Intox 2007

9782020992299

Lu dans « Transformer, à gauche« ,  de Clémentine Autain, ces mots que je partage entièrement, m’y associant pleinement pour l’avoir déjà maintes fois souligné dans mes billets, autrefois…  :

Si des personnalités prétendues de gauche ont pu faire la campagne de la candidate socialiste à la présidentielle de 2007 puis, une fois l’élection perdue, participer au gouvernement de la droite sarkozyste, ce n’est pas un hasard. Contrairement à ce qui a pu être abondamment écrit ou dit, il ne s’agit pas de simples déroutes individuelles : de telles trajectoires sont possibles parce que les frontières idéologiques ne sont plus vraiment étanches. Ce qui sépare les deux grandes « offres politiques » – pour reprendre le vocable à la mode emprunté au monde marchand…- est désormais loin d’être abyssal, au point que l’on peut donner un coup de main, prétendre se rendre utile en s’alliant avec l’adversaire d’hier. Ainsi, certains socialistes comme Bernard Kouchner ou Eric Besson, des figures réputées de gauche comme la fondatrice de Ni Putes Ni Soumises Fadéla Amara ou l’ancien Président d’Emmaüs Martin Hirsch, mais aussi de nombreux collaborateurs de cabinets ministériels, ont pu franchir tranquillement le Rubicon. Même Michel Rocard ou Jack Lang ont accepté des missions gouvernementales ! Une fois actées les passerelles politiques, ce qui semble compter avant tout pour chacun d’eux, c’est d’obtenir son strapontin et de figurer au côté des grands (sic) de ce monde. Comme si l’on pouvait enfiler des œillères pour réaliser sa petite réforme technique ou son petit rapport indépendamment du projet politique que l’on sert… Si les convictions ont l’air secondaires, c’est qu’elles ne reposent plus sur des options idéologiques clairement identifiées et distinctes. L’identité socialiste et, plus généralement, celle de la gauche sont en cause. Comment Sarkozy est-il parvenu à s’annexer, pour anéantir la gauche, Jean Jaurès et Guy Môquet ? En attendant, de tels transferts contribuent à décrédibiliser la politique, à accroître la confusion.

Sans commentaires.