ces 39 députés qui fricotent avec le diable… #antifa

•-modèle-slide-antifa

39 députés proposent une loi pour « dissoudre les groupes antifas »

« Avec 38 autres députés de droite, Yanick Moreau (ancien du MPF aujourd’hui à l’UMP dans le courant de la « Droite forte ») a déposé mercredi dernier une proposition de loi pour « élargir les conditions de dissolution des associations ou groupements de fait tels que les groupes antifas « 

« Pour eux, les antifas, c’est pareil que l’ultragauche, les autonomes, les anarchistes ou les blacks blocs… ils comprennent pas » (source)

loi antifas

Au début, j’ai cru à une supercherie ou à un malentendu du genre » certains antifas sont complètement paranos,  ils ont dû mal comprendre tel ou tel amendement de la loi Cazeneuve« . Mais non, mes plus plates excuses, la capture d’écran ci-dessus du projet de loi incriminée est là pour en témoigner. Ils sont donc 39, notez bien leurs noms et regardez si votre député y est. Cela semble tellement invraisemblable, relève d’une telle inversion de valeurs ! Que l’on puisse considérer les antifas comme des ennemis et pourquoi pas des terroristes que l’on devrait éradiquer m’apparait proprement hallucinant.  S’attaquer ainsi à ceux qui tentent de défendre notre démocratie,  qui ont si souvent un rôle de veilleurs et qui se montrent si vigilants quant aux dérapages violents, racistes et sexistes de nos élus comme des citoyens lambda… ! Eux qui font si volontiers profiter de leurs investigations utiles et de leurs recherches d’information nécessaires contre le démon (au visage parfois si affable…) qu’est l’extrême droite et son ombre, le national socialisme (les véritables ennemis de la République, ceux qui ont engendré Hitler et Mussolini), voilà qui est un peu fort de café. Ces gens là sont-ils encore dignes de représenter notre  République  ? Alors que visiblement ils considèrent les antifas  bien plus dangereux que les néo-nazis qui commencent un peu trop à infester nos rues en salissant l’image de la France à l’étranger, en  s’en prenant aux plus vulnérables ? Ceci dit, quand on voit des noms comme ceux de Lionel Luca, de Mariani, de Jacques Myard, (tiens ? ya pas Estrosi ni Ciotti ni Guaino ?) ou, moins connu, le directeur de campagne porte-voix de Sarkozy, Gérald Darmanin, on comprend mieux… La droite dure, vous savez, celle qui apparait dans ses déclarations – si extrémistes –  soluble dans le FN…

« si le député Guy Teissier, cosignataire de la proposition de loi, est un ancien para membre des mouvements d’extrême droite, d’autres cosignataires ont aussi appartenu à des groupes qui maniaient le manche de pioche… mais de l’autre côté. »

Car avant d’atterrir à l’Assemblée, le mouvement pour la dissolution des groupes antifas est apparu dans l’extrême droite dure, et notamment dans les rangs des catholiques intégristes de l’Agrif à l’automne dernier (source)

Alors, les gens, quand est-ce que nous déposons nous aussi un projet de loi pour demander la dissolution de la droite forte et du FN ? Et la suppression des comptes twitter qui sous couvert de patriotisme font ouvertement l’apologie du racisme, de la xénophobie, de l’islamophobie, du sexisme et de la violence raciale ? Nous tenons une longue liste à votre disposition….

Ils en parlent  :

la horde

nico

street press

vos députés sont des cancres ? Rétablissons le contrôle citoyen

Certains sont les premiers à dénoncer un assistanat qui serait un cancer de la société française… Qu’ils balaient donc devant leur porte et tout ira mieux. En effet, il en existe un autre qui atteint plus sûrement le cœur même du fonctionnement démocratique de nos institutions, et provoque un compréhensible écoeurement : l’absentéisme parlementaire. Que vaut une institution que tant de nos députés n’honorent pas de leur présence, sans être passibles de sanctions, là où le citoyen lambda voit tout de suite la sanction de ses absences à ses obligations professionnelles ?

 Ce phénomène se surajoute à un ensemble de motivations, d’indignations, d’émotions et de perceptions négatives quant à la vie politique de notre pays qui nourrissent l’abstention. Sa proportion en France m’apparaît fortement regrettable, car bien que le vote obligatoire ne m’apparaisse pas une solution, seule une abstention minoritaire, naturelle, doit être tolérée pour ne pas entacher la crédibilité des suffrages. Ce qui nous conduit d’ailleurs à la reconnaissance du vote blanc. Car nous ne le répéterons jamais assez, que vaut la désignation d’un élu quant seule 30 % de la population en âge et capacité de voter l’a désigné ? Elle me semble entachée d’irrégularité. C’est à mes yeux un véritable fléau démocratique. Mais cela suffit, je me suis déjà amplement exprimé ici.

 Pourtant, des parlementaires et non des moindres préfèrent déserter les bancs du parlement, certains que personne ne viendra jamais leur demander de comptes… Ce cas de figure est néanmoins prévu par le règlement de l’Assemblée, et ceusse et selles qui ne remplissent pas leurs obligations savent ce qu’ils encourent…

Le collectif Regards Citoyens réalise tous les ans une étude sur la présence de nos députés, qui dresse un palmarès fort instructif ¹, visible ici. Sur la base des sanctions financières prévues par le règlement de l’Assemblée nationale, son préambule nous précise utilement que les comptes de la nation pourraient ainsi se voir allégés de 166 498,52 € d’économie possible sur la session 2010 — 2011. Pourtant, aucun gouvernement n’a jamais pris ce problème au sérieux, au risque de laisser l’incompréhension s’installer dans l’esprit populaire.

Et dire qu’on leur demande, à eux, gens d’en bas, de faire des sacrifices, là où leurs soi-disant représentants s’acquittent si mal (et si peu !) de leur tâche…

L’étude semble avoir eu un impact très positif puisque seuls 35 % des députés montrés du doigt lors de la précédente version ont récidivé lors de la période suivante. Cependant, d’autres n’ont manifestement pas retenu la leçon.

Aussi, j’ai le plaisir de vous annoncer que cette année, les plus grands perdants sont :

  1. Patrick Balkany (UMP) : aucune présence au cours de la session Octobre 2010/juin 2011 sur 33 réunions !
  2. Jean François Copé, 0 présences sur 25 réunions.
  3. hélas hélas, ma déontologie personnelle me commande de le signaler c’est… Arnaud Montebourg, avec lui aussi 0 présences sur 29 réunions… Il aurait pourtant annoncé qu’il n’avait pas de comptes à rendre… Voilà qui n’est pas très respectueux de ceux qui l’ont élu !
  4. Cette quatrième place est disputée à égalité par André Gérin (PCF) (0 présences sur 21 réunions ²) et Franck Marlin (UMP) (idem, à moins qu’il n’ait fourni un mot d’excuses de sa maman).
  5. Maurice Leroy (Nouveau centre) 0 présences sur 8 réunions… ce qui est beaucoup moins grave que les précédents, n’est-il pas ? Pour peu, il ferait presque figure de bon élève..

En tous cas, je ne m’explique pas pourquoi (quelqu’un peut-il me renseigner utilement ?), face aux mêmes données, Rue89 a choisi de décerner la deuxième place de ce concours d’incivilité à Michel Delbarre.  Ce dernier a quand même fait l’effort de venir à trois réunions sur 33, alors qu’ils ne citent pas Copé, bien plus déterminé à ne surtout  pas venir, bien qu’il ait l’excuse quant à lui d’être le président du groupe UMP à l’assemblée nationale, d’avoir donc beaucoup de travail, et d’être très productif dans son travail parlementaire avec ( Cf. le site nos députés.fr) : ses derniers dossiers :

 Ce qui en dit d’ailleurs assez long sur ses sujets de préoccupation… Pas une intervention sur le chômage, la précarité, le logement, les inégalités sociales, la cupidité financière, alors ?

Je crois comprendre que Rue 89, comme Le Monde pareillement, ont fait le choix de se baser sur le volume des sanctions financières encourues par chacun. Cependant, cela me semble être un très mauvais calcul car l’étude le dit assez, face aux mêmes errements, il y a très souvent deux poids deux mesures… L’étude cite ainsi la différence de traitement des sanctions suivantes :

« C’est le cas par exemple d’Alain Bocquet (22 semaines de présence, 30 présences en commission) qui écope d’une lourde sanction, alors qu’à investissement parlementaire légèrement inférieur, Conchita Lacuey (17 semaines de présence, 23 présences en commission) n’est pas sanctionnée. »

« Alors, pensez-vous, Copé… et  pire encore, Balkany, un ami proche de Sarkozy, vous n’y pensez pas, mon pauvre Monsieur ! Vous délirez ! »

PS. Je tiens à faire savoir aux petits malins de l’UMP qui ont dénoncé leur collègue Fabius que la délation, c’est pas joli, joli, et qu’ils risquent fort de se voir couper la langue à la libération…

 

Rectificatif  (au 4.08.2011) : par rigueur morale, il m’appartient d’attirer votre attention sur la réponse qu’Arnaud Montebourg a faite au sujet de ce classement, sur son blog, ici. Dont acte. Ses excuses sont acceptées. Maman Marianne ne lui tapera donc pas sur les doigts avec sa grande règle. A condition qu’il ne mette plus à contribution des gens que ça gêne (cf. Sandrine Mazetier, dans des articles cités en lien dans ce billet).

 

 .

  ¹ Bien que cette étude ne plaise pas à tout le monde, et notamment au Président de l’auguste assemblée, Bernard Accoyer, qui s’est aussitôt fendu l’année dernière de ce communiqué. Que voulez vous en dire ? Sinon : « Qui se sent morveux, qu’il se mouche ! ».

² Si l’on ajoute à cela son comportement à l’Assemblée… (sans parler de ses propos relevant de l’extrême droite…)

.