Se prendre pour Jean Jaurès, fallait oser…

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93318-imposteur-cotta,bWF4LTY1NXgw« C’est en poussant à bout le mouvement économique que le prolétariat s’affranchira et deviendra l’humanité.  » (Jean Jaurès)

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Déjà, ce matin, ça commençait mal sur le front du socialisme. Politeeks nous alertait en effet sur  ce « nouvel outrage soc-lib en préparation » :

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Ce dispositif, qui n’étonnera pas ceux qui savent à quel point ce gouvernement est inféodé sans guère de recul aux intérêts financiers dominants,  fait dire à Politeeks  que  » c’est  le lobby patronal MEDEF à l’assemblée nationale ou même avant. ils n’auront plus besoin de déposer des amendements via des députés complices, et autres avocats d’affaires devenus élus. »  Je trouve cela en effet particulièrement choquant et relevant d’un conflit d’intérêts et de confusion des valeurs inquiétant pour le respect des intérêts populaires et contraire à l’esprit démocratique.

Puis je me remémore cette poussée de fièvre détricoteuse de nos droits salariaux (pourtant acquis de longue date et de forte lutte) propagée par les bons soins de Fabius, qui souhaite voir étendre le droit le devoir du travail le dimanche, dans une volte-face idéologique d’inspiration totalement libérale qui conduira à le banaliser. Et cela au détriment le plus clair de salariés qui n’auront pas le choix, ni hiérarchique, ni économique, ni personnel, de refuser. Le chantage à l’emploi, nous, on sait ce que c’est… Et puis il y a aussi le gel des retraites et des prestations sociales, toutes mesures de nature à faciliter la vie des plus modestes et à respecter la vocation du gouvernement qui devrait être de veiller à l’intérêt populaire…

Mais il est peut-être vrai, n’est-ce pas, chers (ou pas) blogueurs de gouvernement,  qu’au nom d’un pragmatisme obligatoire à sens unique qui ne sert en priorité bien visible de tous que les classes dominantes, il est indispensable de geler le salaire des fonctionnaires pendant (au moins…) 7 ans, pendant que les rémunérations des banquiers et des patrons français ne cessent de croître… 8% de perte de salaire depuis 2010, voilà une belle mesure de gauche… Cela va dans le bon sens, n’est-ce pas, Messieurs les libéraux hollandais qui se prennent pour de dangereux gauchistes… et à qui je fais pour une fois la grâce d’un lien que l’on ne me fait pas, alors que je suis l’insulté, plus que de raison…. La noblesse d’âme n’atteignant manifestement pas les gueux, qui sont toujours du côté des oppresseurs plutôt que de celui des plus modestes d’entre nous… L’austérité pour seule perspective socialiste, un projet de société véritablement innovant, pour sûr. Seuls les idiots comme moi ne peuvent pas comprendre… Vous savez, ces gens modestes qui ont hué Hollande lors de sa visite à Carmaux. Là où, précisément, Jaurès défendit les ouvriers contre leurs exploiteurs…. Fallait oser. Mais c’est à ça qu’on les reconnaît.

« Le capitalisme porte en lui la guerre comme la nuée porte l’orage.  » (J. Jaurès)

 

Intox 2007

9782020992299

Lu dans « Transformer, à gauche« ,  de Clémentine Autain, ces mots que je partage entièrement, m’y associant pleinement pour l’avoir déjà maintes fois souligné dans mes billets, autrefois…  :

Si des personnalités prétendues de gauche ont pu faire la campagne de la candidate socialiste à la présidentielle de 2007 puis, une fois l’élection perdue, participer au gouvernement de la droite sarkozyste, ce n’est pas un hasard. Contrairement à ce qui a pu être abondamment écrit ou dit, il ne s’agit pas de simples déroutes individuelles : de telles trajectoires sont possibles parce que les frontières idéologiques ne sont plus vraiment étanches. Ce qui sépare les deux grandes « offres politiques » – pour reprendre le vocable à la mode emprunté au monde marchand…- est désormais loin d’être abyssal, au point que l’on peut donner un coup de main, prétendre se rendre utile en s’alliant avec l’adversaire d’hier. Ainsi, certains socialistes comme Bernard Kouchner ou Eric Besson, des figures réputées de gauche comme la fondatrice de Ni Putes Ni Soumises Fadéla Amara ou l’ancien Président d’Emmaüs Martin Hirsch, mais aussi de nombreux collaborateurs de cabinets ministériels, ont pu franchir tranquillement le Rubicon. Même Michel Rocard ou Jack Lang ont accepté des missions gouvernementales ! Une fois actées les passerelles politiques, ce qui semble compter avant tout pour chacun d’eux, c’est d’obtenir son strapontin et de figurer au côté des grands (sic) de ce monde. Comme si l’on pouvait enfiler des œillères pour réaliser sa petite réforme technique ou son petit rapport indépendamment du projet politique que l’on sert… Si les convictions ont l’air secondaires, c’est qu’elles ne reposent plus sur des options idéologiques clairement identifiées et distinctes. L’identité socialiste et, plus généralement, celle de la gauche sont en cause. Comment Sarkozy est-il parvenu à s’annexer, pour anéantir la gauche, Jean Jaurès et Guy Môquet ? En attendant, de tels transferts contribuent à décrédibiliser la politique, à accroître la confusion.

Sans commentaires.