être un homme. Blanc. Et penser l’ #antiracisme … Suivre la piste :

Voir ici

Et si on élevait le débat, à un autre stade que celui auquel une certaine communauté médiatique aux intérêts discutables voudrait l’abaisser ? Il est fort dommageable pour l’évolution des mentalités de notre société que les mêmes qui persistent contre l’évidence de la masse des occurrences réelles à parler de racisme anti-blanc, et à ne voir le racisme que là où il est le moins, chez Lilian Thuram par exemple, au hasard (plutôt que chez ces blancs qui poussent des cris de singe contre lesquels il s’élevait), qu’ils ne puissent probablement pas accéder à ce texte éclairant que je tenais absolument à vous voir partager, qui pourtant les édifierait, leur ouvrirait l’esprit, à bien des égards…

Lire…

Pourquoi est-ce que celleux à qui cela serait le plus utile, profitable et nécessaire, ne prendront-ils/elles pourtant pas la peine de le lire, d’emblée horrifié.e.s par son titre, repoussoir pour leur perception identitaire, et auquel il se refuseront de concéder le moindre pouce de terrain, comme je le redoute fortement, connaissant bien la tribu raciste de ces Onéchénous que j’étudie de si près depuis tant et trop d’années… ?

Il m’importe de savoir qui en est l’autrice, Amandine Gay.

Voilà ci-dessous ce qu’elle écrit et que j’ai voulu extraire de fondamental, de très concret et d’efficient, quand on se veut et se revendique soi-même anti-raciste. C’est d’ailleurs, je l’avoue humblement, une piste de réflexion et de déconstruction que, je me souviens, il y a quelques années, j’ai eu du mal à suivre tant elle me coûtait de l’admettre intérieurement, ayant à casser à la fois mon orgueil de mâle et mon orgueil de blanc… D’autant plus facile que me réfugiais alors assez opportunément derrière l’argument de mon exclusion personnelle par la pauvreté, et son corollaire en termes de discrimination personnelle, la pauvrophobie… Cette condition personnelle me faisait m’attacher davantage – malgré ou par deçà mes convictions antiracistes profondes – à la lutte contre une certaine domination économique et sociale (anticapitaliste, je suis) en minorant la hiérarchie raciale, ce qui d’ailleurs tend à confirmer le propos d’Amandine Gay : malgré ma pauvreté, je suis un homme blanc.

Réfléchissez-y, ne serait-ce que pendant quelques jours seulement, au quotidien, en faisant vos courses, en achetant votre shampoing ou votre maquillage, en traversant les rues, passant devant certains commerces, ou sur votre lieu de travail… Voilà. Vous y êtes :

Si vous ne vivez pas certains inconvénients de la vie de tous les jours, c’est que vous êtes de cette non couleur qui vous fait passer partout sans trop d’encombres… Lisez tout. Jusqu’au bout… Ce à quoi je le sais notre époque ne nous habitue guère, faite de zappings permanents. Faites l’effort, lisez Amandine, lisez les auteur/trices auxquel/le/s elle renvoie, regardez ses documentaires… Et revenez me voir. promis, on en reparlera… à l’occasion d’une énième polémique raciste. Nos adversaires sont là, qui n’attendent qu’un faux pas, comme l’épisode Thuram, qui peut-être – j’ai la faiblesse de le penser – n’est pas pour rien dans la parution de ce texte, est là pour le démontrer très factuellement.

Nous ne capitulerons pas.

Sur #CNews, un festival de #racisme dégueulasse (mais leur petit doigt montre #Thuram).

L’extrême-droite aurait-elle donc gagné la bataille des idées, en installant médiatiquement l’immonde spectacle, si dégradant, de la concurrence des racismes, laissant à penser que tous se valent, et que le prétendu « racisme anti-blanc » auquel souscrivent honteusement certaines officines dites « antiracistes », serait un racisme comme les autres ? Il faut croire… #OuPas. #Antifa

(Déso pas déso de n’être pas de celleux, pseudos défenseurs de la laïcité à géométrie si terriblement variable, de ces républicanistes pour qui « indigéniste » est une insulte… #NotInMyName )

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Certain(e)s pourront toujours sourire sarcastiquement, comme l’époque y prédispose, en voyant que l’article auquel je renvoie est sur Télérama, qu’on pourrait penser à priori (c’en est un, j’y ai lu de bons articles) peu critique. Pourtant, il vous sera possible de constater par vous mêmes qu‘il y en a au moins un, en matière de lutte contre le racisme, qui fait le job. Il s’appelle Samuel Gontier et je l’avais déjà repéré, il y a longtemps, autrefois, au même endroit… où il se dit condamné. (cf.sa bio sur twitter). On ne peut pas passer son temps à seriner que les journaleux passent à côté de plein de trucs comme c’est la mode, en pérorant que tel ou tel sujet n’a scandaleusement pas été évoqué et en s’en indignant publiquement à tour de bras sur tous les réseaux (a) sociaux, et décemment passer sous silence les textes qui vont dans le bon sens. Ici, c’est précisément et factuellement le cas :

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(sur le même Xavier Raufer, voir ici, où l’on retombe, comme c’est surprenant, sur un autre réseau d’influence, dont le patron n’est autre que l’éditeur de… Biba. Le racisme et la haine xénophobe, si savamment entretenues par des cercles d’intérêts ? Une industrie, vous dis-je…dont j’aimerais pouvoir matériellement dessiner un jour la cartographie).

Pourtant, qui croyez vous que la vindicte médiatique de ce même tribunal populaire médiatique aux intérêts communs désigna ? Les vilains racistes dégueulasses, les vermines d’extrême-droite, les experts auto-proclamés dont la plupart des spectateurs ignorent les pré-supposés discriminatoires si peu rationnels, les adeptes de la secte du Gand Remplacement, ou ceux qui s’évertuent à conforter l’amalgame usuel grossier  » musulmans = terroristes = migrants = violeurs = assassins » ? Que nenni !

Voilà, vous y êtes. Ce vilain racialiste comme n’hésitent même pas à le titrer certains journaux peu scrupuleux, que serait Lilian Thuram (ce qui reste encore et toujours à démontrer). Ouhhhhhhhh ! Même des gens que je pensais plus intelligents s’y fourvoient :

je ne serais donc pas un bon humaniste… Je sais, je sais, je suis éminemment perfectible, mais quand même il semble utile à cette étape de la (non) réflexion de préciser pourquoi : parce que je ne dénierais pas à un noir le droit de se sentir opprimé par des blancs (dont je suis pourtant, hélas) en raison de la seule couleur de sa peau, qui ne devrait pourtant pas le résumer, pas plus que celle d’un blanc ?

Comme c’est là ( en plus de tordre la chaîne logique argumentaire jusqu’à l’absurde au point qu’une chatte n’y retrouverait pas ses petits) si et trop fortement nier à un noir jusqu’au droit de dire que lui et les autres noir.e.s subissent le racisme de la part d’une majorité d’individus dont il se trouve – appeler un chat un chat – qu’ils/elles sont blanc/he.s. Qu’ils/elles sont racistes. Et qu’ils poussent des cris de singe (les antispécistes, réveillez vous !) dans un stade en direction d’un footballeur noir, alors qu’à ma connaissance, on n’ a jamais assisté à l’inverse… Ce qui suffit à démonter factuellement l’accusation manipulatoire de racisme anti-blanc, puisque il ne peut y avoir de racisme systémique qu’en proportion d’une notion de majorité… Ce que refusent obstinément de voir les tenant.s de ce concept foireux ici.

Mais la seule réponse à cette interpellation circonstanciée, utile et nécessaire (rappelons qu’il ne se contente pas, contrairement aux commentateurs de salon, de pointer un problème, il propose une solution) de Lilian Thuram, ce serait donc… Not all men ? En matière de féminisme, ce débat là a déjà été tranché, et dépassé, hormis par des hommes pré-historiques d’avant #MeToo et Balancetonporc.

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Pas tous les blancs, c’est essentialisant, amalgamant, donc racialiste. Et qui invite-t-on à CNews pour légitimer cette grave accusation ? Quelqu’un bien sûr de tout à fait neutre et impartial en la matière... Sauf que. Malheureusement pour lui, on le connait, ici… Et le moins qu’on puisse dire et écrire est qu’il n’est justement pas tout blanc (ou tout noir… c’est selon tes biais cognitifs personnels, ça.. 😉 . En tous cas, il a fortement intérêt à défendre son petit commerce, sur la base dun concept éminemment discutable (pourtant dangereusement repris y compris par une certaine gauche fauxcialiste et républicaniste, notamment depuis cette affaire) en terme de suprématie personnelle, à laquelle il est indéniable qu’il appartient visiblement :

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Sauf que. Voilà. Ya comme un défaut. Ya ça. Et ça. Et encore ça. C’est indéniable. Notre culture a produit un racisme systémique, qui perdure malgré les connaissances et les informations généreusement dispensées partout. On en a conservé la trace ici à dessein, jour après jour, méthodiquement, pour la cause… Pour que plus personne ne puisse dire ou écrire que ça n’a pas existé, que nous mentons.

Alors, énième cerise pourrie sur le gâteau à la merde de notre époque imbouffable, quand un anti-raciste pointe des actes racistes, propose une solution, et qu’au lieu de regarder dans la direction que pointe son doigt, on regarde la couleur dudit doigt, et qu’on lui reproche publiquement et massivement qu’il puisse voir la couleur de la bouche qui pousse ces cris racistes insupportables (parfois même étayés par des tifos), on est tombés bien bas…

(Le communiqué de ladite ligue soi-disant (et je le prouve ici) anti-raciste qui attaque si frontalement un militant anti-raciste est visible là).

Mais peut-être aurait-il été est-il utile, et plus honnête, n’est-ce pas la Licra, de donner la totalité du texte, si terriblement tronqué ? Puisqu’il est généralement cité ainsi :

« Il est nécessaire d’avoir le courage de dire que les blancs pensent être supérieurs et qu’ils croient l’être. De toutes les manières, ce sont eux qui doivent trouver une solution à leur problème. Les noirs ne traiteront jamais les blancs de cette façon, et pour n’importe quelle raison. L’histoire le dit. »

Il est ici, en italien. Voilà le reste… (purée, ce que vous me faites faire, moi qui déteste le foot…) :

« il faut prendre conscience que le monde du foot n’est pas raciste, mais qu’il y a du racisme dans la culture italienne, française, européenne et plus généralement dans la culture blanche. Il est nécessaire d’avoir le courage de dire que les blancs pensent être supérieurs et qu’ils croient l’être. De toutes les manières, ce sont eux qui doivent trouver une solution à leur problème. Les noirs ne traiteront jamais les blancs de cette façon, et pour n’importe quelle raison. L’histoire le dit  » , déclare-t-il. (source)

On en est donc là, dans ce pays : à dénier à un noir, ancien footballeur et militant reconnu de la lutte anti-raciste, d’être indigné par les cris de singe en Italie quand un black marque un but (le contexte, oui, le contexte ! (1) , et de le traiter de raciste (ou de son pléonasme intellectualisant, racialiste, ce dont ce sert opportunément ce faux nez de l’extrême droite qu’est De Béchade et son OLRA) parce qu’il dit ce que tout le monde peut voir de ses yeux : que ce sont des blancs qui le font, et pas des noirs ou des personnes d’origine asiatique ? Appeler un chat un chat et un blanc raciste ce qu’il est serait-il devenu interdit, dans ce pays, sous peine de sanctions disciplinaires ?

La réaction de SOS racisme, quoi que j’en pense par ailleurs, est autrement plus respectable… Si seulement l’épisode du Parc Léo avait pu leur servir de leçon…

source

(1) Même un journal économique partisan comme Les échos est plus honnête, sur le sujet… Comme les autres devraient se faire petits…

La Marseillaise » même en reggae, ça m’a toujours fait dégueuler

La France, tu l’aimes ou tu la fermes !

Point de vue | LEMONDE |

par Rokhaya Diallo, auteure de « Racisme : mode d’emploi » (Larousse)

Il y a quelques jours, le député UMP de la Haute-Saône, Michel Raison, a été frappé d’une idée lumineuse : il a proposé, lors d’une question adressée au ministère de la culture, de faire taire les rappeurs. Mais pas n’importe lesquels : attirant l’attention du ministre sur « certains groupes de musique rap issus de l’immigration », qui, par leurs textes trop intolérants à son goût, « bafouent les valeurs fondamentales de respect et de liberté qui fondent notre démocratie », il a demandé de « censurer ces chansons ». Rien que ça.

Cela peut paraître invraisemblable mais, en réalité, M. Raison se place dans la lignée des 200 parlementaires, qui, en 2005, après les révoltes des quartiers populaires, avaient déposé une plainte auprès du ministère de la justice pour sanctionner les groupes de rap dont les textes très critiques envers la République portaient, selon eux, atteinte à « la dignité de la France et de l’Etat ». Rien de moins.

Pourtant, avant ces générations de rappeurs trop énervés, selon les critères de nos élus, d’illustres chansonniers français se sont exprimés dans des vers qui n’étaient pas toujours des plus tendres. N’est-ce pas notre Renaud national qui chantait : «  »La Marseillaise » même en reggae, ça m’a toujours fait dégueuler (…) et votre République, moi, j’la tringle. » ? D’autres, de Brassens à Ferré, n’ont pas mâché leurs mots pour critiquer notre douce France. Mais loin d’être dénoncées par des députés en mal d’activité, leurs chansons sont passées à la postérité.

Pour les rappeurs en revanche, pas question d’indulgence ! Bien au contraire, le député UMP prédit à leurs textes un impact des plus funestes : « Le message de violence de ces rappeurs reçu par des jeunes déracinés, déculturés, peut légitimer chez eux l’incivilité, au pire le terrorisme », affirme-t-il. Ainsi, selon le député, les origines de ces rappeurs occasionneraient des névroses telles qu’elles plongeraient leurs fans dans de dangereuses activités criminelles… On rirait si cette fantasque prédiction n’émanait pas d’un membre de l’Assemblée nationale !

Certes, M. Raison s’est finalement partiellement ravisé sur la formulation mais il s’est justifié en expliquant à Rue89 : « Lorsque des paroles de chansons excessives venaient d’un groupe issu de l’immigration, ça n’avait pas le même impact que lorsqu’il s’agissait de Français très marqués à droite qui proféraient des propos racistes. » On comprendra que les groupes de rap visés ne sont pas des « Français »…

De fait, il semblerait que, depuis quelques années, l’ascendance étrangère interdise toute prise de position politique un peu originale ou contestataire.

Il y a deux ans, c’est l’écrivaine Marie N’Diaye, lauréate du prix Goncourt, qui avait été rappelée à l’ordre, lorsqu’elle avait déclaré aux Inrockuptibles qu’elle trouvait la France de Nicolas Sarkozy et certains membres du gouvernement « monstrueux ». Il n’en fallait pas plus pour qu’Eric Raoult, député et maire UMP du Raincy, saisisse sa plume pour se plaindre auprès du ministre de la culture : « Ces propos, d’une rare violence, sont peu respectueux, voire insultants, à l’égard de ministres de la République », courrier dans lequel il invoquait un mystérieux « devoir de réserve, dû aux lauréats du prix Goncourt », qui, selon lui, devaient « faire preuve d’un certain respect à l’égard de nos institutions ».

On cernait mieux les raisons de la colère de M. Raoult lorsqu’il précisait, plus tard, au Monde que « par comparaison, Yannick Noah et Lilian Thuram n’étaient pas allés aussi loin dans la critique de la France ». Deux sportifs qui partagent, avec Marie N’Diaye, le tort d’avoir… la peau noire ! Et les Noirs à l’instar des rappeurs « issus de l’immigration » ne devraient faire preuve d’une telle ingratitude envers cette France qui leur a tant donné…

Dernièrement, c’est Eva Joly qui a fait les frais de cette doctrine. La candidate à l’élection présidentielle a proposé la suppression du défilé militaire accompagnant la célébration du 14-Juillet et une pluie de critiques s’est alors abattue sur elle. Et ce n’est pas le fond, mais ses origines qui ont été les plus violemment attaquées : le premier ministre François Fillon a mis en cause sa « culture (pas) très ancienne des traditions françaises, des valeurs françaises, de l’histoire française », et Jean-Pierre Chevènement a déclaré : « La nature de la France lui échappe sans doute. Peut-être lui faut-il encore un peu d’accoutumance. »

Bien que vivant depuis plus de cinquante ans en France, et ayant exercé la fonction de magistrate, Eva Joly reste aux yeux de certains une Française « de papiers »… On ne peut s’empêcher d’avoir une pensée émue pour Georges Brassens qui pouvait fredonner sans crainte : « Le jour du Quatorze Juillet, je reste dans mon lit douillet. La musique qui marche au pas, cela ne me regarde pas. »

Critiquer la France, lorsqu’on a des origines étrangères, une couleur de peau trop sombre ou un accent pas bien d’chez nous devient un exercice de plus en plus périlleux, c’est désormais un privilège octroyé aux seuls « vrais » Français.

Article paru dans l’édition du 06.08.11