Ciotti a mérité lui aussi un point Stasi

ticket stasiVous voulez encore un peu plus de régression sociale ? L’UMP va vous en donner…

Si l’on peut en arriver à douter de ce qu’est ou doit être la gauche, c’est en tout cas à cela que l’on reconnait la droite : son empressement obsessionnel à retirer des droits (comme lors du « mariage pour tous »)  plutôt que d’en ajouter, ce qui serait pourtant plus grand signe d’évolution sociale positive. Mais force est de constater que Mr Ciotti se moque comme de sa première paire de chaussettes de nos libertés fondamentales. Il vient en effet de proposer sans la moindre honte d’interdire aux magistrats d’être syndiqués, rien que cela… Sans doute une réaction très mesquine à la mise en cause de son chouchou injustement inquiété par des juges rouges aux ordres d’un gouvernement de bolchéviks encadrés par la Stasi…

les homen appellent au meurtre des juges… #antifa

Sans titre

Leur parole probablement libérée par une droite déboussolée  que plus grand chose ne distingue des extrêmes, et de plus en plus remontée contre la magistrature pour cause de déballage d’affaires en cascades, le compte officiel des homen sur twitter, mouvement d’extrême droite ultra machiste auquel je ne ferai pas la grâce d’un lien appelle clairement à l’exécution des magistrats qui ne leur donneraient pas raison…. ça va peut-être un peu trop loin, non ?

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Justice, fait ton boulot. Faut pas pousser.

L’appel (au secours) des personnels judiciaires…

Nous, Conseillers d’Insertion et de Probation, Assistants de service social, Directeurs ou Chefs des Services pénitentiaires d’Insertion et de Probation, Magistrats, Educateurs et Fonctionnaires du Ministère de la Justice, Avocats, tenons à faire part de notre stupéfaction face à la mise en cause par le Président de la République et par notre ministre de tutelle, des fonctionnaires de Loire-Atlantique dans l’affaire de Pornic.

Nous accusons ces autorités publiques de tenter de faire porter la responsabilité de ce drame à des professionnels qui dénoncent depuis plusieurs mois un manque de moyens structurel, tout comme le font l’ensemble des services du Ministère de la Justice, pour assurer le suivi des personnes condamnées.

Nous accusons le pouvoir exécutif de faire preuve d’une invraisemblable démagogie en faisant croire que la carence dans la prise en charge d’une mise à l’épreuve prononcée pour un outrage à magistrat puisse avoir un lien déterminant avec la commission d’un crime aussi grave.

Nous accusons le chef de l’Etat de multiplier les formules mensongères tendant à faire croire que la récidive criminelle pourrait être purement et simplement éradiquée, alors que chacun sait qu’elle est un phénomène complexe dont la prévention, qui ne sera jamais la garantie absolue d’un « risque zéro », nécessite du temps et de la sérénité.

Nous accusons le gouvernement d’avoir gravement négligé la politique de prévention en la matière, en n’accordant pas aux services judiciaires et pénitentiaires les moyens, les outils et les budgets suffisants pour qu’ils exercent leurs missions dans des conditions satisfaisantes.

Nous accusons le ministère de la Justice d’avoir choisi d’amputer les budgets alloués au recrutement de personnels et au développement des partenariats qui permettaient pourtant la prise en compte individualisée des personnes placées sous main de justice.

Nous affirmons notre solidarité sans faille à l’égard de nos collègues du SPIP de Loire-Atlantique et du Tribunal de Grande Instance de Nantes qui ont travaillé avec les moyens dont ils disposaient, et qui avaient averti leur administration des difficultés auxquelles ils étaient confrontés.

Nous exigeons du ministre de la Justice qu’il rende publics les rapports dont il était destinataire au sujet de la situation nantaise, et qu’il n’engage pas de poursuites contre des professionnels qui ont dû subir une pénurie de moyens générée par un gouvernement qui, aujourd’hui, leur demande des comptes afin de faire oublier son éminente responsabilité.

Au-delà de cette affaire sans précédent, nous demandons à notre administration de nous permettre enfin de travailler dignement.

 

Source : Visa, ici.

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Les juges, derniers avocats de notre République ?

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Communiqué LDH
 

Les magistrats défendent l’honneur de la République


Les magistrats défendent l’honneur de la République Depuis des années, la justice est instrumentalisée par le pouvoir politique, à commencer par le président de la République que la Constitution charge pourtant de garantir son indépendance.

Depuis des années, Nicolas Sarkozy désigne les parents comme responsables de l’absentéisme scolaire, les enseignants de l’échec scolaire, les psychiatres des actes des malades mentaux, les juges des actes des délinquants… Tous responsables et tous coupables, sauf les gouvernants qui se croient d’ailleurs parfois tout permis. Même les policiers se retrouvent aujourd’hui visés par cette tactique qui consiste à faire payer à d’autres ses propres erreurs et sa démagogie.

Depuis des années, les coupes claires dans le budget de l’Etat affaiblissent les services publics, et en particulier ceux qui permettent de juger dans les conditions décentes les justiciables, de suivre la réinsertion des délinquants, de faire diminuer les risques de récidive. La France est aujourd’hui l’un des pays européens qui consacre le moins de moyens à sa justice : le mensonge sécuritaire recouvre le sabotage de la sécurité réelle et de l’Etat de droit.

Aujourd’hui, quelles que soient leurs opinions et leurs engagements, les magistrats, les avocats, les autres acteurs judiciaires ne supportent plus d’être accusés au mépris des faits, avant toute enquête sérieuse, par ceux-là mêmes qui abîment la justice et qui lui refusent indépendance et moyens à la hauteur de sa tâche. On a même entendu le Premier ministre enjoindre aux magistrats de se taire par compassion pour la jeune fille assassinée : l’indécence n’a décidément plus de limites.

La République a besoin d’être respectée : la garantie des droits suppose la séparation des pouvoirs. La justice a besoin d’être respectée, face aux calomnies, aux pressions politiques et au sabotage de ses conditions de fonctionnement. Les citoyens ont besoin d’être respectés, face à la démagogie qui les prend pour des imbéciles, confondant la sécurité et l’ordre public avec la politique de la peur et du pilori.

La Ligue des droits de l’Homme salue la protestation de tous les magistrats qui ne supportent plus l’exploitation mensongère du crime et de l’émotion qu’il suscite, ni l’affaiblissement, par tous des moyens, du service public judiciaire. Elle soutient leur mobilisation pour une justice digne de ce nom, pour cette « République irréprochable » cyniquement promise et quotidiennement bafouée par le comportement des gouvernants actuels.

Paris, le 9 février 2011

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Qui a tué le juge Tran-Van ?

Peu après avoir écrit et publié mon précédent billet, je suis tombé sur cette information, qui vient, si  terriblement,  illustrer mes propos… sur le malaise de la fonction publique, qui ne concerne pas que les juges.

En langage administratif, on appelle cela pudiquement des « risques psycho-sociaux« . Toutes les hiérarchies tentent de minimiser le problème. C’est un tabou dont personne ne parle officiellement, au risque de passer soi-même pour un fou, un être anormalement sensible à la détresse humaine… Comme je me le suis entendu dire… Et pourtant, il existe. Le responsable est connu, et les symptômes, clairement identifiés. On préfère en haut-lieu penser qu’il s’agit d’être fragiles,  et fragilisés par des problèmes purement personnels, bien sûrs,  jamais d’origine professionnelle. Sinon,  il faudrait reconnaître sa propre responsabilité, d’employeur, et de cadre… supérieur ou pas. C’est impossible, on se sabrerait soi-même. Alors, on nie. J’ai fait un choix différent, tenter de porter le débat sur la place publique, alerter les financeurs, les pouvoirs publics, la responsable du Conseil d’Administration de ma structure publique,  l’inspection du travail (qui se déclare incompétente quand il s’agit de services de l’Etat… L’employeur public a-t-il tous les droits ? Aucun devoir ? )… Tout cela en vain. On attend qu’il y ait des morts ? Mesdames et Messieurs de la chancellerie, qui voulez des « meneurs » au conflit d’aujourd’hui,  vous voilà servis :

« Il avait 45 ans. Une femme, deux enfants. Et par-dessus tout, un métier qu’il tenait pour un engagement : magistrat. Philippe Tran-Van était juge d’instruction au tribunal de grande instance de Pontoise. Mais il n’en pouvait plus. Le 16 septembre dernier, il s’est tué. »

[…]

Sur son bureau, 150 dossiers s’empilaient. Dont vingt étaient « au règlement » comme on dit, terminés. Et 90 concernaient des faits criminels. Philippe Tran-Van en était rendu à devoir faire le tri. « Le même qu’ont dû faire les juges d’application des peines à Nantes, et tous les magistrats débordés que compte le pays », s’exclame Isabelle Tran-Van, sa femme. « Pour lui, avoir à établir des priorités, devoir choisir, abandonner des gens à leur détresse, c’était insupportable ». Avec en prime, au ventre, la crainte constante de commettre une faute. « Il faisait des courriers pour dire qu’il n’en pouvait plus, qu’il était débordé« , assure sa femme Isabelle. « Il alertait, mais rien ne changeait« .
 

Avant de passer à l’acte, il a rédigé un courrier que ses parents ont trouvé dans son appartement sur la table de la salle à manger, sous un large tableau présentant une vue nocturne de la Conciergerie à Paris. Philippe Tran-Van, dont l’écriture était d’ordinaire illisible, avait fait l’effort d’écrire en capitales d’imprimerie pour que tout soit bien clair : « J’ai tout donné à la justice et à la magistrature. J’ai donné le meilleur de moi-même, j’ai sacrifié ma vie de couple qui est une des causes de mon divorce. (…) On dit que je suis incompétent pour gérer mon cabinet alors qu’avec la meilleure volonté du monde, il est impossible de faire face à la charge de travail. Alors, je préfère en finir car me battre contre ma hiérarchie pour faire valoir mes moyens de défense me semble vain. Personne ne vous félicite quand tout va bien et que vous vous épuisez au travail. (…)

 

Les pouvoirs en place et les porte-voix les plus durs de la majorité UMP en place préfèrent dire que les juges fuient leur responsabilité, bien sûr, c’est plus sécurisant pour leur confort moral… Mais, je le répète ce n’est pas la réalité. Ni dans le système judiciaire, ni dans le système scolaire, ni dans aucune administration publique. Alors que je pensais pouvoir en travaillant dans celle-ci être protégé des cadences infernales, et pouvoir travailler dans une logique de service public, c’est à dire soucieux de l’intérêt collectif,  il m’arrive de regretter le privé où j’étais auparavant,  il n’y a pas si longtemps, tant le rythme est effrayant, les gens passent leur temps à courir, les dossiers s’empilent, la paperasse s’accumule jusqu’au seuil de rupture, tout est urgent, il s’agit d’obéïr à des injonctions paradoxales toutes plus pressantes les unes que les autres,  qui ne supportent pas l’attente, de respecter des délais intenables, de respecter d’absurdes démarches qualité, des chartes qui font beau sur le papier mais totalement utopiques, et le temps passe à se demander si l’on doit choisir le dossier, ou l’être humain qui souffre, en face de soi…

Moi, j’ai choisi. Définitivement. Mais je sais que je n’y ferai pas carrière : il en va de ma conscience, de la sauvegarde de mon âme… qui n’est pas à vendre.

 

Sur le même sujet (et pour rendre au Nouvel Obs ce qui lui appartient, et à Elsa Vigoureux mon total respect et admiration, « une journaliste qui ne se couche pas« … ) :

  • La lettre qu’a laissée le juge Tran-Van avant son suicide
  •  Suicide de magistrats: FO plaide pour la prévention
  • Les pistes de l’Union syndicale des magistrats sur la souffrance au travail
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    Affaire de Pornic : le droit à l’indignation (bilatérale…)

    Tollé : nom masculin  Sens Clameur, cri général de protestation, d’indignation. Synonyme : clameur. Exemple :  1987 (13 septembre)  Au cours du Grand Jury RTL Le Monde, le président du Front National affirme que les chambres à gaz ne sont qu »un « point de détail de l’histoire de la Deuxième Guerre mondiale ». En relativisant les crimes nazis, Jean-Marie Le Pen soulève un tollé. (source ici).

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    Meurtre de Laëtitia. Tollé magistral après les déclarations de Sarkozy

    Quelle est cette étrange clameur ? Voilà l’explication du Télégramme :

    Nicolas Sarkozy a directement mis en cause la justice dans l’affaire du meurtre de la jeune Laëtitia. Réaction immédiate des magistrats de Nantes : ils ont suspendu toutes les audiences jusqu’à nouvel ordre.

    Il étaient une centaine de magistrats et d’avocats ce jeudi matin dans la salle des pas perdus du tribunal de Nantes. Une centaine à discuter d’une seul chose : les dernières déclarations du président de la République.

    Face à des policiers et des gendarmes réunis au commissariat central il a évoqué l’affaire du meurtre de Laëtitia et plus particulièrement le suivi du principal suspect, Tony Meilhon. La justice aurait été alertée de la dangerosité de l’individu, par sa famille notamment. Nicolas Sarkozy parle de « dysfonctionnements graves » des services qui auraient conduit à la remise en liberté de l’individu.

    Résultat : Suspension des audiences jusqu’à nouvel ordre (sauf urgences)

    Il ne s’agit donc pas de la clameur de la foule qui s’indigne d’un meurtre aussi atroce,  mais du cri de colère de la magistrature qui suffoque devant tant de mauvaise foi…

    Dans un autre journal, Le Parisien, d’autres détails sur les propos du président : « Il a promis que les «dysfonctionnements graves» des services de police et de la justice qui ont permis la remise en liberté du principal suspect du meurtre de la jeune fille seraient sanctionnés. »

    Peu avant, il déclarait, devant des policiers et gendarmes réunis au commissariat central d’Orléans :

    «Quand on laisse sortir de prison un individu comme le présumé coupable sans s’assurer qu’il sera suivi par un conseiller d’insertion, c’est une faute. Ceux qui ont couvert ou laissé faire cette faute seront sanctionnés, c’est la règle».

    On ne peut que comprendre à quel point ces magistrats, mais probablement également les forces de l’ordre ainsi désignées à la vindicte populaire se trouvent outrées de telles déclarations, au moment où le gouvernement de l’autocrate  est en train d’appliquer si bêtement, dans une logique purement comptable, les préceptes sacrés de la RGPP… qui conduisent ainsi (c’est le gouvernement lui-même qui nous l’apprend, sur son site) le Ministère de la Justice (et des Libertés… sic) à fermer 178 tribunaux d’instance, 55 tribunaux de commerce, 62 conseils de prud’hommes et 2 tribunaux de grande instance…

    On ne parlera pas ici de la volonté tenace (et suspecte…) de Nicolas S. de supprimer les juges d’instruction, mais plutôt, par contre, de la suppression de 15 escadrons de gendarmerie, confirmées par le Général Mignaux, directeur général de la gendarmerie nationale. Cela cadre bien mal avec la volonté sécuritaire de Sarkozy… Champion du monde des ministres de l’Intérieur, même en temps que Président, au point qu’il ait jugé utile de proposer notre savoir faire devenu mythique par la bouche de M.A.M….

    Et puis tiens, parlons des SPIP, les structures départementales qui encadrent et emploient les CIP (Conseillers d’Insertion et de Probation), tant qu’on y est… Puisqu’il les remet en cause également, plutôt que de s’interroger… Ils bénéficient d’une formation de deux ans organisée par l’ENAP (voir ici) et assurent le suivi d’environ 60 000 personnes incarcérées (au 1er décembre 2006) et de 125 000 soumises à des peines alternatives à la prison (source) pour… 1500 euros par mois, environ. Il s’agit d’une profession qui, alors qu’elle était démunie du droit de grève, a connu un mouvement de contestation sans précédents réunissant 80 % des personnels en 2008… peu après l’arrivée au pouvoir de Sarkozy, donc. Bien qu’ils aient bénéficié l’année dernière  d’une refonte de leur statut qui répond ainsi à l’une de leurs principales revendications, leur salaire et leur nombre (introuvable… mais on considère normal qu’un CIP suive environ…. 100 personnes, soit si je compte bien environ…1850 ? ) pose question.

    Le cri d’indignation qui devrait donc monter, face à des crimes aussi ignobles, c’est bien sûr d’exiger que la sécurité de tout un chacun soit assurée, mais également que les administrations françaises aient les moyens non seulement techniques, mais également humains d’assurer leurs missions, qui ne cessent de se complexifier, et face auxquelles le public devient de plus en plus exigeant… alors que le nombre de fonctionnaires tend à une diminution si drastique qu’elle va à l’encontre de l’intérêt public. Il faut le dire, l’écrire, et le crier. Haut et fort. Il en va manifestement de notre survie.

    Lire le communiqué du Syndicat de la magistrature sur le sujet, qui révèle notamment que :

    –         » Dans leurs « rapports des 19 janvier et 22 octobre 2010, les juges de l’application des peines du tribunal de Nantes ont averti leur hiérarchie que l’absence, depuis un an, d’un quatrième juge de l’application des peines les obligeait à effectuer des choix de priorités ». « Notre situation est à ce jour extrêmement préoccupante. Nous sommes inquiets »,

    –          » Par courrier du 24 mai 2010 adressé aux magistrats de Nantes, le directeur du Service pénitentiaire d’insertion et de probation avait fait savoir que, compte tenu du manque criant d’effectifs, il n’était pas en mesure de traiter l’ensemble des dossiers qui lui étaient affectés.

    –          » Dans un courrier du 15 décembre 2010, le directeur interrégional de l’administration pénitentiaire de Rennes a confirmé l’état préoccupant de sous-effectif des services dont il avait la charge, auquel se sont ajoutées, par l’effet de la loi pénitentiaire, « de nouvelles missions et compétences ». Il a très clairement mis en cause « les difficultés en matière de ressources humaines au sein du ministère de la Justice (qui) nous imposent d’opérer des choix en matière de répartition des effectifs. »

    Les sonnettes d’alarme étaient donc tirées depuis plusieurs mois, et Monsieur Sarkozy aurait mieux fait de se taire plutôt que de désigner une fois de plus des boucs émissaires faciles sur lesquels se défausser de ses propres responsabilités.

    Si l’on applique ses menances à la lettre, il convient donc de sanctionner le principal responsable des dysfonctionnements : lui-même…

     

    Post-scriptum : j’apprends aujourd’hui, 4 février, grâce à l’Agence Reuters, que le tribunal de Nantes compte trois juges d’application des peines  et 17 agents de probation pour suivre 3.300 détenus (bien plus que le quota cité plus haut dans l’article), ce qui a amené la probation à laisser de côté plus de 800 dossiers. Avec l’autorisation de la hiérarchie. CQFD.

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