Discours de Sacha Baron Cohen à l’#ADL : aux racines de la haine, la responsabilité des entreprises d’Internet #NOHaters

S’il y a un discours dont la retranscription vaut d’être lu en ce moment, c’est celui-là, assurément. Il reprend en grande partie un ensemble de préoccupations qui sont  également les miennes en leur donnant une audience que je n’aurai jamais. Pourtant, je suis franchement ravi que l’on fasse savoir – de manière visible et je l’espère fortement médiatisée –  à quel point il existe des intérêts financiers importants qui dépendent du développement des discours racistes et qui, plus largement, soutiennent les discriminations en général, quelle que soit la manière dont on doive les nommer (ce que je nomme « l’industrie des petits producteurs de haine » ici).

Que cette réalité  soit davantage connue de tous, et que d’autres que nous (les convaincus, les sur-informés, les politisés et conscientisés…) en prennent conscience enfin, avant qu’il ne soit trop tard, surtout parmi les plus vulnérables que cela touche en premier lieu est une question de santé et de sécurité publique. Il faut le faire savoir, haut et fort, que les réseaux dits sociaux sont un outil central dans l’expansion des idées racistes et des actes terroristes, un phénomène sur lequel j’ai encore insisté dans cet article récemment ici. Il s’agit d’une véritable propagande installée par nos ennemis, anti-humanistes, avec ses mots clés, sa novlangue et sa stratégie de conquête, politique, économique, mais aussi lexicale. Elle est basée sur la généralisation des fakenews et du complotisme, d’une dimension en effet exponentielle et sur-multipliée rendue possible par l’usage d’Internet,  comme l’évoque Sacha Baron Cohen, car rien ne les dérange plus, les haineux dont il s’agit,  que la vérité.  Elle repose aussi sur la lutte, le rejet  voire l’exclusion systématique de l’information objective,  de qualité, qui ne se résume pas à une simple propagande en leur faveur,  comme on peut le voir en France avec la couverture médiatique des meetings d’extrême-droite, où des journalistes sont régulièrement empêchés de faire leur métier. Elle se structure enfin sur la  généralisation de l’ironie, de la raillerie et de la mise au placard des propos, des textes et des idées positives, car rien ne les freinerait davantage – nos ennemis communs, ceux de la démocratie réelle –  que l’emprise de  l’empathie sur l’indifférence, qui ne risque pas quant à elle de freiner leurs projets autoritaristes, d’essence fasciste, qui ne supportent aucune opposition, fut-elle passive, mais terriblement efficace comme peut l’être la bienveillance usuellement.

Voici donc un discours fort et dense, tout en étant personnalisé, que je vous laisse découvrir ci-dessous :

 

Discours de Sacha Baron Cohen au sommet sur l’antisémitisme et la haine « Plus jamais ça, c’est maintenant » de l’ADL, 2019

(voir le discours original en anglais ici : https://www.adl.org/news/article/sacha-baron-cohens-keynote-address-at-adls-2019-never-is-now-summit-on-anti-semitism )

 

Merci Jonathan pour vos propos aimables. Merci, #ADL, pour cette reconnaissance et pour votre travail dans la lutte contre le racisme, la haine et le fanatisme. Et pour être clair, quand je dis “racisme, haine et fanatisme”, je ne fais pas référence aux noms des Labradoodles de Stephen Miller.

Maintenant, je me rends compte que certains d’entre vous doivent penser : pourquoi diable est-ce qu’un comédien intervient dans une conférence comme celle-ci ? J’en suis un, assurément. J’ai passé l’essentiel des deux dernières décennies dans la peau de personnages. En fait, c’est la première fois que je me tiens debout et que je prononce un discours en incarnant mon personnage le moins populaire, #SachaBaronCohen. Et je dois l’avouer, c’est terrifiant.

Je me rends compte que ma présence ici peut aussi être inattendue pour une autre raison. Parfois, certains critiques ont dit que ma comédie risquait de renforcer les vieux clichés.

En vérité, j’ai combattu passionnément le #fanatisme et l’#intolérance tout au long de ma vie.

Adolescent au Royaume-Uni, j’ai défilé contre le Fascist National Front et pour l’abolition de l’Apartheid.

Étudiant de premier cycle, j’ai voyagé aux États-Unis et écrit ma thèse sur les mouvements pour les droits civiques, avec l’aide des archives de l’ADL. Comédien, j’ai essayé d’utiliser mes personnages pour que les gens baissent la garde et révèlent ce qu’ils pensent vraiment, y compris leurs propres préjugés.

Maintenant, je ne vais pas prétendre que tout ce que j’ai fait l’a été dans un but supérieur. Oui, une partie de ma comédie, d’accord, probablement la moitié de ma comédie a été absolument juvénile et l’autre moitié complètement puérile. Je l’admet, il n’y avait rien de particulièrement enrichissant à mon sujet – en tant que Borat du Kazakhstan, le premier journaliste de #fakenews – courant au milieu d’une conférence de courtiers en hypothèques complètement nu.

Mais quand, en Arizona, Borat réussissait à faire chanter à tout un bar “Balancez le Juif au fond du puits”, ça révélait l’indifférence des gens à l’#antisémitisme. Quand, – en tant que Bruno, le reporter de mode gay venu d’Autriche – je commençais à embrasser un homme dans un combat en cage en Arkansas, manquant déclencher une émeute, je montrais le potentiel violent de l’#homophobie. Et quand – déguisé en promoteur immobilier antiraciste – je proposais de construire une mosquée dans une communauté rurale, amenant un résident à admettre fièrement “Je suis raciste, contre les musulmans”, cela montrait l’acceptation de l’#islamophobie.

C’est pour cela que j’apprécie l’opportunité d’être ici avec vous. Aujourd’hui dans le monde, les démagogues font appel à nos instincts les plus bas. Les théories du complot autrefois confinés à la marge deviennent “mainstream”.

C’est comme si l’âge de raison – l’ère des preuves tangibles – s’achevait, et que maintenant la connaissance devenait illégitime et le consensus scientifique rejeté.

La démocratie, qui dépend de vérités partagées, bat en retraite, et l’autocratie, qui dépend de mensonges partagés, est en marche. Les crimes de #haine explosent, de même que les attaques meurtrières sur les minorités ethniques et religieuses. Qu’est-ce que toutes ces tendances dangereuses ont en commun ? Je suis juste un comédien et un acteur, pas un universitaire. Mais une chose me paraît assez claire. Toute cette haine et cette violence sont facilitées par une poignée d’entreprises de l’Internet qui constituent la plus grande machine de propagande de l’histoire.

Réfléchissez-y. #Facebook, #YouTube et #Google, #Twitter et les autres atteignent des milliards de gens. Les #algorithmes dont ces plateformes dépendent amplifient délibérément le type de contenus qui captent l’attention des utilisateurs – des histoires qui font appel à nos bas instincts et suscitent l’indignation et la peur. C’est pourquoi YouTube a recommandé les vidéos du conspirationniste Alex Jones des milliards de fois. C’est pourquoi la popularité des “fake news” dépasse celle des véritables informations, parce que les études montent que les mensonges se diffusent plus vite que la vérité. Et c’est sans surprise que la plus grande machine de #propagande de l’histoire a diffusé la plus ancienne théorie du complot de l’histoire – le mensonge prétendant que les juifs sont dangereux d’une manière ou d’une autre

Comme un journal l’a titré “Imaginez seulement ce que #Goebbels aurait pu faire avec Facebook”

Sur Internet, tout apparaît comme également légitime. #Breitbart ressemble à la BBC. Le fictif “Protocole des Sages de Sion” semble aussi valide qu’un rapport de l’ADL. Et les vociférations d’un aliéné semblent aussi crédibles que les découvertes d’un lauréat du Prix Nobel. Il semble que nous ayons perdu le sens partagé des faits de base dont dépend la #démocratie

Quand, en tant que Ali G, aspirant gangsta, j’ai demandé à l’astronaute Buzz Aldrin “Comment qu’c’était de marcher sur le soleil ?”, la blague a fonctionné parce que nous, les spectateurs, partagions les même faits. Si vous croyez que l’alunissage était un canular, la blague n’est plus marrante.

Quand Borat parvient à faire admettre à ce bar de l’Arizona que “les Juifs contrôlent l’argent de tout le monde et ne le rendent jamais”, la blague fonctionne parce que les spectateurs partagent le fait que dépeindre les juifs comme avares est une théorie du complot qui remonte au Moyen-Âge.

Mais quand, grâce aux médias sociaux, les #complots prennent corps, c’est plus facile pour les groupes de haine de recruter, plus facile pour les services secrets d’interférer dans nos élections, et plus facile pour un pays comme le #Myanmar de commettre un #génocide contre les #Rohingyas.

C’est en fait assez choquant de voir combien c’est facile de convertir la pensée conspirationniste en violence.

Dans ma dernière émission “Who is America”, j’ai trouvé un gars normal, instruit, avec un bon travail, mais qui sur les médias sociaux avait répété beaucoup des théories du complot que le Président #Trump, sur Twitter, avait diffusé plus de 1700 fois à ses 67 millions d’abonnés. Le Président a même twitté qu’il envisageait de qualifier les antifas – les antifascistes qui manifestent contre l’extrême-droite – d’organisation terroriste.

Donc, déguisé en expert de l’anti-terrorisme Israélien, le colonel Erran Morad, j’ai dit à la personne que j’interrogeais que, à la Marche des Femmes de San Francisco, les antifas projetaient de mettre des hormones dans les couches pour bébés pour les “rendre transgenre”. Et il l’a cru.

Je lui ai montré comment poser de petits appareils sur trois personnes innocentes participant à la marche et lui ait expliqué que quand il appuierait sur un bouton, il déclencherait une explosion qui les tuerait toutes. Ce n’étaient pas de vrais explosifs, bien sûr, mais lui, le croyait. Je voulais voir s’il allait vraiment le faire.

La réponse a été oui. Il a appuyé sur le bouton et cru qu’il avait vraiment tué trois êtres humains. Voltaire avait raison, “Ceux qui peuvent vous faire croire à des absurdités peuvent vous faire commettre des atrocités”. Et les médias sociaux laissent les #autoritaristes nourrir d’absurdités des milliards de personnes.

À leur décharge, ces entreprises de médias sociaux ont pris quelques mesures pour réduire la haine et le #complotisme sur leurs plateformes, mais ces mesures ont été superficielles pour la plupart.

Je m’exprime aujourd’hui parce que je crois que nos démocraties pluralistes sont au bord du gouffre et que les douze prochains mois, et le rôle des médias sociaux, pourraient être déterminants. Les électeurs britanniques se rendront aux urnes alors que les #conspirationnistes en ligne promeuvent la théorie abominable du “#GrandRemplacement”, qui prétend que les chrétiens blancs sont délibérément remplacés par des #immigrés #musulmans. Les américains vont élire leur président alors que les #trolls et les bots perpétuent le mensonge répugnant de “l’invasion hispanique”. Et depuis les années que les vidéos Youtube qualifient le changement climatique de “canular”, les États-Unis prennent le chemin, dans un an, de se retirer formellement des accords de Paris. Un égout rempli de #fanatisme et de théories du complot qui menacent la démocratie et notre planète, ce n’est certainement pas ce que les créateurs d’#Internet avaient envisagé.

Je pense qu’il est temps de repenser en profondeur les médias sociaux et la manière dont ils propagent la haine, les complots et les mensonges.

Le mois dernier cependant, #MarkZuckerberg de Facebook a prononcé un discours majeur qui, sans surprise, nous alertait contre les nouvelles lois et réglementations imposées à des compagnies comme la sienne. Et bien, certains de ces arguments sont simplement absurdes.

Examinons-les.

Premièrement, Zuckerberg essaie de dresser un portrait de tous les problèmes comme “des choix … autour de la #liberté d’expression”. C’est ridicule. Il ne s’agit pas de limiter la liberté d’expression de quiconque.

Il s’agit de donner aux gens, y compris à certaines des personnes les plus répréhensibles sur terre, la plus grande plateforme de l’histoire permettant d’atteindre un tiers de la planète.

La liberté d’expression n’est pas la liberté d’atteindre. Malheureusement, il y aura toujours des #racistes, des #misogynes, des #antisémites et des #pédophiles.

Mais je pense qu’on sera tous d’accord qu’on ne devrait pas donner aux fanatiques et aux pédophiles une plateforme gratuite pour amplifier leurs points de vue et cibler leurs #victimes.

Deuxièmement, Zuckerberg a affirmé que des nouvelles limites à ce qui pouvait être posté sur les médias sociaux seraient “une régression dans la liberté d’expression”. C’est une ineptie complète. Le Premier Amendement stipule que “le Congrès ne fera aucune loi” qui limite la liberté de parole, toutefois ça ne s’applique pas à des entreprises privées comme Facebook. On ne demande pas à ces entreprises de déterminer les limites de la liberté d’expression dans la société. On demande juste à ce qu’elles soient responsables sur leurs plateformes.

Si un néonazi entre au pas de l’oie dans un restaurant et commence à menacer les autres clients, en disant qu’il veut tuer les juifs, le propriétaire du restaurant est-il tenu de lui servir un repas gastronomique raffiné ? Bien sûr que non ! Le propriétaire du restaurant a légalement le droit et moralement l’obligation de ficher le nazi dehors, et ces entreprises de l’Internet l’ont aussi.

Troisièmement, Zuckerberg a semblé assimiler la réglementation des entreprises comme la sienne aux agissements “des sociétés les plus répressives”. Incroyable. Ceci, de la part de l’une des six personnes qui décident des informations qu’une si grande partie du monde peut voir. Zuckerberg à Facebook, #SundarPichai à Google, à sa maison-mère #Alphabet, #LarryPage et #SergeyBrin, l’ex-belle-soeur de Brin, #SusanWojcicki à YouTube et #JackDorsey à Twitter.

Les “Silicon Six” – tous milliardaires, tous américains – qui se soucient plus de faire grimper leurs actions que de protéger la démocratie. C’est un impérialisme idéologique, six individus non élus de la Silicon Valley imposant leur vision au reste du monde, n’ayant de compte à rendre à aucun gouvernement, et agissant comme s’ils étaient hors de portée de la loi. C’est comme vivre dans l’Empire Romain et Mark Zuckerberg serait César. Au moins ça expliquerait sa coupe de cheveux. Voici une idée.

Au lieu de laisser les “Silicon Six” décidé du destin du monde, laissons nos représentants élus, pour qui les gens ont voté, dans toutes les démocraties du monde, avoir au moins leur mot à dire.

Quatrièmement, Zuckerberg parle d’accueillir une “#diversité d’idées”, et l’année dernière il nous en a donné un exemple. Il a dit qu’il avait trouvé des posts niant l’#Holocauste “profondément offensant”, mais il ne pensait pas que Facebook doive les supprimer “parce que je pense qu’il y a des choses sur lesquelles différentes personnes se trompent”. En ce moment même, il y a encore des #négationnistes de l’Holocauste sur Facebook, et Google vous amène encore d’un simple clic sur les sites négationnistes les plus répugnants. Un des responsables de Google m’a dit une fois, c’est incroyable, que ces sites montraient simplement “les deux cotés” du problème. C’est de la folie.

Pour citer Edward R. Murrow, on ne “peut pas accepter qu’il y ait, pour chaque récit, deux faces égales et logiques à une discussion.” Nous avons des millions de preuves de l’Holocauste, c’est un fait historique. Et le nier n’est pas une opinion comme une autre.

Ceux qui nient l’Holocauste ont pour but d’en encourager un autre.

Pourtant, Zuckerberg dit que “les gens devraient décider ce qui est crédible, pas les entreprises de technologie.” Mais à une époque ou les deux tiers des millenials disent qu’ils n’ont jamais entendu parler d’#Auschwitz, comment sont-ils supposés savoir ce qui est “crédible” ? Comment sont-ils supposés savoir que le mensonge est un mensonge ?

La vérité objective n’existe pas. Les faits existent. Et si ces entreprises du net veulent vraiment faire la différence, elles devraient embaucher suffisamment de contrôleurs pour contrôler, travailler en relation étroite avec des groupes comme l’ADL, insister sur les faits et nettoyer leur plateforme de ces mensonges et complots.

Cinquièmement, quand il discutait de la difficulté de supprimer du contenu, Zuckerberg a demandé “où place-t-on la limite ?” Oui, placer la limite peut être difficile. Mais ce qu’il disait vraiment : supprimer plus de ces mensonges et complots revient juste trop cher.

Ce sont les entreprises les plus riches du monde, et ils ont les meilleurs ingénieurs du monde. Ils pourraient corriger ces problèmes s’ils le voulaient. Twitter pourrait déployer un algorithme pour supprimer plus de discours de haine suprémacistes, mais ils ne l’auraient pas fait parce que ça aurait éjecté certains politiciens influents de leur plateforme. Peut-être ne serait-ce pas une si mauvaise chose !

En fait, ces entreprises ne changeront pas fondamentalement, parce que leur business model entier s’appuie sur la génération de plus d’engagement, et rien ne génère plus d’engagement que les mensonges, la peur et l’indignation.

Il est temps de finalement considérer ces entreprises comme ce qu’elles sont vraiment : les plus grands #éditeurs de l’histoire. Et voici une idée pour elle : respectez les normes et pratiques de base que les journaux, magazines et infos télévisées appliquent tous les jours; il y a certaines choses qu’on ne peut pas dire ou faire. En Angleterre, on m’a dit qu’Ali G ne pouvait pas jurer quand il était diffusé avant 21h. Ici, aux USA, la Motion Picture Association of America régule et évalue ce qu’elle voit. Certaines scènes de mes films ont été coupées ou réduites pour respecter ces normes. S’il y a des normes et pratiques pour ce que les cinémas et chaînes de télévision peuvent montrer, alors certainement que les entreprises qui publient du matériel à l’attention de milliards de personnes devraient respecter également des normes et pratiques de base.

Prenez le problème des #publicités politiques. Heureusement, Twitter les a finalement bannies, et Google est également en train de procéder à des changements. Mais si vous les payez, Facebook diffusera toutes les pubs “politiques” que vous voulez, même s’il s’agit de mensonges. Et il vous aideront même à micro-cibler ces mensonges vers leurs utilisateurs pour un effet maximal. Avec cette logique tordue, si Facebook avait été là dans les années 30, il aurait permis à #Hitler de poster des pubs de 30 secondes sur sa “solution” au “problème Juif”. Donc voici une bonne norme et pratique : Facebook, commencez à faire du fact-checking des pubs politiques avant de les diffuser, arrêtez immédiatement les mensonges micro-ciblés, et quand les pubs sont fausses, rendez l’argent et ne les publiez pas.

Voici une autre bonne pratique : ralentissez. Tous les posts n’ont pas besoin d’être publiés immédiatement. Oscar Wilde a dit “nous vivons à une époque où les choses inutiles sont notre unique nécessité”. Mais voir chaque pensée ou vidéo postée en ligne immédiatement, même si c’est raciste, criminel ou meurtrier, est-il vraiment une nécessité ? Bien sûr que non !

Le tireur qui a massacré des musulmans en Nouvelle-Zélande a diffusé en direct son atrocité sur Facebook, d’où elle a été propagée sur Internet et a été vue probablement des millions de fois. C’était un “snuff movie” mis à disposition par les médias sociaux. Pourquoi ne peut-on pas avoir plus de délai pour que cette saleté traumatisante puisse être capturée et stoppée avant qu’elle soit postée au départ ?

Enfin, Zuckerberg a dit que les entreprises de médias sociaux devraient “assumer leurs responsabilités” mais il est totalement silencieux sur ce qui devrait arriver si elles ne le font pas. Il est assez clair à présent qu’on ne peut pas leur faire confiance pour s’autoréguler.

Comme avec la Révolution Industrielle, il est temps que la #régulation et la #législation jugulent la cupidité de ces barons voleurs de la high-tech.

Dans toutes les autres industries, une entreprise peut être tenue responsable quand son produit est défectueux. Quand un moteur explose ou qu’une ceinture de sécurité ne fonctionne pas bien, les entreprises de l’automobile rappellent des milliers de véhicules, ce qui coûte des milliards de dollars. Cela semblerait assez juste de dire à Facebook, YouTube et Twitter : votre produit est défectueux, vous êtes tenus de le réparer, quel que soit le coût et quel que soit le nombre de modérateurs que vous deviez employer.

Dans toutes les autres industries, vous pouvez être poursuivi pour le dommage que vous avez causé. Les éditeurs peuvent être poursuivis pour calomnie, les gens peuvent être poursuivis pour diffamation. J’ai été poursuivi plusieurs fois ! Je suis actuellement poursuivi par quelqu’un dont je ne dirai pas le nom, car il pourrait à nouveau déposer plainte contre moi ! Mais les médias sociaux sont bien protégés de toute responsabilité concernant le contenu des posts de leurs utilisateurs – peu importe quelle en soit l’indécence – par la section 230, accrochez-vous, de la Loi sur la Décence des Communications (Communications Decency Act). Absurde !

Heureusement, les entreprises du net peuvent maintenant être tenues responsables lorsque des pédophiles utilisent leur sites pour cibler des enfants. Je dis, rendons aussi ces entreprises responsables lorsque certains utilisent leur site pour appeler au meurtre d’enfants en raison de leur race ou religion. Et peut-être que des amendes ne sont pas suffisantes.

Il est peut-être temps de dire à Mark Zuckeberg et les PDG de ces entreprises : vous avez déjà permis à une puissance étrangère d’interférer dans nos élections, vous avez déjà facilité un génocide au Myanmar, faites-le encore et vous irez en prison.

Au final, tout revient à se demander quel type de monde nous voulons. Dans son discours, Zuckerberg a dit que l’un de ses principaux objectifs est de “défendre une définition de la liberté d’expression aussi large que possible”. Pourtant, nos libertés ne sont pas une fin en soi, elles sont également le moyen d’atteindre un autre but – comme vous dites ici aux USA, le droit à la vie, à la liberté et à la poursuite du bonheur. Mais aujourd’hui, ces droits sont menacés par la haine, le complotisme et les mensonges.

Permettez-moi de terminer avec une suggestion d’un objectif différent pour la société. L’objectif ultime d’une société devrait être de s’assurer que les individus ne sont pas visés, pas harcelés, et pas assassinés en raison de qui ils sont, d’où ils viennent, qui ils aiment ou comment ils prient.

Si nous faisons de cela notre objectif, si nous donnons la priorité à la #vérité sur les #mensonges, à la #tolérance sur les #préjugés, à l’#empathie sur l’#indifférence et aux #experts sur les #ignorants, alors peut-être, seulement peut-être, pourrons-nous stopper la plus grande machine de propagande de l’histoire, sauver la démocratie, conserver une place pour la liberté de parole et d’expression, et le plus important, mes blagues continueront à fonctionner.

Merci beaucoup.

… et merci aux Sleeping Giants France pour leur traduction. On comprend bien pourquoi certains sont si pressés de les voir disparaître : ceux dont les intérêts non seulement politiques et idéologiques, mais également matériels, financiers et le petit pouvoir personnel intrinsèquement lié sont visés ici par ce discours éclairant et utile.
Continuons de les toucher là où ils sont le plus fragiles, leur talon d’Achille : au porte-monnaie. Car force m’est de constater tous les jours qu’ils ne sont guère perméables aux arguments, même les plus puissants et s’appuyant sur des raisonnements factuels. Et l’argent étant le nerf de leur guerre…  Sectionnons le !
D’ailleurs, ironie du sort, à peine ai-je écrit ce billet que je vois paraître cette information, qui nous donne si cruellement raison… A qui profite le crime ?
je m’exprimerai sur ce que m’inspire cet article et ses informations dans un autre billet. A  suivre…

« Attaque des #GiletsJaunes par des antifas » : démontage d’une #fakenews… (utile à qui ?)

Sylvain Boulouque est un historien, professeur dans le secondaire,  qui a publié plusieurs ouvrages sur le communisme et l’anarchisme, suffisamment visible pour avoir sa propre fiche wikipédia.  Dans un article particulièrement détaillé qui dénote d’une connaissance étonnement fine des groupes d’extrême-droite et de leur représentation sur les réseaux sociaux, sur lesquels ils sont très présents et offensifs par leur propagande, comme je le sais aussi pour l’avoir comme lui observé de très près, il décrit de manière très précise comment et grâce à qui se propagent certaines rumeurs et fausses informations extrêmement orientées chez les gilets jaunes. Et devinez à qui profite le crime ? je l’ai déjà démontré ici.

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Par cette observation méthodique,  que j’aime partager pour alerter sur le péril brun, nous nous rejoignons. Et nous savons tous deux qui sont les principaux comptes de la fachosphère qui propagent ce genre d’ordures et de pollution informationnelle propagée à dessein, par des personnalités cyniques qui abusent de l’ignorance, de la crédulité et de la vulnérabilité d’autres quidams par centaines sur les réseaux « sociaux » (sic) afin de nourrir une idéologie toxique, plus importante à leurs yeux que la réalité factuelle. Il faut dire qu’ils y ont quelques intérêts très personnels, et très bassement matériels, en plus de correspondre à leur idéologie fascisante, à répandre ce genre de merde,    les Damien Rieu,  les Gilbert Collard, les Jean-Yves Le Gallou, les Nicolas Faure, les Sautarel, les Jimmy Léopold, les Vincent Lapierre, par le biais de leurs bouches d’égouts respectives :  TV Liberté, L’Incorrect , Riposte laïque, Fdesouche, Bd Voltaire, et tout son petit monde grouillant de la fachosphère franchouillarde…

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Aussi, je ne pouvais donc manquer de désigner à votre attention cette tribune de Sylvain Boulouque dans l’ Obs, un magazine peu suspect de gauchisme primaire…

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… j’insiste avec d’autant plus de conviction sur cet article que ce qu’il décrit, en plus de la responsabilité évidente de la propagation des fausses informations nuisibles par l’extrême-droite, c ‘est comment les têtes les plus grillées parmi les fachos ont créé de toutes pièces, et à dessein, une rumeur selon laquelle les antifas auraient attaqué les gilets jaunes, et parmi elles des personnalités significatives de ce mouvement comme Jérôme Rodrigues, ce que même l’intéressé dément formellement. Mais chassez le mensonge et la calomnie qu’en survient aussitôt une autre, chez ces gens là, peu avares de fakenews…

Aussi, Monsieur Boulouque, merci pour cet article qui permet à tout un chacun de se faire sa propre idée sur ce phénomène qui devient de plus en plus préoccupant, tant il génère de violence(s) et d’instrumentalisation par les forces du mal. Qui s’emploient dans la rue comme sur le net à s’emparer de l’opinion publique en leur si détestable faveur, en se servant des gilets jaunes (ce mouvement soi-disant ni de droite ni de gauche…), comme je l’ai déjà démontré à maintes reprises ici.

#racisme #sexisme #homophobie : les dernières heures des trolls haineux ?

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Les lecteurs assidus de ce blog connaissent l’importance de cette préoccupation personnelle que je ne cesse de souligner ici : celle de voir enfin mieux modérer des réseaux de plus en plus asociaux, où s’épanouissent avec si peu de garde-fous les propos haineux de certains trolls particulièrement bas du front : les haters.  Il n’est absolument pas normal en effet qu’internet soit une zone de non-droit,  ni que quiconque  puisse y être inquiété, menacé, injurié ou harcelé en raison de son sexe ou de son orientation sexuelle, de son origine ethnique ou sociale, ou de sa religion. Les imbéciles qui se livrent à ce genre de « sport » dégueulasse ne se permettraient pas de tels agissements face à leurs victimes en leur présence physique,  sans en subir des conséquences bien concrètes… Mais ils sont pour la plupart tellement ivres de la toute puissance que leur confère encore une relative impunité, planqués qu’ils sont derrière leur écran… Cela est fort heureusement en train d’évoluer, et cette dernière année plus rapidement encore à la suite de certaines affaires,  et attentats terroristes qui ont démontré l’influence de plusieurs sites et personnalités de la fachosphère hautement toxiques dans le passage à l’acte des meurtriers de masse. A force de gaver les bas du front avec de la bouillie complotiste/raciste  à longueur de journée, ça finit par laisser des traces chez les Robert Bowers en puissance… et pas seulement aux states.

Aussi avais-je salué – non sans prudence,  avec circonspection, les lèvres pincées,  sachant d’où cela vient… – en son temps la remise du rapport de Laetitia AVIA sur la lutte contre le racisme et l’antisémitisme sur internet, dont certaines mesures paraissaient intéressantes. Mais je ne m’attendais guère à ce qu’il soit suivi d’effets : ce genre de machins, à mon âge, on en a tellement vus remisés dans des tiroirs…

Mais je me suis trompé, j’avoue :

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Trolls emplis de vomi, numérotez vos abattis : votre temps est révolu… Bien des signes le montrent, qui commencent à s’égrainer au fil de mes publications…

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Entre l’attitude de plus en plus ferme (non pas par pure préoccupation humaniste soudaine, mais purement intéressée..) des Gafam vis à vis des comptes sur les réseaux sociaux, les sites et les blogs les plus problématiques, quelle que soit leur visibilité, jusqu’à cet amendement spécifique du jour, en passant par la volonté politique française de stopper net certains déluges de haine, notamment antisémite, dont on nous dit que les passages à l’acte sont de plus en plus nombreux (+ 69 % ?!!!), voilà qui pourrait enfin contribuer à un environnement virtuel un peu plus accueillant et rassurant. Mais j’attends de voir la suite : le mal est toujours plein d’imagination, bien plus que la gentillesse, la générosité et la solidarité hélas,  pour trouver des subterfuges destinés à contourner les lois…

Pourtant, les dégâts de cette lèpre sociale sont considérables, et la tâche, encore immense….

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voir l’article

#carburant : Bloquons tout mais pas avec n’importe qui (et surtout pas avec des fachos) #17novembre

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Au secours ! Le poujadisme est de retour !  Dans la série « je veux bien bloquer la fRance pour protester contre le prix prohibitif des carburants qui pénalise les plus modestes dont je suis, mais pas avec n’importe qui » (et surtout pas avec cette lie de notre société franchouillarde qu’est la fachosphère,  même rhabillée en « patriosphère »), je demande…. je demande…

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Depuis longtemps déjà, et avant même que Dupont-Gnangnan ne s’allie avec le diable à l’occasion des dernières présidentielles, j’ai déjà démontré ici à quel point son parti pue la merde raciste, xénophobe et complotiste, allant jusqu’à faire partie de ces illuminés arriérés d’un autre temps qui parlent de colonisation de la fRance, sniffant la trace idéologique toxique d’un Renaud Camus totalement has been et déphasé, quand on connait son train de vie et ses idées puantes.

(Mais bon, vu que même le PS s’y met, et que son si brillant premier secrétaire trouve cela plutôt tendance, alors.. ). On rappellera à toute fin utile, pour seul exemple à visée pédagogique ou éducative, que ledit président du parti DLF n’a pas hésité à qualifier autrefois un journaliste de « merde intégrale » pour avoir osé rappeler que nombre des membres de son parti ont eu des liens avec Soral. ça vous donne une idée de la hauteur du personnage, qui ne me semble guère dépasser celle d’un trottoir, bien proche du caniveau dans lequel on aimerait le voir enfin disparaitre, depuis le temps qu’il pollue par sa médiocrité arriviste notre vie politique hexagonale.

Aussi n’ai-je pas été étonné de dégoter chez ledit bas de plafond répondant au prénom de Francis, qui a partagé cette vidéo dont on me dit qu’elle a été vue par tant de français (ça fait peur…),  ce qui suit :

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Alors, bien que je sois correctement informé, et notamment du fait que cet appel à bloquer tout est  récupéré et instrumentaliser par la fachosphère, si défiler et manifester, même notamment, à l’appel de partis aussi dégueulasses, racistes, xénophobes et complotistes de bas étage, et d’un individu pour qui le suprémaciste blanc néo-nazi Conversano ou l’identitaire bas de plafond Damien Rieu sont des gens fréquentables, alors, le 17 novembre, allez y. Mais ce sera sans moi.

Et demandez vous pourquoi quelqu’un qui n’a pour seul revenu qu’un minima social et pour qui le prix des carburants est devenu un frein réel dans son accès à l’emploi ne se joint pas à cette protestation. ça fera avancer la cause…. à la fois de la lutte contre la pauvreté et de celle contre le racisme. Merci.

Post-scriptum : j’ai appris cet après-midi que le mouvement du 17 novembre est également soutenu par la fine fleur (toute pourrie) du (si peu néo ) nazisme français…

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Serait-ce par hasard justement d’eux d’où  vient cette merde antisémite ? J’attends la réponse…De pire en pire. Ils ne se cachent même plus, ces infectes larves nazies..

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3/11/2018 : renseignements pris, cette image immonde provient du site nazi si mal nommé démocratie participative, que j’ai déjà évoqué ici à plusieurs reprises,et dont la justice cherche à obtenir la suspension, si ce n’est la fermeture. Derrière, l’ignoble nazi breton réfugié à l’étranger, Boris Le Lay.

les sites de #GénérationIdentitaire et du #BastionSocial piratés

Décidément, aujourd’hui est une bonne journée, riche en moisson d’informations antifascistes. Après cette histoire du FN de Lyon, j’apprends également à l’instant que,  pendant que les mêmes fachos jouent à pigeon vole dans les rues du 6ème à Paris, avec la surprenante indulgence des forces de l’ordre (normal, les mêmes…), les sites de Génération identitaire et du bastion social ont été hackés ( en réalité, dans les nuits du 5 au 7 mai dernier) preuves à l’appui, via OffSecurity :

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Après la fermeture de la page facebook Génération Identitaire, c’est leur site web qui a été pris pour cible plusieurs jours (du 5 mai au 7 mai 2018).

Le groupe de hackers antifasciste à l’origine de ces attaques sont allés jusqu’à « notifier » l’erreur de connexion qu’affichait le site attaqué sur des sites de mirror turques et disent avoir fait ça pour troller les identitaires et leur montrer qu’ils sont impuissants que ce soit dans la rue et sur internet.

Les hackers disent avoir eu le temps de bien analyser le site ainsi que les serveurs de Génération Identitaire et sont prêt à lancer d’autres attaques.

En mars et avril, les sites web de Generation Identity UK/Ireland, Identitäre Bewegung ainsi que l’Alt-Right US et AtomWaffenDivision avaient été touchés par plusieurs attaques DDoS de grande envergure paralysant les sites plusieurs jours à chaque attaque.

Attaqués sur tous les fronts donc… Et le Bastion social aussi. Parfait. je ne cache pas ma joie.

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Merci une fois de plus à Nicolas Mercier pour sa vigilance, dont je lui suis gré : ce genre d’infos, ça égaie mes journées. Un grand merci.

#stopcybersexisme = #stopcyberfascisme #antifa

Par delà même mon antifascisme, ou plutôt en grande partie grâce à lui, puisqu’il ne se borne certainement pas, contrairement à ce que nos détracteurs en pensent superficiellement,  à la lutte (réputée à priori violente, mais de quel côté est vraiment la violence ?) contre l’extrême-droite, je me suis fait de l’étude et de la lutte active contre les phénomènes de haters sur le net une spécialité toute personnelle. J’en connais un bon nombre de caractéristiques, de supports, de rouages, et de relais, souvent les mêmes,  majoritairement situés à l’extrême droite, non seulement raciste mais également sexiste comme mes observations le démontrent si souvent…

L’une des illustrations,  fort à propos, situe assez bien l’ampleur du phénomène et l’endroit politique précis où je le dénonce habituellement ici. On peut la retrouver dans cette histoire plus que significative dont la victime, Clara Gonzales, l’une des créatrices/teurs du « numéro anti relous » contre le harcèlement sexiste,  avait fait l’objet lors d’une campagne de dénigrement et de cyber-harcèlement d’une ampleur et d’une violence inouïe. Une campagne provenant en (extrêmement…) droite ligne du forum de gamers pour bas de plafond de JVC.com… dont Nadia Daam avait également fait les frais pour avoir osé s’en indigner… (voir ici).

Aussi, je ne pouvais que me féliciter de la campagne de dénonciation médiatique mise en œuvre par le HCE (Haut Conseil à l’Egalité femmes/hommes) en rapport direct avec ce thème,  dont voici le dernier rapport.

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… Ce visuel décrit une réalité que je connais bien, pour m’y être confronté au quotidien et m’en indigner si souvent, en vain : la modération des réseaux sociaux est à gerber, et nous sommes, dans ce pays, particulièrement en retard, malgré quelques avancées européennes, et tout particulièrement en Allemagne. Cette modération, si singulièrement absente, faute de moyens humains mis en œuvre par les dites plate-formes,  ne respecte même pas leurs propres conditions d’utilisation. Les contenus racistes, sexistes, homo et transphobes, qui peuvent même aller jusqu’aux menaces de mort, ne sont que trop rarement sanctionnés. Et quand ils le sont,en général par une simple suspension de compte, il suffit que leurs auteurs changent d’identité virtuelle pour ré-ouvrir en toute impunité un autre compte sur le même réseau social. je connais ça par cœur, je le vois tous les jours. Alors, oui, au risque de me compromettre en étant d’accord avec l’objet d’une campagne provenant des services d’un gouvernement que je combats avec la plus grande énergie, je soutiens cette initiative louable.  Espérons toutefois qu’elle n’accouche pas – sans jeux de mots bas de gamme – d’une souris… Le catalogue de préconisations est beau, mais sans mesures contraignantes envers les Gafa, je doute fortement de résultats probants.  A suivre…

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rapport HCErecommandations HCE 1recommandations HCE 2recommandations HCE 3recommandations HCE 4recommandations HCE 5recommandations HCE 6recommandations HCE 7recommandations HCE 8recommandations HCE 9

De l’art et du cochon d’ajouter de l’immonde à l’ignoble #racisme #feminisme #grossophobie

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Il semblerait que les registres de dégueulasserie se superposent, en ce moment, au point de se neutraliser en un incroyable festival d’une profonde indigence politique, culturelle, et sociale, militante, idéologique et linguistique. L’intersectionnalité des luttes reste un beau concept que je ne vois guère concrétisé dans les échanges que j’observe en ce moment,  au quotidien, sur les réseaux sociaux notamment, mais également dans la vie, dans la rue, chez des ami.e.s, au supermarché, au bureau, etc.. . Doit-on par exemple lutter pour l’avancement du féminisme en se prévalant d’arguments empruntés au champ de l’adversaire, raciste et islamophobe, ou homophobe ? S’indigner d’un phénomène de harcèlement sexiste en ajoutant à la misère du propos sexiste celui de paroles blessantes envers d’autres individu.e.s, en faisant preuve par exemple de  pauvrophobie,  grossophobie, d’homo, lesbo, bi, trans ou queer phobie ? N’est-ce pas ajouter de l’infâme à l’immonde ?  Je demande, juste, histoire de tenter de faire réfléchir, provoquer du débat, qui n’a jamais été aussi nécessaire, salutaire, et urgent.  Pour cela, il pourrait me suffire de  mobiliser quelques exemples concrets, comme à mon ordinaire habitude. Evoquer  cet épisode d’une soi-disant guerre des féministes abondamment relayée par les médias sous cet angle,  alors que certaines en étaient si peu,  à Toulouse. Signaler l’incroyable supercherie morale constituée par les réactions plus qu’étonnantes de certains hypocrites qui instrumentalisent  l’histoire de l’agresseur sexuel Tariq Ramadan, prétendant lutter contre le sexisme et les violences faites aux femmes en se prévalant d’étonnants arguments, quand il y en a, relevant du racisme ou de l’islamophobie, propos gravement essentialisants rejetant toute une communauté dans l’opprobre d’un comportement personnel qui n’est pourtant (quand on s’est sensibilisé un tant soit peu sur le sujet…) pas  le propre sale  ni de cette religion en particulier,  ni d’une communauté ethnique ou religieuse, pas plus que d’une communauté d’une autre nature, qu’elle soit professionnelle, sociale, affinitaire, etc… Cet article de l’huma met très bien en lumière ce que je veux faire passer ici,  par le biais de cette affaire là, en tous les cas (il y en a d’autres) :

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…. Ce qui a constitué un tout petit peu (je devais le faire de toute façon)  le déclic qui m’a incité à écrire ce billet, qui cristallise de nombreuses préoccupations personnelles spécifiques à mes propres combats intérieurs (et extérieurs d’ailleurs… aïe), c’est d’avoir vu comme on peut si souvent hélas y assister sur les réseaux (a) sociaux, des gamins se disputer dans une cour d’école, twitter en l’occurrence. Ils  répondaient à l’un de ces minables trolls nauséabonds que sait si bien produire la génération lolcatmdr empreinte d’un cynisme absolu de jeuxvideo.com,. Celui-ci (un lâche qui supprimé son compte depuis, par peur des représailles)  agressait violemment, avec des mots orduriers, l’une des créatrices du numéro anti-relous, ce qui lui a valu une salve d’insultes et de menaces, une véritable campagne de cyber-harcèlement dont les détails sont ici.

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Ce à quoi un autre arrogant sûr de son bon droit lui a répondu :  » et ton père c’est un gros con ‘? « . Voilà. On en est là. Tout est dit. Prétendre s’opposer à une insulte sexiste par une insulte grossophobe. Avec l’adulte à la retraite par dessus le marché, cerise sur le gâteau, qui vient vous donner une leçon de rhétorique :

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C’est ça mon gars, cache toi derrière ton petit doigt et pirouettise… Non, rien. Surtout ne changez rien, les adultes. Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles… Et surtout, ne pas porter atteinte à la liberté d’expression, hein, qu’ils disaient, les puristes….. Voilà. Continuons. Jetons nous à la figure nos propres structures mentales pleines de déjections discriminatoires jusqu’à plus soif.  On avance….

(La macronie, ce bel univers de progrès, en avance sur le futur du passé conditionnel… . #startupNation… ?

PDM.

Grosse fatigue. je vais aller me faire cuire des nouilles, ça vaudra mieux.

(penser à me faire travailler ensuite sur ma propre déconstruction des stéréotypes de la bêtise humaine. Merci.     ; )

Bravo à cette consœur périgourdine de combat contre les #Haters

Voilàtipas que j’ai trouvé au hasard de mes pérégrinations internétiques une consœur périgourdine  énergique comme je les aime qui se livre au même genre de combat que le mien ici, sur twitter et dans les luttes quotidiennes contre ces saloperies de haters  dégénérés qui font rien qu’à nous polluer les yeux (et le cerveau) :

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Comme l’exprime la légende de cette illustration, je ne peux qu’approuver ce constat que nous faisons tous,  si nous avons un cerveau, une morale, des valeurs et des préoccupations tournées vers la défense des droits humains les plus fondamentaux. (j’avais d’ailleurs en vertu de cette exaspération commune à l’auteure de cette initiative écrit une lettre demeurée sans réponse à la Présidente de la LDH) !

« Bien cachés derrière leurs écrans, les internautes sont nombreux à utiliser les sites d’information et les réseaux sociaux comme défouloir. « 

Depuis longtemps, je martèle ici l’idée qu’internet ne devrait plus être une zone de non droit, et qu’on ne devrait point y exprimer ce que nous ne ferions pas dans la vie IRL sans être passibles d’une sanction bien méritée. Mais il y a visiblement des têtes si dures qu’elles n’ont toujours pas compris… Et vu que notre pays est étrangement plus laxiste sur le sujet que bien d’autres qui ont durci leur législation, assortie de sanctions financières dissuasives envers ce genre de bas du front … Aussi est-il nécessaire de leur faire un dessin.  Bien sûr, je partage et soutiens avec ferveur l’heureuse initiative, ce combat là étant aussi bien sûr le mien (je faisais déjà la même chose, en gros, me limitant à twitter, tant la tâche est immense…)  :

Une Périgourdine vient de créer une page Facebook pour dénoncer, captures d’écran à l’appui, les propos « inadmissibles » qui sont légion sur la toile. Elle veut qu’ils soient punis

D’aucuns diront qu’il serait plus facile d’aller nettoyer les écuries d’Augias. « Mais je ne peux plus rester sans rien faire », dit-elle avec dans les yeux, un mélange d’exaspération et de colère.

Mardi, une Périgourdine a créé une page Facebook : « Contre la parole raciste et homophobe décomplexée sur le Net ». Parce qu’elle en marre de lire des commentaires haineux, sexistes, affreux, en bas des articles de ses médias favoris. Marre de voir Internet utilisé comme déversoir à bile sans que cela soit puni, ou presque.

« Sur cette page, j’invite tout le monde à faire, comme moi, des captures d’écran des propos choquants qu’on peut voir sur le Internet et à les publier », explique-t-elle.

Un grand bravo à cette hautement nécessaire initiative.  Nous ne sommes pas assez nombreux à œuvrer dans ce sens.  Merci Madame. 😉

« Don’t feed the troll ! » (Même avec #Seriously)

4881611+_30664402b7861d9aea3da6357d43f442On aurait pu croire à l’outil magique tant attendu par l’utilisateur assidu de réseaux sociaux confronté aux discours de haine tristement habituels, difficilement évitables. Tel n’est visiblement pas le cas. Afin de tester ce programme qu’on nous vend comme étant de nature à désamorcer les propos racistes, xénophobes, anti-musulmans, homophobes, sexistes et autres, j’ai tapé comme proposition une phrase type du genre de celle que les bas du front me lancent assez régulièrement, tant ils sont en peine d’imagination :

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Étape suivante :

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Et ben tiens, pourquoi pas, ça commence bien. Voilà qu’il me demande déjà de faire tout le boulot ! Même pas foutu d’analyser le contenu pourtant sans ambiguïté… Alors réfléchissons intensément à s’en faire péter le neurone, pendant que le guignol m’agonit d’injures et de menaces,  sur Twitter,  au hasard. Est-ce un propos antisémite ? De la fake news ? De l’homophobie (merde, et si c’est de la transphobie, je fais quoi ?), du sexisme ? De la xénophobie ? Non, c’est visiblement en effet mais bien sûr un propos antimusulman, réponse 1, je clique. Et voilà la proposition de réponse de Sériously :

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Quand j’ai ouvert ce blog, et que je me suis concomitamment inscrit sur d’innombrables réseaux sociaux, lorsque j’étais face à un contradicteur visiblement nourri de l’idéologie qui me répugne tant, je prenais la peine de répondre posément, sans animosité, avec la patience et la volonté de débattre qui me caractérise.  Alors, j’aurais pu éventuellement en effet faire un rappel à la loi, sortir des chiffres officiels sur la faible part de musulmans dans notre pays qui n’autorise en aucun cas à croire en la thèse absurde du grand remplacement, ou développer un argumentaire sur l’utilisation du prétexte religieux pour se livrer au terrorisme, ce qui pourrait être le fait de n’importe quelle autre religion comme l’histoire l’a démontré. Mais avec le temps et l’expérience, je sais bien que tout cela ne sert à rien, que c’est agir en pure perte. Car les bas du front dont il s’agit ne sont absolument pas sensibles au discours rationnel, ne sont pas animés par la volonté de débattre, d’opposer des arguments tangibles, de citer des sources fiables. Ce sont des trolls, au sens le plus exécrable du terme. Ils sont la plupart du temps de mauvaise foi, campés sur leurs positions racistes indéboulonnables, et qui plus est forts de plus en plus de l’apparente légitimité que leur donne à présent le vote massif en faveur d’un parti raciste, xénophobe et antimusulman qu’est le Front National. Ils ne sont plus dans le monde réel, mais dans un univers fantasmé où ils se représentent en valeureux croisés en armure,  en guerre sainte contre un envahisseur volontiers maghrébin qui vient envahir son pays pour lui prendre son pain, brûler sa voiture,  voler son travail et tant qu’on y est pourquoi pas violer sa femme tout en égorgeant tranquillou des moutons le soir dans son HLM qu’il a bien sûr usurpé à un vrai français.

Aussi, face à un conditionnement personnel obsessionnel tellement basé sur des illusions savamment entretenues par tout un tas de sites nauséabonds et un certain positionnement politique omniprésent sur le net, je sais qu’il ne sert à rien de répondre, fut-ce par des réponses sensées comme celles proposées par Seriously. Ces gens là ne sont pas sérieux. Juste en proie à des émotions destructrices qui nécessiteraient un accompagnement psychiatrique adapté. Alors, pour leur laisser une soupape de détente, et donner l’illusion d’un semblant de démocratie et de liberté d’expression, je leur laisse au maximum 3 possibilités de réponse. Et comme on arrive assez vite avec ces gens là à du contenu haineux et ordurier, sans grande valeur intellectuelle ajoutée, et qui ne laisse de surcroit que bien peu de place à une réponse sérieuse, je signale les contenus délictueux, et je bloque.

Notre sage ancêtre internaute avait bien raison :

« Don’t feed the troll ».

 

de la toxicité mentale d’une pieuvre islamophobe lâchée dans la galaxie internétique

En inspectant la page facebook du bas de plafond d’hier (Bonjour, MONSIEUR NICOLAS TROUDET, 45 rue de Poliveau !) qui a cru bon de me menacer alors qu’il y recèle bien des ordures potentiellement susceptibles d’être qualifiées judiciairement en délits d’incitation à la haine raciale ou religieuse, j’ai noté un petit détail qu’il convenait d’éclaircir. Je connaissais en effet la plupart des sites et blogs propagateurs de merde hautement toxique auquel il s’abreuvait, hormis un. Aussi ai-je procédé à quelques investigations internétiques. Edifiant. Au départ, ce que NICOLAS TROUDET propageait comme merde raciste provenait de ce blog :

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… On notera que ce que publiait NICOLAS TROUDET sur son compte facebook

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… a bien la même adresse que le blog en question :

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…. Passons sur son contenu aisément identifiable qui correspond à l’obsession de ces gens là pour l’islam, eux qui passent plus de temps à se consacrer à ce sujet visiblement fortement pathologique que les musulmans eux-mêmes. Une marque de fabrique incontournable de ces gens à l’identité fragile qui s’égarent dans la voie sans issue de l’extrême droite.

J’ai remarqué que ce foyer d’infection raciste détenu par une seule et même personne  se retrouvait dans un nombre incalculable de « lieux » numériques :

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En déroulant la pelote de laine très méthodiquement, on peut constater que le contenu toxique répandu par cette personne se répand dans les endroits les plus inattendus…

… sur facebook :

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… sur une multitude de blogs complotistes, comme celui-ci :

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.. un long texte de la même, puisque signé :

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On la retrouve sous des apparences plus présentables sur son blog de Médiapart, abandonné depuis 2009 visiblement  :

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… ou bien ici  :

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…. ou là (ce site est un peu plus connu dans la fachosphère, auquel j’ai déjà consacré un billet bien salé )  :

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Et encore vous épargnai-je une interminable mise en revue de tous les lieux de perdition complotistes, racistes et islamophobes dans lesquels cette personne s’est égarée, par respect pour sa dignité personnelle. Elle est visiblement en souffrance.  Paix à son âme.

Mais le message que je voulais faire passer ici, c’est l’illustration très factuelle de ce qu’une personne mal intentionnée ou psychiquement dérangée peut faire bien des dégâts en polluant le net de sa vision complotiste et raciste du monde. Par contamination, en tissant ce genre de toile d’araignée, à travers des blogs et des sites qui se prétendent relais de « ré-information » (l’autre nom de la peste brune), elle attrapera fatalement, question de patience, aussi aisément les incultes psychiquement instables et fortement vulnérables à ce genre de prosélytisme politique et de propagande que ne le ferait l’insecte bien réel. Les dégâts, bien que plus sournois, n’en sont pas moins aussi considérables pour notre commune humanité, qu’il s’agirait de préserver plus  efficacement. Question de salubrité publique. Notre santé mentale en dépend, et il m’est désagréable de constater chaque jour un peu plus que les plus démunis et les plus vulnérables, qui ne disposent pas en quantité suffisante d’un capital de sens critique et d’analyse objective de ce qu’ils lisent,  ne sont guère, je dirais même pas du tout [à moins d’être hébergés par une institution (et encore)]  protégés contre ce genre de contenus viciés, fortement anxiogènes, voir carrément problématiques en termes d’incitation à la haine. Laisser une personne en souffrance psychique devant un ordi et la laisser se diriger seule, sans assistance, vers ce genre de contenus ne peut que lui être préjudiciable. Cela va au-delà du seul registre politique, quand bien même il est entendu que baignant dans ce genre de contenu anxiogène et orienté, on ne peut qu’être en conformité avec la frange la plus identitaire, raciste et d’extrême-droite de ce pays, ça va de soi. Mais le problème va bien au delà : c’est une question de santé publique, à mon sens, dont nos élus et responsables ne se préoccupent guère. Et pourtant, j’en vois les dégâts tous les jours. Et l’étrange passivité de nos décideurs. La France est tellement en retard en termes de protection contre les messages de haine, et leur modération par les réseaux dits « sociaux » !  Il n’y a pas que les terroristes djihadistes  qui se radicalisent tous les jours sur le net. Suivez mon regard

Post-scriptum : grâce à une reprise de l’un de ces tweets, celui qui suit, je découvre que cette personne a un compte twitter… Aucune méprise possible, son image de profil correspond à celle que j’ai déjà vue sur d’autres sites (voir ci-dessus).  je sens que je n’ai pas fini de faire des découvertes…

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