Quand l’Etat brade son patrimoine pour engraisser encore les porcs

 

service_publicLa réponse du gouvernement n’a pas été à la hauteur de cette formidable aspiration. Au lieu de rassurer celles et ceux qui ont permis la défaite de Nicolas Sarkozy il y a un an, Jean-Marc Ayrault a préféré dire une fois de plus sa sollicitude pour les chefs d’entreprise et annoncer la privatisation partielle d’entreprises publiques ! De son côté Manuel Valls joue de la provocation en minorant outrageusement le nombre de manifestant-e-s. (Communiqué du Front de gauche : le 5 mai et ses suites)

 Encore un exemple si besoin en était de la fracture de plus en plus béante entre le PS et le Front de gauche. Et c’est là où certains se trompent, ne parvenant chroniquement pas à prendre en compte la mesure des enjeux sociétaux majeurs. Je veux parler ici de la décision  stupide de ce premier ministre qui au lendemain d’une manifestation exprimant un refus des orientations économiques actuelles, clairement libérales, ne trouve rien de mieux pour calmer le jeu que d’annoncer des privatisations rampantes comme seul le PS en a le secret. On a en effet  déjà connu cela du temps de Jospin, qui se vantait tout autant de ne pas être socialiste qu’Hollande… Une véritable provocation, et un signe de mépris invraisemblable comme on en connaît trop depuis le début de ce gouvernement. Si le PS veut être respecté, qu’il prenne des décisions respectables et concertées, ce qui n’est pas franchement pas le cas dans un temps ou l’on parle pourtant avec tant d’hypocrisie d’union nationale alors que l’on fait tout pour ostraciser le Front de gauche.  Cette fois, trop c’est trop. Oui, nous claquons la porte du débat avec le PS car ce dernier préfère pactiser avec les franges droitières de son électorat qu’avec les 4 millions de personnes qui ont permis l’élection de Hollande, ce dont aujourd’hui il se fout manifestement royalement… dans sa dérive monarchiste. Voire nous crache à la figure. Car autant avec ces privatisations qui ne veulent pas dire leur nom par pure tartufferie, et même si nous y sommes opposés par principe,  nous pourrions concevoir que leurs fruits servent à financer des dépensessocialement utiles, autant nous ne pouvons pas accepter qu’elles servent encore et encore à faire des cadeaux aux entreprises, comme l’espèrent certains prétendants au trône du Medef, ce qui est fort probable. On dira que c’est une aide à l’investissement, que cela créera des emplois, comme on nous en a assez bassiné en Lorraine, où on connaît le sujet de la ré industrialisation… On voit ce que cela a donné : un secteur aussi stragique de nature que celui de l’acier confié à des intérêts pour de biens catastrophiques issues…  En outre, céder des capitaux d’entreprises aux activités aussi stratégiques que sensibles, et à l’évidente utilité collective et d’intérêt public que le sont EADS, GDF-Suez et  EDF ou France Télécoms, n’est à mon sens pas seulement un pêché contre la gauche, mais aussi et surtout d’une bêtise crasse pour des raisons telles que  celles développées notamment par ce blogchévik injustement méconnu. Cela s’appelle ni plus ni moins que vendre ses bijoux de famille et l’on connaît trop bien cette route là, celle de la récession, tracée par nos frères et sœurs grecs. On sait où cela mène : Un désir d’Aube dorée, Monsieur Hollande, peut-être ? Déjà, le FN qui n’avait pas besoin de cela pour se dresser sur ses ergots (de seigle ?) se délecte outrageusement de cette incurie étatique (et je me sens assez triste de me voir contraint d’être en partie d’accord avec ce ramassis de fachos sur certains points précis), à l’heure où Montebourg a tenté bien maladroitement de faire dans le registre de la souveraineté économique nationale avec Dailymotion. Tout cela manque terriblement de cohérence.

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je vous serai comptable, et reprochable, de cette guerre du feu qui vient de commencer….

7801237-rupture-de-la-chaine-3d--sur-fond-ressebling-feu-ou-la-chaleurUn homme de 43 ans est mort en s’immolant par le feu devant une agence de Pôle emploi à Nantes, mercredi 13 février en milieu de journée.

L’homme, un chômeur en fin de droits d’indemnisation, avait prévenu lundi plusieurs médias locaux de son intention de passer à l’acte dans la semaine devant son agence de Nantes-Est, pour protester contre le rejet de son dossier alors qu’il estimait avoir travaillé suffisamment d’heures. Le quotidien local Presse Océana publié sur son site deux courriels envoyés mardi par cet homme :

Mardi 12 février, 10 h 12 : « Aujourd’hui, c’est le grand jour pour moi car je vais me brûler à Pôle emploi. J’ai travaillé 720 h et la loi, c’est 610 h. Et Pôle emploi a refusé mon dossier. »

Bien sûr, la direction de l’Agence locale, départementale, régionale et nationale dira sur toutes les ondes et dans tous les médias avec une mécanique bien huilée par un processus de communication sans failles et remarquablement professionnel que tout a été fait dans les règles, et qu’on lui a proposé plusieurs solutions concertées et adéquates… Puisque ce que l’article ne dit pas, c’est qu’on lui réclamait de surcroît un indû, l’ayant en effet surpayé par une allocation plus que royale qu’il ne méritait pas puisqu’il s’était trompé dans son calcul de quelques heures… Le prix de la vie humaine ?

Bien sûr, on dira que cet homme était fou, qu’il n’était pas que chômeur, ou chercheur d’emploi en fonction de la terminologie technocratique qu’on voudra bien adopter comme une dernière indulgence, une petite trace d’humanité qui subsisterait encore dans ce monde de brutes froides et dénuées de tout affect, de toute capacité de remise en question, parce que cela ferait trop mal… On se réfugiera donc derrière une étiquette plus ou moins justifiée par une science psychiatrique qui n’en est pas une, en invoquant sa souffrance personnelle, ses difficultés familiales, son vécu compliqué, ses probables névroses… ou toute autre explication indiscutable.

Et puis l’on finira par oublier celui là, comme les autres, que ce soit cet Untel qui lui aussi s’est immolé devant la CAF de Mantes la Jolie, ou celle-là, un beau  jeudi matin,  dans la cour du lycée Jean-Moulin de Béziers (Hérault), à l’heure de la récréation devant des élèves et des professeurs. Et cet illustre prédécesseur, maillon faible mais premier de cette macabre chaîne du feu qu’est ce salarié anonyme de France Télécoms, mort sur l’autel de la rentabilité… qu’un habile politique aux mots plus doux que les miens a su habiller pour sa mort d’habits plus policés que ceux de la violence de son décès, pourtant insupportable aux yeux de tous, même ceux des mécréants dont je suis.

Combien vous en faudra-t-il donc d’autres pour réagir, et mettre à bas ce vieux monde froid qui s’habitue si détestablement  à ces morts devenues péniblement banales… Il a pourtant fallu une seule tentative d’immolation à Sidi Bouzzid pour qu’un peuple se soulève… qui a encore le courage de renouveler sa colère aujourd’hui ! Et nous serions plus civilisés, nous permettrions le plus petit mépris à leur endroit, comme ces islamophobes occidentaux qui se sont tant réjoui de la tutelle d’Ennahda  sur la Tunisie, qui confirmait si idéalement n’est-ce pas,  leurs propres peurs ancrées dans un mental si dérangé par des fantasmes coloniaux….  ? Permettez moi de sourire… De ce rictus qui en dit assez sur la valeur que j’accorde à un tel monde prétendument civilisé. Un monde qui ne mérite que crachats et mépris, que je rejette de toute ma force et de toute mon âme, parce qu’il ne sait plus obéir à la moindre valeur fondamentale, hors du règne de l’argent roi. Un monde que je déteste au point de le vouloir voir cramer sans jamais renaître de ses cendres pour qu’enfin soit respectée  la douleur de  ceux qui assistent et subissent cette agonie d’un monde qui court à sa perte pour avoir oublié nos valeurs communes.

N’oublions pas.

ce salarié fusible qui nous interroge tous

 

source : Le raco

 

je me brûle sur un parking et vous n’entendez rien… (Braves gens, dormez en paix. Surtout, ne réfléchissez pas. Fermez les yeux. L’état français veille sur vous…)

« Continuons tous, employeur, Etat actionnaire et décideur, syndicats, salariés, à ignorer les vraies causes profondes: dans dix ans on sera encore à traiter de ce même sujet…. enfin non… une certaine catégorie du personnel aura disparu par départ en retraite ou par suicide: et le problème sera réglé, enfin! », prévient le salarié père de quatre enfants. Evoquant sa « mise à la poubelle » et se disant victime de « harcèlement subi », il souligne que « ceux qui sont abandonnés et contraints de faire face à l’échec au quotidien sont très mal! Ils sont soucieux de la qualité de leur prestation, rendue impossible, sans voie d’issue! ». « Je suis dans ce segment là », ajoute l’employé. (source).

 

   Comme il y a de plus en plus de journées pour tout, c’est une source inépuisable d’inspiration pour les blogueurs éventuellement sujets à l’angoisse de l’écran blanc.  A ma grande stupéfaction, je viens d’apprendre qu’hier, c’était la  Journée Mondiale de la sécurité et de la santé au travail.  M’enfin ! je n’ai vu aucun collègue en parler ?! Ah si… ce bon Gérard, qui semble s’être  gourré de titre. Et puis aussi ce blog ci, que je pensais réalisé par un petit papy bien sympathique en retraite depuis longtemps qui s ‘occupait comme il pouvait, alors que l’auteur mystérieux a aussi réalisé  ce blog geek là, le bougre ! Sacrément réussi ! Cache bien son jeu… M’ai trompé, moi. Ça m’apprendra à juger au faciès… du blog.

 Mais revenons à nos moutons. Qu’est-ce que c’est que ce binz ! Comment ai-je pu rater ça ? Ah oui, c’est vrai… Trop occupé par le nouveau né. Pourtant, compte tenu du contexte économique et social, dans notre pays, le thème de la sécurité et de la santé au travail revêt une importance et des enjeux particuliers. L’OIT a élaboré un outil dont l’ambition est de se voir appliqué  dans les pays industrialisés comme dans les pays en développement. Il est basé sur une approche systémique de la gestion dela Santé et de a Sécurité au Travail (ci-après dénommée SST) qui me semble relever d’une vision particulièrement technocratique et abstraite qui ne tient compte en rien des contextes économiques, sociaux, culturels et politiques dans lesquels il est éventuellement appelé à se voir utilisé. Pourtant, ces informations influent beaucoup sur la nature, la qualité, et surtout la simple possibilité des efforts et des actions concrètes entreprises en ce sens.

Le rapport de l’OIT sur le sujet précise d’ailleurs que  Le SGSST ne saurait être pleinement efficace en l’absence de dialogue social fructueux, que ce soit dans le cadre des comités paritaires de sécurité et de santé ou encore d’autres mécanismes tels que la négociation collective. Ainsi, l’engagement de la direction et la participation active des travailleurs à une mise en œuvre conjointe font-ils partie des éléments clefs d’une application réussie.

Effectivement, la précision était nécessaire. Et contre tout préjugé, pas seulement dans les pays les plus défavorisés.  Ainsi, quand on sait que l’une des priorités du monde de la santé au travail est la lutte contre les souffrances psychosociales,  déclarée ipso facto priorité du gouvernement, on aura une petite idée de ce vers quoi je voudrais vous emmener…

Il ne suffit pas en effet de faire des effets de manche comme aime à en faire notre si petit Président, et de les graver dans le marbre virtuel du fronton du portail du gouvernement pour que cela soit suivi d’effets attendus, urgents, et crucialement nécessaires… Et ce n’est pas là sous le coup de la seule émotion provoquée par certains faits d’actualité que j’écris ceci, mais dans l’élan de la poursuite d’une réflexion patiente et déterminée à se préciser, se renforcer, dans la durée.

Premier point de mon argumentaire pour juger de l’efficience et de la sincérité du gouvernement en la matière qui ne soit pas que d’ordre purement médiatique comme malheureusement ce gouvernement nous y a un peu trop habitué : celui des outils et des opérateurs susceptibles de relever ce défi. Comment en effet mesurer effectivement, efficacement, et le plus rapidement possible (tant le décor que je connais de l’intérieur dans le public comme dans le privé m’apparaît comme une priorité de santé publique) la situation en la matière, la quantifier, la qualifier, en faire l’inventaire à travers toutes ses caractéristiques, de manière à le traiter concrètement ensuite ?

Il se trouve que l’un des principaux acteurs qui aurait pu être en mesure de travailler sur ce sujet est hélas (pas de bol, hein…) en voie de démantèlement : la médecine du travail. Le gouvernement ayant décidé de confier ses missions à des intérêts privés, je vois mal comment les nouvelles structures, quand elles existeront, seront en capacité d’exécuter cette mission stratégique de la plus haute importance.

Il existe des experts dans d’autres structures publiques ou privées, mais en nombre notoirement insuffisant pour s’y substituer. Ce ne sont donc pas les méthodes et les outils qui manquent, mais les acteurs en capacité de les expérimenter sur le terrain. Des théoriciens du sujet, on en a déjà… Ce sont des opérateurs qu’il nous faut, pas des penseurs (même s’ils sont utiles dans un premier temps, l’heure n’est plus aux palabres savantes). La médecine du travail en est (était ?) un élément phare, que le gouvernement a la ferme intention de supprimer pour en confier la mission a des intérêts privés. Voilà qui ne nous rassure pas sur la prise en compte de cet état de faits dramatique… D’autant plus que le privé n’assume des missions de service et d’intérêt public que lorsqu’il reçoit un paiement pour ce qui apparaît pour lui comme une prestation, ce qui est très différent comme angle d’attaque du phénomène.

Pourtant, l’intérêt public, et le sort de notre collectivité française (mondial aussi…), de notre cohésion sociale n’est-il pas en jeu ?

On  est en droit en effet de se demander ce qui, en France, peut éviter que ne se reproduisent de tels drames, à mon sens pourtant évitables, desquels certaines directions (aidées en cela par certains politiques de haut vol, tels le sirupeux Xavier Bertrand, faux tendre de son état) se dédouanent si facilement… après avoir fait appel d’une décision de justice confirmant le caractère de maladie professionnelle dans un cas similaire précédent … Il suffirait donc qu’on change de tête dirigeante pour faire sauter le fusible et empêcher le court-circuit ? Manifestement, cela ne fonctionne guère…

On ne peut en outre qu’être particulièrement préoccupé par la réelle capacité du gouvernement à prendre en main ce sujet quand on voit à quel point il porte en haute estime la santé publique en France qui, quand à elle, et contrairement à ses déclarations d’intention, n’est clairement pas sa priorité : un exemple ici . Si ce dossier est traité de la même manière, je crains le pire…

La suite de mon argumentaire portera ensuite sur le fait que le gouvernement  à beau jeu de jouer les vierges effarouchées de si triste manière sur un sujet aussi fondamental. En effet, il est lui-même le pire employeur qui soit, et il va faire de ce dossier une priorité ? De qui se moque-t-on ? Comment peut-il si facilement rejeter ses responsabilités alors qu’il est le principal auteur en France, des pires difficultés psychologiques que peuvent aisément comprendre n’importe quel quidam ? Qui en effet est coupable du pire chantier de destruction d’emplois qui soit, hormis lui-même ? Ne pas remplacer un fonctionnaire sur deux, et donc opérer la destruction de 34 000 emplois en 2011, après tous ceux des années précédentes, sans avoir fait quoi que ce soit pour accompagner la détresse de ceux qui restent, et donc conséquemment soumis à des cadences infernales que même le  privé ne connaît plus, n’est-ce pas se comporter en prédateur libéral carnassier ?

Le triste épisode de ce salarié qui, rappelons le pour que sa fin tragique ne soit pas lettre morte, s’est immolé par le feu sur le parking de l’Agence de France télécoms de Mérignac,  n’est que la face ultime exposée médiatiquement du phénomène. Faisons tous en sorte que ce ne soit pas en vain.

J’attire l’attention de tous ceux qui ne sauraient rien de cette mort qui remet en cause notre société toute entière sur le fait, à mes yeux plus que porteur de sens, que le salarié en question  était en outre représentant du personnel CFDT et était «préventeur» depuis plusieurs années, c’est-à-dire chargé des conditions de travail, de l’hygiène et de la sécurité…. Cela ne s’invente pas. Ses mots, malgré son grand niveau de souffrance psychologique, ne sont donc pas à prendre à la légère, et ne sont surtout pas les dernières paroles d’un désespéré (certes, aussi, mais pas seulement), mais aussi et surtout les propos de quelqu’un qui savait de quoi il parlait… qui voulait nous prévenir et qui avait longtemps lutté pour lui et les autres avant d’en arriver à cette horrible et incompréhensible extrémité.

Je laisserai à mon ami Romain Jammes le dernier mot de ce (certainement trop long, mais comment creuser en ne faisant qu’effleurer ?) billet,  en reprenant à mon compte ses propos dans cet excellent article pour en terminer, provisoirement en tous cas, pour aujourd’hui.

A chaque jour suffit sa peine. La mienne est immense. Et ma colère n’est  pas prête de s’éteindre…

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Mon travail m’a tuer…

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Alors que Sakozy fanfaronne avec son plan à 35 milliards avec lequel il va devoir ramer bien fort pour tenter de nous convaincre qu’il ne sponsorise pas AREVA avec notre argent comme il l’a fait pour les banques, c’est à dire sans contrepartie,  j’ai préféré m’intéresser quant à moi à  cette autre nouvelle, probablement moins commentée (71 articles sur Google… contre 536 articles pour le plan de Sarko),  mais qui me parle davantage aujourd’hui :

les résultats du « questionnaire sur le stress et les conditions de travail « 

envoyé par Technologia aux salariés de France Télécoms.

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Par delà le phénomène des suicides, déjà si inquiétant, dont certains cherchaient à minimiser l’existence alors même que d’autres tentaient eux d’alerter la direction de leur entreprise depuis plus de deux ans pour sauver des vies, on y apprend que la souffrance au travail n’est pas seulement le thème de l’œuvre de Christian Dejours, mais une réalité.

Ainsi, sur les 102 000 personnes à qui cette enquête était destinée, 80 000,  soit trois salariés sur quatre, y ont répondu. On peut sans prendre trop de risques dire quelle est représentative du climat de l’entreprise, sans nul doute… Le peu qui a filtré dans les médias des conclusions de ladite enquête nous révèle que deux tiers des salariés de France Télécoms estiment que « leurs conditions de travail se sont dégradées », avec une « fragilisation de leur santé physique et mentale ». Un taux qui grimpe même à 72 % pour ceux qui ont un statut de fonctionnaires…

Pourtant, ce qui ressort le plus volontiers de cette étude dans les médias, c’est le fait que « seuls 39 % des salariés de France Télécom se disent fiers d’appartenir à leur entreprise »… Ce qui représente une dégringolade inadmissible du sentiment d’appartenance pour la direction, qui manifestement semble mettre dans sa stratégie de communication davantage l’accent sur ce point que sur les risques psycho-sociaux qu’elle fait courir à ses salariés, si l’on en juge par le résultat de ces simples recherches sur google... Voila qui en dit long sur un certain mode de management !

J’ai approfondi à cette occasion la notion de ces « risques psycho-sociaux », dont l’Anact donne une très bonne approche :

L’expression, plus large (NdelA : que le stress), de « risques psychosociaux » renvoie à des contextes de travail et de risques plus variés : surcharge de travail, contraintes excessives de temps mais aussi perte de repères, difficulté à trouver du sens au travail, conflit de valeurs. Elle rappelle surtout que la santé psychique n’est pas seulement une dynamique individuelle, mais qu’elle se construit dans la relation aux autres : par la reconnaissance, la possibilité d’échanges et de coopération dans le travail, avec le soutien des collègues et de la hiérarchie.

Le rapport d’analyse issu de l’enquête de l’Anact sur le stress au travail est particulièrement édifiant, et démontre à quel point la dimension relationnelle, notamment le soutien et la reconnaissance de la hiérarchie, sont des facteurs importants qui déterminent l’impact plus ou moins fort du stress, des tensions et des conflits qui, contrairement à ce que l’on pourrait préjuger, sont plus présents dans le secteur public (38 %) que privé (20 %). La cause : un manque de moyens ?

Si ce sujet me parle, et que j’y ai mis de la peine et du labeur c’est que, malgré ce qu’un certain personnage à l’humour aussi discutable que les valeurs qui fondent son action a pu dire dernièrement à des salariés muselés par la peur (« on n’est pas à France Télécoms ici »), il y a, en France, dans le secteur public aussi, bien d’autres France Télécoms…

On voit donc par le biais de cette intéressante étude de l’ANACT,  qui trouve son triste prolongement dans le quotidien de certains d’entre nous, que le cas de France Télécoms n’est pas isolé, et qu’il y a fort à faire dans ce pays pour rendre le bonheur au travail un peu plus… possible. Car il ne s’agit plus de travailler plus… mais de travailler tous, et mieux.


Et vive la résistance ! …. au travail aussi.

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Pour une gauche de combat

peuple

UN PARTI DE GAUCHE FACE À LA CRISE

Pour le grand nombre qui vit de son travail, la crise n’est pas finie. Elle s’aggrave.

Le chômage continue d’augmenter avec 5 millions de personnes privées d’emploi.

Mais tandis que le peuple souffre, les responsables du désastre continuent comme avant.

Les actionnaires continuent de faire la loi. L’affaire Molex le montre bien. Des fonds de pension américains ont pillé l’usine Molex, délocalisé la production et mis la main sur les brevets et les savoir-faire. Malgré trois condamnations par la justice, ils ont refusé d’appliquer la loi française et les obligations prévues pour les plans sociaux.

Pourtant, le gouvernement a décidé d’appuyer la reprise de Molex par un nouveau fonds de pension américain. Pour un 1 € symbolique, celui-ci met la main sur une entreprise bénéficiaire. Il encaisse plusieurs millions d’aides publiques alors même qu’il ne s’engage à conserver que 20 salariés sur 283.

Le productivisme continue de préparer une catastrophe écologique. Mais tandis que la taxe carbone décidée par le gouvernement frappera les particuliers, les gros pollueurs sont exonérés, le transport routier est encouragé au détriment du rail, les délocalisations se poursuivent avec les milliers de kilomètres de transports qui en découlent au détriment de l’environnement.

L’Europe libérale continue sa course folle. Barroso, le président de la Commission européenne, en appliquant son dogme de la concurrence libre et non faussée, a libéré la folie financière sur l’Europe, ruiné nos services publics et détruit nos droits sociaux. Mais il est largement réélu président de la Commission européenne avec le soutien de la droite et l’aide du Parti socialiste européen.

Les banques continuent de spéculer tranquillement. Les grandes banques françaises font discrètement des provisions de plusieurs milliards d’euros pour verser de nouveaux bonus à leurs traders. Le gouvernement de droite se contente de leur faire les gros yeux. D’ailleurs il n’y a pas de représentants de l’Etat dans les conseils d’administration des banques malgré les milliards d’aides publiques versés. Et toujours pas de loi anti-bonus alors que Sarkozy avait promis une nouvelle législation «avant Noël 2008».

La destruction des services publics continue. La vague dramatique de suicides à France Télécom nous rappelle le désastre de la libéralisation des services publics. Mais les vies brisées n’arrêtent pas le gouvernement, qui prépare la privatisation de la Poste, la mise en concurrence du rail, et supprime des milliers de postes dans les écoles. Il faut arrêter cela. On peut gouverner la France autrement.

On peut partager les richesses, instaurer une planification écologique face à la catastrophe environnementale, sortir du traité de Lisbonne, refonder la République pour redonner le pouvoir au peuple.

Pour cela, il faut que le peuple s’en mêle comme il l’a fait lors du grand referendum sur la Constitution libérale de l’Europe. C’est l’objectif du Parti de Gauche.

Le Parti de Gauche est un outil d’éducation populaire qui combat les valeurs dominantes de l’argent, de la consommation effrénée, de la compétition meurtrière entre les hommes. Il regroupe des femmes et des hommes dont c’est le premier engagement politique ou d’autres venus de tous les horizons de la gauche. Il défend la constitution d’un Front de gauche permanent dans les luttes sociales et dans les élections, pour rassembler toute l’autre gauche et la mettre en situation de constituer une nouvelle majorité populaire.

Venez construire une autre gauche pour un autre avenir.

Rejoignez le Parti de Gauche !


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Mon journal du dimanche

Au peril de la jungle

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Journal du dimanche n°2

.. toujours de gauche…  et de combat.

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Pour une première nouvelle, elle est un peu Frêche, celle-là : Georges l’occitan se porte au secours de Brice (pas Nice du tout…), ce qui toutefois n’est pas très étonnant pour quelqu’un qui considère que les harkis sont des sous-hommes¹, et n’en est pas à son premier dérapage raciste… avec la bénédiction de la justice française grâce à une argutie dont elle a le secret…


Voilà qui est Royal, dénote d’un sens de la fraternité qui est pour le moins très particulier, et vaut bien une poignée de main, sans doute ! Ce doit être cela, la traduction très concrète du concept de dépassement du PS prôné par Ségolène quand elle se prend pour une intellectuelle…


Alors, heureux d’être socialiste ? Toujours pas envie de rejoindre le Parti de Gauche ?

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Même pays, mêmes mœurs, même détournement de concepts (cette fois ci, remplacer le mot fraternité par le mot « justice ») avec la déclaration de l’UMP qui se déclare satisfaite de la fermeture de la jungle (voir ici de quoi il s’agit…) au nom d’une politique de fermeté et de justice… sans la moindre considération pour le devenir de ceux qu’on a jeté en pâture à la misère et aux grands froids qui s’annoncent, et en omettant de préciser que leur kaiser avait déjà fermé Sangatte… en vain. Belle preuve d’efficacité ! La prochaine fois, on fête quoi ? La fermeture de Grand Fort Philippe ? Marck ? Wissant ? Tardinghen ? A quand des barbelés autour de Calais ?

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je ne saurais passer à côté, ce dimanche 20 septembre 2009, de la réforme du statut de la Poste, qui doit se voir transformer en Société Anonyme (donc privée) le 1er janvier 2010. Autant dire demain. Avec son cortège de guichets, de bureaux non rentables (particulièrement en milieu rural), et de personnels supprimés, de réorganisation anxiogènes pour ceux qui restent, entraînant ce que l’on sait (puisque parait-il, c’est une mode) comme à France Télécoms. Encore un service public démantelé, pour le plus grand profit des actionnaires qui se retrouveront avec un réseau, des moyens et du personnel auparavant payés par nos impôts… C’est tout bénéf pour eux, pourquoi donc s’en priver ?


Si vous n’appréciez guère cette logique là, vous pouvez toujours le faire savoir ICI, sur le site du Comité national contre la privatisation de La Poste, qui organise une campagne nationale de mobilisation pour un référendum sur le service public postal dite « votation citoyenne » (également sur Facebook), à laquelle vous pouvez également participer. Quoi de plus démocratique ? Mais je doute que Sarko le soit, donc… CQFD. (On se comprend, hein ?).

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¹ Voir à ce propos l’excellent travail, très précis et documenté, d’Acrimed.

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