nous sommes tous des ami(e)s de Julien Coupat #jesoutienslagrève

filj2176
source

« Quand la démocratie n’est plus qu’un masque mort sur la face du pouvoir marchand, arrive un temps où le seul chemin pour lui rendre son vrai visage est celui de la désobéissance » (Christine van Acker).

Sur le front des mobilisations populaires, hier fut une journée totalement affligeante, hallucinante, scand… j’ai plus de mots. Venant d’un pouvoir de droite, au hasard sarkozyste, au discours habituellement ultra-sécuritaire, que n’aurait-on dit ! Les mêmes qui  minimisent aujourd’hui la portée de certains événements les auraient fermement conspués hier.  Pourtant, étonnement, rien ne se passe, ou si peu, à la marge, ce qui est particulièrement frustrant. De mémoire de militant de gauche, on n’a jamais connu en effet autant de violences policières et de tentatives de répression d’un mouvement populaire…  Le tout agrémenté d’un discours dominant partagé à la fois par le PS,  LR, et le FN, visant à nous décrédibiliser en employant les pires outrances, les plus médiocres grossièretés, les pires insanités. Les actions de protestation sont significativement filtrées par les médias officiels, au point que cela se voie un peu trop… Un jeune journaliste indépendant est entre la vie et la mort ? Silence télé. Des enfants ont été envoyés à l’hôpital, des parents frappés parce qu’ils protestaient contre la fermeture d’un collège ? Rien n’en transparaît derrière l’écran. Des voitures de police fendent la foule en frappant à grands coups de matraque et en gazant tous ceux qui se trouvent sur leur passage sans discernement ? Des journalistes ont été agressés et leur matériel cassé ? Vous ne le verrez bien sûr pas dans vos journaux télévisés. Pas plus que cet autre journaliste obligé par la police d’effacer ses photos, au plus grand mépris de la liberté de la presse ¹… Et bien que ce genre de pratiques soit plus fréquent dans des dictatures plus ou moins exotiques et éloignées, voilà qu’elles se rencontrent désormais de plus en plus souvent chez nous, sans que rien ne semble bouger, ni que nos dirigeants et notre classe politique ne trouvent à s’en émouvoir outre mesure… Normal, la violence d’état est la seule admise et acceptable, n’est-il pas ? Et quand sur les réseaux sociaux certains se piquent d’évoquer le phénomène, ils sont aussitôt l’objet de railleries et de diffamations de la part d’une poignée d’activistes militants fauxcialistes complètement fanatisés, au comportement hystérique, bien proche des extrêmes qu’ils prétendent pourtant combattre en un formidable élan d’inconscience absolu. Ces fameux #gogoFH2017 dont je dénonce l’hypocrisie, le cynisme, tant ils  défendent sans morale ni conscience ni culture politique l’action glorieuse, et cela sans le moindre recul, de leur inattaquable gourou. Bien misérable en vérité, en regard des faits. Simplement les faits.  Leur roi est nu. Et violent. Il m’apparaît d’ailleurs que plus il est isolé, lui et les misérables qui osent le soutenir encore, plus son parti est mis en minorité à l’assemblée nationale, et plus sa violence apparaît pour ce qu’elle est : totalement gratuite, à l’instar de celle des prétendus casseurs que la doxa officielle jette en pâture aux gogos qui avalent sans broncher tout ce qu’on leur apporte tout cuit dans la bouche, en matière d’information relevant de la propagande pré-mâchée et pré-digérée. Quant aux imbéciles des renseignements généraux qui ont cru bon d’exhumer la fable (sur ordre ?) de l’action du comité invisible et de l’action occulte de Julien Coupat pour expliciter l’énergie de cette insurrection qui est là, comment dire… Non, rien, sinon que, potentiellement, face à une telle violence d’état, si gratuite, si honteuse, nous sommes tous Julien Coupat. Seuls ces néo-cons là ne le voient pas. Va falloir leur faire un dessin aux contours plus marqués, visiblement.

NB. Pour ceux qui souhaitent approfondir cette question de la violence d’état, et de sa contrepartie, « la désobéissance nécessaire », je vous conseille vivement cette émission radiophonique profondément éclairante…

¹ Le Club de la Presse de Bretagne a d’ailleurs saisi le Défenseur des Droits

#Gattaz est un grand malade #Medef #CGT

je tombe des nues… Quelle ne fut pas ma stupéfaction d’apprendre qu’après s’être vautré dans la fange nauséabonde de l’anti-gauchisme le plus extrêmiste, le plus grossier et le plus violent ¹, le Medef a appelé aujourd’hui les entreprises touchées par les blocages légitimes des grévistes contre la loi travail à porter plainte pour « délit d’entrave à la liberté du travail ». On se demande franchement qui est le plus extrémiste, de la CGT ou du Medef… Belle surenchère ridicule que voilà.  C’est en effet indubitablement faire preuve d’une grande maturité et du sens des responsabilités… qui n’engagent que les autres. La paille et la poutre. Gattaz voudrait mettre le feu à notre pays qu’il ne s’y prendrait pas autrement. Son attitude est totalement suicidaire en regard de l’intérêt collectif En outre, alors que la plainte de Martinez en diffamation est quant à elle fondée, il est fort peu probable compte-tenu de certains précédents que  celle du Medef le soit. Mais l’idéologie ultra-libérale de ces terroristes là ne souffre aucune contrariété.

.

¹ ce qui lui vaut d’être l’objet d’une plainte de la part de la CGT.

Exploration liminaire de la pathologie mentale d’un libertaré ordinaire, Daniel Tourre alias @Bastiat2022

medium_daniel_tourre_Affiche

Une certaine secte qui fait du libéralisme une doctrine indépassable malgré les dégâts sociétaux et environnementaux qu’elle occasionne dans le monde, au point d’en entraîner la chute dans l’abîme de la destruction planétaire,  est en train de « virer grave » dans la propagande complotiste. L’un de ses agents oranges, Daniel Tourre, ci-dessus, animateur d’un collectif dénommé Antigone, qui milite pour la disparition de l’Etat (rien que ça…) s’est rendu coupable de ce tweet plutôt infect :

Alors, j’ai voulu savoir quel genre de pathologie psychique pouvait entraîner dans une telle ignominie négationniste légitimant les propos de l’antisémite notoire dont le nom de scène tristement connu est Dieudonné. Fort probable que l’argumentation de base, l’une des marottes de ces gens là,  soit celle de la liberté d’expression, qu’ils brandissent tout particulièrement quand il s’agit de justifier le pire, et non le meilleur que seraient les valeurs fondamentales de l’humanisme et la défense des droits humains. Alors qu’ils jouent sur la racine du mot libéralisme pour prétendre qu’ils défendent les libertés, ce qui relève de l’escroquerie pure, il est assez comique de les voir s’enfoncer dans leur hypocrisie lorsqu’ils s’en servent pour attaquer la défense des droits humains, comme c’est en l’espèce le cas de Monsieur Tourre. Je suis assez habitué je l’avoue à ce genre de tours de passe-passe rhétorique, qui me voit assister trop souvent à leurs attaques virulentes  des lois contre le racisme, à l’instar de leurs cousins d’extrême droite, avec lesquels ils se confondent sur ce plan là. En France, celles-ci se basent sur la loi sur la liberté de la presse du 29 juillet 1881, le code pénal, la loi n°72-546 du 1er juillet 1972 sur la lutte contre le racisme,  et la loi Gayssot de 1990 qui réprime également la négation des crimes de guerre nazis. C’est cela précisément que cet ultra-libéral confusionniste attaque dans son tweet. Il me suffira de répondre simplement à cette autre obsession qui est celle de vouloir protéger à tout prix les porteurs de haine (ce qui apparait pourtant tout à fait incompatible avec toute vie en société libre), de rappeler l’une des évidences lumineuses de l’un de mes instituteurs d’autrefois : « la liberté des uns s’arrête là où commence celle de autres », et notamment de ne pas être inquiété en raison de sa race, de sa religion, de son engagement politique, de sa profession, de son statut social, ou de ses orientations sexuelles, si elles se déroulent entre adultes consentants.

Mais en continuant d’explorer son compte twitter, il m’est  apparu évident que le Monsieur semble souffrir de paranoïa et de troubles obsessionnels compulsifs qui lui font ramener systématiquement tout ce qu’il voit et vit à l’inffluence souterraine et obscure du communisme historique.  Une pensée complotiste somme toute assez classique, qui procède par amalgames totalisants. Il suffira de remplacer juifs par communistes, à moins que dans l’esprit troublé de ce Monsieur, futur patient particulièrement intéressant à étudier, les deux ne se confondent… Un autre exemple de son anticommuniste pathologique m’a été apporté par exemple par ce genre de tweet :

Capture

Voilà qui prouve assez le caractère délirant et si peu rationnel de la pensée (si tant est que l’on puisse appeler cela ainsi) de ce genre d ‘individus et démontre le sens un peu trop exclusif de leurs obsessions. Car si  toute presse subventionnée est presse d’état, et donc le diable absolu de ces esprits névrosés, j’ai envie de dire alors « Bingo ! Allons y », et supprimons toute aide d’état à la presse française. Et adieu ou diable les torchons qui portent la pensée libérale… c’est à dire la plupart. Ne resterait plus que les journaux ou sites d’information qui parviennent à l’équilibre financier, et ledit petit libéral compulsif se verrait n’avoir pour toute lecture quotidienne que… Médiapart. Comme je rirais  !

Il suffirait de fouiller encore un peu, si tant est que j’en éprouve le besoin (pas envie de vomir d’avantage que ce n’est déjà le cas !) dans le fil d ‘actualités du compte Twitter de ce libertaré pour tomber immanquablement sur des diatribes sans fin sur tout ce qui ressemble de près ou de loin à de la gauche.  Socialisme,  action sociale,  défense des droits humains, lutte contre le racisme, le sexisme et l’homo ou la transphobie, syndicalisme, lutte contre la pauvreté et la précarité… Tout un éventail de repères diaboliques qui les fait entrer en transe immanquablement. C’est à ça qu’on les reconnait. Faut voir leurs gesticulations haineuses dès qu’une grève leur fait perdre tout sens de l’amour propre et du ridicule.  Et dire qu’ils prétendent, ces tartuffes, défendre la liberté. Mais attention, hein, pas celle de tous… Seulement celle de ceux qui ont de l’argent, et peuvent faire taire toute protestation sociale alors ? Pensée moisie, d’un autre siècle, qui excuse voir légitime toutes les dominations. Aussi, se contenter de démonter l’escroquerie politique, intellectuelle, que constitue le libéralisme, une doctrine radicale et extrêmiste qui se dissimule sous les habits de cour, de caste et de scène du pragmatisme alors qu’il n’est qu’idéologie,   et passer à autre chose de plus vivifiant. « Monsieur Tourre, je ne vous salue pas. Vous n’êtes qu’un fat et un coquin « 

Et si on aidait #Valls à démissionner ? #onvautmieuxqueça

Bien que je ne partage pas ses options politiques personnelles, je suis toujours curieux des analyses de Thomas Guénolé, qui a au moins le mérite, en général, de n’être pas ancré dans le marigot néo-conservateur que dénonce à juste titre Pouria Amirshahi. Et donc, bien que réticent à salir mes yeux par la lecture du Figaro, j’y ai consenti pour les besoins de la cause. Il est vrai que le titre de l’article avait de quoi attiser ma curiosité, et j’en salivais à l’avance :

Capture.PNG

Forcément, voir critiquer avec autant de véhémence celui qui fait tant de mal à la gauche, voilà qui ne pouvait que me plaire. Mais tentons de dépasser cette animosité idéologique viscérale pour s’intéresser au fond de la critique. Thomas Guénolé  estime que le premier ministre dont nul n’ignore les ambitions présidentielles a le choix entre la peste et le choléra.

  1. Soit présenter sa démission et passer pour un déserteur et un traître (ce qu’il  est de toute façon déjà aux yeux de nombreux militants de gauche) :

S’il démissionne du poste de Premier ministre, il s’expose aux accusations de type «les rats quittent le navire». Il endommage sa posture de sens des responsabilités, construite en répétant en boucle à tout propos le mot-clé «autorité». Il devient le bouc émissaire idéal de l’épouvantable échec de la gauche: il est d’ailleurs déjà désigné comme tel par Martine Aubry et par ses lieutenants sur la Loi Travail.

2. Soit rester Premier ministre jusqu’au bout et  » couler avec François Hollande, qui est en plein naufrage politique ».

« plus il attend, plus le naufrage politique de François Hollande va lui-même le faire couler, il est dans l’intérêt de Manuel Valls de démissionner de Matignon ».

Vous dites que s’il démissionne, il subira des attaques de type «les rats quittent le navire». Y-a-t-il moyen pour lui d’éviter cela?

Oui. Comme Jacques Chirac en 1976, seul Premier ministre de toute la Vème République à avoir osé claquer la porte, ce dont il a besoin est un désaccord politique de fond pour pouvoir dire que dans ces conditions, il ne peut que partir. C’est d’ailleurs probablement dans cette éventualité que Manuel Valls laisse courir le bruit de sa possible démission si les reculs de l’Elysée sur la Loi Travail vont «trop loin»

Par pur altruisme, cela va de soi, et si on lui donnait l’occasion idéale de s’en sortir avec les honneurs de la presse ?

Rendez-vous le 9 mars, dans un premier temps…

En Europe, on a tous nos #AirFrance #Lufthansa

j’ai failli désespérer… 2 jours au moins que ceux qui s’informent vraiment et correctement savent qu’il y a une grève sans précédent chez nos voisins allemands, à la Lufthansa, pour exactement les mêmes raisons qu’en France. Je n’ai pourtant pas vu ni entendu nos médias nationaux en parler, et en tous les cas sûrement pas Pujadas hier soir. je sais, j’ai vérifié. Pourtant, après 2 jours de grève la semaine dernière, plus de 900 vols annulés ce lundi, ça devrait faire du bruit… Mais comme il n’y a pas eu de chemises déchirées (ça doit être ça), et qu’il ne s’agissait pas de la CGT,  le service public d’information qui est le nôtre n’en a pas parlé. Voilà voilà… Il n’y a qu’en France qu’on a des syndicats archaïques et  des violences intolérables…  je dis ça, je dis rien…

les chiens de garde du capitalisme #fauxcialiste montrent les crocs ? Montrons nos poings !

1809207370_1Il est assez hallucinant de constater à quel point la grève des cheminots cristallise une haine féroce assorti d’un mépris assez grossier et insupportable pour les grévistes comme pour les syndicats quand ils ne sont pas d’accord avec les intérêts dominants. Devraient-il éteindre tout sens critique pour complaire au gouvernement, comme c’est le cas de la CFDT, prêt à tout signer pour une bouchée de pain ?

Que ce registre réactionnaire et méprisant envers les grèvistes vienne de la droite, ça, on le comprend, c’est normal : comme je l’expliquais avant hier, des intérêts financiers sont menacés et comme la droite n’a d’autre valeur que l’argent, si ce n’est l’ordre et l’autorité, ça en devient logique et conforme à leur culture.  Mais venant de ce que les médias ont coutume de nommer gauche alors qu’il ne s’agit que d’une certaine frange du PS, voilà qui apparait comme bien plus surprenant. Le socialisme, ce ne serait donc plus défendre les intérêts des plus démunis, des classes laborieuses, des salariés, des ouvriers ? Manifestement, que nenni, si l’on en croit Le Guen, bouledogue bien français et assez caricatural du fauxcialisme que je ne cesse de dénoncer… (ne rangeant pas tous les socialistes en effet dans le même sac, contrairement à ce que tentent de laisser accroire mes détracteurs qui prétendent que je ne fais rien qu’à taper sur eux avec acharnement et sans discernement comme une bête sans cervelle, une brute épaisse que je ne suis pas).

« Jean-Marie Le Guen, le secrétaire d’Etat aux relations avec le Parlement, dénonce sur France Inter avec force les «jamais-contents» qui n’en ont «jamais assez» et prennent «en otages» les voyageurs. Selon le responsable socialiste, il s’agit d’une «petite minorité de gens» qui «ont des problèmes entre eux». Autrement dit, le conflit a lieu «pour l’essentiel à l’intérieur d’organisations syndicales, avec une radicalisation d’une petite minorité qui prend certes en otages la vie quotidienne de nos concitoyens», mais c’est «un phénomène marginal».

Nous allons voir dans les mois qui viennent si le phénomène est si marginal que Mr Coué/Le Guen tente de s’en convaincre… Car enfin, lui et les gens de sa sorte semblent bien vite oublier qu’une convergence des luttes pourrait bien être en train de se jouer sous nos yeux, sans qu’ils ne s’en aperçoivent, tant ils sont coupés de la réalité sociale. Déja, se déroule concomittament la grève des intermittents, tout aussi justifiée, qui paralyse déjà un certain nombre de festivals et pourraient bien en toucher d’autres, si rien n’avance, comme cela semble le cas puisque sur ce dossier là aussi, le gouvernement joue un jeu dangereux… L’Assemblée Nationale vient en effet de ratifier le texte incriminé sans tenir compte d’aucune manière des revendications des acteurs professionels de la culture, qui ont manifesté massivement hier partout en France. Demain, et après demain, un certain nombre des secteurs publics appellent également à la grève, et là encore, toujours le même mot d’ordre : la fermeté, au risque de solidifer la contestation, qui se fera de plsu en plsu radicale à force de n’être pas écoutée, mais méprisée.

Il n’y a pas que sur le registre syndical, mais également politique que le mépris fauxcialiste s’exprime avec rudesse. Pour poursuivre sur le registre « je suis droit dans mes bottes et je n’écoute personne », Valls montre également les crocs à la vue de la probable contestation de ce que l’on a coutume à présent de qualifier de « députés frondeurs »… Le Guen va même jusqu’à les qualifier de « députés soi-disant socialistes »…. (c’est celui qui el dit qui y est ! Fauxcialiste !)Il voudrait faire taire, voire étouffer dans l’oeuf (les pressions vexations et intimidations sont en effet en train de se multiplier…) toute tentative de mettre la barre à gauche, préférant probablement complaire à un autre électorat que celui de la gauche traditionnelle…

Messieurs les faucialistes, croyez-moi : il vous en cuira.

Post-scriptum : j’apprends à l’instant que le gouvernement s’est senti obligé de brandir la menace du 49-3 à l’endroit de ses propres troupes…. De plus en plus pitoyable, franchement. Le ridicule ne tue pas, heureusement :  ils seraient déjà morts….

les cheminots, une avant garde éclairée de la si nécessaire contestation sociale ?

10460282_629255957158528_1090266019624178319_n(fidèle à mes origines, que je ne renierai jamais, je dédie ce billet à la mémoire de mon père, syndicaliste et cheminot)

Aujourd’hui, pour  thèmes de ce billet, j’avais le choix entre la Coupe du Monde de football et la grève SNCF. Devinez ce que j’ai choisi ? Car enfin, pour quelqu’un qui se doit de boycotter résolument une telle mascarade de supposé événement sportif (gorgé de milliards de dollars d’euros de réais) par conviction politique davantage tournée vers les plus démunis de ce pays que vers les nababs qui s’y pavanent, la réponse est évidente. Ces jeux sont une honte internationale, et ceux qui s’y adonnent, des décérébrés, tant il devient évident que notre monde se voit cruellement privé de repères moraux et de politique internationale cohérente, éprise de davantage de justice sociale que de pognon, dont les compétitions sportives de ce niveau sont l’un des masques de la religion.

Le sujet dont je veux parler aujourd’hui n’est finalement pas si éloigné qu’il pourrait y paraitre… Car enfin, les cheminots qui font grève depuis jeudi ne défendent-ils pas une même vision de justice sociale, même si leurs besoins vitaux, comme au Brésil, ne sont pas menacés ? Ils luttent en effet contre la même Bête, le même hydre à plusieurs têtes… Ici, c’est celui du démantèlement du service public et de la mise en pâture au privé, aux forces de l’argent dont il s’agit très concrètement. Ils se battent pour mieux vous faire saisir la différence entre clients usagers, qui n’est pas si minime et innocente qu’on tente de vous le dire, parce que la frontière est de plus en plus floue, alors que l’intérêt est vital, à la SNCF comme dans d’autres services publics, soumis aux mêmes pressions, aux mêmes enjeux, qui se traduisent autrement mais qui sont tout aussi évidents : les forces de l’argent partout grignotent des parts de marché au détriment d’un service collectif qui devrait échapper aux logiques de compétitivité et de rentabilité. Partout, dans les milieux de l’éducation, de la santé, de la culture, et bien d ‘autres encore, le rouleau compresseur de l’argent roi et ses préoccupations plus tournées vers le profit des actionnaires que des intérêts des salariés et des usagers de service publics sont menacés. Et pire, le simple souci de l’Humain d’abord, de sa considération la plus fondamentale, de son respect et de son bien être sont purement et simplement annihilés.

Il n’y a qu’à voir avec quelle hargne, quel mépris, quelle violence verbale on attaque parfois les grévistes, jusqu’à remettre en cause le droit de grève (déjà bien affaibli par Sarkozy et son service minimum)  pour savoir qui est l’ennemi… Voudrait-on des grèves qui ne dérangent surtout personne ? Tout ce que la France compte de réactionnaires et de libéraux outranciers (quand bien même se cacheraient-ils parmi les fauxcialistes, il n’est pas bien difficile de les débusquer) se jettent sur leur proie avec une telle énergie et une telle jubilation qu’il n’y a pas de doutes possibles : ces grévistes sont une menace bien réelle pour les intérêts financiers dominants. Et rien que pour cela, j’aurais envie de les soutenir, voire de les chouchouter.

Mais il y a d’autres motifs à mon soutien, moins idéologiques, plus terre à terre. Allez donc voir ce que dit ce journaliste de la Tribune un peu moins con ou un peu moins aveuglé par le vernis libéral coutumier de ces journalistes de salon sans grand effort d’investigation, qui peuplent les plateaux de télévision, rarement ancrés à gauche, et vous comprendrez mieux pourquoi les cheminots sont inquiets, et leur grève justifiée, contrairement à ce que veux laisser croire la  version patronale dominante, relayée par le gouvernement, et des gens comme Sapin, dont on connait l’exact degré de gauchitude… Dommage que l’auteur de l’article n’ait pas évoqué également les préoccupations (d’ordre très matérielles également que sont l’entretien des voies et le renouvellement des infrastructures et du réseau ferré secondaire, le moins rentable, comme l’a si tragiquement illustré l’accident de Brétigny sur Orge, parmi tant d’autres… Et de leur outil de travail, les grévistes sont eux aussi sont préoccupés, car ils voient bien à quel point celui-ci se dégrade. Mais on préfère les faire passer pour des nantis, des salauds de fonctionnaires sur-protégés, comme le discours dominant, bien à droite hélas, le suggère si volontiers. On oublie peut-être un peu trop que quand on fait grève, on perd de l’argent, et que dans le service public, on fait de moins en moins grève parce que les temps sont de plus en plus durs et les conditions de travail de plus en plus difficiles. Pourtant, de cela, on ne pipe mot dans les journaux alors que les services publics sont en train ces dix dernières années de subir l’un des plus formidables plans sociaux que la France ait connue, que les décideurs se font cyniquement l’économie des mesures d’accompagnement qui iraient avec dans le privé, en poussant les gens au départ volontaire, en réorganisant sauvagement sans souci des gens qui le subissent, quel que soit leur niveau de hiérarchie, en demandant même aux cadres de se plier à des logiques de destruction d’emplois qui broient tous ceux qui les subissent, comme à France Télécoms/Orange, avec les effets que l’on connait….

J’ai peut-être l’air de m’éloigner du sujet qu’est la grève des cheminots, mais je suis simplement en train de le resituer dans une logique d’ensemble qui participe de la même logique. Sous la pression des intérêts financiers dominants, de diktats européens alimentés par une idéologie d’essence purement libérale (et non pragmatique comme on tente de nous le faire croire), on assiste partout à la même convergence d’intérêts entre public et privé  (pour le seul profit de qui ? Toujours les mêmes…)  au point que la notion même de service public deviennent floue pour la plupart d’entre nous, ce qui n’est pas anodin.

Aussi, je considère, à contre-courant résolu et conscient de la parole médiatique dominante que l’on vous sert comme une soupe dont on se garde bien d’imaginer les composants, que cette grève est non seulement justifiée mais utile. Et je salue le courage et l’abnégation de ces cheminots, je salue leur combat, tellement digne, qui rejoint le nôtre, et dont je voudrais tant, comme l’illustre l’image de ce billet, qu’il soit l’avant-garde et le départ d’une formidable contestation sociale éminemment nécessaire. car y en a marre de se faire broyer sans réagir. Il devient urgent de montrer aux forces dominantes que ce qui produit de la richesse, c’est nous, et pas l’inverse…. Point barre.

Ne pas confondre big bang fiscal et gang bang bancaire

Ianimation-magicienpickpocketl est assez amusant, si le sourire n’était quelque peu jaune, de voir ce si médiocre premier ministre se réveiller soudain en bonnet de nuit devant la multiplication des frondes catégorielles qui se multiplient sous ses fenêtres par un grand soir n’appelant pas de lendemains, sinon désabusés… Tous ces manants qui gesticulent chaque jour plus nombreux,  au point que leurs voix commencent à couvrir dangereusement le blabla des déclarations sirupeuses de ces grands oligarques,  devaient en effet impérativement se voir calmés par un communiqué de taille et de poids. Monsieur le Prince Sérénissime, dans sa grande bonté, leur a donc promis en guise d’aumône une énième réforme,  tant attendue mais jamais vue malgré les promesses élyséennes : la « Remise à plat de la fiscalité ». Il faut dire que la liste des  protestations populaires commence sérieusement à s’allonger : des transporteurs routiers s’énervant à grand renfort de saccages de portiques écotaxe (devant lesquels il s’est déjà couché…),  aux enseignants et autres victimes collatérales de la réforme des rythmes scolaires qu’une certaine droite tente opportunément d’instrumentaliser à l’approche du congrès des maires de France, aux ambulanciers, aux sages-femmes, aux personnels des centres équestres,  et même aux footballeurs en passant par les agriculteurs de France et de Navarre d’ïle de France, voilà qui commençait à devenir un peu trop oppressant pour des gens pas franchement réputés pour leur résistance aux protestations, même quand elles ne sont pas populaires… On se souvient encore des nombreuses reculades inaugurées en grandes pompes par l’épisode significatif, pour seul exemple,  du mouvement des pigeons !

 Et pendant ce temps là, alors que le bon peuple de France regarde attentivement ce que fait l’illusionniste en costume de premier ministre de la main gauche, la main droite, toujours bien endimanchée, nous prépare un bon coup de Trafalgar, payable en monnaies sonnantes et trébuichantes sur les deniers du contribuable déja fort dépourvu quand la bise fût venue…   C’est à la vigilance du  yéti  que nous devons  les secrets de cette incroyable supercherie. Incroyable surtout venant d’un gouvernement dit de gauche (par les médias tout du moins)  dont son grand hiérarque en chef a prétendu un temps lutter contre la finance. Mais en est-il encore parmi vous qui le croient vraiment ? Qu’ils se dénoncent ! Coupez leur la tête !

.

nos enfants ne sont pas une marchandise

 

source : cliquez sur l'image

Jean-Luc Mélenchon : « L’école n’est pas une marchandise »

 

Alors que les personnels de l’Éducation sont appelés à une journée de grève contre « la saignée sans précédent », le candidat du Front de gauche à la présidentielle a estimé, lors de la présentation de ses voeux, hier soir, au monde éducatif, que la droite faisait peser une « grande menace » sur l’école en l’organisant « comme un marché ».

« La grande menace qui pèse sur le système éducatif français, c’est la financiarisation, la marchandisation des savoirs et l’organisation de l’école comme un marché », a-t-il lancé sur la scène du théâtre Comédia à Paris. »Il est significatif que la première loi de la première session parlementaire du premier gouvernement de Sarkozy ait été la loi LRU sur l’autonomie des universités », a vilipendé le candidat à l’Élysée. « Il ne s’agit pas d’autonomie au plan pédagogique quand c’est Nicolas Sarkozy qui en parle, il s’agit d’autonomie de gestion dans tous les sens du terme, il s’agit de créer un marché avec des acteurs en concurrence, sur des produits identifiés« , a-t-il dit. « Voilà pourquoi l’autonomie, cela signifie que le président d’université est comme un chef d’entreprise mais l’école n’est pas une entreprise« , a ajouté Jean-Luc Mélenchon. « Maintenant, le projet de l’UMP, c’est de répandre cette méthode partout et dès le primaire. Voilà le danger », a dénoncé.

« Il faut briser la logique de marché: la première de nos tâches pour faire cette école-égalité que nous voulons, c’est de démarchandiser, définanciariser tout le secteur scolaire d’abord en y instaurant la gratuité qui est la seule capable d’abolir la compétition entre les établissements », a-t-il dit. « Ensuite, en rétablissant la carte scolaire » et en « abrogeant la LRU ». Jean-Luc Mélenchon propose également l’instauration d’une « scolarisation étendue de sorte que le temps de l’éducation soit le plus complet possible pour élever chacun au plus haut niveau possible: de trois ans à 18 ans ». Parmi d’autres « idées », il a préconisé qu’il y ait « dans la vie de l’établissement, moins de hiérarchie, plus de collectif » et « dans les cours, une révision générale des programmes pour en expulser le sexisme ». Il a suggéré de « reconnaître aux parents un statut qui leur permettent de participer à la vie de l’établissement ».

Le candidat du Front de gauche a rappelé son « attachement absolument indéfectible à l’idée même de l’école républicaine, placée sous le registre de la liberté de conscience« . « La vigilance laïque ne s’abaissera jamais », a-t-il lancé. Il a également estimé que « la première tâche d’un gouvernement de gauche, avant de discuter de je ne sais quelle improbable modification du statut des enseignants (…) sera de titulariser la totalité des précaires de l’Education nationale (…) sans avoir besoin de brutaliser le statut de la fonction publique et des enseignants », mais en leur faisant « passer un examen professionnel – pas un concours ». Jean-Luc Mélenchon a préconisé le « rétablissement » de la formation des maîtres et estimé qu’il fallait « diversifier le recrutement social » et procéder à des « pré-recrutements comme nous le faisions dans le passé ».

Grève et manifestation nationale à 14 heures, ce mardi à Paris de la Sorbonne à Bastille contre la réforme de l’évaluation des personnels et les suppressions de postes prévues à la rentrée 2012.

  • À lire :

Le bilan de Sarkozy sur l’éducation par la député-maire (PCF) de Bagneux, Marie-Hélène Amiable
Éducation : les luttes des classes et de l’égalité sont engagées
École : le chef de l’état mise sur la voie libérale

  • À consulter

Notre dossier sur l’éducation

source

Sur le sujet, lire aussi : Christian Laval, ici. Co-auteur de la Nouvelle École capitaliste (La Découverte, 2011), ce sociologue, membre de l’Institut de recherches de la FSU, décrypte les conséquences de la logique d’entreprise appliquée, chaque année un peu plus, à l’éducation. Une présentation plus détaillée du livre est là.

.

Bientôt en France

Source Scalp 87

Espagne. «On va vers un modèle où l’éducation publique sera marginale et seuls ceux qui ont de l’argent pourront y avoir accès», regrette Berta Fernandez en montrant son écriteau «Abuela» (grand-mère) dans le dos. Outre Madrid, où des dizaines de milliers de professeurs et familles ont déjà défilé ces dernières semaines, des manifestants étaient venus dans 200 bus selon les organisateurs, d’autres régions comme la Castille-La Manche, l’Extrémadure, de Galice ou encore d’Andalousie.

Direction, le chômage

«Je suis intérimaire depuis 12 ans et pour l’instant je suis renouvelé, mais j’ai de plus en plus de collègues qui n’ont plus de travail et se retrouvent au chômage», témoigne José Antonio Molero, professeur d’anglais intérimaire de 40 ans venu d’Extrémadure.

Le pire «c’est qu’il y a des professeurs qui doivent donner des cours dans des matières qui ne sont pas les leurs», s’alarme Francisco Angel Hernandez Alvarado, un enseignant de sciences physiques de 36 ans venu de Tolède (La Castille-La Manche).

L’éducation et la santé font les frais depuis cet été de la politique d’austérité menée par plusieurs régions espagnoles, lourdement endettées et dont plusieurs affichent un déficit public bien plus important que l’objectif de 1,3% du PIB fixé par le gouvernement central pour la fin décembre. (source)

Italie. Une centaine de défilés ont eu lieu, en Italie, pour protester contre les coupes budgétaires dans l’éducation.

Ils sont des milliers à manifester vendredi dans les principales villes italiennes. Des étudiants et des lycéens se sont rassemblés pour exprimer leur mécontentement concernant la détérioration du système éducatif italien.(source)

Grèce. Pays privé d’information, navires à quai, poubelles pleines jonchant les rues… La tension était de plus en plus palpable en Grèce alors que le mouvement social contre la cure d’austérité subie depuis deux ans débutait mercredi. Les syndicats du secteur public et privé, représentant la moitié des quatre millions d’actifs grecs, ont appelé à une grève générale de 48 heures mercredi et jeudi pour protester contre les nouvelles baisses de salaire et hausses d’impôts que s’apprête à adopter le Parlement. (source)
.
Bientôt en France ?
TROP TARD… C’est déja fait :

France. La grève contre les suppressions de postes dans l’Education nationale a été très suivie partout en France. A Toulouse, 5 000 manifestants (enseignants, parents et lycéens) ont répondu présents à l’appel des syndicats du public comme du privé.

Selon les syndicats du public, la mobilisation a été « significative », elle était « inédite » dans le privé sous contrat, notamment dans les académies de Nantes et de Rennes, bastions de l’enseignement catholique.

Comme à chaque mobilisation de grande ampleur, une bataille des chiffres fait rage entre le ministère de l’Education nationale et les syndicats. Dans le primaire, il y aurait 29% des grévistes selon le ministère et 54% selon la FSU. Dans le secondaire (collèges et lycées), les syndicats annoncent 46% de grévistes contre 22,3 selon le ministère. (source)

Pourtant, un autre monde est possible