la loi, c’est la loi. Sauf pour le #Medef (salarié, ferme ta gueule cf. #LoiTravail)

CaptureAprès le gouvernement, le Medef utilise donc à son tour son propre 49.3… Et c’est ainsi qu’Hollande est grand (ou pas). On parle ici de l’autorité de l’Etat ? 

Le compte pénibilité  a été instauré en 2015, afin de faire passer la pilule d’une énième réforme des retraites, cette fois dite « de gauche ».  ça reste à prouver. J’avais déjà évoqué alors la grande hypocrisie qu’il y avait à prétendre ne pas allonger l’âge de départ à la retraite, mais à en augmenter la durée de cotisation. En outre, les critères de pénibilité étaient si restrictifs qu’on se demandait vraiment qui allait pouvoir en bénéficier…

Voilà pourtant, malgré cette légèreté du dispositif de dérogation au régime général, que l’ultra-libéral radical patron du Medef Pierre Gattaz, qui se présente comme un pragmatique alors que ses positions sont si évidemment idéologiques, a  décidé au nom de son syndicat si peu représentatif  de ne pas appliquer les dispositions du compte pénibilité. Ceci écrit, je le comprends, vu la position de force qui est la sienne, il aurait tort de se priver et de ne pas pousser son avantage… Ce gouvernement est si évidemment soumis à ses intérêts plutôt qu’à ceux des salariés, comme le prouve avec tant de constance l’opposition à la loi El Khomri, si rejetée de la plupart des français.. .

Quand on sait et voit le discours particulièrement violent du premier ministre envers les syndicats de salariés et les manifestants contre la loi travail, on attend donc qu’il fasse preuve de la même autorité envers les entreprises qui se rendront coupables de ce délit. Mais vu l’ inféodation  visible de ce si petit premier ministre à des intérêts qui ne sont pas les nôtres, je crois qu’on peut attendre longtemps… Les entreprises hors la loi peuvent dormir sur leurs deux oreilles… contrairement aux opposants à la loi travail, qui risquent quant à eux l’assignation à résidence ou la convocation à des tribunaux d’exception pour les raisons les plus fallacieuses. Quand ce n’est pas à des tabassages en règle…

le gouvernement refuse de lutter contre l’évasion fiscale (et règle ses comptes avec #médiapart)

« Je vais vous dire qui est mon adversaire, mon véritable adversaire »… »Il n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti. Il ne présentera jamais sa candidature. Il ne sera pas élu. Et pourtant, il gouverne »…  « Mon adversaire, c’est le monde de la finance ».  (François Hollande, discours du Bourget)

Alors qu’ils avaient été adoptés en première lecture à l’Assemblée nationale, des amendements concernant l’amnistie fiscale pour les sites de presse en ligne et l’obligation de rendre public le «reporting» pour les grandes entreprises ¹ ont été retoqués cette nuit, dans la plus grande discrétion,  sous la pression du gouvernement, représenté par Christian Eckert, dont l’argument serait savoureux s’il ne comportait pas une telle pointe d’amertume pour nous autres, les sans voix, que l’on flique bien davantage, pour des raisons plus dérisoires…  :

Mardi soir, cette mesure destinée à lutter contre l’optimisation et la fraude fiscale, a d’abord été adoptée par 28 voix contre 24, mais Christian Eckert a aussitôt demandé une suspension de séance en vue d’une seconde délibération, arguant notamment des «risques en matière de compétitivité.

Pour ne pas nuire à la compétitivité, encourageons l’évasion fiscale… CQFD. L’ennemi de Hollande, ce n’est vraiment pas la finance.  Une preuve de plus que nous ne sommes nullement en démocratie, et que  le peuple n’a aucun pouvoir. Quant à l’autre sujet évoqué, celui de l’inadaptation du taux de TVA, différent entre la presse en ligne et la presse papier, qui a justifié de la part du gouvernement un tel acharnement des services fiscaux,  nous sommes de plus en plus nombreux à nous demander s’il n’y a pas là une volonté de régler ses comptes avec des sites qui ont contribué à faire apparaître au grand jour certaines informations gênantes pour le gouvernement… Dont l’une qui a consisté pour Médiapart a dévoiler bien avant les autres qu’on pratiquait l’évasion fiscale y compris en son sein : l’affaire Cahuzac. Toujours est-il qu’à force d’ajouter de l’amertume à l’amertume et de l’abus de pouvoir à l’impuissance, en passant par les trahisons accumulées en si peu de temps envers le peuple de gauche, il ne faut plus s’étonner, à moins d’une formidable hypocrisie qui se voit de plus en plus comme le nez au milieu de la figure, que les français multiplient les signaux d’alerte. Tant d’injustice saute aux yeux. Et se retourne fatalement contre son auteur.

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¹ il s’agissait de l’obligation de rendre public le « reporting »  pays par pays pour les grandes entreprises, en vue de lutter contre l’optimisation et la fraude fiscales.  Ce reporting consistait à rendre publiques les  informations sur les activités et les impôts payés par ces entreprises dans chaque Etat ou territoire d’implantation, en format de données ouvertes, centralisées et accessibles à tous.

 

le #MEDEF, une invention du #Gorafi ?

Aujourd’hui avait lieu l’ouverture de la Xème université du MEDEF à Jouy-en-Josas. Le menu est on ne peut plus fade, même pas de quoi réveiller un gauchiste radical mal embouché, tant il fait si peu preuve d’originalité.  La rengaine obscène libérale-prédatrice est en effet connue : aller plus loin dans les réformes, casser le code du travail, rendre plus flexible un marché de l’emploi dont on voit mal comment il pourrait l’être davantage avec une telle précarité,  alors que 90 % des embauches se réalisent sous forme de contrats courts hors CDI (n’y aurait-il donc que les entreprises qu’il conviendrait de rassurer ?), exiger de l’état de  « régler le problème de la dépense publique » tout en demandant assez cyniquement et contradictoirement dans le même temps au gouvernement de « sanctuariser le pacte de responsabilité » qui coûte 41 milliards aux contribuables sans la moindre contrepartie… Les grandes entreprises n’ont manifestement que des droits, aucun devoir. Et cerise sur le gâteau, savoir que les clés de l’évolution économique de notre pays sont offertes à des apprentis sorciers, des néo-voyants, perspective particulièrement rassurante  :

« On peut espérer qu’en 2016, cette courbe qui devait s’inverser en 2012 s’inverse pour de vrai« , a déclaré sur BFMTV M. Roux de Bézieux, (ndla vice-président du Medef) interrogé sur les chiffres du chômage au mois de juillet. C’est « possible car il y a des vents favorables externes. C’est l’euro, c’est les prix du pétrole, c’est les taux d’intérêts. On est objectivement dans une période où les astres sont alignés« 

Alors, devant tant de sérieux, de cohérence et de crédibilité, je ne résiste pas à la tentation de vous offrir ce pin’s en cadeau :

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Le slogan du Medef est cette année « Formidable jeunesse ».. Avec tous ces vieux cons qui prétendent détenir la vérité, c’est pas gagné. La jeunesse est certes formidable, mais on la sur-forme pour la cantonner au final dans des emplois pourris. Bravo, Messieurs. Beau résultat… Une bombe sociale.

les banques, voilà l’ennemi

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C’est à mon sens le point précis, là où exactement nos élites n’ont rien compris. Les gens du commun dont je suis,  eux, le savent bien, pour le vivre, le voir, l’observer et le comprendre  tous les jours. L’indécence de certaines fortunes de plus en plus déconnectées de toute réalité et de toute valeur d’usage, de tout entendement,  quand il nous est quant à nous si difficile d’accèder à un emploi ou de le conserver, éclatent de plus en plus visiblement à l’appréciation de chacun, au quotidien, à travers de multiples exemples, de plus en plus choquants. Ainsi celui, récent, de la rémunération des patrons de banques, qui voient leur fortune personnelle s’envoler – alors que le système bancaire a si gravement failli et que rien n’a changé depuis la crise des subprimes –  quand on demande par ailleurs  tant de sacrifices à tous les niveaux à nous autres, les sans voix, ce qui est proprement insupportable. Comment dans ses conditions faire accepter aux français la prétendue nécessité de voir leurs droits, leurs ressources, leur accès aux soins, à des services publics de qualité, à un logement décent, s’effriter année après année ?

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Agiter devant ceux qui n’ont rien ou si peu (et qui pourtant sont de plus en plus finement informés grâce aux différents outils d’information)  les chiffons rouges de l’idéologie mensongère qui consiste à magnifier la valeur travail, le mérite et l’effort, tout en leur donnant envie par une publicité envahissante, de tout un tas d’objets de convoitise, comme les outils technologiques, est proprement cynique et source symbolique d’une violence sans nom. Je ne peux le tolérer. Cela devient insupportable. Une société qui accepte un tel état de faits est condamnée à sombrer sans sourciller :

Les 67 personnes les plus fortunées de la planète possèdent autant de richesses que la moitié la plus pauvre de la population mondiale, a estimé mercredi 9 avril l’ONG Oxfam, appelant le FMI et la Banque mondiale à agir.

« Les inégalités extrêmes se sont aggravées », a affirmé l’organisation de lutte contre la pauvreté dans un communiqué, rappelant que le club des plus riches comptait jusque-là 85 membres.

Selon Oxfam, le Fonds monétaire international et la Banque mondiale, qui tiennent leur assemblée générale cette semaine à Washington, doivent passer de la « rhétorique » aux actes pour tenter de réduire ce fossé. (source)

En parallèle de tels exemples choquants d’accroissements des inégalités, nous assistons également à une intensification du fonctionnement oligarchique dans notre pays. Ainsi, le phénomène de ces énarques qui viennent renforcer les directions des banques. Cela est pour le moins honteux et on ne pourrait pas laisser penser qu’en l’occurrence le gouvernement ne puisse rien faire à ce scandale :

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L’ENA n’est-elle pourtant pas sensée former nos élites étatiques dirigeantes, nos administrations, et se vouer à servir l’intérêt collectif, grâce à une formation d’excellence, dont je rappelle qu’elle est payée en grande partie par nos deniers de contribuables ? Et donc, on devrait laisser dévoyer sa vocation en permettant  que ses récipiendaires servent ainsi des intérêts privés ?

Pourtant, que fait ce gouvernement, encouragé par une société française qui dernièrement a voté plus volontiers à droite, voire à l’extrême droite ? Il ne fait que donner des signes, jour après jour, année après année, d’allégeance aux banques, aux marchés financiers, aux grandes fortunes, aux patrons de grandes entreprises. Il ne cesse de distribuer des allègements de charges qui vont contribuer au dépérissement des caisses sociales pour mieux justifier plus tard la baisse de telle ou telle allocation, telle ou telle aide sociale, ou telle augmentation de cotisation salariale.  Il distribue généreusement des aides aux entreprises sous prétexte de fluidifier le marché de l’emploi alors que l’on a pu mesurer depuis trente ans de tels versements dans des puits sans fonds à quel point ce genre de mesures ne servent à rien, et que le chômage de masse est toujours là, cruellement présent. Il ne cesse de caresser les grandes entreprises dans le sens du poil, même les moins méritantes, même les moins soucieuses de l’équilibre sociétal, celles qui délocalisent, qui  licencient malgré la présence de confortables bénéfices, celles qui ont des pratiques de dumping social et fiscal totalement amorales, sans la moindre préoccupation du sort de leurs salariés qui ont pourtant parfois consenti tant de sacrifices personnels pour voir leur activité perdurer. Un tel encouragement aux pratiques les moins citoyennes, dont la seule vision est le profit à court terme, que le patron du Medef en personne, dont on connait la grande philanthropie, se sent obligé de saluer comme il se doit le discours du premier ministre.

On attend d’un gouvernement qui aurait été au moins un peu de gauche qu’il montre davantage de fermeté envers cet esprit de cupidité exacerbée, au détriment de l’équilibre de toute une société. Tel n’est manifestement pas le cas. Aussi, je considère qu’il n’y a pas d’autre alternative pour être enfin entendus : faut que ça pète. Et j’en arrive devant tant d’impuissance et de désespoir populaire dont le niveau d’abstention n’est que l’un des indicateurs, pourtant fort, à rêver d’explosions... Voilà le beau résultat de votre belle politique si diablement efficace, si pleine de certitudes et de supériorité, Mesdames et Messieurs les politiques, de droite comme d’une certaine gauche… Cela ne vous interroge-t-il pas ?