ALERTE ROUGE ! #sarkofrance, un blogueur (de gauche ? Vraiment ?) à la dérive…

L’esprit de Noël, c’est fini. ça tombe bien, je suis athée. C’est pourquoi je n’aurai donc aucun scrupule à me moquer de la lente autant qu’incompréhensible dérive idéologique d’un homme qui, se disant gauchiste, est passé d’EELV, à Royal, en passant par le PS, puis le FDG,  pour arriver aujourd’hui (demain est un autre jour) … chez Juppé :

Capture

je souris… Voir ce blogueur de gouvernement qu’il était se piquer soudain d’une illusion de Mélenchon, sans grande conviction apparente il faut bien l’avouer,  pour atterrir finalement dans le bac à sable de ce libéralisme là, plus brutal qu’on ne le pense généralement lorsqu’on ne se fie qu’aux apparences, même par soi-disant provocation, tout en se revendiquant de gauche, n’est-ce pas amusant ? Surtout quand on réagit sous le prétexte de la constance qu’on a bien du mal à observer soi-même, personnellement…  Car moi, je sais contre qui et quoi je lutte. Et je ne vais pas voter aux primaires de droite.

Quand les sans-dents tapent des pieds dans les gradins de tweeter #fauxcialisme

tweet FilocheFace à tant d’injustice sociale, il fallait bien ça, même si cela peut vous paraître bien dérisoire… Hier soir, dans un grand élan spontané qui faisait plaisir à voir, des centaines de comptes twitter se sont mis sans que l’on sache trop pourquoi à dupliquer le fameux tweet de GG Filoche qui a horrifié le bourgeois au cul serré et  aux lèvres pincées qui trône à présent au Parti Dominant, et aux figures interchangeables (UMP et PS, même combat économique : saigner les classes populaires jusqu’à l’os ?). Leur discours est toujours le même : le patron le salarié est trop payé, le smic devrait être supprimé ou contourné, les employés ont trop de droits et les patrons pas assez, trop de contraintes, le code du travail est un frein à l’emploi, les fonctionnaires sont trop nombreux,  coutent trop cher à la nation, le CDD et le CDI doivent disparaître, il faut contrôler plus sévèrement les chômeurs, les gauchistes sont des monstres préhistoriques qui empêchent de faire des profits colossaux sur le dos des salariés qui n’ont plus aucun droit sinon celui de se taire la société d’évoluer et de se diriger vers davantage de modernité en dépassant les clivages partisans. Nous ne sommes plus dupes de toutes ces belles paroles qui bien que souvent dites de manière doucereuse par Valls ou Macron comme par Copé ou Lemaire, n’en sont pas moins porteuses d’une violence sociale inédite. Le peuple qui ne se reconnait plus dans ces partis et ces discours dominants, et pas davantage nécessairement, contrairement aux idées reçues (que fait-on dire aux abstentionnistes, à présent le parti le plus populaire de France ?), dans les idées à vomir du FN et de ses conjoints, se sent abandonné. Aussi, quand il voit avec effarement cet emballement médiatique et politique, les deux à l’unisson dans une confondante complicité, se répandre dans une touchante unanimité en discours larmoyants sur la bonté et la grandeur du grand patron de l’une des sociétés les moins éthiques qui soit,  et de plus fondre comme un seul homme sur sa proie, le bouc émissaire pourtant (malgré lui)  parole du peuple qu’est Filoche, il a peut-être le droit de ruer (un peu) dans les brancards,  en se sentant injustement désigné à la vindicte médiatique. Pire, il est révolté par l’injustice qui consiste à envoyer le soldat Filoche au tribunal militaire alors que les plus coupables et responsables de ce parti, la bande de la MNEF, les Le Guen, Les Cambadélis plusieurs fois condamnés, les Guérini et autres socialistes bon ton en délicatesse avec la morale et la justice, eux, ne sont jamais inquiétés.  Le dernier communiqué d’Ensemble, la formation politique à laquelle j’appartiens dit tout cela bien mieux que moi.  Alors, oui, nous nous reconnaissons dans le combat de GG à travers son tweet, malgré ses outrances, malgré l’incompréhension de le voir encore et toujours dans ce parti si éloigné de nos idéaux communs, et nous le faisons savoir, sur twitter, par centaines (et non quelques poignées, Juan), en reprenant en écho le tweet de notre GG national, à qui l’on fait dire ce qu’il ne dit pas. Non, nous ne crachons pas sur les morts, mais sur Total, ses magouilles, son fonctionnement capitalistique prédateur et incontrôlé, et le fait qu’il ne paie aucun impôt en France. Pire, malgré cela, l’Etat devrait peut-être lui faire un chèque pour les bons services qu’il a rendu à l’économie française. En ne payant aucun impôt. Et il faudrait se taire, ne rien signifier, ne pas broncher. Et ben non, nous avons nous aussi une morale, une conscience, un combat. Nous en avons marre que la lutte des classes soit gagnée chaque jour un peu plus par les riches, dont Monsieur De Margerie était un représentant. Et nous le faisons savoir comme nous pouvons, puisque nous ne sommes plus entendus. Il ne faut pas le dire, mais la guerre est là : elle est économique, et nous en faisons les frais chaque jour un peu plus, en plus grand nombre. L’ex patron de Total est mort dans un accident d’avion, pendant que des milliers de paysans se suicident, des centaines de salariés sont victimes de burn-out sous des pressions insupportables, vont jusqu’à s’immoler… Des milliers d’emplois sont supprimés, les trains de licenciements n’émeuvent même plus… Et nous pleurerions la mort d’un homme, un seul, fusse-t-il grand patron et « capitaine d’industrie » ? La mort de Margerie en vaut une autre, surtout quand elle est sacrifiée sur l’autel du grand profit international. Et de cela, nul ne pipe mot parmi les nantis, les ceusse qui ont une bonne conscience malgré les dégâts sociétaux et personnels irréparables. Et donc, dans ce contexte, dans ce flot de tweets nourris de tout ou partie de cela à la fois, voir paraître ce tweet raisonne comme une provocation à notre conscience de classe :

Juan

Monsieur De Sarkofrance, tu ferais mieux d’avoir honte de ce que ceux qui ont choisi le camp de Margerie font de sa mort. Tu ferais mieux d’avoir honte de commettre la même erreur que ceux de ta classe et de ton champ idéologique font en réduisant le combat d’un homme à un malheureux tweet, dont je ne partage pas nécessairement la forme, mais le fond. Tu commets la même en réduisant l’ami Pourrito, que tu balances comme ça en place publique (mais il est assez grand pour se défendre tout seul) à un seul tweet. Si tu ne le comprends pas, c’est que tu n’es pas franchement du même monde….. Sais tu ce que c’est seulement, de rechercher un emploi, de connaitre la galère de se voir désigné par les pouvoirs en place comme l’ennemi à abattre bien davantage que le grand patron qui fait des profits incommensurables et part tranquilou en retraite avec son parachute doré et sa retraite chapeau malgré les pertes considérables de son groupe et les milliers de licenciements ? n’est-ce pas plutôt ça l’insulte faite à notre société, et à notre pays ? Tu as choisi ton camp, permets nous de choisir le nôtre. Nous ne sommes pas du même monde. ce qui ne m’empêche nullement, comme tu le vois, de communiquer. Paix à ton âme.

« S’ils touchent au SMIC, je leur éclate la tronche ! »

SMIC jeunes

.

6940«… reste ce mystère des mystères : comment des gens sensés peuvent-ils se persuader qu’il est possible de relancer la croissance en diminuant les salaires ? » (Seb Musset)

Autant que vous le sachiez, la rumeur court en ce moment sur internet et les réseaux sociaux que le gouvernement aurait l’intention de s’attaquer au SMIC. Tout part de ce « rapport d’experts » consultable en ligne dans son intégralité ici. Autant vous dire tout de suite qu’ils ne sont experts ni en sociologie, ni en psychologie… comme le révèlera plus bas leur pédigrée.  En effet, leurs conclusions sont sans appel : il ne faut surtout pas augmenter le smic. Pire, ils proposent purement et simplement de créer un smic à géométrie variable en fonction de la zone géographique d’emploi. Les techniciens technocratiques nommeront cela « régionalisation du smic jeunes ». Je suis sans voix. Nos aïeux se sont donc battus jusqu’au sang et aux larmes pour que le fruit de leur lutte risque d’aboutir à une telle régression sociale, assénée par des experts auto-proclamés d’obédience probablement purement libérale, sans quoi ils n’auraient pas pour employeur… l’Etat  (DARES, Trésor, Sciences Po, Banque de France, Universités, OCDE (fonctionnaires internationaux). CQFD.

Au moment où j’écris ces lignes encore embuées de sommeil, des personnalités du monde de la Presse et des blogs se sont emparés de la rumeur. Mauduit pour Médiapart avec un titre (trop ?) fracassant, Juan dans ses chroniques politiques s’en prenant au premier (avec le soupçon en arrière fond de faire la peau à Médiapart pour raison d’affaire Cahuzac),  et Seb dans son « Tout est politique » avec un titre plus mesuré, puisqu’interrogatif. Cesera également le cas du mien.

Introduisons le sujet avec son propre préambule, qui me semble intéressant comme entrée en matière :

« Il va falloir vous le rentrer dans le crâne. Si le second semestre 2012 a été celui du bombardement idéologique sur notre « manque de compétitivité » quasi exclusivement focalisé sur le « coût du travail » et aboutissant à un cadeau fiscal supplémentaire de 20 milliards aux entreprises financé par une augmentation de la TVA, 2013 sera l’année des salaires trop chers. »

J’opte d’emblée pour cette vision orientée du débat. Ce qui m’y conduit procède en partie (seulement celle visible de l’iceberg de  ma conscience du sujet qui se cherche….)  de ce que j’ai constaté pas plus tard qu’hier soir aux infos sur France 2, où l’on a de toute évidence tenté de préparer les esprits. L’exercice proprement manipulatoire des mentalités publiques françaises auquel s’est livré Pujadas hier était véritablement hallucinant, et à mes yeux (seuls les miens ?) scandaleux. Un procédé cousu de fil blanc s’est fait jour (bien qu’en soirée J). On commence par apitoyer le spectateur avec le taux anormalement élevé du chômage des jeunes : 24.2 %, en précisant au passage que c’est l’un des taux les plus élevés dans l’union européenne.  Puis on enchaîne par le fameux rapport d’experts précité, en faisant état d’une proposition de débat national sur « l’assouplissement du salaire minimum », allant jusqu’à la création d’un SMIC jeunes « pour insérer plus facilement ces moins de 25 ans dans le monde du travail ». Et on enchaîne par un reportage dont l’image générique sert d’illustration à ce billet. Levée d’un tabou ? Le dernier tabou qu’on a tenté de faire sauter est de bien triste mémoire… Et donc, si on allait plus loin dans les régressions, c’est cela, le projet économique et social français ?

Je me garderai toutefois de faire comme d’autres le procès du gouvernement, dans la mesure où ne savons pas encore ce qu’il projette de faire de ce rapport. Je comprends cependant l’inquiétude de certains dans la mesure où la rapidité avec laquelle les préconisations du rapport Gallois ont été adoptées laisse un goût amer dans les cœurs… surtout à gauche, vraiment.

Pour en revenir à Juan, et son postulat de départ à propos de la démarche effectivement discutable de Mauduit (rapport = loi, experts = gouvernement), ce que je viens de dire à propos du rapport Gallois peut lui donner une partie de la réponse. Mais comme je n’ai pas accès au reste du texte de Médiapart, payant, j’éviterai de prendre parti. Sinon pour dire entre parenthèses qu’à force de tomber sur Médiapart en permanence, ces Leftblogueurs là vont finir par se discréditer totalement. Surtout que la suite de l’affaire Cahuzac ne leur donne pas franchement raison, ainsi que nous le rappelle de manière magistrale et brillamment argumentée Vogelsong.

Sur le fond du dossier, je me bornerai simplement à terminer ce billet par le fait qu’environ 20 % des salariés échappent déjà à cette règle de salaire minimum de par le fait qu’ils sont employés en contrats aidés, à un certain pourcentage du smic, variable selon l’âge et l’ancienneté. Par ailleurs, bon nombre de nos concitoyens travaillent à temps partiel, une proportion qui évolue d’ailleurs de manière exponentielle. La part du travail à temps partiel dans l’emploi est ainsi estimée par l’OCDE à 37.1 % (A titre d’exemple, elle est de 46 % en Allemagne, 44.9 aux USA) Veut-on aller vers ces modèles là, emprunts d’une telle rpécarité ? Du genre qui oblige à cumuler plusieurs temps partiels pour survivre ? Veut-on augmenter comme aux USA et au Royaume Uni la part des travailleurs pauvres ? Bel idéal !

 Aussi ne me semble-t-il pas franchement judicieux d’augmenter la part de nos concitoyens qui ont un salaire sous le SMIC à temps plein. Une telle part de ressources ne permet pas franchement en effet de faire face à ses dépenses vitales, il est utile de le rappeler à ceux qui seraient un peu trop éloignés de cette réalité là. Ni d’accéder à l’autonomie dont rêvent forcément la plupart de ces jeunes. Et cela même avec un SMIC à temps plein. Lorsqu’on aura résolu un montant de loyer si exorbitant qu’il atteint une proportion du salaire de plus en plus élevée, allant jusqu’à quasiment 50 % des revenus, on en reparlera. Mais pour l’heure… On en est loin. Déjà qu’on n’arrive même pas à proposer un habitat digne à chacun…ni à faire appliquer la loi de réquisition… Mais ceci est un autre débat.

Celui-ci, espérons-le, tournera court. Car si jamais on touche au SMIC, j’en connais un paquet qui auront maille à partir avec les forces de l’ordre très rapidement, et se feront un plaisir de venir, que ce soit de Notre Dame des Landes ou d’ailleurs… Est-ce  vraiment cela que recherche cette « gauche »  là ? Réussir l’exploit de mettre dans la rue plus de gens que Sarkozy lui-même, et sa droite nauséabonde ?

.

NB. J’ajoute qu’obéir aux injonctions libéralisantes de ce groupe d’experts auto-proclamés en n’augmentant pas significativement le SMIC, contrairement à ce que l’on a constaté en début de mandat, serait un très mauvais signal envoyé aux « masses laborieuses ». Doublé d’une bêtise économique sans nom, comme le rappelle à bon escient Seb Musset (cf. Voir en tête de ce billet). Nous ne disons pas autre chose en effet au Front de Gauche. Et les économistes atterrés non plus.