condamnation des 8 de #Goodyear : ça va péter !

CaptureCriminalisation de l’action syndicale : ce que Sarkozy a commencé, Hollande le poursuit… Honte à ce gouvernement si peu de gauche qui s’attaque aux ouvriers et aux syndicalistes  ! #GoodYear #AirFrance, même combat !

La décision du tribunal correctionnel d’Amiens de condamner 8 salariés de Goodyear de cette même ville à deux ans de prison (dont quinze mois de sursis assortis d’une mise à l’épreuve de cinq ans) est particulièrement  incompréhensible et injuste. En effet, il n’y a pas eu de violences de la part de ces salariés qui n’avaient que pour seul but de défendre leur emploi, quand les gouvernements successifs se montrent si terriblement impuissants à le faire.  Pour mémoire, les 8 de Goodyear avaient retenu brièvement entre le 6 et le 7 janvier 2014 le directeur des ressources humaines ainsi que le directeur de la production  de l’usine Goodyear d’Amiens. Le directeur de production avait  même reconnu qu’il n’y avait « pas eu de comportement qui a porté atteinte à [leur] intégrité physique » De plus, les deux cadres ainsi que Goodyear France avaient retiré leur plainte. Mais le parquet (donc l’état, via la ministre de la justice) avait  décidé de poursuivre malgré tout les anciens salariés du groupe. (source) Il s’agit donc clairement d’une décision politique inadmissible, et insupportable, qui s’inscrit dans la droite ligne ultra-sécuritaire adoptée par le gouvernement, d’essence vallsiste, à propos des salariés d‘Air France. Les réactions indignées, de colère, sont nombreuses dans notre camp, et même la section du PS de la Somme a fait connaître sa désapprobation en ces termes :

Ces salariés « se sont battus dignement pour défendre leur outil de travail et les emplois face à une direction qui a toujours privilégié l’accroissement des profits à court terme ». Elle demande à la ministre de la justice d’intervenir auprès du parquet, « pour ce cas particulier », afin « de revoir cette décision choquante pour obtenir une réquisition d’apaisement qui tienne compte du retrait de la plainte par la direction de Goodyear ».

Ya intérêt. Sinon, je sens qu’on va s’énerver…
CYmL7pPWEAEbZHm.jpg large
source

P.S. Une pétition circule. Elle est ici :

CaptureCapture
[…suite]
A lire aussi, la réaction de Xavier Mathieu, leader des ex-conti, à propos de cette décision judiciaire…

Face aux soldats du capital, l’armée des gauchistes et des sans-voix

487523_507384652656018_2028383024_n

Ce qui est bon pour l’économie mondiale et les champions du business ne l’est pas nécessairement pour les salariés »(Lawrence Summers (ancien ministre des finances), Financial Times, 5 mai 2008.

 « La guerre des classes existe, c’est un fait, mais c’est la mienne, la classe des riches, qui mène cette guerre, et nous sommes en train de la remporter »( Warren Buffett,  New York Times, 26 novembre 2006)

 .

Partout, les signes se multiplient qui nous montrent que les conflits sociaux sont en train de se durcir au point de nous faire craindre le pire… ou le meilleur selon le côté duquel on se place et des intérêts qu’on choisit de défendre.

L’exemple de Goodyear est à mes yeux significatifs. J’ai déjà écrit là dessus. A plusieurs reprises. Et pas que des billets d’humeur ou de réaction, mais de fond, notamment à propos du rôle trouble de certains médias qui instrumentalisent le conflit et en profitent pour discréditer les syndicats sous couvert de journalisme alors qu’il ne s’agit que d’idéologie, voire d’une religion : le libéralisme.

Mais ce qui s’est passé ces derniers jours a dépassé la ligne rouge. La question de l’Express, pourtant pas un journal franchement gauchiste, résume assez notre pensée ; Valls est-il un bon petit soldat du capital ? On peut se poser la question (qui n’est en fait pas celle de l’Express mais du NPA, rassurez vous, l’Express n’a pas viré de bord), quand un gouvernement, à l’image de l’armée lancée aux mineurs de Germinal par des patrons cupides, préfère envoyer les CRS aux ouvriers plutôt que de trouver des solutions durables à leurs problèmes d’emploi,  au lieu de davantage les précariser et les soumettre aux seuls intérêts financiers… comme avec l’ANI. C’est effectivement plus facile. Mais venant d’un gouvernement dit de gauche, ça nous révolte forcément davantage.

Marie-Georges Buffet a raison de dire qu’il faut les comprendre, ces salariés de Goodyear qui commencent à perdre patience face aux vieux et vides discours et ne voient jamais rien venir. Comme tous les salariés de France ont raison de perdre espoir et de ne plus croire en ce gouvernement là comme aux autres  qui ont laissé la situation se dégrader, le chômage s’alourdir, sans projet sociétal alternatif, seul capable de nous donner un horizon. Et je rejoins absolument l’ami bab quand il crie à la fin de l’idéologie libérale dont on constate chaque jour les ravages. C’est bien cela que l’on reproche d’ailleurs aux soutiens de ce gouvernement et à leurs blogueurs affidés : ne faire qu’accompagner la crise alors qu’il faudrait l’éradiquer, par des mesures plus fortes, aider le libéralisme carnassier à tourner la page, et cela dans tous les domaines. Ceux des droits fondamentaux, comme le droit à l’emploi, au logement, à une nourriture saine, sont cependant les plus criants et demandeurs d’une réponse plus osée. Ce gouvernement manque décidément cruellement d’ambition. Au point qu’on puisse assister à cette étrange farce de voir les médias nous ressortir de vieux épouvantails, pas franchement à la hauteur non plus… (Pitié, pas lui !). Notre pays ne mérite-t-il pas mieux ?

Un autre monde est possible.  Et nous ferons tout pour le faire éclore. Faut que ça pète. Question de survie.

Capture

.

Tous et toutes avec Licenci’elles devant le Ministère du Travail !

 

Non-aux-licenciements-boursiers-autocollantDemain aura lieu une manifestation rassemblant les délégations des principales sociétés qui ont procédé à des licenciements alors qu’elles faisaient des profits colossaux. Une initiative que je soutiens afin de mettre la pression sur le gouvernement pour qu’il songe enfin à une loi dont il avait eu l’inspiration quant il était encore dans l’opposition… Mais à laquelle il semble beaucoup moins favorable aujourd’hui qu’il est dans la majorité… Et pourtant, il y a urgence, et je n’ai pas vu que cette disposition figurait dans l’accord emploi qui a tant la faveur de notre gouvernement qui se dit très préoccupé par l’emploi, alors qu’il laisse si aisément s’effilocher le code du travail pour le seul intérêt des grandes entreprises et des financiers cupides,  au détriment des salariés… je suis donc heureux de partager ce communiqué paru dans le journal L’Humanité aujourd’hui :

Rassemblement le 29 janvier – salariés en lutte contre les licenciements (Licenci’elles)

Pour une vraie sécurisation de l’emploi,

Une loi contre les licenciements dans les groupes qui font du profit

Grand rassemblement devant le ministère du travail

Pas une semaine ne passe sans l’annonce d’un nouveau plan de licenciement massif par un groupe qui fait des bénéfices énormes. A chaque fois c’est le même refrain : « Entreprise en difficulté, restructuration pour sauver la compétitivité … » alors qu’en réalité l’objectif est de faire encore davantage de profit.

Depuis quelques mois, des délégations de salariés en lutte venus de toute la France se rassemblent autour d’une proposition de loi nouvelle contre les licenciements dans les groupes qui font des bénéfices. L’initiative vient de « Licenci’elles », l’association des salariées des 3 suisses licenciées abusivement par un groupe qui réalise des profits colossaux. Les Licenci’elles ont dénoncé le fait qu’elles ne pouvaient pas porter plainte contre le plan de licenciement de 3 Suisses tant qu’elles n’avaient pas été licenciées !

Comme des centaines de milliers de salariés, elles savaient que le groupe 3Suisses n’avait aucune justification économique valable à leur licenciement au regard de la loi, mais qu’elles ne pouvaient pas pour autant empêcher leur patron de les licencier. Ensemble avec les Pilpa, Bigard, Crédit Agricole, Faurecia, FNAC, Ford, Fralib, Goodyear, PSA, Samsonite, Sodimedical, Sanofi, Sony, Valeo, ZF, Coca-Cola, Merck Serrono… elles ont décidé de rédiger une proposition de loi pour empêcher les licenciements, avant qu’il ne soit trop tard, dans les groupes qui font du profit.

Une loi nouvelle pour vraiment bloquer les licenciements lorsqu’ils sont interdits, c’était aussi une exigence portée par des milliers de salaries pendant la campagne de l’élection présidentielle. Le candidat Hollande est même allé à la rencontre des salariés en lutte de Goodyear et Fralib, en faisant la promesse que s’il devenait Président de la République il ferait voter en urgence une loi interdisant les licenciements dans les groupes qui font des profits.

Pour l’heure Hollande n’a toujours pas tenu cet engagement. Comme bien d’autres promesses de campagne qui ont permis la victoire de la gauche, celle de donner aux salariés le droit d’arrêter les plans de licenciements illégaux avant qu’ils n’aient lieu a disparu des écrans radars du gouvernement.

Pire, l’accord national sur la sécurisation de l’emploi, signé récemment par trois confédérations syndicales, ne va pas dans le bon sens en remettant en cause les principaux droits des salariés face aux licenciements économiques ! Ces confédérations sont-elles réellement en phase avec leurs adhérents et militants de terrain, dont beaucoup sont pourtant en lutte contre des plans de restructuration dont ils dénoncent les effets néfastes pour l’emploi ?

Mais nous n’avons pas l’intention de laisser cela arriver. Nous les représentants des salariés en lutte de Pilpa, Bigard, Crédit Agricole, Faurecia, FNAC, Ford, Fralib, Goodyear, PSA, Samsonite, Sodimedical, Sanofi, Sony, Valeo, ZF … nous avons décidé d’agir pour que la loi que nous avons rédigée soit votée à l’Assemblée Nationale et au Sénat.

Nous avons besoin de cette loi dans les luttes que nous menons contre certaines des multinationales les plus puissantes de la planète qui licencient en masse pour accroitre sans cesse leurs profits et le cours de leurs titres en bourse.

C’est pourquoi nous allons venir de toute la France et de dizaines d’entreprises, où nous nous battons pour nos emplois, pour nous retrouver :

Le mardi 29 janvier 2013 a 14 heures Pour un grand rassemblement devant le ministère du travail

Ce sera le premier acte fort d’une bataille que nous engageons pour que Hollande, son gouvernement et la majorité de gauche au Parlement tiennent ses engagements en nous donnant les moyens de nous battre pour stopper nos licenciements avant qu’il n’aient lieu.

Les salaries en lutte de :

Pilpa, Bigard, Crédit Agricole, Faurecia, FNAC, Ford, Fralib, Goodyear, PSA, Samsonite, Sodimedical, Sanofi, Sony, Valeo, ZF, Coca-Cola, Merck Serrono…