« Quand la violence se déchaîne, la liberté cesse » ( dixit @EmmanuelMacron #NotMyPresident) #violencespolicieres

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« Ne parlez pas de “répression” ou de “violences policières”, ces mots sont inacceptables dans un Etat de droit. » (Emmanuel Macron, jeudi 7 mars 2019, lors d’une réunion du grand débat national à Gréoux-les-Bains, dans les Alpes-de-Haute-Provence)

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j’ai rarement assisté,  depuis aussi loin que remontent mes capacités d’observation et de critique du monde politique français, à un tel déni de réalité,  malgré l’évidence. Et ce qui est encore plus truculent, c’est lorsque cela est dénoncé en ces termes par celui qui dans ce pays est l’un des mieux fondés à témoigner de la crédibilité d’un pareil propos   :

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David Dufresne est en effet un  ancien journaliste de Libération qui a également participé à la création du site d’information Mediapart,  où il était chargé des questions de police et de libertés publiques. Il a également été rédacteur en chef de la chaîne d’information en continu i>Télé.  (source). Il se définit à présent comme écrivain-documentariste. Il est  généralement décrit par les médias comme LE journaliste spécialiste des violences policières, comme par exemple  ici :

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…. Son travail est soigneusement consigné ici. L’ensemble de ses signalements de violences policières, via twitter, sont publiés ici. On doit en être à plus de 500 au moment de l’écriture de ce billet…

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Son travail est repris par un grand nombre de médias français :

 

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En général, son travail, très méthodique, ça se présente comme ça :

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Et l’on voudrait nous faire croire qu’il n’y a pas de violences policières ni de répression, dans ce pays, jusqu’à nous interdire de les évoquer ?

Voilà qui me rappelle singulièrement les alternative facts de l’ère du Trumpisme triomphant…

Mais la réalité est têtue, en effet, comme le dit David Dufresne, quand elle est confirmée par les faits…

#NotMyPresident

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#mediapart #Quotidien : le #FN ne supporte pas la liberté de la presse

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Si nous étions dans un monde idéal, et que les journalistes étaient un peu plus solidaires et préoccupés par la sauvegarde de la démocratie, et de leur déontologie journalistique, ils feraient bloc et refuseraient de couvrir l’événement nauséabond. Seulement voilà, les mêmes qui font mine de s’étonner de l’essor des idées puantes dans notre pays sont les mêmes qui les diffusent en propageant chaque fait et geste du FN et de ses sbires. Nul n’est plus  dupe. Vous savez maintenant par élimination quels sont les médias main stream qui ne dérangent nullement le parti d’extrême droite…

Post-scriptum : le lendemain de la publication de ce billet, un journaliste du Quotidien s’est fait violemment expulser d’une visite de Marine Le Pen au salon des entrepreneurs. La vidéo est visible ici.

OUI, #ZE #Bolloré, la peur doit changer de camp… #JournalistesPasCouchés

Face au libéralisme carnassier délirant de « Monsieur » Bolloré, dont on voit bien et chaque jour un peu plus ce qu’il a d’idéologique et non de pragmatique (sinon, m’expliquer le beau bordel foutu par ce grand manager de ressources humaines (rires)  à Canal+ et iTélé), je suis très heureux de vous annoncer ceci :

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Ils ont bien fait de le faire maintenant, juste avant le gong… je dis ça, je dis tout :

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Sans parler de ceci, qui risque fort de faire de la dure fonction de bloguer un métier à hauts risques, réservés à quelques exceptions solidement dotées… :

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Justice déconnectée, justice ridiculisée #mediapart

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34 titres de presse, une douzaine d’association, et 48 000 personnes ont signé l’appel « Nous avons le droit de savoir« …

A compter de ce soir dernier délai,  Médiapart doit retirer tous les articles portant sur les enregistrements réalisés par le majordome de Liliane Bettancourt, point de départ de l’affaire du même nom. Ce sont donc plus d’une centaine d’articles, de fichiers vidéo et audio que le site d’informations payant doit supprimer, sous peine de très lourdes pénalités.

Pourtant, quand je vois le nombre de sites et de journaux qui ont proposé d’héberger les documents de Médiapart suite à ce jugement que certains assimilent à tort ou à raison à de la censure , je me dis que le monde n’est pas si pourri qu’on pourrait le penser… Dernier en date : Rue 89.

Mais je me dis aussi que le juge qui a pondu ce jugement doit vraiment passer à présent pour un imbécile aux yeux de beaucoup, tant cette sentence fait sourire à l’heure d’Internet, où un contenu donné peut être démultiplié à volonté et déposé sur un site donné sans aucune possibilité d’en saisir le contenu si on le souhaite. Mais peut-être la loi sur laquelle se base ce jugement si déconnecté des réalités numériques en est-elle resté au format papier ? #jeposelaquestion…

En attendant, merci à tous ceux qui soutiennent l’information libre et non faussée par les pressions financières de toutes sortes, plutôt que la « presse purée« . Il en va de notre droit de savoir… et d’agir en conséquence. Question de salubrité publique.

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Le FN n’aime pas la lumière #mediapart

CaptureL’origine de l’attaque judiciaire ? Cet article : « Marine Le Pen en plein conflit d’intérêts au Parlement européen. Depuis, bien d’autres médias et blogueurs l’ont reprise. Forcément, ça ne plait pas… Les vampires n’aiment pas la lumière. Et le clan fortuné des Le Pen, le journalisme d’investigation. CQFD. Pour les autres >

La pétition est ici.

Ps. Et dire qu’elle dénonçait autrefois ce même genre de pratiques… Voilà qui est savoureux  ! (Merci à Jean Gautier sur twitter) :

#OffshoreLeaks : après Cahuzac et J.J.Augier, la liste est encore longue…

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Le trésorier de campagne de François Hollande a investi aux Caïmans

En plein scandale Cahuzac, la révélation tombe au plus mal. Jean-Jacques Augier, 59 ans, homme d’affaires et figure discrète du monde de l’édition, qui fut le trésorier de François Hollande pendant la campagne présidentielle de 2012, voit son nom apparaître dans les documents auxquels Le Monde a eu accès. Ceux-ci montrent qu’il est actionnaire de deux sociétés offshore dans les îles Caïmans, par le biais de son holding financier Eurane.

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En fait, le Monde n’a pas grand mérite puisque cette information provient de l’ICIJ, un « consortium international de journalistes d’investigation » qui a reçu lui-même un disque dur dans sa boîte aux lettres un beau matin. A l’intérieur, 260 gigaoctets de données… On aimerait bien en connaitre l’origine…. et l’intention.  Mr Augier n’est en effet pas le seul concerné,  mais bien d’autres… :Capture

On attend impatiemment la suite… Il n’y aura probablement pas en effet que le capitaine de pédalo qui va devoir ramer dans la tempête, mais bien d’autres, en France et dans le monde. Et la droite française ferait bien de ne pas se réjouir trop vite en parlant prématurément « d’affaiblissement de la gauche morale », car manifestement, l’ensemble des élites politiques de tous bords a du souci à se faire… Surtout quand elles ne parviennent pas à rendre conformes leurs actes et leurs paroles. Et j’en suis fort aise : j’appelle à l’assainissement de la vie politique publique depuis des années, je soutiens Anticor, et j’ai toujours estimé que ceux qui nous gouvernent devraient avoir un comportement exemplaire. Surtout en période de crise. On ne peut pas demander aux gens tant de sacrifices, rogner sans cesse leurs acquis sociaux, et laisser nos élites s’enrichir en échappant à l’impôt par leur pratiques d’exil, licites ou illicites, de capitaux. Sinon, on ne pourra pas se plaindre ensuite de pousser le peuple vers l’impasse du « tous pourris » et des orientations politiques extrémistes à vocation autoritaire et liberticide contre lesquelles je lutterai jusqu’au bout de mes forces.

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Cahuzac démissionné !

Cahuzac démissionnéLe parquet de Paris a requis, mardi 19 mars, l’ouverture d’une information judiciaire contre X, notamment pour blanchiment de fraude fiscale dans l’affaire concernant le ministre du budget, Jérôme Cahuzac. « Les investigations menées dans le cadre de l’enquête préliminaire doivent désormais se poursuivre dans un cadre procédural plus approprié au regard de la complexité des investigations à diligenter, notamment la mise en œuvre complète de l’entraide répressive internationale, en Suisse, mais aussi à Singapour »

Cela faisait longtemps que nous attendions ce moment, sûrs de notre fait malgré les quolibets et les attaques incessantes de certaines mouches du coche. Ils sont où, hein, à présent, ces blogueurs de gouvernement ?   Ces hollandais volants…  à la rescousse de leur ministre forcément blanc comme neige, pauvre victime de tirs de snippers isolés, pauvre homme injustement calomnié par de sombres officines, vulgaires faussaires de l’information, dans le cadre de procès proprement staliniens…   Où sont-ils à présent, ces indignés à la rose si peu épineuse qu’elle glissait sans l’écorcher sur le corps de la vérité ?

Nous  savons à présent que ce que soulignait courageusement Médiapart, ce journalisme d’investigation et de référence qui fait honneur à la liberté d’information de notre pays,  était vrai.  Aussi,  comme il est de tradition républicaine lorsqu’un ministre est sur le point de passer sous les fourches caudines de la justice, qu’ il propose sa démission au premier ministre,  pour que l’enquête puisse se dérouler sereinement,  sans pression d ‘aucune sorte. Ce serait là l’honneur de ce gouvernement que d’agir de la sorte pour rétablir le fonctionnement normal de notre république.

Nous attendons donc  un geste, un signe, pour être rassuré sur la rectitude morale de ce gouvernement là, qui ne saurait tremper dans les mêmes errements que ceux du sarkozysme en sa période triomphante… Surtout quand on pense que Monsieur Cahuzac se voulut un temps le pourfendeur des paradis fiscaux et champion de la lutte contre la fraude fiscale… ça fait tache.

Post-scriptum : j’apprends à l’instant qu’il vient d’être démissionné (zut, va falloir que je change le titre de mon billet) et remplacé sur le champ par Bernard Cazeneuve, en charge auparavant de l’Europe… En cet instant épique , une pensée toute particulière également pour Apathie, beau spécimen du journalisme de caniveau :

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Médiapart, entreprise de salubrité publique

Conférence Plenel UNP

 Médiapart a donc agi selon ses promesses, en diffusant l’ensemble des pièces du dossier Cahuzac en accès libre aujourd’hui. Les voici :

Le compte suisse du ministre du budget Jérôme Cahuzac
Cahuzac: l’aveu enregistré
Affaire Cahuzac: le gestionnaire de fortune qui sait tout
Florange, Cahuzac: l’effroyable semaine de l’exécutif
Le ministre n’est pas «impressionné» mais sa défense prend l’eau
Cahuzac: c’est quoi une communication de cris

J’avais pu en lire une partie grâce à l’envoi sympathique d’un ami blogueur du front de Gauche sur ma boîte mail. J’en profite donc pour  l’en remercier au passage. Figure dans ces pièces,  en sus,  un édito publié aujourd’hui dans les carnets libres d’Edwy Plenel. La vidéo qui y est intégrée a été tournée dans le cadre d’une conférence donnée par le précité à l’université permanente… de Nantes. Tout un programme :

C’est sans doute la pièce la plus intéressante de l’histoire. Car le dossier Cahuzac ne fait en somme qu’illustrer aux côtés de bien d ‘autres exemples le fossé persistant qui existe entre la parole et les actes, à droite comme à gauche, chez nos politiques. Faites ce que je dis, pas ce que je fais… Ce delta que,  contrairement à ce que pensent les grands de ce monde dans leurs certitudes élitistes (et ceux qui les accompagnent ou/et les soutiennent), les plus modestes d’entre nous ne voient que trop bien, au point de pouvoir en être parfois dégoûtés de la politique en général, et de leurs élus en particulier. Un écueil  sur lequel toutefois nombre d’entre nous ne se sont pas éventrés malgré leur lucidité, parce qu’ils ont peut-être conscience qu’il ne faut pas ranger tout le monde dans le même sac, et que ça ne sert qu’une seule cause : celle des cyniques, des obscurantistes, et des forces antidémocratiques.

je vous invite donc à lire l’ensemble de l’article. C’est ici. J’en aime le titre : L’Affaire Cahuzac, la démocratie et son écosystème

Que des politiques d’ extrême droite, de droite comme d’une certaine gauche tombent actuellement à bras raccourcis sur Médiapart en dit long sur leur redoutable efficacité journalistique. Un exemple de journalisme d’investigation dont leurs confrères ne donnent pas vraiment la preuve tous les jours si magistralement… A ne faire que relayer des dépêches d’agence sans rien apporter de réellement innovant ne sert pas franchement la cause et la crédibilité du journalisme français.  Si la charge des preuves que les journalistes de Médiapart avancent était si mince, pourquoi diantre s’en soucier ainsi ? Pourquoi les attaquer si durement ? Pourquoi se donner la peine d’en faire tant et tant d’articles ? Pour ce qui me concerne, la question est réglée : médiapart fait œuvre là comme ailleurs de salubrité publique, en provoquant le débat sur la question centrale à mon sens des conflits d’intérêts, et des collusions entre les affaires privées de certains de nos dirigeants et les décisions qu’ils doivent prendre dans le cadre de leurs fonctions. Une question qui devrait se trouver au cœur de nos interrogations sur la nature de notre système démocratique et du comment le faire évoluer dans le bon sens… Cette question que le gouvernement hollandais n’a pas voulu résoudre… malgré les promesses du candidat.

Aussi, dans cet esprit et ce sens, Médiapart nous promet ce soir un grand débat sur l’Affaire Cahuzac de 20h30-22h30 dont voici le programme :

1/ Jérôme Cahuzac et son compte suisse

Animé par Frédéric Bonnaud et Edwy Plenel

Avec Fabrice Arfi, Lénaïg Bredoux, Michel Deléan et Mathilde Mathieu.

2/ La fraude fiscale, un sport… international

Animé par Frédéric Bonnaud et Martine Orange

Avec :
– Antoine Peillon, auteur de Ces 600 milliards qui manquent à la France (éd. Seuil, mars 2012) (lire Fraude fiscale : comment le pouvoir protège UBS) ;
Thomas Coutrot, économiste membre d’Attac et des «économistes atterrés», spécialiste des questions du travail, de l’emploi et de la démocratie ;
– Catherine Gaudard, responsable du playdoyer à CCFD France Solidaire;
–  Xavier Harel, auteur de La grande évasion – le vrai scandale des paradis fiscaux (éd. LLL, 2010).

Je ne pourrai y assister, étant pris par ailleurs, mais je compte sur vous, chers lecteurs (et lectrices) pour m’en donner des nouvelles… ça promet !

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Connaissez-vous la différence entre journalisme de connivence et journalisme d’investigation ?

Hier, j’ai reçu un mail de Médiapart me faisant savoir que cet article serait publié en accès libre et qu’il s’agissait d’en faire bon usage… C’est ce que je fais donc ici, en le faisant savoir haut et fort. Et en vous invitant à faire de même sur tous les médias, réseaux sociaux et blogs auxquels vous avez accès. Pour qu’enfin nous advienne un véritable journalisme, non pas de connivence,  ou partisan, de manière larvée ou plus explicite, comme celui que nous avons connu pendant ces 5 trop longues années. Mais comme un élément essentiel constitutif d’une démocratie saine et équilibrée, où toutes les sensibilités politiques démocratiques peuvent s’exprimer avec la même possibilité de visibilité. Un journalisme qui respecte en outre, enfin,  les règles de sa profession… Qui doit renouer plus fortement avec sa déontologie pour retrouver sa crédibilité, et son attractivité auprès du grand public. Celui à qui je parle se reconnaitra.

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Les 10 questions de Mediapart à Nicolas Sarkozy

publié le 17 Avril 2012 Par La rédaction de Mediapart

Mediapart avait invité Nicolas Sarkozy à une émission exceptionnelle, en direct et en vidéo-streaming sur notre site, à la date de son choix avant le premier tour de l’élection. Le président-candidat a refusé. Pourtant, parmi les nombreuses questions que nous souhaitions lui poser, il en est 10 que nous estimons particulièrement importantes pour que les citoyens puissent voter correctement informés. Nous nous permettons donc d’insister en posant publiquement ces questions et en publiant nos échanges de courriels avec l’équipe du candidat UMP.<--break->

1. Vous avez déclaré avoir acquis un appartement sur l’île de la Jatte en 1997 grâce à des prêts contractés auprès de l’Assemblée nationale. Selon votre présentation du montage financier, ils se seraient élevés à 3.530.000 francs. Or l’Assemblée nationale affirme que vous n’avez pris qu’un seul emprunt immobilier à cette époque, de 1.680.000 francs. Avez-vous réellement payés le 1,85 million de francs manquant ? Si oui, comment ?

2. Dans son journal intime, à la date du 26 avril 2007, le photographe François-Marie Banier prête ses propos à Liliane Bettencourt : « De Maistre me dit que Sarkozy demande encore de l’argent ». Le même jour, 400.000 euros sont retirés en espèces des comptes suisses cachés de la milliardaire. Avez-vous demandé de l’argent aux époux Bettencourt dans l’entre-deux tours de l’élection présidentielle de 2007 ?

3. L’enquête judiciaire menée à Bordeaux dans le cadre de l’affaire Bettencourt a permis d’établir que le 18 janvier 2007, le gestionnaire de fortune M. de Maistre a reçu 150.000 euros en liquide, la veille d’une rencontre avec Eric Woerth, le trésorier de votre campagne présidentielle de 2007. Le 5 février de la même année, 400.000 euros ont été débités en liquide de l’un des comptes suisses des époux Bettencourt, deux jours avant une nouvelle rencontre entre MM. Woerth et de Maistre près de votre siège de campagne. M. Woerth, mis en examen dans ce dossier, a-t-il pu financer à votre insu par des fonds en espèces votre campagne présidentielle ?

4. Les enregistrements du majordome de Liliane Bettencourt font apparaître que l’héritière de L’Oréal a signé, le 4 mars 2010, un chèque à votre ordre. Quel est le montant et l’objet de cette contribution, qui ne peut être un financement politique puisque vous êtes à cette date président de la République depuis presque trois ans ?

5. Votre ancien collaborateur Thierry Gaubert, mis en examen pour « recel d’abus de biens sociaux » dans l’affaire Takieddine, a-t-il pris en charge durant les années 1990 vos vacances à Venise et à Miami, comme l’indiquent des témoignages recueillis par la justice ?

6. Votre directeur de cabinet Claude Guéant a noué d’importantes relations à partir de 2003 avec le marchand d’armes Ziad Takieddine, en le mandatant auprès de dirigeants libyens, syriens et saoudiens pour des opérations de diplomatie parallèle et des ventes de matériels de sécurité, alors que vous étiez ministre de l’intérieur. Avez-vous cautionné ces contacts occultes, généralement prohibés par l’administration ?

7. Selon les notes de Ziad Takieddine saisies par la justice, une réunion s’est tenue le 16 mai 2009 à l’Elysée en présence de Claude Guéant et de votre avocat personnel, Thierry Herzog, afin de « mettre de côté » le mandat d’arrêt visant M. Abdallah Senoussi, l’un des patrons des services de renseignement libyens, condamné en France à une peine de perpétuité par contumace, dans l’attentat terroriste du DC10 UTA, en 1989. Vous êtes-vous engagé auprès du colonel Kadhafi à blanchir judiciairement M. Senoussi, aujourd’hui réclamé par la Cour pénale internationale ?

8. Selon des documents saisis en France et au Luxembourg, vous avez autorisé, alors que vous étiez ministre du budget, la création de la société Heine, par où ont transité, le 7 février 1995, 20,3 millions d’euros. Cette société basée au Luxembourg était chargée de distribuer, pour le compte de l’entreprise d’Etat DCN, des commissions occultes à deux hommes d’affaires (MM. Ziad Takieddine et Abdul Rahman El Assir) actuellement mis en examen dans l’affaire des ventes d’armes du gouvernement français au Pakistan et à l’Arabie saoudite. Vous avez également validé, au sein de l’organisme de garantie d’Etat Coface, le montant de ces commissions accordées, tant par la DCN que la Sofresa, à ces intermédiaires. Pouvez-vous soutenir n’être pas impliqué personnellement dans cette affaire ?

9. Au lendemain de la sentence arbitrale, le 7 juillet 2008, qui a octroyé 403 millions d’euros d’argent public à Bernard Tapie, l’Etat aurait pu faire annuler cette décision prise par cette justice privée. En novembre 2008, la ministre des finances, Christine Lagarde a été informée que l’un des trois arbitres n’avait pas respecté l’obligation de « révélations étendues » à laquelle il était astreint, et n’avait pas déclaré qu’il avait déjà participé par trois fois à des arbitrages auxquels était partie Me Maurice Lantourne, l’avocat de Bernard Tapie. Christine Lagarde pouvait donc suspendre le versement de cette somme. Pourquoi ne lui avez-vous pas donné des instructions en ce sens ? Pourquoi, au contraire, ce fait a-t-il été caché au Parlement ?

10. Selon des documents et témoignages réunis par Mediapart, des sommes importantes – jusqu’à 50 millions d’euros – auraient été versées en 2007 à votre entourage par le régime de Mouammar Kadhafi, ce que l’ancien dirigeant de la Libye, son fils Saïf al-Islam et Abdallah Senoussi, l’ancien chef des services secrets libyens, avaient affirmé publiquement. Seriez-vous favorable à l’ouverture d’enquêtes judiciaires sur ces soupçons ? 

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Après avoir reçu dans le cadre de notre émission “Mediapart 2012” quatre candidats à la présidentielle (François Bayrou, Eva Joly, Jean-Luc Mélenchon, François Hollande), Mediapart a proposé à Nicolas Sarkozy un grand entretien diffusé en direct et en vidéo-streaming sur notre site. Edwy Plenel en a fait la demande, dès le 6 mars, auprès du conseiller presse de Nicolas Sarkozy, Franck Louvrier. Voici le verbatim de cette demande :

Le jour même, Franck Louvrier accusait réception en ces termes : « Merci pour votre invitation. Je prends en compte votre demande et vous tiens au courant.
Bien cordialement »

Après trois semaines d’attente, Edwy Plenel relancait Franck Louvrier, le 30 mars :

Franck Louvrier répondait le jour même : « À ce jour, je ne vois pas d’opportunité pour faire un entretien. Je vous tiens au courant,
Merci »

L’opportunité ne signifie pas l’occasion, en français, mais ce qui apparaît opportun. Tout était donc dit… À défaut d’un Nicolas Sarkozy faisant le choix de s’expliquer en direct devant une presse indépendante, nous venons d’adresser par écrit à son équipe nos dix questions. Il nous semble impératif que le président sortant daigne s’expliquer sur ces affaires révélées durant son quinquennat mais dont on s’aperçoit qu’elles ont accompagné une bonne partie de sa vie politique.

L’original est ici.

Il est ma foi certainement un peu tard pour répondre à autant de questions, si affilées, en si peu de temps. Aussi, il vous appartient, à tous et toutes (mais je sais que je peux avoir confiance en vous sans quoi vous ne seriez pas ici), de faire en sorte que si l’actuel Président/candidat ne veut pas répondre devant des journalistes, ou devant le peuple, il y réponde devant la justice qui ne manquera pas de l’interpeller, dès que cela sera possible… A moins qu’il ne choisisse de s’exiler dans un pays avec lequel il n’y a aucun accord d’extradition ? Je dis ça, je dis rien…

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Médiapart : et pan dans la gueule de Bertrand (et de l’UMP) !

 

Où il sera prouvé que Médiapart a bien fait son boulot de journalisme d’investigation dans l’affaire Woerth/Bettencourt, n’en déplaise à X. Bertrand… et à l’UMP :

Mediapart poursuit Xavier Bertrand en diffamation

 
Le secrétaire général de l’UMP a qualifié de «méthodes fascistes» les enquêtes de Mediapart. Voici le communiqué des avocats de Mediapart:

«Le quotidien numérique en ligne MEDIAPART a pris la décision de saisir le Doyen des Juges d’instruction du Tribunal de Grande Instance de PARIS d’une plainte en diffamation à la suite des propos tenus par Monsieur Xavier BERTRAND, secrétaire général de l’UMP, lequel a cru pouvoir qualifier de « méthodes fascistes » le travail de la direction et de l’ensemble des journalistes professionnels de MEDIAPART. 

 On rappellera que par ordonnances en date du 1er juillet 2010, le Tribunal de Grande Instance de PARIS a rejeté les demandes faites par Madame Liliane BETTENCOURT et Monsieur Patrice DE MAISTRE de censurer les enregistrements reproduits par MEDIAPART et commentés par sa rédaction aux motifs que leur sélection, qui excluait toute atteinte à l’intimité de la vie privée des personnes, ne répondait  qu’au but légitime d’informer. 

 Depuis, la révélation de certains contenus d’enregistrements au demeurant, non réalisés par MEDIAPART, établit définitivement le caractère public et édifiant des informations retransmises. Les éléments d’enquête postérieurs relèvent de la pure investigation journalistique sans qu’il puisse être reproché d’avoir manqué à la déontologie. 

 La presse d’information remplit un rôle essentiel dans les sociétés démocratiques. L’information n’est pas la propriété des journalistes ni des dirigeants politiques. Elle est d’abord le bien de tous les lecteurs, auditeurs, téléspectateurs, internautes et de tous les citoyens. 

 Les propos de Monsieur Xavier BERTRAND, émanant d’un dirigeant d’un parti du gouvernement, sont dès lors d’une exceptionnelle gravité. C’est pourquoi MEDIAPART saisira le Juge, gardien constitutionnel des libertés afin qu’il s’en explique. »

Par Jean Pierre MIGNARD et Emmanuel TORDJMAN, avocats à la Cour, conseils de MEDIAPART

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