sur la trace de Thierry Coste, mercenaire pro-armes, proche de #Macron… #Hulot

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Macron n’a donc rien à envier à Trump en matière de compromission avec l’ennemi…  En termes de proximité avec les bas du front du genre de ceusse que je combats ici, savoir qu’il laisser errer en son palais un type du même genre exactement que ceux de la NRA, voilà qui n’est pas sans poser de questions sur l’existence réelle de notre modèle démocratique…

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Je savais déjà l’individu proche de Macron depuis cet épisode, mais à ce point là !

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Lobbyiste pro-chasse (et donc pro-armes), « mercenaire » proche du pouvoir jupitérien,  m’as-tu-vu qui se vante de dealer à travers le monde avec des présidents autoritaires si peu soucieux de droits humains…  Pour mettre cet individu et l’omniprésence des lobbyistes autour de Macron en lumière médiatique, il aura donc fallu le départ de Hulot, un non événement à mon sens ¹, qui ne fait que signer son hypocrisie. A force d’avaler tant de couleuvres, il ne pouvait plus en effet conserver un minimum de crédibilité (déjà bien entamée) sans la perdre totalement avec le dossier de la chasse, justement, où il s’est fait brouter tant de laine sur le dos, comme dab…

J’avais déjà découvert l’existence de ce conseiller spécial chasse ici, mais je n’avais pas davantage creusé le sujet…. Intéressons nous donc plus sérieusement à son cas :

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…  Voilà ce que j’ai pu glaner de plus au cours de mes pérégrinations internétiques :

Ancien agriculteur, aujourd’hui âgé de 62 ans, Thierry Coste agit pour le compte de la Fédération nationale des chasseurs (FNC), où il assure les fonctions de “conseiller politique”, et du Comité Guillaume Tell, représentant des utilisateurs d’armes à feu en France, dont il est le secrétaire général. Depuis les années 1980, il conseille, plus ou moins dans l’ombre, tous les dirigeants politiques. Dans un autre portrait, écrit en début d’année, Le Monde retrace son tableau de chasse politique : des campagnes aux côtés des perdants (Jean Saint-Josse de CPNT en 2002, Philippe de Villiers en 2007, Nicolas Sarkozy en 2012 et François Fillon en 2017).. […].

Le moins que l’on puisse dire est qu’il fut conseiller de personnalités politiques extrêmement droitières, comme le candidat d’extrême-droite de CPNT, et Philippe de Villiers, aux propos si puants… Un détail, sans doute.

Quand au fameux comité NRA style, en voici la composition, aux côtés d’un autre belliqueux bien connu 😉

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Depuis 2017, il est devenu le proche conseiller officieux d’Emmanuel Macron, au point de faire partie de la liste des invités à son 40e anniversaire, le 15 décembre dernier, au château de Chambord. A cette occasion, relate le portrait du Monde, le Président a assisté à un “tableau de chasse”, c’est-à-dire le décompte du gibier après une séance de chasse. “Une première depuis Giscard”, se félicitait alors Thierry Coste dans Le Monde.  (source)

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A en croire sa déclaration à la Haute autorité pour la transparence de la vie publique, son chiffre d’affaire atteindrait entre 100 et 500 000 euros pour l’année 2018. «Aujourd’hui, je suis un mercenaire. Je vais là où ça paie le mieux», expliquait-il à Marianne, en revendiquant, voire surjouant, comme à son habitude, un certain cynisme. Autre exemple, parmi d’autres: «Ah je n’ai pas de morale. Il n’y a pas beaucoup de gens qui l’assument, mais moi je l’assume complètement. Je défends des gouvernements étrangers qui sont des alliés de la France mais qui ont parfois des comportements très douteux avec les droits de l’homme. Mais je les assume. Car il y a des gens qui méritent d’être défendus, quand ils ne commettent pas d’excès.»

Jacques Maire, aujourd’hui député LREM, a rappelé aujourd’hui qu’il avait été «viré du poste de directeur de cabinet de Dominique Voyne, alors ministre de l’Aménagement du territoire et de l’Environnement, lorsque Lionel Jospin avait «plié devant le lobby des chasseurs concernant les oiseaux migrateurs», en 1998.

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A 62 ans, le patron du cabinet Lobbying et Stratégie déroule une liste de clients longue comme le bras. On y trouve, outre la FNC, des fabricants d’armes à feu (Beretta) mais aussi des potentats africains (Tchad, Mauritanie…). Seul l’intéressé semble s’y retrouver.(source).

Mes recherches me montrent un homme cynique, mu uniquement par l’argent, et bien peu soucieux à la fois de principes démocratiques, de droits humains, mais également de la moindre moralité qui soit.

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Ici, j’ai appris que le quidam avait des clients bien peu scrupuleux, comme  lFONDATION ASSISTANCE AUX ANIMAUX qui a fait l’objet d’un rapport très critique de la Cour des Comptes  » À l’issue de son contrôle, la Cour constate donc la non-conformité de l’emploi des fonds collectés aux objectifs poursuivis par l’appel à la générosité publique « .

, j’ai appris qu’il avait été viré comme un malpropre du Palais Bourbon, ce qu’aucun journaliste actuel n’a pris la peine de mentionner dans aucun des article que j’ai lu à son sujet, eux qui préfèrent en dresser le portrait élogieux d’un lobbyiste hors pair écouté de tous les pouvoirs… même les pires.

Voilà donc avec qui Macron s’acoquine,  si peu de temps après l’affaire Benalla… Et encore ne suis-je qu’au début de mes investigations sur ce triste sire.  Pour celleux qui conservaient encore quelques illusions sur la réalité de notre démocratie hexagonale et sur la sincérité politique des différents gouvernements de ce pays, de droite comme d’une certaine « gauche »,  vous voilà à présent bien décillés, j’espère. Et il ne s’agit là que du thème de la chasse et des armes… je vous laisse imaginer le reste.

#PrimairesEELV : Cécile du Flop

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je vous dois quelques explications sur mon titre foireux : j’ai vu, j’ai compris (trop facile !), j’ai adopté. Voilà tout. Quitte de me casser le fion à en trouver un… Vous pouvez pas vous imaginer ce que c’est comme galère,  si vous n’êtes ni blogueur ni journaliste,  que de chercher des titres à longueur de journée…  Faut dire que je suis en ce moment un peu beaucoup passionnément productif… Mais yaura toujours un branleur qui ne produit jamais rien pour critiquer le choix du titre. On s’en fout, passons, là n’est pas le sujet. Bien que tout le monde puisse éventuellement s’en désintéresser,  il est de mon devoir de vous informer du résultat du premier tour des primaires d’EELV qui se sont tenues ce jour. Observatoire de la gauche oblige, encore et toujours, et il se trouve que certains, dans ce parti, en sont, vraiment (râlez pas, les « purs » gauchistes, faut de place pour tout le monde, hein… ;).

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K. Delli 9,82% – C. Duflot 24,41% – Y. Jadot 35,61% –  M.Rivasi 30,16%

Et donc, Céciiiiiiile a été é-l-i-m-i-n-é-e. Vous m’en voyez déçu déçu déçu… Ou pas. Les experts en expertise disent qu’elle paie sa participation au gouvernement. Moi je dis qu’elle paie aussi, en sus,  je l’espère bien fort  (prendrais-je mes rêves pour la réalité ?) dans le grand esprit de gauchisation du  débat et des forces en présence qui me caractérise,  ses incohérences  personnelles et son rôle dans le refus de se positionneraux côtés du Front de Gauche aux dernières élections. Etant entendu bien sûr qu’il reste aujourd’hui  à EELV surtout les gens qui ne sont pas favorables à la ligne libérale du gouvernement et qui, les traîtres à la cause, se sont positionnés derrière de Rugy, ceux que j’appelle les écologistes de salon, et pour cause… L’écologie n’est pas pour moi en effet (je me répète mais des fois que vous n’auriez pas entendu) soluble dans le libéralisme. Donc exit Duflot. Reste Rivasi (j’en ai parlé récemment ici) ou Jadot. (j’en ai parlé aussi mais je ne me souviens plu où et il se fait tard, et j’suis crevé). Réponse  le 7 novembre, au second tour. De toute façon, l’influence d’un parti écologiste à 2 %, c’est un peu limité, hein… c’est pas ça qui risque de faire une grande différence. Z’auront qu’à faire comme dab et voter socialiste….. ça changera la face du monde. 😉

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le prix du train pèse lourd sur notre environnement

Alors que notre Président et son gouvernement se vantent de l’organisation de la COP21, dont les accords de Paris ont été signés récemment par la Chine et les USA, on notera avec une certaine circonspection non dénuée d’interrogations que la France est le pays où le train est le plus cher d’Europe. Ce n’est pas très étonnant vu la politique de tarification particulièrement absconse de la SNCF, et c’est à mettre en parallèle avec cette décision totalement absurde de jeter encore davantage de cars sur les routes, un projet tellement moderne que nous a laissé l’intelligent Macron. Le tout est certainement sensé limiter la propagation de gaz à effets de serre et à améliorer la sécurité routière et la fluidité des transports de personnes… On n’arrête pas le progrès, ni une équipe qui gagne. Ou pas.

Huile de palme : les écologistes de salon mangent leur chapeau

je ne vais pas vous faire un topo superficiellement pédagogique sur les conséquences de la production et de la consommation d’huile de palme sur la santé, la biodiversité, les problèmes de déforestation et donc les dégâts sur la faune et la flore que cela présuppose. Pour ça, vous n’avez qu’à faire comme toute le monde et consulter dans un premier temps la fiche wiki dédiée  si vous ne connaissez pas le sujet. Non, je veux juste attirer votre attention comme à ma modeste habitude sur la contradiction idéologique manifeste qu’il y a de se revendiquer écologiste et de figurer dans un gouvernement qui l’est si peu, une fois de plus. je veux parler de cette décision de dernière minute dudit gouvernement et de ses affidés à l’assemblée nationale de ne pas voter une disposition de l’à-présent bien mal nommée « Loi sur la biodiversité » à propos de la sur-taxation de l’huile de palme. Leur revirement s’expliquerait par les menaces diplomatiques très claires des deux principaux pays producteurs, la Malaisie et l’Indonésie, préoccupations purement économiques relayées – on en est très étonnés – par plusieurs députés de droite. Et comble de l’hypocrisie, ils se trouvent des écologistes pour justifier sans rire ce qui apparait comme une défaite de la politique, couchée devant des lobbies :

Mais la secrétaire d’Etat à la Biodiversité, Barbara Pompili, et la rapporteure PS, Geneviève Gaillard, ont également invoqué d’autres arguments pour justifier leur changement de position, invoquant la «fragilité juridique» du dispositif, la difficulté de toucher à un type d’huile sans toucher à tous les autres ou encore le fait que cette question relève plutôt d’un projet de loi finances.

y a-t-il vraiment des gogos capables de gober de tels artifices procéduriers ? Ce gouvernement de droite se ridiculise chaque jour davantage. Et ceux qui le soutiennent, avec. Cette forfaiture était malheureusement fortement prévisible. On ne peut se revendiquer sérieusement écologiste sans rompre avec un libéralisme qui est en soi une menace pour l’environnement, du fait de ses priorités intrinsèques.Or, libéral, et donc de droite, ce gouvernement l’est, manifestement, et absolument. CQFD.

la transition écologique mais pas pour tout le monde

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Quand on sait que de surcroît ces associations ont participé activement jusqu’à la dernière minute aux précédentes réunions de commission du Conseil National de Transition Ecologique (CNTE), on comprend leur colère :

« Nous avons participé à la préparation de cette rencontre et du Conseil national de la transition écologique pendant des mois, siégeant régulièrement au comité ad hoc jusqu’en juillet, et personne n’a seulement pris la peine de nous prévenir que nous étions brusquement évincés ! », s’étrangle Nadir Saïfi, d’Ecologie sans frontière, une association qui milite notamment contre la pollution de l’air et avait déjà œuvré en faveur de la tenue du Grenelle de l’environnement. » (source)

Mais cela n’étonnera nullement ceux qui connaissent la ferveur particulière quant aux questions environnementales de l’équipe hollandaise… Que les écolos d’EELV continuent de manger leur chapeau en participant à ce gouvernement, surtout après l’ultimatum qui a  fait pschitt de leur secrétaire national me laisse plus que dubitatif quant à leur crédibilité… Surtout après une telle série de camouflets, dont je vous épargnerai tous les détails. N’ont-ils plus aucun amour propre ? L’opération de greenwashing des solfériniens a fait long feu… Nul n’est plus dupe.

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bilan carbone du PS : 0+0= la tête à Martin ?

10276-134857957-370x0-2Il est à présent de notoriété publique que les solfériniens se soucient de protection de l’environnement comme de leur première paire de chaussettes. Aussi, quand j’apprends qu’apparait opportunément –  en plein milieu de l’université d’été du PS à La Rochelle, comme par hasard… Faut-il le souligner ? –  le retour du concept de la taxe carbone,   je me gausse, pour parler poliment. Car enfin, qui peut croire un seul instant à l’application d’une telle mesure, en pleine période de mécontentement sur fond de plaintes médéfiennes sans fin sur l’augmentation des taxes et impôts divers ? Et alors que les ministres écologistes ont été jusqu’à présent si peu pris au sérieux, voire carrément humiliés par les solfériniens qui les traitent comme quantité négligeable ? Tout cela ressemble fort à un hochet estival que le nouveau ministre de l’écologie agite pour tenter d’exister. Mais nous ne sommes guère enclins à estimer sa crédibilité et son poids face à des gens comme Moscovici et Montebourg dont on ne connait que trop la force des (non)  convictions environnementales. D’où le titre. Il nous faut en effet des gens un peu plus libres de leurs pensées pour considérer que les considérations écologiques vont dans le sens de l’économie de demain. Mais ces gens sont prisonniers d’une pure logique libérale qu’ils ne mettent que très accessoirement en cause. Le dogme du productivisme à tout crin est en train de creuser notre tombe, mais ils ne le voient même pas, leur seul moteur étant l’argent et le pouvoir…  Espèrent-ils donc  avoir raison à  n’importe quel prix, y compris  celui de notre survie ?

Post-scriptum( j’ai de plus en plus honte d’utiliser les initiales ps) : j’apprends que les verts d’EELV sont contents de leur bilan au gouvernement… Ils se contentent de bien peu ! Qu’ont-ils obtenu de leur présence, qui ressemble de plus en plus à de la compromission, à part… Rien ?

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les cocus verts du gouvernement

Aujourd’hui, l’Express (qui est un  journal de droite, ne l’oublions pas…)  titre

Les écolos s’interrogent sur leur place au sein du gouvernement.

Ils peuvent. Car par delà les résultats électoraux,  l’influence la plus certaine sur les idées de l’époque est bien davantage du côté de Mélenchon que d’EELV, n’en déplaise à Monsieur (bien) Placé, que je n’aime pas. Et l’on peut légitimement redouter que les deux ministres écolos (encore) présents au gouvernement soient victimes du même type de cocufiage que NKM en son temps… Cela d’autant plus que notre actuel Président ne s’est pas distingué par une sensibilité particulière aux questions environnementales. L’épisode de l’accord entre le PS et EELV, et la rapidité avec laquelle un passage entier de l’accord a disparu pour complaire aux lobbyistes pro nucléaires, ou le dossier de Notre-Dame des Landes,  en témoignent déja suffisamment. Si d’aucuns avaient oublié la nature libérale de ce gouvernement – ce que je lui reproche essentiellement – les décisions qui seront prises  prochainement continueront de nous le démontrer suffisamment clairement. Ce gouvernement là n’est de toute évidence pas vraiment près à se battre contre des intérêts financiers à l’origine de la plupart des soucis environnementaux, et encore moins à aborder les questions qui fâchent, comme le nucléaire, remis aux calendes grecques. Mais il est vrai que c’est une question si secondaire… Tiens, allez donc demander aux japonais ce qu’ils en pensent !

N.B. : En quelques clics, découvrez l’ampleur des neuf défauts majeurs du nucléaire, et les mesures très concrètes grâce auxquelles la France peut en sortir.

Découvrez l’ infographie interactive et la PETITION :  http://groupes.sortirdunucleaire.org/spip.php?page=Je-signe

Pourquoi Annie Thébaud-Mony refuse la Légion d’Honneur de Cécile Duflot

Madame la ministre,

Madame Cécile Duflot Ministre de l’égalité, des territoires et du logement,

Par votre courrier du 20 juillet 2012, vous m’informez personnellement de ma nomination au grade de Chevalier de la Légion d’Honneur et m’indiquez que vous êtes à l’origine de celle-ci. J’y suis très sensible et je tiens à vous remercier d’avoir jugé mon activité professionnelle et mes engagements citoyens dignes d’une reconnaissance nationale. Cependant – tout en étant consciente du sens que revêt ce choix de votre part – je ne peux accepter de recevoir cette distinction et je vais dans ce courrier m’en expliquer auprès de vous.

Concernant mon activité professionnelle, j’ai mené pendant trente ans des recherches en santé publique, sur la santé des travailleurs et sur les inégalités sociales en matière de santé, notamment dans le domaine du cancer. La reconnaissance institutionnelle que je pouvais attendre concernait non seulement mon évolution de carrière mais aussi le recrutement de jeunes chercheurs dans le domaine dans lequel j’ai travaillé, tant il est urgent de développer ces recherches.

En ce qui me concerne, ma carrière a été bloquée pendant les dix dernières années de ma vie professionnelle. Je n’ai jamais été admise au grade de directeur de recherche de 1e classe. Plus grave encore, plusieurs jeunes et brillant.e.s chercheur.e.s, qui travaillaient avec moi, se sont vu.e.s fermer les portes des institutions, par manque de soutien de mes directeurs d’unité, et vivent encore à ce jour – malgré la qualité de leurs travaux – dans des situations de précarité scientifique.

Quant au programme de recherche que nous avons construit depuis plus de dix ans en Seine Saint Denis sur les cancers professionnels Giscop, bien que reconnu au niveau national et international pour la qualité scientifique des travaux menés, il demeure lui-même fragile, même s’il a bénéficié de certains soutiens institutionnels. J’en ai été, toutes ces années, la seule chercheure statutaire. Pour assurer la continuité du programme et tenter, autant que faire se peut, de stabiliser l’emploi des jeunes chercheurs collaborant à celui-ci, il m’a fallu en permanence rechercher des financements – ce que j’appelle la « mendicité scientifique » – tout en résistant à toute forme de conflits d’intérêts pour mener une recherche publique sur fonds publics.

Enfin, la recherche en santé publique étant une recherche pour l’action, j’ai mené mon activité dans l’espoir de voir les résultats de nos programmes de recherche pris en compte pour une transformation des conditions de travail et l’adoption de stratégies de prévention. Au terme de trente ans d’activité, il me faut constater que les conditions de travail ne cessent de se dégrader, que la prise de conscience du désastre sanitaire de l’amiante n’a pas conduit à une stratégie de lutte contre l’épidémie des cancers professionnels et environnementaux, que la sous-traitance des risques fait supporter par les plus démunis des travailleurs, salariés ou non, dans l’industrie, l’agriculture, les services et la fonction publique, un cumul de risques physiques, organisationnels et psychologiques, dans une terrible indifférence. Il est de la responsabilité des chercheurs en santé publique d’alerter, ce que j’ai tenté de faire par mon travail scientifique mais aussi dans des réseaux d’action citoyenne pour la défense des droits fondamentaux à la vie, à la santé, à la dignité.

Parce que mes engagements s’inscrivent dans une dynamique collective, je ne peux accepter une reconnaissance qui me concerne personnellement, même si j’ai conscience que votre choix, à travers ma personne, témoigne de l’importance que vous accordez aux mobilisations collectives dans lesquelles je m’inscris. J’ai participé depuis trente ans à différents réseaux en lutte contre les atteintes à la santé dues aux risques industriels. Ces réseaux sont constitués de militants, qu’ils soient chercheurs, ouvriers, agriculteurs, journalistes, avocats, médecins ou autres… Chacun d’entre nous mérite reconnaissance pour le travail accompli dans la défense de l’intérêt général.

Ainsi du collectif des associations qui se bat depuis 15 ans à Aulnay-sous-bois pour une déconstruction – conforme aux règles de prévention – d’une usine de broyage d’amiante qui a contaminé le voisinage, tué d’anciens écoliers de l’école mitoyenne du site, des travailleurs et des riverains. Ainsi des syndicalistes qui – à France Télécom, Peugeot ou Renault – se battent pour la reconnaissance des cancers professionnels ou des suicides liés au travail. Ainsi des ex-ouvrières d’Amisol – les premières à avoir dénoncé l’amiante dans les usines françaises dans les années 70 – qui continuent à lutter pour le droit au suivi post-professionnel des travailleurs victimes d’exposition aux cancérogènes. Ainsi des travailleurs victimes de la chimie, des sous-traitants intervenant dans les centrales nucléaires, des saisonniers agricoles ou des familles victimes du saturnisme…

Tous et chacun, nous donnons de notre temps, de notre intelligence et de notre expérience pour faire émerger le continent invisible de ce qui fut désigné jadis comme les « dégâts du progrès », en France et au delà des frontières du monde occidental.

La reconnaissance que nous attendons, nous aimerions, Madame la ministre, nous en entretenir avec vous. Nous voulons être pris au sérieux lorsque nous donnons à voir cette dégradation des conditions de travail dont je parlais plus haut, le drame des accidents du travail et maladies professionnelles, mais aussi l’accumulation des impasses environnementales, en matière d’amiante, de pesticides, de déchets nucléaires et chimiques… Cessons les vraies fausses controverses sur les faibles doses. Des politiques publiques doivent devenir le rempart à la mise en danger délibérée d’autrui, y compris en matière pénale. Vous avez récemment exprimé, à la tribune de l’Assemblée nationale, votre souhait d’écrire des lois « plus justes, plus efficaces, plus pérennes ». En qualité de Ministre chargée de l’Egalité des territoires et du logement, vous avez un pouvoir effectif non seulement pour augmenter le nombre des logements mais légiférer pour des logement sains, en participant à la remise en cause de l’impunité qui jusqu’à ce jour protège les responsables de crimes industriels.

En mémoire d’Henri Pézerat qui fut pionnier dans les actions citoyennes dans lesquelles je suis engagée aujourd’hui et au nom de l’association qui porte son nom, la reconnaissance que j’appelle de mes vœux serait de voir la justice française condamner les crimes industriels à la mesure de leurs conséquences, pour qu’enfin la prévention devienne réalité.

Pour toutes ces raisons, Madame la ministre, je tiens à vous renouveler mes remerciements, mais je vous demande d’accepter mon refus d’être décorée de la légion d’honneur. Avec l’association que je préside, je me tiens à votre disposition pour vous informer de nos activités et des problèmes sur lesquels nous souhaiterions vous solliciter.

Je vous prie d’agréer, Madame la ministre, l’expression de ma reconnaissance et de mes respectueuses salutations

Annie Thébaud-Mony


Source : Courriel à Reporterre

Annie Thébaud-Mony, directrice de honoraire de recherches à l’Inserm, est aussi membre de l’association Ban Asbestos et de l’Association Henri Pézerat

le nucléaire tue l’avenir

A l’heure où le thème de l’immigration semble plus important que la survie de notre espèce et l’avenir de nos enfants (quand ce n’est pas le nôtre…), il m’a semblé opportun de vous faire partager ce communiqué du Réseau Sortir du nucléaire, en piqure de rappel. Plusieurs incidents récents en France nous rappelle que Fukushima, ça n’arrive pas qu’aux autres…

 Communiqué de presse du 26/04/2012

Chernobyl day, c’est parti! Plus de 170 actions dans 15 pays pour sortir du nucléaire

De l’Allemagne à l’Australie, en passant par les Etats-Unis et le Mexique, plus de 170 actions sont prévues dans plus de 15 pays. En France, ce sont plus de 128 actions qui vont avoir lieu sur tout le territoire, jusqu’à dimanche soir. Quatre jours pour un seul objectif : en commémorant les deux catastrophes nucléaires de Tchernobyl et Fukushima, rappeler les dangers du nucléaire et la nécessité d’en sortir au plus vite. Un souhait partagé bien au-delà de nos frontières.

Chernobyl day, c’est parti ! Ils étaient 30 militants de « Sortir du nucléaire Paris » à déambuler hier soir du côté de Beaubourg pour réaliser une action visuelle, transformant par anagramme « centrale nucléaire » en « le cancer et la ruine ». Ce matin, des militants du Réseau « Sortir du nucléaire » ont déployé une grande banderole avec l’inscription « Le nucléaire tue l’avenir », devant le Ministère de l’Industrie, à Bercy .

Cet après-midi, les militants anti-nucléaires se retrouveront à proximité de l’Elysée, devant la statue du Général de Gaulle pour mettre en place une action « porteur de parole ». Le but ? Permettre à chacun de se réapproprier la question de l’énergie, en favorisant l’expression des citoyens sur le nucléaire [1]. Tout un symbole, quand on sait que le nucléaire français a été massivement développé par le Général de Gaulle et que cette question a toujours échappé au débat démocratique. L’après-midi se poursuivra par une seconde action « porteur de parole » devant l’Autorité de Sûreté Nucléaire, suivie d’une chaîne humaine qui se déploiera entre l’institution et la Bastille.

Le samedi 28 avril, dès 11H sur le Parvis des Droits de l’Homme, au Trocadéro, se tiendra une assemblée antinucléaire nationale, en compagnie d’autres organisations, pour rappeler notre volonté de sortir du nucléaire aux deux candidats restants.

Des centaines d’autres actions auront lieu dans toute la France : des chaînes humaines, des actions « porteurs de paroles », des rassemblements, des conférences et projections….Pour les consulter, rendez-vous sur http://www.chernobyl-day.org/actions. Nous comptons sur votre relai durant ces quatre jours de mobilisation antinucléaire !

A lire aussi, notre analyse de Tchernobyl : 26 ans de catastrophe et de désinformation

Contacts régionaux :
Moitié nord : François Mativet : 06 03 92 20 13
Sud-ouest : Daniel Roussée : 06 61 97 83 28
Sud-est : Marie Hélène Mancinho : 06 76 28 24 57

Relations presse :
Opale Crivello : 06 64 66 01 23

Note :
[1] http://www.chernobyl-day.org/Actions-porteur-de-parole