le #FN parti officiellement pétainiste et révisionniste

 » bas du front, collabos ! »

Après la polémique sur le Vel d’Hiv, qui a permis de se replonger avec intérêt sur les heures les plus sombres de notre histoire, je trouve qu’il y a une certaine cohérence idéologique  pour le Fn d’avoir choisi comme président par intérim, suite à l’annonce par MLP de la vacance de poste pour cause de présidentielle, Mr Jean-François Jalkh, par ailleurs député européen mis en examen pour escroqueries, abus de confiance et j’en passe (voir affaire Riwal) :

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Un ami twittos vient en outre d’attirer mon attention sur cette photo qui démontre que le même Monsieur est un accoutumé du fait puisque déjà en 1973, on pouvait le voir assister à un hommage au Maréchal Pétain devant sa tombe, sur l’ile d’Yeu :le 22 février 1973. Le voici sur cette photo, derrière Robert de Périer, l’ancien dirigeant de l’association Pétain Verdun.

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QvFn2nuS.jpg large.jpgJ’aprends en outre peu de temps après avoir publié ce billet que je rectifie donc en conséquence que ce brave Jean-François est également révisionniste..

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réactualisation au 28.04.2017

ça n’aura pas duré longtemps…

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Pareil amateurisme, on a rarement vu ça.

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Face à Robespierre, je suis un « enragé » (pour une nouvelle conjuration des Egaux).

th« La liberté n’est qu’un vain fantôme quand une classe d’hommes peut affamer l’autre impunément. L’égalité n’est qu’un vain fantôme quand le riche, par le monopole, exerce le droit de vie et de mort sur son semblable » (Jacques Roux, Manifeste des enragés, discours prononcé devant les députés de la convention nationale le 25 juin 1793)

Puisqu’il est de bon ton, dans certains cénacles très politisés – et cela quel que soit le parti dans lequel une personne donnée milite – de se jeter à la figure des morceaux d’histoire pour justifier et illustrer ses positions politiques, qu’on me permette de répondre ici à ma modeste façon… Tel ne fut pas le cas de certains souverainistes d’hier, proches de Chevènement, pour qui tout ce qui n’est pas leur positionnement ¹ n’existe pas, et  leurs opposants des incultes.  Profitons donc de ce billet pour parfaire la culture de tous, y compris la mienne, et surtout la leur, en évoquant un mouvement peu connu de l’histoire de la révolution française, puisque  beaucoup s’y réfèrent volontiers à gauche, mais ne semble pas la connaître, ou du moins très imprécisément. Parmi les figures bien connues de cette période, la figure de Robespierre a ces  dernières années été portée symboliquement aux nues par la gauche radicale comme un étendard, l’un des plus érudits de tous, Mélenchon en tête. Je ne me reconnais pas dans cette figure révolutionnaire pour plusieurs raisons. Tout d’abord, c’est un membre de la bourgeoisie, avocat, et figure emblématique des Jacobins, dont la politique du Comité de Salut Public conduira à la dictature et à la Terreur, avec l’élimination des opposants (dantonistes, hébertistes) et les grands procès du printemps 1794. Comment justifier cela ? Par la raison supérieure de l’état, qu’implique les positionnements nationalistes, encore et toujours, aujourd’hui  encore, malgré la suppression de la peine de mort, comme on a pu le constater en mains exemples, à travers l’histoire, et parmi eux, plus récemment, celui des morts du rainbow warrior, affaire qui m’a personnellement tant indigné. Je refuse et réfute ce positionnement nationaliste là. Et je préfère mille fois m’identifier à ceux qu’on a cru bon autrefois d’affubler du titre méprisant d’enragés, un mouvement bien moins connu, et qui pourtant illustre bien davantage à mes yeux et selon mon positionnement personnel l’esprit de révolution. Par la grâce de cet extrait de Daniel Guérin que j’ai mis un peu de temps à retrouver, voici  pourquoi il me parle tant :

Extrait de « La révolution française et nous » de Daniel Guérin :

« Ceux que leurs adversaires affublèrent du nom d’ « enragés » : Jacques Roux, Théophile Leclerc, Jean Varlet, furent en 1793 les interprètes directs et authentiques du mouvement des masses ; ils furent, comme n’hésita pas à l’écrire Karl Marx, « les représentants principaux du mouvement révolutionnaire ».

A ces trois noms doit être attaché celui de Gracchus Babeuf. Il ne s’associe certes que partiellement au mouvement des enragés. Il devait être davantage leur continuateur qu’il ne fut leur compagnon de lutte. Mais il appartient à la même espèce d’hommes (…) Tous quatre étaient des révoltés (…) Tous quatre avaient partagé la grande misère des masses. (…) Au nom de ce peuple qu’ils côtoyaient tous les jours, les enragés élevèrent une protestation qui va beaucoup plus loin que les doléances des modestes délégations populaires. Ils osèrent attaquer la bourgeoisie de front. Ils entrevirent que la guerre – la guerre bourgeoise, la guerre pour la suprématie commerciale – aggravait la condition des bras-nus ; ils aperçurent l’escroquerie de l’inflation, source de profit pour le riche, ruineuse pour le pauvre. Le 25 juin 1793, Jacques Roux vint lire une pétition à la barre de la Convention : « (…) La liberté n’est qu’un vain fantôme quand une classe d’hommes peut affamer l’autre impunément. (…) La république n’est qu’un vain fantôme quand la contre-révolution s’opère de jour en jour par le prix des denrées auquel les trois quarts des citoyens ne peuvent atteindre sans verser des larmes. » (…). Les enragés eurent le mérite incontestable, face aux montagnards enfermés dans le légalisme parlementaire, de proclamer la nécessité de l’action directe. Ils eurent aussi le courage de s’attaquer aux réputations établies, à la plus haute, à celle à laquelle il était le plus dangereux de toucher. Ils osèrent s’en prendre à l’idole populaire qu’était Robespierre. Théophile Leclerc rangeait ce dernier parmi les « quelques despotes insolents de l’opinion publique ». Jacques Roux dénonçait prophétiquement « les hommes mielleux en apparence, mais sanguinaires en réalité ». (…) La Société des Femmes Révolutionnaires de Claire Lacombe poussa la témérité jusqu’à appeler Robespierre : « Monsieur Robespierre », injure impardonnable à l’époque.

Voilà des propos qui me font toujours plaisir à lire, me touchent au cœur, et  disent davantage qui je suis que ce Robespierre si hautain là, que me proposent donc de petits jacobins d’écran, dont je ne suis pas. On pourrait ajouter maintes références qui tournent autour de ce mouvement, comme la figure tutélaire de Gracchus Baboeuf bien sûr, et sa conjuration des égaux. Mais je ne souhaitais pas faire mon pédant. Juste rappeler que quand on veut étouffer le débat, et conjurer la réflexion critique de quelqu’un, on commence par tenter de  le faire taire par ses propres considérations historiques. Ce n’est ni ma conception de la politique, ni ma conception du débat, ni ma conception de la connaissance, qui ne doit pas être un moyen de pouvoir et donc de domination, mais un passage de relais, de témoin, et de possibilité d’identification par d’autres pour évoluer à la fois politiquement et personnellement. Aussi, Monsieur Dim, je ne vous remercie pas. Vous n’êtes qu’un paltoquet.

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¹ Un positionnement que je combats actuellement car il nous amène vers le pire : nationaliste,  patriote,  souverainiste et non pour la souveraineté des peuples (dont les intérêts sont contradictoires), par delà les nations.

l’Histoire de France ne doit pas être une proie pour les ennemis de l’évolution sociétale

Après avoir zappé brièvement sur Mots croisés hier soir (sur la 2), j’étais assez stupéfait d’un passage sur l’enseignement de l’histoire pendant lequel Bruckner nous délivrait son message pontifiant du « c’était mieux avant », ainsi que du pugilat entre une prof d’histoire particulièrement désagréable et manifestement bien réac (Barbara Lefebvre, Professeure d’histoire-géo à Saint-Cloud) et Nicolas Offenstadt (Historien, maître de conf. à Paris-I). Reliant ce passage dans mon cortex paresseux à ce que j’ai pu lire et entendre au sujet de l’enseignement de l’histoire pendant toute ma vie, m’est apparue soudain cette évidence de la tension idéologique forte que suscite cette matière, moins neutre qu’il n’y parait de prime abord pour qui ne s’y intéresse pas, ou peu. C’est une erreur fondamentale pour tout militant, qu’il soit politique, syndical, associatif, ou pour la défense des droits humains. Car l’ennemi est là, qui cherche à s’en emparer. On peut d’ailleurs observer à quel point cet enseignement est bien vite revisité, remanié, et censuré dès qu’un gouvernement d’essence non démocratique arrive au pouvoir. Et sans même aller jusque là, regarder la manière dont l’extrême droite (et maintenant, la droite sarkozyste) n’a eu de cesse de tenter de récupérer assez obsessionnellement, petit à petit,  des symboles historiques pour en faire son héritage exclusif . Ce qui est  abusif  quand on creuse un peu en se documentant rationnellement, que ce soit à propos  de Jeanne d’Arc ou de Jaurès pour seuls exemples connus. Et ce phénomène va jusqu’à tenter de se réapproprier l’histoire en la revisitant et en la remodelant afin qu’elle corresponde à son schéma idéologique intérieur, fut-il perverti, comme c’est le cas des révisionnistes, et de l’histoire de la Shoah. Et l’on va jusqu’à penser contre toute raison et toute preuve irréfutable que les chambres à gaz n’ont jamais existé… Ces gens là ne sont pas dans le domaine de la raison, mais de l’émotion. Du fantasme historique. Aussi, c’est avec grand plaisir que j’ai découvert, le hasard fait si bien les choses, dès ce matin, cet article particulièrement intéressant que je vous invite à lire sur Rue89 :

CaptureEn le lisant, tout s’éclaire et l’on comprend mieux pourquoi aujourd’hui c’est un point essentiel de convergence (et d’extrême tension)  entre tous les identitaires et autres nationalistes de France, de droite comme d’une certaine gauche réac pour qui le fameux « héritage judéo-chrétien », tout comme la grandeur inconditionnelle de notre pays ne sauraient être contestés. Pourtant, bien des taches et des zones d’ombre viennent délégitimer cet idéalisme historique qui ne correspond en rien à ce que doit être l’Histoire : un bien commun.

Il y a certainement, et c’est à mon sens sa place exacte, une vision plus progressiste (c’est  à dire non figée sur des clichés et des émotions qui n’ont rien à voir avec la réalité de l’Histoire vivante, en constante évolution) et plus ouverte de l’Histoire, qu’il convient d’explorer assez régulièrement pour ne pas être en reste face aux idéologues aux petits pieds, qui profitent de notre inculture historique pour nous vendre leur soupe frelatée. Et de ce genre là, ils sont légion, que ce soit en philosophie, en politique, dans le paysage médiatique (et j’y inclus les réseaux sociaux, défouloir émotionnel et idéologique formidable dans lequel on trouve à boire et à manger… ou à vomir)  et culturel de notre pays.

Ne leur laissons pas le champ libre. L’histoire est aussi un combat, perpétuel, contre l’obscurantisme, d’où qu’il vienne. C’est une science en perpétuel mouvement, qui ne doit être ni arrêtée, ni figée, ni même accaparée par quelque courant idéologique ou spirituel que ce soit. Le sens critique doit toujours y conserver une place de choix. Et de cela, les réacs de tous poils ne veulent surtout  pas. Ils ne détestent rien tant que le changement… Nous devons donc les combattre également sur ce terrain là.

(Poil au bras).

C’est à lire, en complément : Pour une critique de gauche des nouveaux programmes d’histoire