je me souviens… #UmbertoEco #RIP

Un homme… Des livres… L’indicible… Son univers est en moi, à tout jamais. Tristesse infinie. Merci Monsieur Umberto Eco. Tant de graines vous avez su planter en moi : émotions, sentiments intenses, désirs, plaisirs et douleurs, injustices et révoltes, anecdotes et culture, visages historiques… Votre moisson me fut particulièrement bénéfique.  je ne vous oublie pas. RIP.

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le projet totalitaire du sarkozysme

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Sarkozy, archevêque de la secte néolibérale…

Ce que je lis ce soir…

Le résumé officiel :

« Ils sont enseignants, conseillers Pôle Emploi, postiers, électriciens/gaziers, forestiers, hospitaliers, psychiatres, chercheurs, magistrats, policiers…

Ils ne feront pas le  » sale boulot  » qu’on exige d’eux depuis que Nicolas Sarkozy a lancé la plus grande opération de dé-construction et de privatisation des services publics jamais menée. Face à une politique d’asphyxie programmée qui érige en norme la course au chiffre et au rendement, l’évaluation et la compétition, le fichage et la répression, et qui menace les droits fondamentaux et la cohésion sociale, de plus en plus de professionnels refusent de voir leurs organismes transformés en machine à faire des actes et du cash, leur métier dénaturé et leur éthique piétinée.

Constatant la souffrance, la perte de sens et la régression qui en résulte pour eux comme pour les usagers, ils mettent en œuvre, seuls ou avec leur syndicat, diverses stratégies de résistance : désobéissance collective proclamée, opposition souterraine, insoumission, freinage subversif. Ce livre, construit comme un abécédaire, s’adosse à une enquête de terrain : il donne à entendre des témoignages bouleversants d’hommes et de femmes pris dans la tourmente du saccage de leur mission de service public, qui veulent la défendre envers et contre tout au nom du bien collectif, des valeurs républicaines et du pacte social hérité du programme du Conseil national de la Résistance. »

Mon passage préféré :

« Un dogme

 

Cette suspicion de ringardisation jetée sur les services publics relève en fait de cette posture dogmatique néolibérale, à savoir que tout ce qui échappe à la concurrence est soupçonné d’immobilisme et que la seule logique qui vaille est la logique concurrentielle. L’ouverture à la concurrence est donc le paradigme de la croisade néolibérale, non seulement sur le monde du travail, mais aussi sur l’ensemble de nos vies. Ce qu’Alain Bihr explique de la manière suivante : « Pour comprendre ce discours néolibéral, il faut l’aborder comme un discours religieux, il faut partir de l’idée qu’il procède d’un certain nombres de dogmes, d’articles de foi, qui ne sont jamais interrogés comme tels. Parmi les principaux de ces articles, sinon le principal et c’est le cœur du néolibéralisme, c’est que le marché est donné comme étant la forme d’organisation optimale des sociétés humaines. » Comme un fait de nature, incontournable, indiscutable. Ce que Pierre Bourdieu disait en 1998 à sa manière, parlant lui aussi de « croyance » : « On voit comment l’utopie néolibérale tend à s’incarner dans la réalité d’une sorte de machine infernale, dont la nécessité s’impose aux dominants eux-mêmes. […] Cette utopie suscite une formidable croyance, la free trade faith (la foi dans le libre échange), non seulement chez ceux qui en vivent matériellement, comme les financiers, les patrons de grandes entreprises, etc, mais aussi ceux qui en tirent des justifications d’exister, comme les hauts fonctionnaires et les politiciens, qui sacralisent le pouvoir des marchés au nom de l’efficacité économique, qui exigent la levée des barrières administratives ou politiques capables de gêner les détenteurs de capitaux dans la recherche purement individuelle de la maximisation du profit individuel, instituée en modèle de rationalité, qui veulent des banques centrales indépendantes, qui prêchent la subordination des États nationaux aux exigences de la liberté économique pour les maîtres de l’économie, avec […] la privatisation généralisée des services publics, la réduction des dépenses publiques et sociales » expliquait déjà le sociologue. Mais plus qu’une aventure économique, c’est une entreprise quasiment de type anthropologique : « c’est un projet fondamentalement totalitaire, résume Alain Bihr, au sens où c’est un projet qui entend soumettre à une même formule la totalité non seulement des activités humaines mais de l’existence humaine. Tout ne doit être que marché et c’est un projet qui se développe, se justifie dans une référence implicite ou explicite constante à cette horreur absolue qu’est le communisme. […] Toute l’action de Sarkozy, poursuit le sociologue, c’est un homme politique qui façonne la réalité sociale, aidé par de purs idéologues dont la fonction est de mettre en cohérence théorique et en scène sur le plan médiatique ces idées là, et de formater les rapports sociaux. »

Le compte-rendu Bernard Gensane ici

Celui de Skriban là

Dans le monde diplomatique

 

Un livre que je ne saurais que trop vous recommander…

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