Joyeux Noël à tous les athées du monde

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Et soudain, seul ce jour de réveillon d’une fête tant attendue, avec tant de plaisir,  par certain(e)s, je me réveille au monde. Je me découvre. Je m’illumine. Je sors de mon propre obscurantisme, de mon conditionnement culturel de petit français moyen. Et alors que cette journée pourrait être triste, endeuillée par cette putain de solitude, cette perspective de réveillon égoïste, pour soi seul, qui en vaut si peu la peine,  le contraire se produit, comme par enchantement. Ce qui m’est offert par les aléas de la vie m’est un présent. Comment ne l’ai-je pas vu avant ? On s’emprisonne parfois soi-même dans ses terribles habitudes jamais questionnées. Les pourquoi ne sont pas les bienvenus dans les fêtes de famille, sans quoi ils remettraient trop dangereusement en cause l’ordre établi, jusque dans les détails, dans la décoration, depuis des générations. N’est-il  pas souvent plus facile de porter des idées de révolution, et de refaire le monde à l’extérieur plutôt que de tenter d’apporter le moindre petit bouleversement dans sa propre famille, son propre entourage personnel ? Force m’est de le constater aujourd’hui, précisément, parce que j’ai le loisir, presqu’un bonheur,  d’être seul, et que je dispose de ce luxe : réfléchir, lâcher prise, me retrouver face à moi, et pouvoir y penser. M’accorder la même attention, la même bienveillance que j’accorde si volontiers aux autres, plus qu’à moi-même, au point de m’oublier. Et donc, arrive une lueur, encore tremblante : soi.  Qui déchire les ténèbres : mais pourquoi diantre devrais-je continuer de fêter la naissance de cet improbable Jésus de Nazareth, lui-même inscrit dans une légende ridicule  à laquelle  je ne crois pas plus qu’aux autres, quand bien même serait-elle débarrassée de toutes ses guenilles religieuses, et comme me le répondraient probablement mes sempiternels autant qu’inévitables détracteurs, laïcisée ? Pourquoi me sentir obligé de marquer cette fête de Noël, plutôt que d’autres célébrées par les musulmans ? Les Juifs ? les hindous ? Les bouddhistes ? Les…   Arrêtons là cette confusion mentale, cette mascarade, et cessons enfin (il n’est jamais trop tard pour bien faire) d’obéir sans broncher à toutes ces simagrées, ces rituels insipides et ces cultes idiots. J’ai toute l’année pour donner et recevoir, pour offrir et rencontrer ceux qui me sont le plus chers. Aussi, je vais donc dîner ce soir avec un invité prestigieux, qu’il conviendra de découvrir et d’honorer comme il se doit. De lui donner toute l’attention et l’affection qu’il mérite. Parce que je le vaux bien, moi qui ai passé toute ma vie à me préoccuper des autres, à offrir ce que j’avais de meilleur : moi-même, en une relation d’aide, aussi professionnelle que personnelle (à mon grand détriment…), qui ne m’avait jamais quittée jusqu’alors. J’en ai fini. Pour aujourd’hui au moins. Merci la vie. C’est une fête, celle que l’on s’offre à soi-même. Quant on peut… Un vrai luxe. Merci encore. Merci qui ? « Merci je« . Merci moi même. Merci à ce moi qui m’aime. Un peu. Enfin. Timidement encore, effarouché par cette idylle naissante…. qui tente d’éclore depuis plus de 50 ans. Il faut bien toute une vie pour apprendre à s’apprivoiser. Et ce n’est pas encore tout à fait fini…

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