’avant garde de la société alternative que je réclame de mes vœux. Tout doit-il donc toujours être vu sous l’angle purement spéculatif, et motivé par le seul motif (sous forme d’idée fixe) de faire du profit ? Doit-on ignorer aussi superbement, avec les conséquences si négatives que l’on voit dans ce cas de figure, à Barcelone, la dimension sociale et l’utilité sociétale évidente d’un tel projet, réduit à rien par la brutalité inutile et inadaptée d’une démolition  ?

je rêve de politiques plus intelligentes à travers le monde – y compris en France – qui sauraient utiliser ce genre d’initiatives populaires pour en faire des lieux d’exception et d’avancées sociétales majeures, et qui comprendraient qu’ils sont en train par là même de dessiner et de construire concrètement la société de demain.

Mais je suis probablement bien naïf…

Pourtant, j’estime que quand un gouvernement quel qu’il soit n’est pas fichu de donner un logement et des activités sociales utiles à sa population, il ferait mieux de se faire petit, tout petit… Et de laisser des initiatives populaires aussi probantes se développer, plutôt que de les étouffer.

l’étrange silence des médias français sur la marche pour la dignité

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On est en droit de s’interroger sur l’objectivité et les priorités de nos médias nationaux… En fin de journée, en Espagne, une immense manifestation à eu lieu à Madrid, point final des cohortes venues de toutes les régions d’Espagne, pour clôturer la marche pour la dignité, destinée à dénoncer  « l’urgence sociale », le chômage et l’austérité.

Tous avaient le sentiment d’une grande injustice, de payer le marasme économique, les déficits publics et le sauvetage bancaire européen de plus de 40 milliards en 2012 tandis que, selon eux, les responsables de l’explosion de la bulle immobilière, de la corruption et des abus bancaires qui ont ruiné les petits épargnants continuent de s’enrichir.

Leurs revendications se résument en quatre points:

  1. Refus du paiement de la dette,
  2. Arrêt des coupes budgétaires,
  3. Rejet des gouvernements au service de la Troïka (CE, BCE et FMI),
  4. Un « travail et un toit pour tous ».

Pourtant, en France, qui en parle ? Avez vous vu cette information dans vos journaux télévisés…. voilà voilà voilà… CQFD.

PS. Et ça, ça compte pour du beurre ?

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