le mariage de #LO et du #NPA nuit gravement à l’antifascisme

Hier, j’ai été informé du fait que le NPA renonçait à proposer une liste aux élections européennes, et se désistait en faveur de LO :

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source

Très franchement, je ne veux rien avoir à faire avec cette secte là. Ses positionnements sont incompatibles non seulement avec l’antiracisme, mais avec l’antifascisme de manière générale. Les raisons de mon rejet sont à rechercher notamment dans ce texte de LO, critiqué – ce qui est pour le moins truculent – par la propre section antifasciste du NPA lui-même… Voilà qui ne manque pas de sel à l’heure où ils se maquent avec LO… Honte de rien, au NPA…

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Mais, et ce n’est pas le moindre des paradoxes, on ne trouvera dans le reste du texte aucune analyse du développement de cette oppression que constitue l’islamophobie, ni aucune proposition concrète pour lutter contre la stigmatisation, les discriminations et les violences ciblant spécifiquement les Musulman-e-s (ou présumé-e-s tel-le-s). En lieu et place, LO se livre à une diatribe largement ignorante des débats et des travaux sur la question3, visant ainsi à délégitimer par avance ceux qui mènent ces combats, et à proposer comme unique perspective la lutte contre la religion en général, et l’intégrisme islamique en particulier.

Le tout agrémenté d’attaques récurrentes contre le Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA), accusé entre autres de « [faire] preuve vis-à-vis de l’islam d’une bonne dose de démagogie » et, implicitement, d’avoir abandonné tout cadre d’analyse marxiste. (source)

Voilà qui est pourtant sans ambiguïté, je crois… A cela, ajouter le fait que la porte-parole de LO a cru bon de se pavaner sur un média d’extrême-droite, et le tableau sera complet. (Une simple erreur, me dit-on dans l’oreillette. Et comme je serais sectaire…). Pourtant, mû par sa seule arrogance et son absence de scrupules intellectuels personnels au profit d’une logique de parti que je récuse pour sa propension à faire taire tout sens critique en faveur d’intérêts partisans dont je me fiche, voilà ce que l’un des porte voix auto-revendiqués sur twitter (mais a-t-il une réelle légitimité ?  j’ai des doutes… ) tient comme propos à ce sujet, alors que nous étonnions à plusieurs de ce mariage de la carpe et du lapin :

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… Alors si la lutte des classes est prédominante, et  la lutte contre le racisme remisée au placard,  je n’ai plus qu’à m’incliner…  Ou plutôt pas. En voilà un qui n’est pas franchement mûr en tous cas pour l’intersectionnalité

Et puis, qu’on m’excuse, mais la grille de la lutte des classes, à l’heure où le contour de ces classes mythifiées est de plus en plus flou, comment dire… Un autre (et bien vaste)  sujet.

Mais vu que les gilets jaunes sont passés par là, voilà que tous les repères sont brouillés. La preuve par ce genre d’antifascisme si terriblement ébranlable…

 

#LO n’est pas sectaire : ils fricotent même avec la fachosphère… #BreizhInfo

Pourtant, ce site qui fait la part belle aux idées d’extrême droite a été suffisamment documenté, et fait l’objet de suffisamment d’alertes, notamment ici… Mais qu’à cela ne tienne, chez LO, on n’en a probablement pas entendu parler…

Mais à quel moment quelqu’un.e a-t-il eu la brillante idée, dans son entourage, de lui suggérer d’aller accorder une interview à ce site puant pour compenser sa faible notoriété médiatique ?

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Face à tant de bêtise, que dire qui ne soit vain… Affligeant, juste.

la gauche « radicale »… ment conne

je ne pensais pas avoir à les épingler ici, mais vu la bêtise crasse de ce genre de remarques, il fallait bien que je les archive ici, sauf à tomber sous le coup du procès légitime en indignation sélective.

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(l’article est là)

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Sans commentaires.

 

en exclu : enfin une Politic Académy sur France 2

source : lobofakes ici

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A l’heure où j’écris ce billet, l’information selon laquelle France 2 organisera deux émissions télévisées regroupant chacune 5 candidats à la présidentielle est confirmée par plusieurs journaux, dont le plus précis est celui-ci pour l’instant. Voilà qui est une bonne chose (j’y appelais pas plus tard que ce matin), même s’il convient de se montrer prudent tant envers le dispositif technique qui sera adopté par la chaîne que dans le choix des animateurs, dont on sait trop combien certains ne sont pas neutres…

Une rumeur court en cet instant sur twitter selon laquelle il y aurait un duel Sarkozy/Mélenchon... Si seulement : voilà qui aurait de la gueule ! Et serait certainement beaucoup plus stimulant qu’un duel Sarkozy/ Hollande… à la perspective duquel on baille déjà.On a vu ce que ça a donné avec Juppé…

L’article du Télégramme nous informe que Hollande aurait souhaité ne pas être dans la même émission que Sarkozy. J’en souris : il va avoir bien du mal à échapper à la fois à Sarkozy, et à Mélenchon, et aux gens de l’autre gauche, comme Poutou, Arthaud…  ou à Eva Joly ! Quand à la Le Pen… le pauvre (le JDD confirme l’hypothèse).  Il va bien lui falloir un jour prendre son courage à deux mains et affronter son destin…

je reviendrai vers vous demain pour vous proposer de choisir ensemble quelles pourraient être les questions que vous souhaiteriez voir abordées par chacun de ces candidats.

Pour certains, la démocratie, c’est toujours pour demain…

.Merci à l’ami Des Pas Perdus pour l’illustration

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Ratifier sans consulter le peuple ? Les candidats doivent s’expliquer

Communiqué d’ Attac France

Quatre candidats de gauche ont répondu à Attac sur la ratification du nouveau traité européen, le « Pacte budgétaire » qui veut engager l’Europe dans l’austérité pour des décennies. Alors que Nicolas Sarkozy prétend que ce traité serait « trop compliqué » pour faire l’objet d’un référendum, François Hollande a refusé de nous répondre. Attac propose une initiative d’interpellation citoyenne pour exiger de ces candidats qu’ils acceptent le débat !

Comment inverser la dérive antidémocratique des institutions politiques, en France et en Europe ? Comment redonner le pouvoir aux peuples pour qu’ils puissent reprendre en main leur destin commun ? Après son questionnement sur la finance et les banques (réf), Attac a interpellé les candidats à l’élection présidentielle pour connaître leurs propositions sur la démocratie. Nous leur demandions en particulier s’ils comptaient engager un vaste débat démocratique sur l’avenir de l’Europe en décidant de soumettre à référendum la ratification du Traité pour la stabilité, la coordination et la gouvernance de la zone euro (dit « Pacte budgétaire »).

Quatre candidats nous ont répondu, et nous les en remercions. Nathalie Arthaud ne se prononce pas concernant un référendum sur le Pacte budgétaire. Eva Joly s’y déclare « à titre personnel » défavorable pour ne pas « renforcer les anti-européens ». Mais n’est-ce pas plutôt une ratification de ce Pacte désastreux par le Parlement sans débat avec la société qui renforcerait les « anti-européens » ? Jean-Luc Mélenchon « s’engage s’il est élu à soumettre à référendum la ratification de ce Pacte et à faire campagne pour son refus ». Philippe Poutou affirme que « le précédent de Lionel Jospin en 1997 qui, malgré ses déclarations pré-électorales, n’a pas voulu imposer une renégociation du Pacte de stabilité, montre qu’il faudra une campagne massive pour imposer ce référendum ».

Les candidats de droite ne nous ont pas répondu: c’est regrettable pour la qualité du débat démocratique de cette élection présidentielle mais cela ne nous surprend pas. Nicolas Sarkozy en particulier développe dans cette campagne une conception autoritaire et démagogique de la démocratie plébiscitaire, qui consiste à utiliser le mécanisme référendaire contre le peuple. Il s’est dit disposé à organiser des référendums contre les droits des chômeurs et des étrangers, mais pas sur le Pacte budgétaire, un sujet selon lui « trop compliqué » !

En revanche le refus de François Hollande de répondre à nos questions est incompréhensible. Certes il a déjà annoncé au Guardian qu’il ne voulait pas d’un référendum sur le Pacte budgétaire. Mais s’il refuse le débat avant l’élection et qu’il veut l’évacuer après, le « changement » qu’il annonce risque d’être très limité.

Le Pacte budgétaire, signé pour la France par Nicolas Sarkozy le 2 mars dernier, doit être ratifié avant la fin 2012. Il obligera les États signataires à réduire à marche forcée leurs déficits, imposant des sanctions automatiques aux contrevenants. François Hollande l’a critiqué à juste titre pour son caractère purement disciplinaire et punitif. Il s’est engagé à le renégocier.

Nous ne pensons pas qu’on puisse amender sérieusement ce traité, dont la logique fondamentale est d’imposer l’austérité pour rassurer les marchés. Les autres chefs d’ État et de gouvernements européens, à commencer par Angela Merkel, ont déjà fait savoir qu’il n’y avait pour eux plus rien à négocier. En cas d’élection de François Hollande, les marchés financiers exigeront de sa part une ratification rapide, en provoquant sans doute même une hausse des taux d’intérêt sur les emprunts émis par la France.

Dans tous les cas ce n’est qu’en menant un vaste débat démocratique sur la construction européenne, et en s’appuyant sur une mobilisation des citoyens en France et en Europe, qu’on pourra faire reculer le rouleau compresseur de l’austérité et remettre l’Europe sur de bons rails.

Nous demandons donc à Nicolas Sarkozy et François Hollande de s’engager à organiser un débat démocratique conclu par un référendum pour ou contre la ratification du Pacte budgétaire, renégocié ou non. Nous invitons tous les citoyens à leur faire cette demande par courriel en vous rendant sur cette page.

En tout état de cause, si le président élu en mai prochain refusait d’engager le débat démocratique nécessaire sur la ratification de ce nouveau traité, nous proposerions l’organisation par la société civile elle-même d’un référendum d’initiative citoyenne contre le Pacte budgétaire et pour un nouveau traité de refondation européenne. Pour que des millions de citoyens aient l’occasion de s’emparer de ce débat qui ne saurait être escamoté.

Attac France,
28 mars 2012

Fichier attaché Taille
reponse_jl_melechon.pdf 205.21 Ko
reponse_e_joly.pdf 134.17 Ko
reponse_n_arthaud.pdf 330.05 Ko
reponse_p_poutou.pdf 42.51 Ko

Adoptez un Président ! Mais pas n’importe comment…

 

Nico m’a balancé ce matin sur ma boîte mail une information que j’avais déjà entraperçue ailleurs hier, sans avoir eu le temps de la creuser davantage, pris dans différents billets en cours. Il s ‘agit de la création d’un site intitulé non sans humour « adoptez un Président », comme existe une série telle que celle figurant sur l’illustration.

 Le gars du blog « simplement de gauche » avait déjà sué sang et eau pour réaliser un truc du même genre dont j’avais rendu compte ici, mais ce nouveau site dispose de moyens qu’ un simple particulier ne peut évidemment déployer.

 Sur le même mode que Simplement de gauche, il s’agit de comparer point par point, à la manière d’un comparateur d ‘assurances (c’en est une, assurément : contre un avenir sombre, en cas de mauvais choix !) les différents items du programme de chacun des candidats choisis. Bande annonce :

Le site Apolitique comparateur de programmes !

Pour les indécis et les aguerris, les renseignés et les désorientés, Adoptez un président est là pour vous aider à faire votre choix avant de vous rendre aux urnes. Trouvez ici toutes les informations relatives à l’élection présidentielle 2012. Adoptez un président se veut être un site apolitique afin que vous puissiez construire votre propre opinion.

Notre mot d’ordre : de l’info, rien que de l’info !

S’il s ‘avérait que j’hésitasse entre deux candidats, comme par exemple (admettons, pour les besoins de la démonstration à visée pédagogique) Hollande et Mélenchon, il me suffit de cocher ci-dessous les cases correspondantes :

Sur le côté, vous pouvez sélectionner un thème correspondant à vos questions. Ainsi, prenons au hasard l’item « Logement », correspondant à mon sens à l’une des principales préoccupations des français. Cela donne ça :

Pas mal ce truc, non ? Qui a dit, déjà, que le Front de Gauche n’avait pas de programme ?

En outre, vous pouvez même grâce à la fonction agenda savoir quel événement est prévu le jour de votre choix pour tel ou tel candidat.  Voilà ce que ça done pour aujourd’hui :

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Intéressant, non ? Nico se (et nous) demande toutefois si « un site apolitique qui parle de présidentielle, ce ne serait pas un peu suspect »… Il a raison, soyons prudents, et circonspects en toutes choses. Qu’en pensez-vous ? Moi,  je vois juste que le bouzin semble apparemment vouloir se financer avec la vente de bouquins politiques, vu la bannière publicitaire du dessous… et les recettes publicitaires de divers machins. Pourquoi pas… L’important, c’est que cela puisse être utile aux indécis et leur proposer un choix un peu plus éclairé que le caractère photogènique ou non de leur tronche à la télé… Des critères objectifs, c’est toujours mieux, non ?

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Nathalie Artaud, une inconnue… qui aurait gagné à le rester.

Je ne suis probablement pas le seul à le penser, Lutte Ouvrière avait encore de la gueule quand c’était Arlette qui la représentait, mais là, franchement… ça casse pas trois pattes à un canard. Vous l’avez déjà vue, vous, la Nathalie ? Un exemple ici… Elle n’a vraiment de féminin que le prénom, car pour le reste… Bon, je n’en dirai pas plus parce que je suis féministe, mais quand même, faut pas pousser.

 Et en plus, elle est d’une aigreur et d’une agressivité ! Autant l’Arlette avait une force vitale de bon aloi, adaptée à son combat et à ses convictions, autant cette personne semble tout droit sortie d’un bain d’acide sulfurique, et semble avoir pioché ses opinions dans la méthode Coué. Que les médias condescendent à la montrer comme dernièrement sur les plateaux télé à cause de leur petite fête annuelle au château relève d’ailleurs du prodige avec si peu de photogénie…

 Si je suis si mauvais, avec cette militante pure et surtout dure, c’est que je viens de la voir à la télé attaquer Méluche avec un mépris qui confine à la bêtise, avec l’argument à deux balles mille fois entendu qui consiste à prétendre sorunoisement qu’une fois la messe dite, Jean-Luc rentrera au bercail socialiste…

 Ce n’est pas la première fois que j’entends ce genre de conneries, mais dans sa bouche rictusée (copyright ©GdeC) de la représentante de Lutte Ouvrière, dont les militants peuvent à présent se réunir dans une cabine téléphonique, cela m’énerve. Car autant on peut l’entendre des socio-traîtres du parti socialiste qui l’ont toujours battu froid même quand il y était, autant venant de quelqu’un qui prétend défendre la cause ouvrière, cela devient l’argument ultime de ceux qui n’ont plus rien à dire. Qui peut croire franchement que quelqu’un qui a mis si longtemps à quitter ce parti va y revenir pour un strapontin, certainement encore plus petit que celui qu’il a occupé lorsqu’il était l’homologue de Morano ? Arrêtez donc d’insulter les militants du parti de gauche qui ne se sont certainement pas enfuis du PS par hasard et par absence de convictions, bien au contraire… Le spécimen qui écrit devant vos yeux tous les jours depuis plus de deux ans en est un exemple bien concret et il suffit de lire chaque jour ses billets pour prendre conscience de ce qu’il n’est pas prêt de virer sa cuti…

 Anticapitalistes nous sommes, et resterons, envers et contre.

Ps. Et toi, CSP, t’en penses quoi, du positionnement de la mégère, guère plus aimable avec le NPA ?

un candidat pour toute l’Autre gauche, c’est fondamental

Un appel qui fait chaud au cœur, que je viens de lire, et vous invite à partager. Il correspond en tous points à mes idées, mes constats, mes attentes, mes espoirs. Effectivement, la ligne de fracture idéologique entre deux gauches (ce que je ne cesse de marteler) qui n’ont pas grand chose à voir l’une avec l’autre,  est réelle. Elle fracture et clive jusqu’au sein du PS, et je vois mal certains de ses militants et sympathisants voter pour DSK… ce candidat obligatoire. Le peuple de gauche s’y reconnaîtra-t-il ? N’avons nous que cet autre oligarque pour changer la France, opérer la rupture nécessaire à notre évolution ? Une autre gauche n’est-elle pas possible et nécessaire ? N’est-ce pas cette gauche là que le peuple attend et espère, appelle de tous ses vœux ? Plutôt que de se  résoudre par désespoir à un vote ignominieux  comme on se jette dans un suicide… collectif. Un autre monde est possible, plus ambitieux, plus généreux, plus solidaire. Construisons le ensemble, plutôt que de se laisser séduire par les sirènes du vote utile qui, finalement, ne changera pas grand chose.

Pour une candidature de la gauche de transformation sociale et écologique en 2012

LEMONDE.FR | 05.05.11 |

Des « primaires communes » pour « toute la gauche » ? C’est ce que des intellectuels et personnalités du mouvement social comme Susan George, Willy Pelletier, Stéphane Hessel, Pierre Khalfa et Patrick Viveret proposent d’organiser dans la perspective des présidentielles de 2012, afin d’éviter qu’elle soit absente du second tour comme en 2002. Les sondages situent le Front national à 20 %, et les scénarios qui donnent Marine Le Pen présente au second tour n’ont plus rien d’extraordinaire. Dans ces conditions, disent les signataires de cet appel à une candidature unique, les différentes composantes de la gauche doivent « se dépasser », et oublier le passé. Ces primaires porteraient prioritairement sur le programme, puis sur le ou la candidat-e qui l’incarnera.

 Face à la peur d’un nouveau 21 avril, cette solution n’en est pas une. Un-e candidat-e unique ne saurait représenter l’ensemble de la gauche car il y a en son sein, en France comme ailleurs, deux grandes orientations que l’on ne saurait concilier : l’une d’adaptation à l’ordre existant, l’autre de transformation radicale. Il n’est pas possible de rassembler au premier tour celles et ceux qui entendent rester dans le carcan des traités libéraux européens et se mouler dans la rigueur budgétaire avec ceux qui combattent les plans d’austérité et prônent un affrontement avec le capital et les grandes institutions financières internationales.

L’un des enjeux de 2012 est de battre la droite mais de le faire sur la base d’un rapport de force le plus favorable à la gauche d’opposition aux solutions néolibérales et écolo-libérales, responsables des crises que nous traversons, et décidée à remettre en cause la logique capitaliste. Bien sûr, les lignes de démarcation à l’intérieur de la gauche ne sont pas intangibles, elles ont considérablement évolué au cours des dernières années. Il faut les faire évoluer encore, en rendant convaincante et attrayante l’idée d’une rupture avec le capitalisme.

Comment imaginer qu’un grand débat programmatique avec tout le « peuple de gauche » permettrait de faire gagner le camp de la transformation sur celui de l’accompagnement ? Le risque avec cette méthode, c’est qu’au final, le choix se polarise sur le projet et le candidat de la force présumée la plus efficace électoralement, c’est-à-dire le PS. Plus que quiconque, Susan George nous a appris par ses ouvrages et son activisme les méfaits des organisations financières internationales, FMI en tête. Qu’elle puisse songer un seul instant à confier le destin de l’ensemble de la gauche (et du pays) à son directeur est pour le moins… contradictoire. Au nom de la peur de la division, on aurait tort de vouloir toucher à la polarité historique de la gauche, au risque d’affaiblir sa capacité de mobilisation populaire. C’est pourquoi deux grandes candidatures est le scénario juste et cohérent avec les divergences réelles, de fond, qui traversent la gauche.

Les signataires de l’appel à une candidature unique promettent aussi d’organiser dès maintenant, partout en France, des « banquets du vivre ensemble », qui visent à faire reculer « la peur et l’isolement », terreau sur lequel prospère le vote FN. S’il s’agit de prendre un verre pour organiser de nouvelles résistances, nous irons. Mais on est en droit de douter de leur efficacité pour combattre le vote FN. Car ce ne sont pas la « peur et l’isolement » qui se trouvent au fondement de ce vote. Le Front national se nourrit de la conjonction d’au moins deux phénomènes principaux qui se sont particulièrement accentué au cours des dernières années : les inégalités grandissantes, fruit de trente ans de politiques néolibérales appliquées de manière consistante par des gouvernements de droite et de gauche, et le racisme (et notamment sa variante islamophobe), qui est loin de se limiter au Front national ou d’en représenter l’unique caractéristique politique.

RADICALITÉ ET ESPRIT UNITAIRE

La montée du FN s’inscrit dans le cadre de l’accentuation de la crise, de la xénophobie d’Etat, des défaites sociales de ces dernières années. Mais il y a aussi une dimension politique cruelle pour la gauche : le fait que Marine Le Pen gagne en audience chez les ouvriers renvoie à l’abandon par la gauche social-libérale du terrain de la défense concrète des intérêts populaires et de la contestation d’un système qui écrase la majorité de la population. Pour des millions de gens, le FN et son racisme sont le seul moyen d’exprimer leur colère parce que la gauche de gauche apparaît impuissante et engoncée dans sa fragmentation. Ainsi, toute proposition aboutissant à renforcer la domination du PS à gauche revient à renforcer le mécanisme qui alimente la montée du FN. Il s’agit d’éviter le piège de la rhétorique radicale comme celui de la démarche d’accompagnement, le risque d’isolement comme celui de la satellisation par le PS, car l’un et l’autre représentent un facteur mortifère de préservation du jeu politique actuel.

Une démarche qui allie radicalité et esprit unitaire est la contribution la plus décisive à la défaite indispensable de la droite et de l’extrême droite, parce qu’elle seule est susceptible de bouleverser le rapport de force actuel en mobilisant les exploités, les dominés, les aliénés autour d’une perspective de changement et en ne laissant pas au FN le monopole de la colère. Nous savons déjà ce dont ce pays est capable en termes de mobilisations sociales. La résistance admirable à la réforme des retraites de l’automne passé est le dernier événement en date, précédé de nombreux autres, qui démontre que la haine des injustices persiste au sein de la population.

Ces résistances sociales, il faut les articuler à un pôle politique, radical, pluraliste et novateur, qui se nourrisse d’elles et qui porte l’alternative dans le champ politique. La construction d’un tel pôle – forcément complexe et apprenant de ses erreurs, comme la division mortifère de 2007, et de ses contradictions – doit inclure toute la gauche de la gauche. C’est à son rassemblement sans exclusive que nous appelons. Si elle parvient enfin à regrouper l’ensemble des organisations, des collectifs militants, des citoyen-ne-s et personnalités qui se situent à la gauche du Parti socialiste, elle modifie la donne. Elle crée ainsi les conditions pour que la gauche de transformation sociale et écologique fasse bouger les rapports de force au sein de la gauche, y compris sur le terrain électoral, et ouvre la voie à des changements profonds.


Léonce Aguirre, direction nationale du NPA ;

Clémentine Autain, co-directrice de Regards ;

Razmig Keucheyan, sociologue ;

Danièle Obono, membre de Convergence et alternatives ;

Cédric Durand, économiste ;

Roger Martelli, membre des communistes unitaires ;

Stathis Kouvelakis, philosophe ;

Christophe Aguiton, militant altermondialiste ;

Leila Chaibi, secrétaire du Parti de gauche chargée de l’abolition du précariat.

Léonce Aguirre, Clémentine Autain, Razmig Keucheyan, Danièle Obono, Cédric Durand, Roger Martelli, Stathis Kouvelakis…

Lettre d’un gros con de gauche à koztoujours

Pour commencer le dialogue, il est utile de préciser le contexte, que voici. Alors que je venais de découvrir Google reader, je tombe sur cette image, qui attire mon attention… librecoeur

Graphiquement, cela attire l’œil, vous en conviendrez. Et puis, Joe Cooker, j’aime plutôt, je me dis on va voir la suite, ça peut être sympa…. Je clique sur le titre du billet et je me retrouve là :

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Bon…. Toujours attiré par ce graphisme dépouillé, que j’apprécie, et cette douceur laiteuse, qui me met en confiance, je poursuis ma lecture, et après un brouhaha de mots sur la causalité des chaînes et le refus qui honore l’auteur de répondre à celle à laquelle l’invite le Modem, voilà que je me retrouve ici :


« Alors où me situe-je, politiquement parlant ? » se demande benoîtement notre collègue blogueur à la charte graphique raffinée.  Je vous passe les détails, la réponse est : « droite canal gaullo-christiano-sociale ». Bon. Petite déception, je m’attendais à mieux, je me disais qu’on pouvait être de gauche et partager mes goûts visuels, mais manifestement, que nenni. Jusque là, rien de bien grave. Mais c’est après que ça se gâte. Au détour d’une phrase, alors que je cheminais tranquillement tout en m’efforçant de ne pas perdre le fil du raisonnement dans un univers qui n’est pas vraiment le mien, voilà que je me retrouve soudain agressé d’un coup de matraque sur la tronche, au détour de ceci :


«  Quand je lis en revanche que Jean-François Copé – que j’aime bien, comme Alain Juppé, n’en déplaise à tous ces gros cons de gauche1 – considère, à la suite du débat sur le travail dominical qu’il serait révélateur de ce que la droite n’a pas “crevé l’abcès” sur les questions de société, je tords le cou : dans quel sens la droite est-elle censée opérer sa clarification ? »


Que quelqu’un aime Jean-François Coppé, c’est son droit. J’ai déjà tordu le cou à ce dernier à propos de ses déclarations indignées dans un billet précédent (« Coppé en short »). Dossier clos. Mais que moi et tous ceux qui me sont chers, nous nous retrouvions insultés et que je laisse passer cela, hors de question. Là, une fois de plus, oui, je le confesse, Monsieur le catho tendance gaulliste, même social, j’ai vu rouge. Et vous ai envoyé le commentaire suivant :


« 26. gauchedecombat  |  18 January 2009, 16:59     lien

 » Considérons que je suis un “gros con de gauche” (92 kilos, ça le fait), que je ne sais pas qui tu es, que je me sens insulté, mais que je suis quelqu’un de plutôt censé, malgré mes humeurs… je vais donc m’enquérir illico des balises exactes permettant de nous départager idéologiquement… sinon humainement (je ne parle pas pour ma part de gros cons de droite, bien que je ne comprenne généralement pas qu’on puisse en être, un homme ou une femme ne se résument pas toutefois pour moi à leurs idées politiques)et je reviendrai te voir sous la forme d’un billet qui s’intitulera “lettre d’un gros con de gauche à koztoujours”. Te voila prévenu. Et comme un homme prévenu en vaut deux… qui se retrouve avec un poids de connerie considérable ? »


Chose promise, chose due. Mes ami(e)s de gauche, j’en appelle à votre solidarité gauchiste, bien que nous ayons des nuances d’appréciation sur ce que doit être notre grande famille, nous ne pouvons permettre à ce blogueur flou de nous insulter sans lui rendre la monnaie de sa pièce. Je vous propose donc d’initier une (je l’espère) longue série de billets qui contribuent à clarifier le débat, et remettent ceux (et celles…) qui franchissent la ligne rouge à leur place. Que ce monsieur Koz ne juge pas utile de voir « dans quel sens la droite est-elle censée opérer sa clarification », c’est son problème, s’il aime à évoluer dans le brouillard. Mais ne gagnerons nous pas, nous, gens de gauche, à définir nos positions ? Voilà qui serait un bon moyen de répondre à ce petit agité méprisant qui nous gouverne en lui démontrant que ses tours de prestidigitateur ne fonctionnent pas, et que la droite et la gauche ne sont pas des notions dépassées… Permettons aux français d’y voir plus clair, et de pouvoir se positionner avec davantage de repères. Permettez moi de lancer l’offensive. Car,  m’étant senti offensé le premier, à moi le choix des armes…

Commençons par le début. Comme cela est généralement connu, les notions de droite et de gauche remontent à l’époque de la révolution française, en 1789, lorsque les opposants au droit de veto royal se regroupaient à gauche de l’hémicycle, tandis que les partisans du pouvoir royal en formaient l’aile droite (1). Voilà qui nous situe le débat plus précisément, Monsieur Koztoujours, et qui remet l’adversaire là où il se trouve, alors que lui-même se pose la question…. « Dans quel état j’ ère ? »….(cf. son article, déjà cité). Ravi de vous avoir rendu service, non, non ne me remerciez pas.


En consultant Wikipédia, nous apprenons que « la gauche désigne la partie gauche de l’hémicycle d’une assemblée parlementaire et les personnes et partis qui y siègent habituellement. Les partis de gauche se rassemblent généralement dans la promotion d’idéaux progressistes et de liberté, la critique de l’ordre social et la volonté de réformer celui-ci dans un sens égalitaire et rationnel. Elle comprend la social-démocratie, le radicalisme, le socialisme, le communisme et l’anarchisme «

En France, en 2008, les principaux partis classés à gauche sont :


* le Parti socialiste (PS)
* le Parti communiste français (PCF)
* les Verts
* le Parti Radical de Gauche (PRG)
* le Mouvement républicain et citoyen (MRC)
*La Ligue communiste révolutionnaire qui devrait donner naissance, bientôt,  au NPA
* Lutte ouvrière
* Le Parti des travailleurs dissous en juin 2008 pour devenir le Parti ouvrier indépendant


Il existe d’autres partis ou mouvements non représentés au parlement :


* les Alternatifs, anciennement l’Alternative rouge et verte (AREV)
* Alternative libertaire
* la Coordination des groupes anarchistes
* la Fédération anarchiste
* la Coordination nationale de la gauche républicaine (CNGR)
* le Mouvement pour une alternative républicaine et sociale (MARS)
* l’Alternative unitaire pour une gauche antilibérale
* Alternative citoyenne, en Île-de-France, et mouvements similaires dans certaines régions

Ainsi que des associations, mouvements et collectifs qui, bien que n’ayant pas de rôle électoral contribuent à la vie de la gauche politique (impossible d’être exhaustif, elles sont si nombreuses, c’est bien ce qui fait la force et la richesse (humaine) de la gauche) :


*la  Fondation Copernic
* le Mouvement de l’utopie concrète
* le DAL
* collectifs du 29 mai » ), qui appartiennent à la gauche antilibérale.
* ATTAC, et toutes les associations qui y ont adhéré…

Les mouvements PRS et Mars devraient quant à eux se fondre dans le nouveau Parti de gauche (PG) créé par J.L. Melenchon et M. Dolez.

Voilà pour les organisations qui composent le paysage en camaïeu (et vive les nuances et les différences de couleur !) de la gauche d’aujourd’hui. Je n’y ai pas cité, volontairement,  le nouveau parti de notre cher  soi-disant socialiste Jean-Marie ( Gauche moderne) qui n’a de gauche que le nom… (Je pense, sans avoir la prétention d’incarner à moi seul toute la gauche, que 99 % des gens de ma famille politique seront d’accord, n’est-ce pas ?).

Craignant de lasser par la longueur démesurée du billet, j’aborderai  dans un autre texte la ligne de démarcation idéologique qui, selon moi, définit les différences entre droite et gauche… hormis un rapport au pouvoir…. particulier.


By gauchedecombat


1. droite dont on apprend, toujours selon cette encyclopédie libre, que «  À l’origine, dans la plupart des sociétés, et notamment les sociétés occidentales, la « droite » est la place de la relation privilégiée avec le Roi. » Voilà qui est porteur de sens… face à un président qui se comporte comme tel. N’en déplaise à monsieur Koz. Il a choisi son camp.