les blancs américains ont encore (et toujours) peur du noir…

7670252

source

Même dans son pays, Obama n’a manifestement pas aboli la peur du noir… 

j’avoue d’emblée ma méconnaissance du problème, et j’appelle donc votre indulgence et vos propositions d’information plus détaillée.  De cette histoire de la ségrégation aux états unis, je ne connais en effet  que certains aspects consécutifs à la guerre de sécession, dont l’abolition de l’esclavage, le mouvement des droits civiques dans les années 60 avec les combats de Martin Luther King et les actions des Blacks Panthers.

En ce moment, j’effleure donc à peine ce sujet qui semble bien constituer aux USA une sorte de bombe à retardement qui ne demande qu’à exploser à chaque fait divers qui implique un noir… Il me semble qu’Obama est l’arbre qui cache la forêt, et certains (je m’y inclus) ont eu tort de penser que son élection était le signe de la fin de la ségrégation envers les noirs dans son pays. De nombreux incidents et manifestations consécutives viennent régulièrement rappeler que l’équilibre est toujours fragile, et le feu prêt à reprendre…

Il y a deux ans, c’était, souvenez-vous, l l’histoire de Trayvon Martin,  jeune Noir tué en 2012 par un voisin en Floride. Depuis dimanche dernier, à Ferrguson (Missouri), c’est la mort d’un jeune Afro-Américain de 18 ans, non armé, Mikael Brown,  tué par la police. je ne me prononcerai pas ici sur les circonstances de ce drame qui donne lieu à des versions controversées.  Il ne s’agit pas pour moi de prendre parti, mais de m’élever au delà de la situation particulière vers une perception générale, plus politique, un ressenti nourri du peu d’informations dont je dispose qui me donne envie de creuser davantage. Et la gestion de ce genre de problèmes me pose question en l’espèce. Car pour gérer les émeutes et manifestations qui ont découlé de la mort de ce jeune homme, qui ne faiblissent pas depuis, la réponse a été pour le moins… surprenante :

« le gouverneur du Missouri, Jay Nixon, s’était, pour la première fois depuis le début des manifestations, rendu à Ferguson, ville de 21 000 habitants majoritairement afro-américaine mais dont la police est surtout blanche. « 

« … une police locale dont les interventions avaient été très critiquées, déployant des moyens que l’on associe plus à une zone de guerre qu’à une opération de maintien de l’ordre dans une bourgade américaine. Les policiers du comté étaient pour partie vêtus de treillis militaires camouflés, casques lourds sur la tête, engoncés dans de lourds gilets pare balles et armés de fusil d’assaut. »

« L’image d’un tireur d’élite en treillis militaire qui vise la foule avec son fusil à lunette, juché sur un véhicule blindé, a fait le tour des réseaux sociaux, très mobilisés en faveur des manifestants, pour dénoncer cette démonstration de force. » (source)

Qu’un mouvement de protestation sociale puisse être géré de la sorte, la police locale se militarisant au point de voir en chacun des habitants un potentiel terroriste est tout simplement hallucinant et disproportionné à mes yeux de français (très) moyen. En outre, je retiens cette anecdote selon laquelle deux journalistes  dont un correspondant du Washington Post ont été interpellés simplement parce qu’ils s’attardaient à une table de Mac Do. (voir ici). Voilà qui en dit long…

En m’informant peu à peu sur tout ceci, je me dis que les États-Unis, qui veulent pourtant se comporter un peu trop souvent à mon goût en gendarmes (voir en maîtres…) du monde feraient bien de balayer un peu plus souvent devant leur porte… Ils ne sont manifestement pas un modèle de démocratie, c’est le moins qu’on puisse dire. Mais je continue mes investigations sur le sujet. Si quelqun à des pistes de lecture intelligente et détaillée….

Nota-bene : je tiens à préciser que depuis hier, la situation à Ferguson s’est pacifiée,  notamment depuis la nomination du chef de la police de la route Ron Johnson. venu prendre la relève de la police locale décriée. Ce dernier, un Noir, originaire de la ville, s’est aussitôt joint personnellement aux manifestants…  Acte symbolique, certes, mais de quoi calmer le jeu, assurément.

 

Post-scriptum : j’apprends après rédaction de ce billet qu’un autre jeune noir, handicapé mental, a été tué par la police à Los Angelès…. Il s’appelait Ezell Ford, il avait 25 ans et n’était pas armé. dans ce cas comme dans le précédent, la police prétend qu’il aurait tenté de désarmer un policier… On leur conseille ce genre d’argument fatal, à l’école de Police américaine ?