A tous ceux qui traitent les journalistes de « merdias »…

Un sondage américain donnait l’année dernière le métier de journaliste comme l’un des plus méprisés. Peu ont conscience du rôle joué par les médias dans le renforcement et la protection de la démocratie. Dans les pays en guerre ou les tyrannies, les journalistes sont aussitôt muselés, et leur expression n’est pas libre. Les journaux qui ont le malheur de relayer un autre discours que la voix officielle le paient généralement très cher, et les exemples ne manquent pas, comme récemment en Turquie. En France, nous n’en sommes heureusement pas là. Un autre problème les guette : la précarisation généralisée de ce métier. Ceux qui critiquent ou méprisent les journalistes  ont en effet une vision très stéréotypée et bien peu renseignée de ce métier. Ils n’en jugent que par les têtes de gondole que le système leur présente, que ce soit en presse écrite, à la télé, à la radio, ou sur les sites d’information. Mais ce qu’ils ne savent souvent pas, c’est que les personnalités les plus visibles et médiatisées ne sont que l’arbre qui cache la forêt des petites mains qui les portent au devant de la scène. Derrière eux, dans l’ombre, une nuée de pigistes qui ne subsistent bien souvent que très difficilement malgré leur talent parfois au moins aussi certain. C’est pourquoi je tenais à vous voir partager la réaction de l’un d’entre eux, sur facebook, qui m’a particulièrement touché. Je lui souhaite de tout cœur un avenir meilleur…

Sabr Jendoubi
La petite mort des pigistes.
Je quitte le journalisme après 10 années de passion dont 5 de Radio France. A mes camarades de boulot, merci pour tout. Ce fût une expérience extraordinaire, riche en rencontres humaines et intellectuelles, de l’habitus à l’état brut, comme dit l’autre. J’aimerai d’ailleurs en profiter pour m’excuser auprès d’Antoine Mercier pour avoir bafouillé plus d’une fois dans son 12h30 (ma plus grande honte et mon meilleur souvenir).
J’ai eu 30 ans. Quand je suis arrivé dans ce métier, j’en avais un peu plus de 20. J’étais passionné. J’étais certain de tremper la plume dans la plaie. J’ai toujours eu une âme de militant : ce métier devait être le prolongement de mes combats. Erreur. Et pourtant, j’ai travaillé avec des boîtes en quasi harmonie avec ma propre ligne éditoriale. Mais voilà, il faut remplir les cases, boucher les trous, attendre le coup de fil, envoyer des propositions tous les jours, guetter sa boite mail H24. Lécher des culs. Et tout ça pour quelques centaines d’euros par mois en moyenne, faut que ça s’arrête. Avec le petit salaire reçu parce qu’opiniâtre, il faut se payer son propre matos réfléchir à 10 fois avant de s’adonner à ces petits plaisirs (Oui je sais je n’ai qu’à arrêter de fumer). Faut aussi négocier avec les préposés de l’Etat Providence pour le complément RSA, mais c’est pas juste, puis expliquer en long et en large aux guichetier-e-s de Pôle Emploi ma situation qui différait selon les rédacs où je bossais.
Enfin, ce n’est pas que pour les soucis financiers que je me casse poliment, ça, à la limite, c’est facultatif. Je devrais parler auto-censure, traitements vaseux, et les gros fuck à la déontologie du métier qui nous sont un peu trop souvent imposés… Mais non, ça vous le savez déjà. Quand on est tenu par les bourses, on n’est pas libre.
Trop de précarité, trop de souffrance éthique, trop de sacrifices en somme. Y’a rien à regretter, juste le temps de passer à autre chose. Au revoir le journalisme, tu m’as usé, j’ai d’autres mondes à conquérir. Bon courage à tout-es les autres, franchement, ça vaut le coup.

 

#FN et pseudo « dédiabolisation » : exégèse d’un sondage tronqué par les médias

imagesFNEssayons de surmonter notre aversion pour les sondages qui ne mesurent pas grand chose, sinon la capacité des pigeons à les gober, comme en 2002 où nous avons été si dangereusement endormis… avec l’immonde résultat que l’on sait. Mais là, justement, il s’agit du FN, et peut-être pourrait-on donc considérer qu’il s’agit de vigilance citoyenne… bien que venant du Figaro on puisse fortement en douter. Cela nous fait  cependant une occasion de démontrer à quel point la lecture des sondages est un exercice diversement apprécié, souvent tronqué, parfois cyniquement biaisé, voire dans certains cas carrément tordu jusqu’à donner l’image d’un grand écart dans un milieu journalistique fortement sujet à caution morale.. Développons. Pour des données qui ne me semblent pourtant claires,  la seule vision des titres de journaux et sites qui ont exploité l’information est éclairante de la diversité des conclusions tirées par chacun, en fonction de leur teinte politique. Google recense 150 articles sur le sujet. Quelques exemples  signifiants :

Une majorité de sympathisants FN favorables à l’exclusion de Jean-Marie Le Pen

L’exclusion de Jean-Marie Le Pen du Front national ne fait pas l’unanimité

Seule la moitié des sympathisants FN approuve l’exclusion de Jean-Marie Le Pen

FN : plus de la moitié des sympathisants approuvent l’exclusion de Jean-Marie Le Pen

Déjà, rien que là, on voit que ces journaux ne tirent pas les mêmes conclusions. Si l’on était de mauvaise foi partisane (en l’occurrence de gauche, bien que dégagé récemment de toute contrainte partisane, ce qui me donne de plus grandes libertés), par exemple, on pourrait se demander si le journal qui a commandé le sondage, le Figaro, ne se montre pas quelque peu déçu de son résultat ( » Seule la moitié des sympathisants FN« ). A l’inverse, le site d’informations publique, France Info,semble estimer quant à lui un peu hâtivement (alors que les chiffres sont bien plus mitigés) que c’est une victoire pour la démocratie que la majorité des sympathisants du FN approuve la décision d’exclusion du patriarche. La tonalité générale des titres observés parmi cette production s’oriente d’ailleurs dans ce sens. Allons voir à présent le sondage pour nous forger notre propre conviction . Réalisé auprès de 963 personnes selon la méthode des quotas, par téléphone. Classique, plus fiable qu’un sondage internet, qui ne vaut lui pas grand chose. CaptureFN
Le ton employé par les journaux, dans leurs titres manifestement si orientés, entraînent un commentaire de ma part. Aucun d’entre eux par exemple ne dit pas qu’il y a nettement plus de français parmi les sondés (soyons prudents : seulement eux !)  à se déclarer indifférents à l’éviction de Le Pen plutôt qu’à l’approuver, comme tant l’expriment pourtant, ce que démontre pourtant clairement les données de ce tableau. Le sens même qui pourrait être donné à cette information est sujette à hypothèses : est-ce par indifférence à la chose politique ? Ou parce qu’ils pensent, (comme c’est mon cas d’ailleurs) que cela ne changera fondamentalement pas grand chose à la nature même du FN ? En outre, contrairement aux titres quelque peu plus optimistes qui préfèrent titrer sur la stratégie gagnante de la bande à Philippot, 47 % des sympathisants du Fn n’approuvent pas l’éviction du fondateur du FN, voire  s’en foutent carrément, ce qui n’est selon moi pas davantage bon signe pour ce parti.  Car cela peut marquer l’échec de cette prétendue dédiabolisation qui à la lecture de ces chiffres ne trompe pas grand monde… même au FN.
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Nous avons vu plus haut que, selon l’Express, ce sondage leur donne l’occasion de considérer que « L’exclusion de Jean-Marie Le Pen n’incite pas les Français à voter FN« . C’est faux. Car ce qu’aucun journal ne dit, et encore moins celui-là, mais que les données ci-dessus démontrent, c’est que par rapport à 2012, puisqu’on interroge seulement les personnes qui n’ont pas voté FN, la part de ceux qui après l’éviction de Le Pen pourraient voter pour le FN augmente de 14 %. Que par contre 85 % des sondés continuent à dire qu’ils ne voteront malgré tout pas pour ce parti d’extrême droite est tout de même encourageant. Les français (sondés en tous cas) ne sont donc pas dupes de la stratégie de dédiabolisation du FN, contrairement à Monsieur Sapir. Une réalité que n’exprime pourtant pas la plupart (si ce n’est la totalité hélas) des journaux. Notons au passage que selon un autre tableau plus bas qui donne plus de détails que celui-ci, moins on a de diplômes, plus on vote FN. Une clé quant au combat contre cette plaie nationale : l’éducation et la formation… CQFD. je pourrais étendre cette analyse de sondage par bien d’autres commentaires, mais je crains que ce billet ne soit trop long, et puisque de toute façon cela n’intéresse pas grand monde, je ne vais pas vous ennuyer. Mon but était de toute façon essentiellement de vous démontrer factuellement que les journaux utilisent les sondages à leurs fins, mais que la réalité est toute autre… Aussi, chaque fois que vous en voyez un, ne faites aucune confiance aux médias : creusez. Leur travail est en effet plus ou moins sérieux. Et en l’occurrence, plutôt moins que plus. Il faut dire à leur décharge que moi, j’ai le temps de faire ça, ce que n’ont plus bien des journalistes qui d ‘ailleurs n’en sont plus, sous la pression des infos en continu, trop rapides, mais correspondant hélas à des lecteurs/consommateurs plutôt qu’à des gens qui veulent connaître la vérité… Le général de Gaulle avait-il raison à ce point ?  On ne pourra pourtant pas me reprocher de n’avoir pas tenté de faire dans l’éducation populaire… contrairement à des médias qui caressent trop souvent les gens dans le sens du (mauvais) poil, oubliant un peu trop leur rôle social, sociétal, et donc pédagogique. Mais puisque la course au buzz, l’immédiateté, l’info pré-mâchée et pré-digérée est privilégiée, au détriment de la recherche de la vérité…. je m’efface. Regrets…. Car le Fn se développe également avec la complicité et la passivité des médias, qui s’abstraient bien légèrement de leur triste responsabilité. CQFD.

confirmation d’ Ijsberg Magazine en photo : #Tsipras est bien un véritable gauchiste !

CaptureVoilà la bonne surprise du jour que je tenais à partager avec vous pour sa fraîcheur et son originalité. Elle m’a permis de rencontrer au hasard de mes pérégrinations internétiques ce que je pensais de prime abord ressembler à un blog, mais qui relève d’un autre concept : le magazine virtuel, sur internet. J’ai appris par leur compte twitter qu’ils avaient obtenu le Prix Google/Sciences Po de l’innovation en journalisme 2014. Voilà qui me semble bien mérité tant sur la forme que sur le fond, ce qui est rare…..  Il y règne une sorte de magie indéfinissable… j’en vous en laisse seul juge : c’est ici. Pour ma part, j’ai été surtout attiré  je l’avoue  par ma curiosité militante, correspondant aux préoccupations médiatiques du jour. Trouver une photo sur laquelle on aperçoit très nettement Alexis Tsipras dans sa jeunesse participer activement au mythique G8 de Gênes, voilà qui ne pouvait que me faire plaisir. La voici :

Capture

Elle sert d’appât pour un dossier sur la situation de la Grèce visible ici.  De rien. Merci. Salutations militantes. De gauche, Et de combat.

le monde de l’information, colporteur de la peste ou acteur d’un monde meilleur ?

ACRu5ClLe droit du public à une information de qualité, complète, libre, indépendante et pluraliste, rappelé dans la Déclaration des droits de l’homme et la Constitution française, guide le journaliste dans l’exercice de sa mission. Cette responsabilité vis-à-vis du citoyen prime sur toute autre (Charte d’éthique professionnelle des journalistes)

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Contrairement à beaucoup de mes concitoyens, j’ai une haute opinion du journalisme et de l’information. Du moins, quand ils sont traités conformément à la charte de déontologie du journalisme, et non comme le font de plus en plus de journaux et de sites d’infos, exclusivement soucieux de rentabilité à court terme, de buzz facile, sans aucune investigation, en se contentant simplement de servir de courroie de transmission aux dépêches de l’AFP, de Reuters, quand ce n’est pas de simples rumeurs, en boucle, à la manière des chaînes d’information en continu, qui abêtissent les téléspectateurs. Le bon journalisme nécessite du recul et une distance critique que la plupart des journaux n’ont plus. Non pas la faute aux seuls journalistes (faut bien qu’ils vivent…), mais également à un système économique d’essence capitalistique dont on connait les quelques propriétaires monopilisants,  qui les formatent et ne leur laisse guère le temps de travailler mieux. Ce cadre posé, j’estime cependant que le système médiatique a une forte responsabilité dans la crise politique qui est en train de se jouer sous nos yeux écœurés, et dont on ne cesse de nous dire qu’il conduit invariablement au pire : l’accès au pouvoir du FN. Pourtant, comment les médiacrates peuvent ils s’abstraire si facilement, à moins que cela ne les dérange pas outre mesure, de la plus grande visibilité des personnalités et des idées d’extrême droite auxquelles ils sont en train de donner en ce moment tant de crédit ? Comment expliquent-ils que l’on invite sur les plateaux de télé et de radio toujours les mêmes, aux saillies prétendument politiquement incorrectes sous le prétexte fallacieux de liberté d’expression, alors qu’ils  répandent les pires insanités mensongères à fort contenu discriminatoire,  sans rougir, et sans être davantage inquiétés  ? Quelle autre raison que de faire de l’audience ? Alors qu’à côté de cela, on voit si peu de personnalités qui expriment une vision politique un peu plus alternative que cette sorte de consensus un peu crasse, fait de racisme et de libéralisme bon teint qu’on voit se pavaner un peu partout malgré la profusion des chaînes et des sources d’information … Cela explique probablement la grande méfiance du grand public envers les médias traditionnels et le pouvoir de nuisance des sites et des personnalités confusionnistes et conspirationnistes sur les esprits simples ou égarés. Peut-on toutefois leur en vouloir de rechercher un autre projet de société  que celui qu’on est en train de leur vendre en ce moment, si peu enthousiasmant, fait d’austérité et de renoncement pour les uns, et d’enrichissement personnel maximal pour les autres ?

J’aimerais qu’enfin le monde du journalisme et de l’information se reprenne en main, ne se laisse pas aller à une production de si mauvaise qualité et si peu diversifiée. Nous méritons mieux. Et il serait bon que ce prétendu 4ème pouvoir le reprenne vraiment et s’engage dans une démarche véritablement novatrice qui consisterait à se montrer un peu plus soucieuse de pédagogie de l’information qu’elle transmet, en s’adressant davantage à l’intelligence des citoyens que nous sommes ou pourrions être si on nous présentait des informations sous un angle un peu plus propice à développer notre esprit critique. Plutôt que de nous donner à manger tant de merde, dans l’exacte logique de la célèbre citation de l’ancien président de TF1 selon laquelle il faut exploiter au maximum du temps de cerveau disponible. Bien qu’elle s’appliquait à la publicité, il serait peut être temps de nous démontrer que l’info d’aujourd’hui ne se limite pas à cela, ce simple instrument de propagande au service d’une minorité idéologique et financière dominante. Et qu’elle peut éclairer davantage le peuple qu’elle n’en obscurcit tant le jugement aujourd’hui, en le conduisant si massivement vers le néant des extrémismes de tous poils. je ne les laisserai alors jamais dire qu’ils ne savaient pas. Qu’ils assument. Et avancent.

le blogueur politique dans son jus

chercheur d'orCette journée qui commence par un solide et récurrent mal de crâne, duquel il faut s’extraire pour tenter de glaner l’information – LA pépite ! – qui sortira un petit peu de l’ordinaire, ou que l’on traitera sous un jour différent, plus calibré, circonstancié, personnalisé, étonnant… L’information avec un grand I,  avec laquelle on se fera plaisir à écrire et à penser, à découvrir, et qui peut-être plaira un peu au point d’amener un peu plus de lecteurs que d’ordinaire…

Alors, aujourd’hui, comme tous les autres jours de l’année (exercice d’une discipline de fer à laquelle je déroge rarement),  il faut se faner le torrent de boue grisâtre du flux d’informations de son reader,  dans lequel – ça recommence… – on apprend que 62 % des français ne veulent plus de Hollande tout de suite et maintenant.  Mais de cela on se fout comme de sa première chemise, puisqu’on le savait déjà, tout le monde le dit autour de soi,  et que ça vient d’un immonde torchon de droite, et qu’en plus y en a franchement ras le bol de tous ces sondages qui nous polluent la tête jusqu’à la nausée… Puis vient Thévenoud encore sur lequel j’ai déjà tout dit… Mais quand le système a trouvé sa proie, manifestement il ne le lâche plus, jusqu’à l’absurde… Même Korben ne parvient plus à me faire rire avec la ficelle archi-usée par les réseaux sociaux  de la phobie administrative du Monsieur. Je contourne le (trop gros) marronnier du 11 septembre pour lequel je n’ai pas d’appétence particulière pour me diriger vers une information assez éclairante sur les us et coutumes de la gente oligarchique qui nous gouverne sans la moindre espèce de gêne : le vieux réac luxembourgeois qu’est Junker n’a rien trouvé de mieux que de nommer Miguel Arias Canete  Commissaire Européen à l’Énergie et au Climat. Or, il semble y avoir un léger conflit d’intérêt puisque ce Monsieur, dont j’apprends qu’il est par ailleurs connu pour ces propos volontiers sexistes, est le dirigeant,  et toujours actionnaire, de deux compagnies pétrolières situés aux Îles Canarie… On arrête pas le progrès. Mais je ne traiterai pas cette information non plus puisque j’ai déjà parlé de la composition de la commission européenne hier, et que Mathieu Agostini et Corinne Morel Darleux l’ont déjà fait ici, et bien mieux que je ne le saurais. Vient ensuite le moment où l’on se heurte à ce genre d’inévitables scories médiatiques qui ne présentent aucun intérêt sinon d’apprendre que Bourdin est un gros macho particulièrement sexiste pour qui montrer les gros bras qu’il n’a pas représente un argument de choc. Les dames apprécieront. La guignolade excessive et pitoyable de Morelle, du même acabit, nous la mépriserons. Cela n’intéresse que les sites de droite. On passera les nouvelles (un peu trop) désespérantes du monde comme il va, avec son lot de guerres sur fond de fanatisme religieux ou nationaliste (quand ce n’est pas les deux..),  pour faire un détour par ce plaisant palmarès  qui attribue le premier prix de la langue de bois (grâce auquel vous apprendrez qui a l’honneur de succéder à Harlem Désir), mais dont on aurait voulu qu’il s’adressa à l’ensemble du personnel politique plutôt qu’au seul PS, qui n’en a pas l’exclusivité, loin de là… Je reste donc sur  ma faim. Dois-je vous l’avouer ? Comme je ne suis qu’un homme, les mots seins nus dans mon lecteur de flux ont fatalement suscité ma curiosité et je me suis donc rendu sur cet article d’une journaliste particulièrement motivée dont l’exploit est à signaler, et les résultats de l’expérience plus positifs qu’on ne l’aurait présagé. Mais cela se passait au Canada, n’est-ce pas…. je n’en dirai pas plus. Puis voilà une absurdité scientifique parmi d’autre, le genre de hoax que les climato-sceptiques, du genre de cet ancien ministre de l’éducation assez ridicule dont je me suis dépêché d’oublier le nom,  pourront toujours gober selon leur bon vouloir…. Plus intéressant, ce rapport de la Brigade financière qui remet en cause « le bien-fondé de la procédure d’arbitrage », à l’issue de laquelle Bernard Tapie avait obtenu 405 millions d’euros, qui fait l’objet d’une enquête en cours dans laquelle Christine Lagarde a été entendue récemment et mise en examen pour négligence. Le fait que Tapie se soit engraissé sur le dos du contribuable me reste encore en travers de la gorge. Mais le dossier est trop complexe et ma formation en matière de droit et de technique économique bien trop ténue pour que je m’empare de la chose. Aussi, je crois bien que je vais me pencher sur une question relative au droit des femmes. A moins que ce ne soit sur les rapports entre la musique et la politique ou sur…. Non, je ne vous dirai pas. La suite au prochain billet. Faudra attendre… A moins que vous n’ayez un thème à me proposer qui vaudrait le détour ? Je suis toute ouïe…

les médias nous prennent-ils pour des cons ?

Après les fuites du livre de Valérie Trierweiler, les librairies prises d’assaut pour se procurer le livre de Valérie Trierweiler,  l’Élysée répond aux accusations de Valérie Trierweiler, le livre de Valérie Trierweiler vendu sur le Bon Coin, les libraires qui refusent de vendre le livre de Valérie Trierweiler, voici en avant première sur Slate.fr :

Les libraires ont-ils le droit de refuser de vendre le livre de Valérie Trierweiller?

Marre de cette prétendue information de bas étage qui pollue notre quotidien et ne sert qu’à masquer les vraies questions… Assez de cette immonde  pollution médiatique !

la baudruche dominicale des médiacrates

Onomatopee06Quand on n’a rien à moudre sur le champ des actualités, hormis de tourner en boucle toute la journée durant le scénario fantasmé du spectre de la guerre en Ukraine, on peut alors se perdre dans la pantomime du remaniement gouvernemental, ce serpent de mer bien français.

Même les plus grands s’y mettent, en 1228 mots exactement, pour mieux délayer le vide intersidéral de la non-pensée, la fièvre inexistante d’une attente qui ne concerne qu’eux, médiacrates suffisants, si éloignés des préoccupations populaires, qui très certainement en ont bien d’autres, plus vitales…

Pourtant, des noms circulent, comme ceux de Valls, Fabius plus récemment,  Bartolone et même… Elle. Des hypothèses se bâtissent sur des cloisons de fumée, de la dilution de brouillard.

Capture

Tout ça nous intéresserait peut-être un peu si on parlait de virer le premier ministre, soulier inusable pour qui n’avance pas… Mais on ne parle que de gouvernement resserré, ce qui laisse la part belle à la critique, celle qui s’étonnerait de ce que l’on ait si bien nourri (et le reste…) pendant deux ans une vingtaine de ministres qui à présent, donc, ne serviraient plus à rien. Bel aveu d’irresponsabilité, par lequel on se montre bien dispendieux des deniers du contribuable…

Mais qu’importe, pourvu que ces messieurs des médias dominants connaissent l’ivresse d’encore et toujours remuer du vent. La vacuité de ce billet leur doit beaucoup.

Messieurs, je ne vous remercie pas.

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Pensée Express, pensée kleenex… (voir PQ. Renvoi vers FN possible également)

imagesC’est vraiment très très étonnant. J’apprends par un prestigieux magazine d’information,  d’une qualité irréprochable, au  rédacteur en chef à la pensée hors du commun, à la totale innocence quant au sujet évoqué, que les Français n’ont pas confiance en la classe politique !  Et pire que, tenez vous bien, « Cette méfiance affecte surtout la gauche et la droite, au profit du FN. » Il est vrai que l’Express n’a jamais rien fait pour qu’on en arrive là… Tout comme son frère jumeau, Le Point. Si l’on ajoute à cela que 69% des personnes interrogées estiment que la démocratie en France ne fonctionne pas très bien ou pas bien du tout (c’est vrai qu »avec le FN, il est évident qu’elle fonctionnera beaucoup mieux… bande de nazes), et que 67% pensent qu’il y a trop d’immigrés en France (+2 points), voilà qui ne conditionne absolument pas, et qu’aucun élément d’information n’est réuni pour inciter à voter FN, n’est-ce pas. Rajoutons donc une couche en précisant que  63% continuent de penser que voter est le meilleur moyen d’exercer de l’influence sur les décisions politiques, plutôt que de manifester dans la rue (32%) ou de faire grève (23%, ce qui correspond en tous points à la position traditionnelle du FN qui éprouve un certain plaisir à mépriser ces feignants de fonctionnaires qui peuvent EUX manifester, et la boucle est bouclée.

Mais bon, quand on sait que le sondage absolument pas fiable a été réalisé par internet sur une population absolument pas représentative qui ne lit que l’Express ou à la rigueur le Figaro, et que c’est le fameux Opinion way qui a fait le boulot, nous voilà  rassurés…. à bon compte. Tout ça, c’est du pipeau, n’est-ce pas ?

Sauf que dans une certaine légende, un certain joueur de flûte emmenait les rats vers leur perte. #jedisçajedisrien….

Y a-t-il une pénurie de journalistes (vraiment) de gauche, ou bien ?

Sur une dérive certaine, d’un professionnalisme incertain, du journalisme politique, pris en flagrant délit de propagande politique… Par conflit d’intérêts ?

Serait-ce parce que je suis davantage politisé qu’il y a quelques années ? La grande absence de déontologie du journalisme actuel et la trop grande visibilité des parti-pris idéologiques des journalistes vedettes, ainsi que de ces prétendus experts qu’ils invitent dans leurs pseudo-débats factices pour donner une illusion démocratique au bon peuple de France, ne me sont jamais apparus aussi nettement.

Jamais je n’avais autant eu conscience qu’aujourd’hui à quel point ils sont inéquitables, tant ils sont monstrueusement déséquilibrés. Pourquoi n’y a-t-il pas davantage de mesure et de dosage en fonction des différentes sensibilités politiques, dans les émissions qu’on nous présente, surtout quand elles ont une vocation théoriquement politique ?

Pourquoi n’y invite-t-on jamais de journalistes de Politis, d’Acrimed, de l’Humanité, du Canard Enchaîné, d’@si, de Médiapart,  ou de quelque autre journal alternatif, c’est à dire qui ne représente pas les grands médias et les intérêts dominants  ?

Tout cela me semble représenter une telle dimension de propagande idéologique, si flagrante à mes yeux (à moi seul?), qu’elle en devient un véritable scandale. Et je comprends donc mieux (sans forcément l’excuser toujours) ce qui amène parfois Mélenchon à faire preuve d’agressivité à leur endroit. Leurs questions un peu trop orientées, toujours dans le même sens, on peut comprendre qu’il puisse en avoir ras la casquette… ça frise le ridicule.

Mais peut-être aussi que j’y prête davantage attention dans le feu de l’action à l’approche des présidentielles, ceci d’autant plus que je soutiens un candidat pas forcément consensuel, et pas assez lisse pour ces milieux là ?

En tous les cas, je n’ai jamais autant ressenti la désagréable impression qu’on tentait de me forcer la main, et je n’aime pas ça. Je ne suis probablement pas le premier à le dire, mais j’en avais besoin, un blog, ça sert à ça aussi. Je suis peut-être en train de ressentir en ce moment au fond de mes tripes ce que Chomsky nommait la « Fabrique du Consentement »… sans vouloir faire mon pédant : je ne l’ai pas lu, j’en ai juste l’intention, maintes fois reportée. Ça ne fait pas de mal d’être honnête…

Et si l’absence de morale journalistique répondait finalement à l’absence de morale en politique comme dans les milieux de l’entreprise, du travail, ou/et financiers ? Les uns répondant aux autres et s’auto-entretenant, finalement, en un tout cohérent par sa propre absence de règles stables ? Tous mus en fait par un seul liant, une seule règle, une seule limite, celle que justement, au Front de Gauche, nous voudrions bien voir dépassée : la recherche du gain à court terme… Les règles sacro-saintes du marché libre et non faussé transposé dans le domaine du journalisme, dans lequel seule importe la cible commerciale, à travers les différents journaux…

Serait-ce ce qui explique que le Programme du Front de Gauche et Mélenchon soient si souvent et violemment attaqués par les médias dominants, dont ils dérangent les desseins ? Et les intérêts…

Serait-ce ce qui explique le cynisme de certains journalistes, qui ne voient aucun problème à changer de journaux à priori aussi différents que le Nouvel Obs, le Figaro, le Point, Libération et squattant différentes chaînes de télévision… (publique avez vous dit)  ? Sans parler des radios, voilà tout un panorama finalement pas franchement nouveau mais qui frôle aujourd’hui son paroxysme, judicieusement dénoncé par les « Nouveaux chiens de garde », que je n’ai hélas toujours pas pu voir… Et que dénoncent ou méprisent forcément tous ces gens là, incapables qu’ils sont devenus de se remettre trop fortement en cause, pris qu’ils sont par la toile…

Mais non, rien à faire, vous n’arriverez pas à me faire voter Hollande, et pas davantage Sarkozy. Mon sens critique n’est pas encore totalement éteint par la pression ambiante… Désolé.

Indécrottablement, je ne suis pas à vendre… ni à acheter. Et comme je ne suis pas encore journaliste… ni politique, je fais ce que je veux. La liberté de penser et d’écrire n’a pas de prix. Juste celui de quelques petites misérables insultes de temps en temps. C’est supportable.

N.B. j’ai vu je ne sais plus où, probablement sur twitter, une femme dire par ironie qu’il faudrait peut-être faire établir par le CSA un temps de parole pour les journalistes… de droite. On en sourit, mais… c’est vrai qu’ils envahissent tellement tout l’espace médiatique ! Misère du sarkozysme. Vivement la pluralité.

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Ps. Mais peut-être une autre piste de réflexion est-elle à rechercher par ici ? Ce pourrait être également intéressant de creuser…

 

Les contours de la mélenchophobie sont un peu trop roses à mon goût

Source Pascal Colrat (cliquez sur l'image pour en voir d'autres)

Les donneurs de leçon médiatique finissent toujours par être confondus par la réalité. Ce n’est qu’une question de temps. Je le dis pensant à Jérôme Cahuzac dont le pire des déclarations n’est pas le mensonge politicien à propos de négociations qui n’existent pas. Pour en prendre la mesure vous vous souviendrez que j’ai exprimé à plusieurs reprises mes inquiétudes sur les coupes massives dans les dépenses publiques qu’implique le projet de François Hollande. Or , Jérôme Cahuzac, chargé du budget dans son équipe vient de confirmer très précisément l’ampleur de ces coupes dans Le Monde du 28 mars. Cahuzac me donne malheureusement raison là où Patrick Cohen et Libération m’accusaient de tromperie. Le 1er février dernier, sur France Inter, j’avais indiqué que François Hollande prévoyait de baisser les dépenses publiques de 50 milliards d’euros. Je m’appuyais pour cela sur les tableaux présentés dans son programme aux pages 40 et 41. Hollande y propose que la part des dépenses publiques dans la richesse du pays passe de 56,5% en 2012 à 53,9% en 2017. Cela signifie qu’il veut moins de dépenses publiques pour le pays qu’il n’y en a aujourd’hui dans la France de Sarkozy. Son projet représente une baisse des dépenses publiques de 2,6 points de PIB soit 50 milliards environ. A l’époque, dans la deuxième partie de l’émission de France Inter, on se souvient que Patrick Cohen avait contesté ce chiffre. Il s’était fait l’écho de protestations reçues au moment même où nous parlions, en temps réel, de l’équipe de François Hollande. C’était une scène assez surréaliste. Puis, dans la foulée, c’est Libération qui prétendait contrer « l’intox » de Mélenchon en qualifiant mon analyse de « tordue ». Vous pouvez retrouver l’article sur le site internet du journal. Un mois et demi après, le conseiller budgétaire de François Hollande en personne passe aux aveux et me donne donc raison. Bien sûr, vous n’en lirez aucune mention dans Libération et n’en entendrez rien dans la matinale de France Inter. Je vous livre donc la citation exacte de Jérôme Cahuzac dans Le Monde du 28 mars : « François Hollande a choisi, lui, de ramener le rythme de progression, en volume, de la dépense publique, de 1,7 % l’an ces dernières années, à 1,1 %. Avec des hypothèses de croissance assumées, cela diminuera la dépense publique de 2,6 points de PIB en 2017, soit une économie de 50 milliards d’euros. » C’est exactement les chiffres que j’ai donnés, à la décimale près !

Chacun sait donc désormais à quoi s’en tenir quant au programme d’austérité du candidat socialiste. Et si vous n’avez pas bien compris, lisez encore Cahuzac : « Pour annuler le déficit public en 2017, il faut un effort de 4 à 5 points de PIB [produit intérieur brut] dans la mandature. Nous y sommes prêts. » « 4 à 5 points de PIB » représentent entre 80 et 100 milliards d’euros. Puis Cahuzac explique en quoi consiste l’austérité selon Hollande en prenant un exemple concret : « Clairement, cet objectif interdit la création nette de postes dans la fonction publique d’Etat pendant le prochain quinquennat ». Jérôme Cahuzac confirme ce que François Hollande a déjà reconnu : toutes les créations de postes seront compensées par des suppressions ailleurs. Dis autrement, pour créer 60 000 postes dans l’Education et 10 000 dans la sécurité publique, François Hollande va supprimer 70 000 postes de fonctionnaires supplémentaires. Je me permets donc de poser une question simple : où veut-t-il supprimer 70 000 postes de fonctionnaires supplémentaires dans les cinq prochaines années ? Où-juge-t-il que c’est possible ? Pourquoi ne le dit-il pas ?

Jean-Luc Mélenchon, face à l’artillerie lourde

Il est effectivement surprenant d’entendre la sempiternelle caricature se faire de plus en plus violente envers le Front de Gauche, constituée par,  sans cesse,  les mêmes éléments de langage : programme inexistant, peu crédible (alors que plusieurs économistes de renom le soutiennent…), archaïque (le pire des archaïsmes n’est donc pas celui qui plonge la Grèce, l’Italie, et maintenant l’Espagne dans cette folie austéritaire contre-productive ?), violence de Jean-Luc Mélenchon (la pire des violences n’est-elle donc pas celle que le système capitaliste est en train de faire subir aux peuples ? A-t-il déjà frappé quelqu’un ? Ne confond-on pas ici violence avec passion et force des convictions ? ), et cet éternel risible argument du vote utile alors que l’utilité irréfutable de notre intervention dans cette campagne est de plus en plus indéniable… Comme je l’ai lu sur le billet (voir ci-dessous) de Rodolphe, on se demande bien pourquoi, si nous sommes si ridicules, petits et méprisables, si insignifiants, si démodés, on dépense ici et là tant d’énergie à nous taper dessus et à nous faire la leçon de l’exemplarité du comportement et de la méthode… que l’on n’applique en outre qu’aux autres et surtout pas à soi. Ainsi, j’ignorais cette terrible anecdote (mais elle ne m’étonne guère) citée par Jean-Luc Mélenchon dans ce même billet qui cite « Gérard Collomb, le maire de Lyon, vieux complice de Hollande dans les grandes manœuvres d’appareil au PS. Dans Le Figaro du 29 mars, il explique à mon propos : « Le modèle qu’il défend, on l’a essayé en URSS, au Cambodge, ça ne marche pas ». Jusqu’ici on n’entendait ces âneries que dans la bouche des soutiens de madame Le Pen. Désormais, le FN et le maire PS de la deuxième ville de France utilisent les mêmes mots contre le Front de Gauche. « 

Tout est dit. Et écrit. Nous autres, électeurs du Front de Gauche, saurons nous rappeler de ces paroles inutilement blessantes. Elles ne sont d’autant plus pas un cas isolé que ce n’est pas la première fois qu’on tente de nous faire passer pour les fachos que nous ne sommes pas, nous qui luttons pied à pied contre les idées nauséabondes du FN et d’ailleurs, alors qu’une partie de l’intelligentsia socialiste tente de nous amalgamer avec ce parti extrémiste. Rappelons, c’est utile, que nous ne sommes pas d’extrême gauche, mais de gauche, tout simplement, là où le PS s’est laissé embourber dans les sables mouvants du libéralisme, ce qui lui vaut d’être déserté par les couches populaires… et son centre de gravitation se déplacer insensiblement vers le centre, que l’on croit plus mobilisateur pour attirer davantage d’électeurs, alors que c’est tout l’inverse qui se produit, comme l’ont prouvé amplement les dernières élections présidentielles, dont l’une d’elles a même vu, Ô grand exploit particulièrement socialiste du parti hégémonique, le Front National lui ravir la seconde place sur le podium du deuxième tour… Bel exploit ! Et ces gens là nous donneraient des leçons sur le mode du  Comment gagner les élections ? Allons, allons, un peu plus de réalisme, s’il vous plait, chers cousins… On eusse assez apprécié que vous réserviez vos critiques acerbes et votre violence verbale envers ceux que le candidat et les militants du Front de Gauche sont en train, sinon de terrasser, du moins de réduire à une proportion plus limitée… Qu’avez-vous fait, à ce sujet, pendant ces vingt dernières années ? Sinon vous complaire dans de beaux discours mondains…

ça suffit comme ça ! Front contre Front !

Amis  socialistes, à votre tour, ne vous trompez pas de colère…

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Sur ce même sujet, il est également utile de lire (et certainement bien d’autres…)  :

Mélenchon, sujet unique de la campagne, de Rodolphe Pourrade

Apathie, Barbier, Raffy : le Front de Gauche vous dit merci, le Cri du Peuple

La mode du Mélenchon bashing !  de Letang-moderne

Le Front de Gauche, ça agace ! de Romain Jammes

Le PS dindon de la farce Sarkozy! d’A gauche pour de vrai!

Quatremer, ou du hasard en journalisme, d’ Oskar K. Cyrus

et comme il n’y a pas de raison de s’accorder moins de considération qu’aux autres, oserais-je me citer ? Pour en finir avec Barbier, de votre humble serviteur…

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