Quand l’ascenseur social dépasse le 36ème sous sol…

Bien que non spécialiste des questions scolaires (malgré une formation initiale en sciences de l’éducation, paradoxe, quand tu nous tiens…), sur lesquelles j’ai tendance à déléguer (un peu trop ?) mon analyse au toujours très pertinent Grégory Chambat, mon regard s’est arrêté sur cet article :

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J’espérais en le lisant trouver quelques clés d’éclaircissement du phénomène décrié. Je veux dire davantage d’explications que celles usuellement apportés, relevant essentiellement de la reproduction  dénoncée depuis si longtemps par Bourdieu et Passeron. Et oui, j’en suis resté là… Je me fais vieux. Que nous dit l’article ?

Le Cnesco, instance indépendante créée en 2013 pour évaluer les politiques publiques en matière d’éducation, a mobilisé pour l’occasion de l’étude sur laquelle repose l’article 22 équipes de chercheurs en France et à l’étranger. «Des économistes, des didacticiens, des sociologues, des psychologues…

«Les résultats cumulés de ces recherches sont étonnants mais les responsabilités ne sont pas toujours où l’on pense…».

  • Notre école est la plus inégalitaire de tous les pays de l’OCDE comparables à la France. Pourquoi? D’abord, parce que chez nos voisins, la situation s’améliore. En France, à l’inverse, nous n’avons pas réduit les inégalités d’un pouce. Pire, elles augmentent.
  • «très récemment, les inégalités se développeraient encore plus parce que les résultats de l’élite scolaire sont, eux, à la hausse»
  • Un même diplôme n’a pas le même rendement: il ne donne pas les mêmes chances d’obtenir un emploi selon l’origine sociale du jeune. C’est particulièrement vrai pour la voie professionnelle.
  • «A niveau d’éducation, milieu socio-économique et résultats de l’enfant donné, les familles issues de l’immigration maghrébine envisagent ainsi trois fois plus une orientation vers un bac général que les familles natives en France». A catégories socio-professionnelles égales, ils sont deux fois plus nombreux à leur payer des cours de soutien scolaire.
  • En dix ans, selon Pisa, l’écart de performance scolaire entre les élèves issus de l’immigration et les natifs s’est accru. «Il y a un gouffre entre l’investissement des familles et la réalité de la réussite». Pourquoi? Le sociologue Georges Felouzis, membre du collectif de chercheurs, a tourné la question dans tous les sens : «Ce n’est pas seulement lié au niveau de diplôme des parents, qui lui a progressé. Il y a autre chose», dit-il. Dans son jargon, il pose l’hypothèse d’un «soupçon de discrimination systémique».
  • La politique d’éducation prioritaire, menée en France depuis 1981, repose pourtant sur le fondement inverse: donner plus à ceux qui ont le moins. «Nous avons tous les signes d’une discrimination positive mais qu’en est-il en réalité? Les établissements en éducation prioritaire ont-ils réellement plus?». La démonstration est implacable. La taille des classes d’abord. En moyenne, on compte deux enfants de moins par classe en éducation prioritaire, «ce qui n’a pas d’impact significatif dans les enseignements»
  • des méthodes d’apprentissage moins élaborées (et pas celles qui permettent «d’apprendre à apprendre»). Ils seront alors désavantagés dans la poursuite d’études.
  • Enfin, et là c’est un point bien connu, déjà démontré par le Cnesco dans de précédents travaux: les élèves en éducation prioritaire se retrouvent dans des établissements souvent ségrégués.
  • La principale explication de l’état des inégalités à l’école tient aux politiques publiques. Et en particulier, à cette politique d’éducation prioritaire menée pourtant de manière constante depuis 35 ans. «Loin de faire de la discrimination positive, elle produit en réalité de la discrimination négative, à cause des effets pervers».

Conclusion :

«commençons d’abord par déségréguer les 100 collèges les plus ghéttoïsés»

Moi, je veux bien. Mais ce qui m’intéresse, c’est plutôt le Comment… ? La mixité sociale, je n’en vois guère l’horizon… Anne, ma sœur Anne ? A moins que ce soit mon frère Grégory ? La question de classes reste posée. J’attends. Comment envisage-t-on ce thème de débat vu de l’intérieur ? La question de cette fameuse déségrégation est-elle vraiment à l’ordre du jour ? Et si oui, comment ? ça m’intéresse…

 

 

#çavamieux, votez #gogoFH2017 !

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Quand c’est Challenges qui le déplore, c’est encore plus savoureux… Surtout avec Macron en arrière-fond, le chouchou des marchés…

.La pauvreté a encore progressé en France en 2016, de plus en plus de Français ne se soignent plus faute d’argent, et 3 millions de personnes ont recours chaque semaine aux colis alimentaires. Le pouvoir d’achat des Français a baissé, selon un rapport que vient de publier , l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE), qui tire un premier bilan de la politique économique menée durant ce quinquennat. On ne peut pas dire qu’il soit tendre avec ce bon président pourtant si gentil et bien brave…

(Bien que) « le quinquennat de François Hollande s’est ouvert dans un contexte économique des plus défavorables », sur le plan de l’emploi, de la croissance et des déficits, ils estiment pourtant que « l’ampleur du choc fiscal en début de quinquennat, dont l’impact négatif sur la croissance avait été sous-estimé par le gouvernement, n’était pas compatible avec une baisse du chômage au cours de la première moitié du mandat. » En clair, que les politiques inspirées par les gourous de l’austérité – réduction des déficits budgétaires couplée à une augmentation des impôts pour les ménages – ont eu des effets néfastes, voire nocifs : « La consolidation budgétaire en France et en Europe a eu un impact négatif marqué, de 0,8 point par an en moyenne entre 2012 et 2017. La simultanéité des politiques d’austérité en Europe a amplifié leur impact récessif en déprimant la demande intérieure, mais aussi la demande extérieure », constatent les chercheurs.

Le constat est d’autant plus sévère qu’il est de notoriété publique que l’OFCE n’est pas franchement une officine ultra-libérale orthodoxe gouvernée par la droite dure, bien au contraire… Conclusion des auteurs du rapport :

si « cette politique, incarnée par le Pacte de Responsabilité et le CICE, porte ses fruits en fin de mandat avec le rétablissement des marges des entreprises » – pour le plus grand bonheur du Medef -, elle « aura diminué le pouvoir d’achat des ménages et la croissance à court terme. » Alors même que si l’on totalise dépense et investissement des ménages, ils ont « contribué pour moitié à la croissance ».

L’OFCE, sur la base de cette analyse, projette que « sur l’ensemble du quinquennat, le chômage au sens du BIT augmenterait d’environ 100.000 personnes malgré 720.000 créations d’emplois, du fait de l’insuffisance de la croissance, conjuguée à la hausse de la population active. » Résumé : la non-inversion de la courbe du chômage, ce n’était pas qu’une question de « bol », mais accessoirement de choix économiques…

Finalement, rien d’autre que ce que disaient ces utopistes passéistes de la vraie gauche, des « frondeurs » au Front de gauche, qui se sont arc-boutés tout au long du quinquennat contre cette politique économique contre-productive… avec les résultats que l’on sait, malheureusement. Le roi est nu. Mais qui l’avouera enfin, au PS, et en tirera les conséquences, à la fois sur l’organisation de ce parti si éloigné de ses fondamentaux, et sur les prochaines échéances électorales ? Et dire que certains s’escriment encore, de plus en plus hystériques  dans leur camp retranché, à soutenir pareil triste sire… cela dépasse mon entendement.

#çavamieux

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La crise de 2008 a fait diminuer le niveau de vie médian en France et augmenté la pauvreté, notamment celle des enfants car les familles monoparentales et nombreuses ont été le plus affectées, selon une étude de l’Insee publiée mardi.

En 2013, 8,6 millions de personnes, soit 14% de la population, vivaient sous le seuil de pauvreté de 1.000 euros par mois. Cette proportion a légèrement diminué en 2012 et 2013, mais en cinq ans, la pauvreté a augmenté de 0,7 point.

Les enfants ont vu leur taux de pauvreté augmenter sans interruption entre 2008 et 2012 (« 2,6 points), avant de se replier légèrement en 2013 (-0,8 point) pour s’établir à 19,6%, soit un enfant sur cinq.

Les bas revenus ont été plus touchés par la crise économique: le premier décile de niveau de vie (les 10% de la population les plus pauvres) a baissé de 3,5% entre 2008 et 2013. (source)

 

il faut que la colère populaire s’exprime enfin.

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« Puisqu’ils nous empêchent de rêver, nous les empêcherons de dormir »

Depuis mon plus jeune âge, enfin celui où la conscience politique commence à frémir, j’ai toujours été adepte de la non-violence et de la désobéissance civile pacifique. Il faut croire que je suis en train de vivre un processus inverse à celui généralement constaté, et que plus je vieillis, plus je me radicalise. Comment pourrait-il en être autrement quand on est d’une génération l’on nous a vendu Mitterand et Hollande pour du socialisme, et Valls ou Macron pour de la gauche ?  Le mépris de la volonté populaire à l’occasion du référendum de 2005, les nombreuses régressions sociales, la baisse du pouvoir d’achat, la généralisation de la précarité et le règne du salarié jetable, agrémentés de l’avènement du tout sécuritaire et du régime Big Brother dans lequel on est fliqués de partout jusqu’en notre plus stricte intimité, voilà tout un tas de phénomènes qui n’arrangent pas les choses. Et c’est là que nos avis divergent profondément. L’ami des Pas Perdus, dans un très bon billet dont je vous conseille la lecture, nous dit à l’occasion de ses pérégrinations « manifestives » de ce week-end que « la violence est illusoire ». Pour lui, quelques excités cagoulés et casqués ne font pas le printemps. Certes, le fait de brûler des poubelles ou casser des vitrines ne fait sûrement pas avancer notre cause, je suis amplement d’accord. Toutefois, je le trouve sur ce coup là bien naïf quand il pense  que ce système capitalisme à bout de souffle s’effondrera de lui-même :

L’ordre social actuel ne tombera pas grâce à une avant-garde qui prône la violence armée. Il s’effondrera sans doute de lui-même. Une sorte d’implosion, un peu à la manière dont sont tombés tous les régimes de l’ex bloc soviétique, tel un fruit pourri parce que plus personne n’y croyait de la tête au sommet.

Des gens d’un large spectre politique, du PS au FN en passant par le modem, l’UDI et tutti quanti, dont les intérêts personnels et matériels ou financiers sont en jeu, qui se partagent les pouvoirs politiques et économiques,  ont tout intérêt à ce que ce système, bien qu’à bout de souffle en effet, perdure. Il n’y a qu’à voir le mépris qu’ils projettent sur les mobilisations sociales comme les manifestations contre la loi El Khomri ou, pire, Nuit Debout. Que n’a-t-on entendu comme insultes, dénigrement, calomnies et autres railleries sur ce mouvement, alors qu’il devrait signifier aux yeux de tous une aspiration positive plutôt salutaire à plus de débats et de démocratie qui dépasse à la fois les partis politiques traditionnels et les syndicats.  La haine sociale et le mépris de classe (et d’âge, parfois) ne cesse de s’étaler au grand jour sans la moindre honte dans bien des médias, sans que davantage de voix que tristement isolées ne songent à s’en offusquer.  Aussi, la plupart des français étant dépossédés de leurs pouvoirs, qu’ils soient politiques, économiques ou sociaux,  et même de leurs libertés les plus fondamentales, je dis que ace à cette violence de l’oligarchie, notre violence populaire est légitime. Et je ne parle pas là de quelques caillassages, mais d’un mouvement de masse, organisé, et puissant. J’ai de plus en plus ancré en moi cette conviction profonde : tant que nous ne leur feront pas peur, rien ne changera. L’heure devrait être au partage, à une répartition plus équitable des richesses, à la résorption du chômage, de la précarité et de la pauvreté, mais tous ces gens n’ont pourtant qu’une idée en tête : accroître davantage leurs profits en rognant toujours et encore plus sur le peu de droits qu’il nous reste. Devons nous attendre d’en arriver à la situation dramatique de la Grèce pour  nous révolter et mettre le hola à cette volonté oligarchique de faire de la recherche du profit à court terme les seuls alpha et oméga de notre projet de société ? Si nous ne les stoppons pas, et si donc nous ne leur faisons pas peur, ils iront encore et toujours plus loin. Aussi, je dis que le moment de la révolte est venu. Et je ne pense pas que les moyens traditionnels de lutte et de protestation soient efficaces et suffisants. Voyez ce qu’ils font de nos grèves, de nos manifestations et de nos pétitions : ils s’assoient dessus, et en profitent de surcroit pour ne nous en mépriser que davantage. Nous n’aurions rien compris. Et bien si, et que trop : c’est la guerre, et ce sont les riches qui sont en train de la gagner. Alors, ne les laissons pas faire. En toute conscience et sans la moindre honte étant donnée la violence qu’ils nous font subir, j’approuve qu’on bloque des succursales de la société générale. J’approuve que des militants aient tenté de se rendre au domicile de Manuel Valls pour lui dire leur fait. j’approuve qu’on tague, voire que l’on tente de murer des permanences du PS, et d’ailleurs pourquoi seulement elles ? Il faudrait le faire pour toutes. Ils sont tous complices de cet accaparement de nos ressources et du fruit de notre travail et de nos luttes comme de nos sacrifices sans retour. Et je ne suis vraiment pas convaincu que nous réussirons à les stopper avec des moyens traditionnels. Qui croit encore qu’une élection va changer sa vie, et le monde ?C’est pourquoi je réfléchis, seul pour l’instant, à des actions symboliques d’ampleur qui soient de nature à leur faire comprendre qu’ils ont franchi la limite, et que trop, c’est trop. Les frapper là où ça fait mal. Répondre à la violence économique et sociale par des actions de violence symbolique efficace. Occulter les caméras de surveillance, détourner les panneaux publicitaires, faire comprendre à tous ces élus corrompus qui se gavent sur notre dos que nous n’en voulons plus, organiser davantage d’actions d’agit prop, et que notre avenir se fera sans eux, réaliser nos propres médias, pour contrer leur propagande inepte. Quelques idées comme ça qui me viennent spontanément. J’en ai d’autres.

Communiqué de François Hollande aux gauchistes irresponsables

Parlons le libéral fauxcialiste dans le texte :

CaptureIl faut libérer les entreprises de leurs freins pour leur permettre de se développer, de créer des richesses, des emplois, ce qui permettra leur développement économique et le retour de la croissance. La seule voie possible est celle-ci, pour permettre la résorption de notre dette nationale, trop élevée. Pour cela, il convient de baisser les charges, les impôts, les cotisations patronales. Nous devons tout faire pour que les entreprises n’hésitent plus à recruter. La possibilité pour les employeurs de bénéficier d’une main d’œuvre flexible et adaptable aux carnets de commande est une nécessité. Plus les modalités d’emploi seront souples, plus les entreprises embaucheront. Préfère-t-on un marché du travail figé sur des règles anciennes avec un tel taux de chômage, inacceptable ? Où devons nous permettre aux entreprises d’embaucher et de débaucher en toute liberté, afin que chacun puisse accéder à l’emploi ? En cela, je suis socialiste.

F.H

Essayez vous aussi, vous verrez c’est facile. Aussi facile que de parler communiste, exploitation de l’homme par l’homme, partage des richesses, toussa… Le libéralisme est une idéologie qui se cache derrière un pseudo-pragmatisme de pacotille, vous dis-je. Comme ce patron socialiste, hier, nous l’a si concrètement démontré. Arrêtons de nous voiler la face. La guerre est idéologique, et si nous ne faisons rien pour les bloquer, ils sont déjà en train de gagner. Les vieilles méthodes ne suffisent plus. Ni les manifs ni les élections n’y changeront rien. L’heure des barricades a sonné. Vive la Commune !

Selon que tu seras #Cahuzac ou Duchmoll

scales-of-justice-hiQuel bien mauvais message la justice donne là en renvoyant aux calendes grecques le procès de cet ancien membre du gouvernement si peu socialiste autrefois chargé de lutter contre la fraude fiscale… Une grande partie de la population française était déjà convaincue avant même l’audience qu’il ne risquait pas grand chose ou si peu, tant elle est habituée au fait que les puissants échappent plus facilement à la sanction judiciaire ou administrative que les plus démunis d’entre nous, qu’une certaine classe dominante à droite comme au Ps s’obstine à poursuivre de son attention toute particulière… Pendant que les riches, eux, passent un peu trop régulièrement à travers les mailles bien lâches d’un filet rarement installé dans les eaux troubles de l’univers politique. Un gars ou une fille qui se retrouve au chômage et qui ne peuvent plus payer leurs impôts  ne risquent pas d’échapper au fisc et voient leurs allocations aussitôt ponctionnées jusqu’à plus soif par un état sans âme. Mais un Cahuzac, un Woerth ou des Balkany peuvent se soustraire indéfiniment aux mains de la justice par des artifices que seule l’aisance financière peut opposer aux juges. Une simple Question Prioritaire de Constitutionnalité y suffira, quel qu’en soit le motif, même futile. Ce sentiment populaire grandit, se renforce jour après jour, et devient un ferment de révolte explosif qu’il serait dangereux de méjuger ou sous-estimer. Mais qu’attendre d’une telle classe politique hors sol ?

Lemaire #UMP, l’Attila ultra-libéral bushiste qui veut détruire le modèle français

-Certains à gauche qui le connaissent mal pourraient être  tentés de « lui donner le bon dieu sans confession », non seulement pour sa gueule d’ange et sa générale affabilité, mais également parce qu’il se positionne en adversaire crédible et acharné d’un (très) petit homme qui ne doute de rien et dont on taira le nom pour ne pas lui faire davantage de publicité qu’il n’en recherche déjà. Le sbire de droite (dure) dont on va parler ici s’est illustré dernièrement par son insistance (ressemblant fortement à un crime de lèse-majesté pour les droitistes primaires) à  pointer la responsabilité du Qatar dans le financement du terrorisme djihadiste. Et donc à jeter le discrédit sur son adversaire de droite en vue de la présidentielle de 2017, lui qui se déclare si volontiers ami de ce pays. (Et dont on murmure ici et là que son mariage aurait été payé par le même…).  Voilà en tous cas un homme habile à retourner l’actualité à son avantage, et conformément à son ambition. Mais l’histoire ne vaudrait pas la peine d’être contée, tant elle relèverait de la basse besogne politicienne médiocre si le Monsieur n’allait encore plus loin dans l’instrumentalisation des attentats de la semaine dernière. Sur la demande d’un Patriot Act, il n’est pas le seul, à l’instar de la sortie malheureuse de sa collègue, Valérie Pécresse, qui a appelé sur RTL le gouvernement à déroger aux droits de l’homme, ce qui a provoqué un tollé sur les réseaux sociaux. Pourtant, hélas, la possibilité juridique existe. Lemaire, lui, va encore plus loin dans cette logique ultra-sécuritaire qui semble donc être la doctrine officielle de l’UMP, qui rejoint étrangement le positionnement du FN sur ce sujet. Ainsi, dans une dépêche AFP reprise par Le Point, voilà les propos qu’il tient sans sourciller :

« Quand je dis renforcer les moyens de la police, de la gendarmerie, des armées, je dis qu’il va falloir réduire l’État social, réduire le nombre de fonctionnaires, parce qu’il va falloir financer tout cela », a lancé l’élu de l’Eure. « Je réclame un État régalien fort », a-t-il poursuivi. Pour « donner 500 millions d’euros supplémentaires » aux armées, « avoir plus d’effectifs, construire des places de prison qui coûtent très cher » la classe politique doit « être capable de dire qu’il faudra dépenser mieux dans les hôpitaux, dérembourser un certain nombre de médicaments, supprimer tous les régimes sociaux de retraite, modifier le statut de la fonction publique », a insisté Bruno Le Maire.

« Peut-on continuer à accorder la gratuité des urgences à l’hôpital pour des gens qui […] ne veulent pas aller chez leur médecin de ville ? Peut-on continuer à avoir une aide médicale d’État pour des étrangers en situation irrégulière, qui se font soigner sans avoir donné un euro à la sécurité sociale ? » a-t-il demandé. « Nous payons notre incapacité à faire émerger un nouveau modèle économique et social à la hauteur des attentes des Français, qu’ils ont manifesté avec tant de dignité et de force le 11 janvier »

Alors, vous trouvez toujours que mon titre était exagéré ? Inutilement provocateur ? Mensonger ? A vous de juger. Pour ma part, je suis consterné par de telles propositions, si  extrêmement droitières, qui vont à l’encontre de notre tradition humaniste, et qui surfent si visiblement sur la vague de l’émotion causée par les récents attentats… Sous couvert d’efficacité face à la menace terroriste, ils rendent tout comme le FN l’ensemble d’une population responsable des récents attentats, comme si tous les immigrés en étaient à l’origine… Et allant même jusqu’à faire payer à tous les français le prix pourtant déjà trop fort de ces attentats.  Les terroristes peuvent être  contents d’eux… La droite anti-sociale de ce pays n’avait besoin que de cette occasion inespérée pour faire passer toutes les réformes les plus ultra-libérales dont ils n’osaient rêver auparavant. Maintenant, ils ne redoutent même plus d’avoir le même discours que Les Le Pen…. C’est triste. Avec des gens pareils, l’avenir n’est pas à l’amélioration de nos conditions sociales, ni à l’évolution sociétale tant souhaitée par beaucoup. Si rien ne change d’ici là, lune coalition UMP/FN est à craindre de plus en plus fortement. Laisserons nous notre pays entre de telles mains si profondément porteuses d’inégalités ? Il devient vraiment urgent de faire naître une véritable force humaniste de transformation sociale et de changement économique, sinon… Pauvre France.

CQFD : le capitalisme est une (grosse) connerie

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(merci à « calin69″ sur twitter pour le partage)

Pourquoi Annie Thébaud-Mony refuse la Légion d’Honneur de Cécile Duflot

Madame la ministre,

Madame Cécile Duflot Ministre de l’égalité, des territoires et du logement,

Par votre courrier du 20 juillet 2012, vous m’informez personnellement de ma nomination au grade de Chevalier de la Légion d’Honneur et m’indiquez que vous êtes à l’origine de celle-ci. J’y suis très sensible et je tiens à vous remercier d’avoir jugé mon activité professionnelle et mes engagements citoyens dignes d’une reconnaissance nationale. Cependant – tout en étant consciente du sens que revêt ce choix de votre part – je ne peux accepter de recevoir cette distinction et je vais dans ce courrier m’en expliquer auprès de vous.

Concernant mon activité professionnelle, j’ai mené pendant trente ans des recherches en santé publique, sur la santé des travailleurs et sur les inégalités sociales en matière de santé, notamment dans le domaine du cancer. La reconnaissance institutionnelle que je pouvais attendre concernait non seulement mon évolution de carrière mais aussi le recrutement de jeunes chercheurs dans le domaine dans lequel j’ai travaillé, tant il est urgent de développer ces recherches.

En ce qui me concerne, ma carrière a été bloquée pendant les dix dernières années de ma vie professionnelle. Je n’ai jamais été admise au grade de directeur de recherche de 1e classe. Plus grave encore, plusieurs jeunes et brillant.e.s chercheur.e.s, qui travaillaient avec moi, se sont vu.e.s fermer les portes des institutions, par manque de soutien de mes directeurs d’unité, et vivent encore à ce jour – malgré la qualité de leurs travaux – dans des situations de précarité scientifique.

Quant au programme de recherche que nous avons construit depuis plus de dix ans en Seine Saint Denis sur les cancers professionnels Giscop, bien que reconnu au niveau national et international pour la qualité scientifique des travaux menés, il demeure lui-même fragile, même s’il a bénéficié de certains soutiens institutionnels. J’en ai été, toutes ces années, la seule chercheure statutaire. Pour assurer la continuité du programme et tenter, autant que faire se peut, de stabiliser l’emploi des jeunes chercheurs collaborant à celui-ci, il m’a fallu en permanence rechercher des financements – ce que j’appelle la « mendicité scientifique » – tout en résistant à toute forme de conflits d’intérêts pour mener une recherche publique sur fonds publics.

Enfin, la recherche en santé publique étant une recherche pour l’action, j’ai mené mon activité dans l’espoir de voir les résultats de nos programmes de recherche pris en compte pour une transformation des conditions de travail et l’adoption de stratégies de prévention. Au terme de trente ans d’activité, il me faut constater que les conditions de travail ne cessent de se dégrader, que la prise de conscience du désastre sanitaire de l’amiante n’a pas conduit à une stratégie de lutte contre l’épidémie des cancers professionnels et environnementaux, que la sous-traitance des risques fait supporter par les plus démunis des travailleurs, salariés ou non, dans l’industrie, l’agriculture, les services et la fonction publique, un cumul de risques physiques, organisationnels et psychologiques, dans une terrible indifférence. Il est de la responsabilité des chercheurs en santé publique d’alerter, ce que j’ai tenté de faire par mon travail scientifique mais aussi dans des réseaux d’action citoyenne pour la défense des droits fondamentaux à la vie, à la santé, à la dignité.

Parce que mes engagements s’inscrivent dans une dynamique collective, je ne peux accepter une reconnaissance qui me concerne personnellement, même si j’ai conscience que votre choix, à travers ma personne, témoigne de l’importance que vous accordez aux mobilisations collectives dans lesquelles je m’inscris. J’ai participé depuis trente ans à différents réseaux en lutte contre les atteintes à la santé dues aux risques industriels. Ces réseaux sont constitués de militants, qu’ils soient chercheurs, ouvriers, agriculteurs, journalistes, avocats, médecins ou autres… Chacun d’entre nous mérite reconnaissance pour le travail accompli dans la défense de l’intérêt général.

Ainsi du collectif des associations qui se bat depuis 15 ans à Aulnay-sous-bois pour une déconstruction – conforme aux règles de prévention – d’une usine de broyage d’amiante qui a contaminé le voisinage, tué d’anciens écoliers de l’école mitoyenne du site, des travailleurs et des riverains. Ainsi des syndicalistes qui – à France Télécom, Peugeot ou Renault – se battent pour la reconnaissance des cancers professionnels ou des suicides liés au travail. Ainsi des ex-ouvrières d’Amisol – les premières à avoir dénoncé l’amiante dans les usines françaises dans les années 70 – qui continuent à lutter pour le droit au suivi post-professionnel des travailleurs victimes d’exposition aux cancérogènes. Ainsi des travailleurs victimes de la chimie, des sous-traitants intervenant dans les centrales nucléaires, des saisonniers agricoles ou des familles victimes du saturnisme…

Tous et chacun, nous donnons de notre temps, de notre intelligence et de notre expérience pour faire émerger le continent invisible de ce qui fut désigné jadis comme les « dégâts du progrès », en France et au delà des frontières du monde occidental.

La reconnaissance que nous attendons, nous aimerions, Madame la ministre, nous en entretenir avec vous. Nous voulons être pris au sérieux lorsque nous donnons à voir cette dégradation des conditions de travail dont je parlais plus haut, le drame des accidents du travail et maladies professionnelles, mais aussi l’accumulation des impasses environnementales, en matière d’amiante, de pesticides, de déchets nucléaires et chimiques… Cessons les vraies fausses controverses sur les faibles doses. Des politiques publiques doivent devenir le rempart à la mise en danger délibérée d’autrui, y compris en matière pénale. Vous avez récemment exprimé, à la tribune de l’Assemblée nationale, votre souhait d’écrire des lois « plus justes, plus efficaces, plus pérennes ». En qualité de Ministre chargée de l’Egalité des territoires et du logement, vous avez un pouvoir effectif non seulement pour augmenter le nombre des logements mais légiférer pour des logement sains, en participant à la remise en cause de l’impunité qui jusqu’à ce jour protège les responsables de crimes industriels.

En mémoire d’Henri Pézerat qui fut pionnier dans les actions citoyennes dans lesquelles je suis engagée aujourd’hui et au nom de l’association qui porte son nom, la reconnaissance que j’appelle de mes vœux serait de voir la justice française condamner les crimes industriels à la mesure de leurs conséquences, pour qu’enfin la prévention devienne réalité.

Pour toutes ces raisons, Madame la ministre, je tiens à vous renouveler mes remerciements, mais je vous demande d’accepter mon refus d’être décorée de la légion d’honneur. Avec l’association que je préside, je me tiens à votre disposition pour vous informer de nos activités et des problèmes sur lesquels nous souhaiterions vous solliciter.

Je vous prie d’agréer, Madame la ministre, l’expression de ma reconnaissance et de mes respectueuses salutations

Annie Thébaud-Mony


Source : Courriel à Reporterre

Annie Thébaud-Mony, directrice de honoraire de recherches à l’Inserm, est aussi membre de l’association Ban Asbestos et de l’Association Henri Pézerat

#egalité2012 : signez l’appel pour l’égalité femmes-hommes !

Signez l’appel pour l’égalité femmes-hommes !

 

Nous voulons l’égalité femmes-hommes, MAINTENANT !

Nous entendons souvent que l’égalité entre les femmes et les hommes serait acquise. Et pourtant, en 2012, le quotidien des femmes reste marqué par les inégalités salariales, la précarité, les violences physiques, sexuelles et psychologiques, les difficultés d’accès à l’avortement et à la contraception, les stéréotypes sexistes…

Bien sûr, des droits ont été gagnés, et heureusement. Il y a 50 ans, les femmes de ce pays ne pouvaient ni ouvrir de compte en banque sans l’autorisation de leur mari, ni avorter, ni porter plainte pour viol conjugal. S’il en est autrement aujourd’hui, c’est grâce aux mobilisations féministes qui ont porté ces combats. C’est aussi parce que les politiques, à certains moments, ont su entendre ces revendications et faire preuve de volonté pour les transformer en avancées législatives.

Malgré la défiance grandissante dans notre pays vis-à-vis de l’action politique, nous croyons encore que celle-ci peut changer les choses. Mais nous savons aussi combien elle peut faire régresser l’égalité lorsque les responsables politiques méprisent les conquêtes collectives. Les droits des femmes ne sont jamais définitivement acquis. Ils appellent une vigilance permanente.

Dans les débats qui entourent les élections présidentielles, l’égalité entre les femmes et les hommes est toujours passée à la trappe. Nous exigeons qu’en 2012 l’égalité soit enfin inscrite à l’agenda politique. Les grands discours et les mesurettes sont inutiles : nous voulons des engagements précis et des résultats concrets.

Candidates et candidats à l’élection présidentielle, vous n’aurez pas nos voix si vous ne mettez pas l’égalité femmes-hommes au programme.

Nous, femmes et hommes engagé-e-s pour l’égalité, nous voulons l’égalité maintenant !

Pour signez l’appel, CLIQUEZ ICI.

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