#LFI, bientôt au ban de la gauche ? #Immigration

Ils en sont donc arrivés là…

 

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source    (sur l’Appel « Pour l’accueil des migrants », voir ici)

… et les mêmes vont venir cet après midi pour défendre l’Aquarius ? Comme j’ai trop envie de les sortir de nos manifs…. à grands coups de pompe dans le cul.

Et qu’on m’entende bien ici : il ne s’agit pas d’une personne, mais d’une ligne politique. Celle des (hein ?)soumis devient de plus en plus illisible sur le sujet. J’en arrive à me demander s’ils ne vont pas s’égarer dans le même genre de stratégie pourrie que le mouvement 5 étoiles en Italie, c’est dire…

Pour l’accueil des migrants

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Les rédactions de Regards, Politis et Mediapart s’associent afin de lancer le Manifeste Pour l’accueil des migrants signé par 150 intellectuels, artistes, militants associatifs, syndicalistes et personnalités de la société civile.

Regards, Politis et Mediapart ont aussi lancé une pétition : signez-la et partagez-la !

Partout en Europe, l’extrême droite progresse. La passion de l’égalité est supplantée par l’obsession de l’identité. La peur de ne plus être chez soi l’emporte sur la possibilité de vivre ensemble. L’ordre et l’autorité écrasent la responsabilité et le partage. Le chacun pour soi prime sur l’esprit public.
Le temps des boucs émissaires est de retour. Oubliées au point d’être invisibles, la frénésie de la financiarisation, la ronde incessante des marchandises, la spirale des inégalités, des discriminations et de la précarité. En dépit des chiffres réels, la cause de nos malheurs serait, nous affirme-t-on, dans la « pression migratoire ». De là à dire que, pour éradiquer le mal-être, il suffit de tarir les flux migratoires, le chemin n’est pas long et beaucoup trop s’y engagent.

Nous ne l’acceptons pas. Les racines des maux contemporains ne sont pas dans le déplacement des êtres humains, mais dans le règne illimité de la concurrence et de la gouvernance, dans le primat de la finance et dans la surdité des technocraties. Ce n’est pas la main-d’œuvre immigrée qui pèse sur la masse salariale, mais la règle de plus en plus universelle de la compétitivité, de la rentabilité, de la précarité.

Nous ne ferons pas à l’extrême droite le cadeau de laisser croire
qu’elle pose de bonnes questions. Nous rejetons ses questions, en même temps que ses réponses.

Il est illusoire de penser que l’on va pouvoir contenir et a fortiori interrompre les flux migratoires. À vouloir le faire, on finit toujours par être contraint au pire. La régulation devient contrôle policier accru, la frontière se fait mur. Or la clôture produit, inéluctablement, de la violence… et l’inflation de clandestins démunis et corvéables à merci. Dans la mondialisation telle qu’elle se fait, les capitaux et les marchandises se déplacent sans contrôle et sans contrainte ; les êtres humains ne le peuvent pas. Le libre mouvement des hommes n’est pas le credo du capital, ancien comme moderne.

Dans les décennies qui viennent, les migrations s’étendront, volontaires ou contraintes. Elles toucheront nos rivages et notre propre pays, comme aujourd’hui, aura ses expatriés. Les réfugiés poussés par les guerres et les catastrophes climatiques seront plus nombreux. Que va-t-on faire ? Continuer de fermer les frontières et laisser les plus pauvres accueillir les très pauvres ? C’est indigne moralement et stupide rationnellement. Politique de l’autruche… Après nous le déluge ? Mais le déluge sera bien pour nous tous !

Il ne faut faire aucune concession à ces idées, que l’extrême droite a imposées, que la droite a trop souvent ralliées et qui tentent même une partie de la gauche. Nous, intellectuels, créateurs, militants associatifs, syndicalistes et citoyens avant tout, affirmons que nous ne courberons pas la tête. Nous ne composerons pas avec le fonds de commerce de l’extrême droite. La migration n’est un mal que dans les sociétés qui tournent le dos au partage. La liberté de circulation et l’égalité des droits sociaux pour les immigrés présents dans les pays d’accueil sont des droits fondamentaux de l’humanité.

Nous ne ferons pas à l’extrême droite le cadeau de laisser croire qu’elle pose de bonnes questions. Nous rejetons ses questions, en même temps que ses réponses.

Christophe AGUITON sociologue, Christophe ALEVEQUE humoriste et auteur, Pouria AMIRSHAHI directeur de Politis, Ariane ASCARIDE comédienne, Jean-Christophe ATTIAS universitaire, Geneviève AZAM économiste, Bertrand BADIE politiste, Sébastien BAILLEUL DG du CRID, Josiane BALASKO comédienne, Étienne BALIBAR philosophe, Ludivine BANTIGNY historienne, Pierre-Emmanuel BARRE auteur, humoriste, Lauren BASTIDE journaliste, féministe, Christian BAUDELOT sociologue, Edmond BAUDOIN auteur, dessinateur de BD, Alex BEAUPAIN auteur, compositeur, interprète, François BEGAUDEAU écrivain, Yassine BELATTAR humoriste, Hourya BENTOUHAMI philosophe, Alain BERTHO anthropologue, Pascal BLANCHARD historien, Romane BOHRINGER comédienne, Benoît BORRITS chercheur militant, Patrick BOUCHAIN architecte, Alima BOUMEDIENE-THIERY avocate, Rony BRAUMAN médecin, cofondateur de MSF, Michel BROUE mathématicien, Valérie CABANES juriste internationale, Hélène CABIOC’H présidente de l’Ipam, Julia CAGE économiste, Robin CAMPILLO réalisateur, Aymeric CARON écrivain, journaliste François CHAIGNAUD chorégraphe, Patrick CHAMOISEAU écrivan, Paul CHEMETOV architecte, Monique CHEMILLIER-GENDREAU juriste, Mouhieddine CHERBIB Respect des libertés, Jean-Louis COHEN historien, Cristel CORNIL enseignante-chercheuse, Marie COSNAY écrivaine, Annick COUPE syndicaliste, Alexis CUKIER philosophe, Jocelyne DAKHLIA historienne, Jean-Michel DAQUIN architecte, Françoise DAVISSE réalisatrice, Philippe DE BOTTON président de Médecins du monde, Laurence DE COCK historienne, Catherine DE WENDEN politologue, Christine DELPHY féministe, Christophe DELTOMBE président de la Cimade, Rokhaya DIALLO journaliste, écrivaine, Georges DIDI-HUBERMAN philosophe, Bernard DREANO président du Cedetim, Michel DRU anesthésiste-réanimateur, Françoise DUMONT présidente d’honneur de la LDH, Annie ERNAUX écrivaine, Éric FASSIN sociologue, anthropologue, Corentin FILA comédien, Geneviève FRAISSE philosophe, Bernard FRIOT économiste et philosophe, Isabelle GARO philosophe, Amandine GAY réalisatrice, Raphaël GLUCKSMANN essayiste, Yann GONZALEZ réalisateur, Robert GUEDIGUIAN réalisateur, Nacira GUENIF sociologue et anthropologue, Janette HABEL politologue, Jean-Marie HARRIBEY économiste, Serge HEFEZ psychanalyste, Cédric HERROU militant associatif, Christophe HONORE réalisateur, Eva HUSSON réalisatrice, Thierry ILLOUZ auteur et avocat pénaliste, Pierre JACQUEMAIN rédacteur en chef de Regards, Geneviève JACQUES militante associative, Chantal JAQUET philosophe, JULIETTE chanteuse parolière et compositrice, Gaël KAMILINDI pensionnaire de la Comédie-Française, Pierre KHALFA syndicaliste et coprésident de la Fondation Copernic, Cloé KORMAN écrivaine, Bernard LAHIRE professeur de sociologie à l’ENS de Lyon, Nicole LAPIERRE anthropologue et sociologue, Mathilde LARRERE historienne, Henri LECLERC président d’honneur de la LDH, Raphaël LIOGIER sociologue et philosophe, Isabelle LORAND chirurgienne, Germain LOUVET danseur étoile de l’Opéra de Paris, Gilles MANCERON historien, Philippe MANGEOT enseignant, Patrice MANIGLIER philosophe, Philippe MARLIERE politologue, Roger MARTELLI historien et directeur de la publication de Regards, Christiane MARTY ingénieure-chercheuse, Corinne MASIERO comédienne, Gustave MASSIAH altermondialiste, Nicolas MAURY comédien, Marion MAZAURIC éditrice, Caroline MECARY avocate, Philippe MEIRIEU pédagogue, Phia MENARD jongleuse performeuse et metteure en scène, Céline MERESSE présidente du CICP, Guillaume MEURICE auteur et humoriste, Pierre MICHELETTI médecin et écrivain, Jean-François MIGNARD secrétaire général de la LDH, Véronique NAHOUM-GRAPPE anthropologue, Stanislas NORDEY directeur du Théâtre national de Strasbourg, Ludmila PAGLIERO danseuse étoile à l’Opéra de Paris, Willy PELLETIER sociologue, Nora PHILIPPE auteure et réalisatrice, Thomas PIKETTY économiste, Edwy PLENEL journaliste et cofondateur de Mediapart, Emmanuel POILANE président du CRID, Thomas PORCHER économiste, Didier PORTE humoriste, Mathieu POTTE-BONNEVILLE philosophe, Olivier PY auteur metteur en scène et directeur du Festival d’Avignon, Bernard RAVENEL historien, Éric REINHARDT écrivain, Prudence RIFF co-présidente du FASTI, Michèle RIOT-SARCEY historienne, Vanina ROCHICCIOLI présidente du Gisti, Paul RODIN directeur délégué du festival d’Avignon, Marguerite ROLLINDE politologue spécialiste du Maghreb, Alexandre ROMANES cofondateur du cirque Romanès, Délia ROMANES confondatrice du cirque Romanès, Paul RONDIN directeur délégué du Festival d’Avignon, Alain RUSCIO historien, Malik SALEMKOUR président de la LDH, Sarah SALESSE avocate, Christian SALMON écrivain, Odile SCHWERTZ-FAVRAT ex-présidente de la Fasti, Denis SIEFFERT président de la SAS Politis, Catherine SINET directrice de la rédaction de Siné Mensuel, Evelyne SIRE-MARIN magistrat, Romain SLITINE enseignant à Sciences Po, Pierre TARTAKOWSKY président d’honneur de la LDH, Lilian THURAM fondation Lilian Thuram-Éducation contre le racisme, Sylvie TISSOT sociologue, Michel TOESCA acteur et réalisateur, Marie TOUSSAINT militante associative et présidente de Notre affaire à tous, Assa TRAORE comité Adama, Enzo TRAVERSO historien, Catherine TRICOT architecte-urbaniste, Aurélie TROUVE altermondialiste et agronome, Fabien TRUONG sociologue, Michel TUBIANA président d’honneur de la LDH, Dominique VIDAL-SEPHIHA journaliste, Jean VIGREUX historien, Thierry VILA écrivain, Arnaud VIVIANT écrivain et critique littéraire, Sophie WAHNICH historienne, Jacques WEBER comédien, Serge WOLIKOW historien.

Associations
Assemblée citoyenne des originaires de Turquie (ACORT), Auberge des migrants, Bureau d’accueil et d’accompagnement des migrants (BAAM), CCFD – Terre solidaire 93, Centre d’études et d’initiatives de solidarité internationale (CEDETIM), Centre international de culture populaire (CICP), Coalition internationale des sans-papiers et migrants (CISPM), Comité pour le Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie (CRLDHT), Coordination 75 des sans-papiers, Coordination 93 de lutte pour les sans-papiers, CSP92, DIEL, Fédération des associations de solidarité avec tous·te·s les immigré·e·s (Fasti), Fédération des tunisiens pour une citoyenneté des deux rives (FTCR), Gisti, Initiatives pour un autre monde (IPAM), La Cimade, Ligue des droits de l’homme, Respect des Libertés et des Droits de l’Homme en Tunisie, Roya citoyenne, Syndicat des avocats de France (SAF), Union juive française pour la paix (UJFP), Utopia 56.

Nota bene :

Je doute que ce manifeste soit publié par d’autres journaux que ceux qui se sont d’emblée associés à son écriture, tant il contrarie à la fois l’idéologie et les intérêts  dominants qui dictent la plupart des médias mainstream, unis en un même quasi monopole de l’information, au point que tant de gens s’en détournent, à juste titre. (Dommage que ce soit le plus souvent pour s’égarer dans les limbes du confusionnisme politique et les sites complotistes et/ou de désinformation relayant des fake news grotesques, ce qui n’est guère mieux…). C’est pourquoi je tenais à  partager ce manifeste également ici, puisqu’il correspond à mes propres convictions sur le sujet. Toutefois, j’y souscris en pleine possession de mes moyens et de mon esprit critique, dont je vais vous livrer quelques observations, afin qu’il n’y ait aucune ambiguïté dans l’esprit de mes camarades antifas, dont je note que les organisations politiques et syndicales auxquelles ils appartiennent en général (quand ils sont inscrits quelque part…) ne l’ ont pas signé. J’y souscris également sous la réserve que je n’ai pas investigué outre mesure sur le comportement de chacun.e des signataires, ni de leurs organisations respectives, et sur leur éventuelle antifa-compatibilité… Je n’apporte ici mon approbation que sur ce seul texte, dont je partage les grandes lignes.

Tout d’abord, je précise que je ne me sens pas vraiment solidaire de Politis, qui a longtemps contenu des articles, et des auteurs complotistes, plus bruns que rouges, dont certains sur lesquels je me suis déjà exprimé ici sont allés jusqu’à soutenir des dictatures, et ont tenu des propos d’une désinformation telle qu’ils ne peuvent être qualifiés autrement et de bonne foi que comme complotistes, et confusionnistes,  ce qui devrait être contraire à tout esprit dit « de gauche ». Cet auteur dont on pourra vérifier la justesse de ma perception au fait qu’il prenne à présent  le parti de Rhabi, cet illusionniste environnemental au positionnement politique, sociétal (ainsi, son positionnement homophobe injustement méconnu),  et aux fréquentations plus que douteuses, contre Mallet, et qui est complaisamment relayé par Le Média, comme tant d’autres personnalités particulièrement problématiques, dont Lacroix-Riz ou Asselineau ou Polony ne sont pas les moindres…

Je n’ai pas goûté non plus la dernière publication de Regards, que je considère personnellement pour avoir été adhérent d’Ensemble (CléPierrick Tillet,Rhabi, Mallet,mentine Autain) autrefois, avant de faire le grand saut vers l’antifascisme résolu, comme l’un de ses organes d’expression, et donc satellite de LFI. Or, quelle ne fut pas ma surprise d’y voir si ouvertement accueilli Berruyer, du blog Les Crises, dont j’ai fait la démonstration ici qu’il se livrait si volontiers à la propagande Assadiste, et soutenait Poutine, lui qui n’hésite jamais à se fourvoyer dans son porte-voix médiatique si discutable, Russia Today, cette usine à fake news sur laquelle  je me suis aussi  exprimé à plusieurs reprises ici, dénonçant sa connivence sur le terrain local avec les militants identitaires, et dont la patronne est raciste.

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Quant à Médiapart, dont je ne dénie pas l’apport de ses investigations sur l’apurement de notre fonctionnement démocratique par la lumière qu’elles peuvent parfois jeter,  qui contribuent en de nombreux cas à faire apparaitre certains scandales, conflits d’intérêts et corruptions à combattre absolument, je pourrais dire simplement en substance que son patron n’est pas toujours exempt de tout reproche (sic), et qu’il est profondément regrettable à mon sens que son site puisse abriter ce qu’ils nomment  « le club », et sa galaxie de blogs improbables ¹, dont certains  vont même jusqu’à attaquer frontalement les antifas en répandant une médiocre propagande d’extrême-droite, comme ici :

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… source [At]https://blogs.mediapart.fr/pilule-rouge/blog/240318/vincent-lapierre-agresse-par-des-antifas-et-des-policiers

Sur Vincent Lapierre (ancien proche de Soral),  dont il convient de se méfier comme de la peste (brune) dont il est l’un des vecteurs certains, pour son médiocre « travail » au seul et clair profit de l’extrême-droite, un dossier ici.

¹ Des blogs dont Médiapart se défausse de toute responsabilité alors qu’ils abritent des publications qui vont à l’encontre non seulement de toute valeur de gauche, mais simplement de la loi (le racisme, le sexisme et l’homophobie sont un délit). Je ne me départis pas quant à moi  de mes responsabiltiés quant au contenu des commentaires que ce blog abrite, raison pour laquelle je supprime ceux qui y contreviennent par leur expression de propos que je réprouve, et que la loi condamne, à juste titre.

Front commun. Je marche seul.

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Il n’y aura cette fois, contrairement à mes petites marottes compulsives acquises au fil du temps depuis que je blogue, pas de hashtags dédiés, pas d’appels et de rappels incessants dont je sais qu’ils lassent certains sur twitter, facebook, google+ (quelqu’un l’utilise encore?), Seen This (que j’ai abandonné, coquille vide et manipulée), et je ne sais quoi d’autre. Je ne veux pas décourager en effet ceux qui font preuve d’initiatives, qui pourraient – à d’autres que moi – apparaître heureuses et constructives. Disons que j’apporte à cette démarche un soutien critique, en la faisant connaître, avec la position de l’observateur. Je veux parler de cet appel que je viens de recevoir (suis je en retard ?) dans ma boite à mails, intitulé « Front Commun ». Le mot front, à toutes les sauces, déjà, me dérange, d’emblée. Front national, bas du front, toussa… Mais bon, il fait appel au Commun, c’est mieux. En espérant et redoutant par simple association d’idées que cela ne soit pas trop d’obédience communiste, et trop orthodoxe… Les diplodocus de ce champ là, leurs ignobles méthodes et leur violence sans pareille, je ne les connais que trop, et tout le mal qu’ils font, dans les coulisses… Mais. Lisez, puis revenez, et je vous dis tout.

Moi, je vois surtout, très pragmatique, derrière les lignes ce que cela signifie vraiment. Quelles sont les étranges contradictions de ce texte, l’opposition entre ce qu’il professe et la manière dont cela se traduit dans la vie réelle… On ne peut pas à mes yeux et mon sens en effet dire l’inverse et son contraire en tortillant du cul de manière gênée pour mieux faire passer la pilule amère de la destruction du Front de Gauche. Et de l’excessive personnalisation amenée par Jean-Luc Mélenchon. Et de l’excessive institutionnalisation partisane à volonté hégémonique malgré son  recroquevillement électoral amenée par le PCF, que certains voudraient sauver en le plongeant dans le formol. Nous méritons mieux. Mais c’est à construire. Cette étape là, cette initiative là est-elle la bonne, enfin ? Nous sommes tant et tous tellement lassés de ces choses qui émergent et n’ont pas de suites…. A vous de me dire, et de vous faire votre idée. Revenez nombreux.

(Moi, j’ai à suivre un chemin : le mien, au moins, même si je me sens parfois bien seul. L’exigence me le dessine. La réflexion me le balise. Mes articles ici en sont les pierres blanches, ou noires, ou grises, c’est selon. Venant de la gauche critique, me voilà en effet au fil du temps, de mes expériences et du chemin déjà parcouru, critique envers la gauche critique.  Mais j’avance… modestement. Loin des aboiements et ricanements des chien(ne)s de meute…).

#1erMai, l’appel des 100 guignols

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Il a fallu que je me force à coups de pieds au cul pour m’arracher ce billet, devoir oblige.  Faut bien justifier le titre de ce blog, et parler de toute la gauche, et pas seulement de celle qui m’est chère. Plusieurs raisons à ce rejet. Tout d’abord, ce n’est que l’antépénultième appel /mouvement à l’unité de la gauche que je vois poindre depuis 2012,  et voilà qui finit par lasser tout le monde, cette accumulation de machins qui ne servent à rien. Ensuite, cette initiative m’apparait comme une sorte de filet dérivant destiné à ramener tous ceux qui ne voteront plus PS vers le parti (autrefois) hégémonique, déboussolés et écœurés par les ravages du tournant libéral droitier de Hollande/Valls/Macron.   Encore un machin à ranger aux côtés de cet « hé ho la gauche » plutôt pathétique qui ne sert à rien. Enfin, comment ne pas être énervé par cet appel quand on a vu certains des signataires, quand ils sont élus, ne montrer guère d’empressement ( au « mieux », s’abstenir, quel courage…;) à voter contre les textes qui, à l’Assemblée Nationale, ont accompagné ce qu’ils prétendent dénoncer ? Comment être encore dupe de la stratégie grotesque des prétendus frondeurs qui n’a cessé de rythmer par sa perpétuelle impuissance ces 4 ans de négation générale des valeurs de gauche ? Voilà une vieille façon de faire de la politique qui ne m’agrée guère, et je le pense ne convainc plus grand monde. Si nous voulons voir changer le monde, et nos vies au quotidien, il nous faut une vraie rupture, j’en suis de plus en plus convaincu.

la gauche du PS peut-elle rassembler (et se) ? #JLM2017

[suite] Bon, voilà, chose promise, chose due, j’ai fait le job. Cela m’a coûté, car je connais par cœur le registre des discours de Mélenchon, pour y avoir assisté en personne, et en avoir décortiqué et analysé bien d’autres en replay. J’ai également pris connaissance des travaux du M6R dont je prévoyais hier (dans mon billet préalable,  indispensable à une meilleure compréhension de celui-ci) à juste titre qu’il s’inspirait. Mais il me fallait répondre aux arguments en faveur de sa candidature que j’ai vus exprimés ici et là. je me suis donc coltiné sa prestation (réussie, comme dab, il n’est pas usurpé de dire que c’est un bon orateur, et pédagogue de surcroît) à Dejazet (cf. La vidéo en préliminaire de ce billet). On m’a dit en effet qu’il y répondait à des objections sur sa candidature, comme j’en ai moi-même. J’ai d’ailleurs apprécié de constater que je n’étais pas le seul, et que même des militants de longue date, qui connaissent Mélenchon de manière plus proche apparemment que je ne saurais l’être, ce sont émus de sa démarche de cavalier seul. Je veux parler de cette lettre de Gérard Piel à Mélenchon.  Cet ancien conseiller régional du Pcf des coins d’Antibes, d’autant plus respectable qu’il s’est opposé à une expulsion locative, y développe une perception que je rejoins. C’est pourquoi j’ai tenté de lui adresser un commentaire qu’il n’a pas daigné retenir. Libre à lui. Le voici. Vous verrez qu’il n’y a là rien d ‘insultant.Je tente simplement de mettre cartes sur tables :

je ne suis pas communiste, quoi qu’il n’y ait pas de honte si l’on est fidèle à ses convictions, en paroles comme en actions, au quotidien. Je fus au PG, puis à Ensemble. Aujourd’hui, je ne suis plus nulle part, et je tiens comme à la prunelle de mes yeux à cette liberté que je me suis donnée par cette distance volontaire, afin de conserver ma liberté de pensée, de parole, et d’action, loin des mamailleries électoralistes de bas étage. Pourtant, je suis d’accord avec vous, et nos positions se rejoignent : https://gauchedecombat.net/2016/02/10/martelons-lerreur-melenchon/. J’aurais attendu de l’ensemble de la gauche du ps une autre attitude plus responsable et démocratique, qui ne mette pas ainsi l’ensemble des militants de gauche devant le fait accompli. Moi non plus, comme le peuple de France, et celui de gauche, j’ ai besoin de bien des choses mais surtout pas  » d’un sauveur suprême ». J’ai tué mon père, symboliquement, à l’adolescence, par mes arguments, mes idées, mes convictions, et mon mode de vie, et je ne ressens nul besoin, contrairement à certains mélenchonistes sectaires avec lesquels je me frite assez régulièrement sur les réseaux sociaux, plus aptes aux insultes qu’à l’argumentation froide et à l’analyse, de père à suivre… C’est pourquoi j’aurais souhaité qu’une primaire de toute la gauche du ps puisse avoir lieu, afin de désigner un candidat de la gauche alternative non libérale. Mais dans un souci d »objectivité, il faut dire aussi que l’attitude du PCF, qui m’a habitué depuis des dizaines d’années, à un comportement totalement schizophrène (qui à mon sens a contribué à l’écœurement de la chose politique) consistant à n’avoir pas de mots assez forts avant le 1er tour d ‘une élection envers le PS pour le rejoindre au deuxième tour, ce qui fait un peu tache, vous l’avouerez. La position totalement incohérente du PCF lors des dernières élections, et le comportement si peu moral de Monsieur Laurent, n’est pas étranger à mon avis, tout comme la déconfiture regrettable du PCF, à la décision de Mélenchon. Les torts me semblent donc partagés, et l’on ne peut courir le risque de laisser faire une primaire à gauche avec le PS, comme semble s’y résigner le PCF, au risque de devoir soutenir quelqu’un d’aussi peu socialiste et même de gauche qu’Hollande. Aussi, je vous demande personnellement dans quelle direction, personnellement, vous allez vous dirigez dans la perspective des prochaines élections présidentielles. Merci pour votre réponse.

On peut voir que,  bien que je partage l’avis de ce Monsieur avec lequel je converge, je n’en conserve pas moins mon libre arbitre, et je ne dis pas autre chose que ce que Mélenchon présente comme un cafouillis du front de gauche. Mais non, comme il le prétendait lundi soir à Dejazet, nous ne saurions nous voir confondus avec Cahuzac. Peut-on dire ce que l’on pense sur un registre purement politique sans se voir aussitôt insulté, comme le font si volontiers les soutiens de Mélenchon sur les réseaux sociaux, lorsque par exemple je partage sur twitter la lettre de Monsieur Piel, alors que je ne suis pas communiste, et que l’on ne saurait par conséquent me suspecter de je ne sais quel calcul politicien auxquels je suis viscéralement étranger  ?  A se mettre à dos leurs propres camarades de lutte et de combat, qui ont sensiblement les mêmes convictions malgré quelques désaccords, en les qualifiant de socio-traîtres, de collabos ou d »‘idiots utiles du libéralisme » (mouarf ! Pas à moi !) qui selon eux se rangeraient sous la coupe, avec le PCF et Ensemble, de la fausse gauche qu’est le PS, comme je l’ai vu écrit par un certain  sur twitter hier, je ne suis pas certain que cela soit très productif pour assurer l’avancement de nos idées… Ils ne sauraient en effet prétendre sans ridicule à l’hégémonie de représenter les seuls insoumis à un certain système dont tout le monde constate qu’il est à bout de souffle. Ce que je veux dire enfin, c’est que malgré l’écœurement légitime provoqué par le hollandisme/Vallsisme qui mettent tant à mal nos valeurs de gauche, la démarche de la candidature de Mélenchon (dont j’ai bien noté qu’il la concevait non comme une candidature mue par des intérêts personnel mais comme un déclencheur pour reprendre ses mots), ne risquait pas d’aboutir si elle se faisait contre son propre camp. c’est une erreur stratégique de prendre à rebrousse poil le Pcf et Ensemble comme certaines têtes brûlées le font. Pour que la démarche de Mélenchon aboutisse, il y faudra qu’on le veuille ou non une assise partisane et militante suffisante, et des appuis de sympathisants d’autres camps, d ‘autres rangs. je doute en outre fortement que la démarche #JLM2017 puisse mordre sur l’abstention, ce qui pourrait lui faire gagner des voix, pour la même raison qui m’a fait abandonner le M6R, auquel je ne croyais plus : la démarche nécessite trop d’investissement personnel, de culture politique, de vigilance militante pour qu’on espère voir mordre des gens pour une grande part dépolitisés. D’où la nécessité d’être dans une position de rassemblement, de conciliation, d’explication, d’ouverture sur l’autre, ses attentes, ses souhaits, et non d’exclusion comme des  militants de clavier sont en train de le faire actuellement. Mais bon, ce que j’en dis moi, hein.. je m’en fous. je me place délibérément hors jeu de cette aventure là pour des raisons précises que j’ai évoquées hier. Mais puisque certain(e)s préfèrent les ignorer, je ferai de même. je ne me livre pas à cet exercice bénévole  quotidien sur ce blog pour être agressé et insulté. Je me contente juste de livrer modestement mes impressions sur cette démarche, comme je le fais pour n’importe quel autre projet à gauche. Et donc, après avoir visionné la vidéo de Dejazet, j’évoquerai dès que possible, dans la même logique, mon sentiment sur ce que je pense du site de JLM2017. Mais pour l’instant, je ne sais toujours pas pour qui je voterai en 2017, mais certainement pas, contrairement à certaines affabulations humiliantes et diffamantes, blessantes à dessin, donc malveillantes,  pour les primaires hollandaises dont j’ai déjà dit qu’elles ne me concernaient pasni pour Hollande, ni pour tout autre candidat du PS. J’ai donné. Je suis de gauche, vraiment, et définitivement.

NB. je suis d’accord cependant sur un point avec Mélenchon : s’il avait attendu que le Pcf et Ensemble se mettent d’accord pour désigner un(e) candidat(e) de la gauche radicale en  2017, l’élection se serait déjà faite sans eux… Mais moi, je suis seul, indépendant, et libre, d’aucun parti, d’aucune chapelle, et c’est le luxe que je me suis choisi, pour mieux rendre compte ici de ce que je lis, vois et entend, en échos de la gauchosphère. Et donc, fort de ce luxe, je choisirai au dernier moment, après mûre réflexion. Chacun sa place.

moi aussi, je suis un insoumis. C’est justement pourquoi je ne soutiendrai pas #JLM2017

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Petites précisions liminaires utiles pour celles et ceux qui ne me connaissent pas et débarqueraient sur ce blog avec la ferme intention de me faire la peau sur la base d’une méconnaissance totale d’où je parle, sans même tenir compte de mon antériorité politique, me prenant sans doute pour un vulgaire anti-mélenchoniste primaire, comme j’en ai tristement l’habitude dans ce monde virtuel dans lequel on agresse avant de réfléchir  :

je ne suis pas au PCF

je ne suis pas au PG

je ne suis pas au NPA

je ne suis pas à Ensemble

je ne suis pas anarchiste (ni à la FA ni à AL).

Pour tout dire, je ne suis encarté nulle part, et je me trouve très bien comme cela. Après un parcours personnel qui m’a mené du milieu associatif militant, au ¨PG, puis à Ensemble, j’ai en effet préféré reprendre ma liberté. Celle-ci m’est indispensable pour continuer à rester fidèle à mes convictions, telles qu’exprimées fidèlement, sincèrement et bénévolement ici depuis 7 ans. Je veux absolument pouvoir continuer à exercer mes capacités d’analyse, et ma liberté de perception de l’univers politique,  social  et économique (l’ordre à une importance) hors de tout carcan idéologique pré-déterminé. C’est pourquoi j’ai préféré quitter le front de gauche, dont tout le monde sait dans quel état de décomposition il est. J’en ai déjà expliqué les raisons. Chacun(e)s ses priorités, dans ses combats politiques et personnels. La mienne prend très clairement la forme d’une ligne rouge à ne pas dépasser : le refus de toute expression et de toute compromission envers le racisme, la xénophobie, l’homo ou la transphobie,  le sexisme, et toute autre forme de discrimination portant atteinte à la dignité humaine. C’est pourquoi je veux pouvoir être en capacité et en liberté de les dénoncer où qu’ils se trouvent. Ces précautions étant prises, abordons à présent le vif du sujet. J’ai déjà écris ici  ce que je pensais de la candidature à marche forcée de Mélenchon, sans le consentement de personne d’autre que lui-même. J’ai  aussi écrit à quel point m’insupportait le fait de se choisir des têtes de gondoles, qu’elles se nomment Laurent, Mélenchon ou Autain, avant même l’existence d’un programme et d’une assise politique, électorale et militante suffisante pour assurer son succès. L’ami Des Pas Perdus a répondu point par point à l’ensemble de mes objections, formulées ou non, dans un excellent billet dont je vous conseille la lecture. J’apprécie en effet qu’on soit en désaccord avec moi du moment qu’on ne choisisse pas de m’agresser ou de me juger avant même d’apporter des arguments, si possibles intéressants et novateurs. Je suis pour le débat, pas pour l’invective, dont j’estime  d’ailleurs que devrait me dispenser un minimum de  respect pour le travail accompli ici totalement bénévolement pendant toutes ces années. J’ai soutenu en 2012, sur ce blog et sur le terrain, la candidature de Mélenchon. J’y ai consacré tout mon temps personnel, au point d’avoir eu à rogner sur mon sommeil, et d’y avoir perdu plusieurs compagnes, qui ne supportaient pas cette façon de vivre et de s’investir sans compter. Alors, quand je vois les leçons de morale, de bienséance, de fidélité au peuple de gauche, de certain(e)s mélenchonistes hystériques dont Mélenchon lui-même renierait les excès, j’ai envie de leur claquer le baigneur beignet. Mais il y a un obstacle, et de taille : je suis non-violent. Aussi vais-je plutôt répondre à la question de mon refus de soutenir la campagne de Mélenchon avec mon instrument favori : l’écriture. J’ai déjà dit que je voulais rester libre de dire et de penser ce que je veux. Je veux aussi dire que j’ai déjà donné, et plus que de raison. Cette fois, je préfère rester en retrait. C’est mon choix et j’entends qu’on le respecte, sans avoir à subir je ne sais quelle attaque grotesque hors de propos, qui ne me concerne nullement, la plupart du temps.

CaptureCertain(e)s ne semblent pas avoir encore compris (ou ne semblent pas être en capacité de comprendre…), que ma répugnance à soutenir Mélenchon n’est nullement une question de personne, mais de stratégie.  Je n’ai aucun intérêt caché dans l’histoire. Je pense avoir fait ma part. Je crois connaitre  le sens de la démarche de Mélenchon pour avoir participé (bien que parfois interloqué par l’entrisme de certains mouvements bien peu démocrates, voire carrément complotistes), au sein du M6R, à l’élaboration d’une constituante, dont je suppose qu’il s’inspire, ou qu’il prolonge. J’analyserai cependant dans un autre billet la matière qui m’est proposée pour dire objectivement et sincèrement (je ne sais pas faire autrement)  ce que je pense, en toute liberté,  de la démarche, que ce soit par rapport au  site JLM2017, ou ce qui s’est dit hier à Dejazet, et tout autre support. Pour l’instant, c’est un bon début, j’ai écrit ce que j’avais à dire. Un long préambule à mon avis indispensable pour éviter tout malentendu que les réseaux sociaux provoquent hélas si aisément. Si vous m’avez lu jusqu’ici, merci. Sujet suivant.

Radio Londres : « les hyènes sont dans l’enclos » (et les moutons broutent).

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Suite à ma réaction à chaud d’hier, je poursuis ma réflexion personnelle quant aux conséquences de ces élections, et aux causes de ce désastre. Comme il est étrange et décalé, si ce n’est risible, d’écouter et de lire les réactions des uns et les autres…  On ne peut que se désoler de l’incroyable médiocrité et de la suffisance des partis en présence. Se contenter du fait que le FN n’ait emporté aucune région ne suffit pas.

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Et maintenant, on fait quoi ? Le pouvoir de nuisance du parti d ‘extrême droite augmente significativement. L’attentisme et la minoration de l’étendue de ce phénomène ne sauraient suffire… Des solutions en termes d’actions, radicales, doivent être adoptées de toute urgence. Il devient nécessaire de se battre frontalement contre ce qui fait le lit de ce vote pour le pire, plutôt que le meilleur. De toute évidence, l’action gouvernementale et la ligne du PS ne correspondent pas aux attentes populaires. Se réfugier dans une posture sécuritaire n’a rien changé, si ce n’est en pire, en singeant l’extrême droite avec des mesures liberticides qui ne nous honorent pas. Lequel FN peut ainsi s’enorgueillir de ses bons résultats. Et au lieu de cela, que fait le PS et son gouvernement, alors qu’ils sont pour grande partie responsables de ce désastre ?

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Ils en deviennent pathétiques. Ne manque plus qu’à rajouter la cerise sur le gâteau que constitue la belle proposition, d’une pertinence redoutable (et à ce titre largement raillée sur les réseaux sociaux) de l’horloger du PS hier : changer le nom du parti. On se souvient qui le premier en a exprimé l’idée : le fossoyeur de la gauche, Valls. Je pourrais leur en souffler un si les initiales n’étaient déjà prises : PG, pour parti Grotesque.  Cependant, le Front de Gauche, qui fut ma famille politique, ce que je ne renie pas, n’est pas exempt de critiques. Il a commis l’erreur fondamentale en terme de stratégie (et d’anticipation de la perception par les électeurs de ce genre de comportements schizophréniques) de s’acoquiner encore une fois, comme si le passé ne lui avait pas servi de leçon, avec ce P »s » qu’il critiquait si vertement auparavant… Ils sont aussitôt partis avec l’eau du bain, comme les derniers perdreaux de l’année. Cette compromission n’a en effet empêché en rien que la droite dure l’emporte. Résultat plus qu’amer : le front de gauche est devenu quantité négligeable, invisible, incohérent, éparpillé entre des querelles de chapelles et de personnes, et le PS, plus que jamais soumis à la doctrine autoritaire de Valls, qui y a grand intérêt, n’a plus à craindre de contestation de son hégémonie (d’une origine et d’un poids militant pourtant si minoritaire) venant de sa gauche, ou des frondeurs, réduits à néant. Difficile à digérer. D’autant plus que la recomposition d’une vraie gauche, que beaucoup reconnaissent comme nécessaire, ne se fera pas en un coup de baguette magique. De multiples tentatives de mouvements de rupture d’avec le PS et sa ligne outrancièrement libéraliste ont éclos, ces dernières années, avec le résultat que l’on sait : rien, ou si peu (où sont Nouvelle Donne, le M6R, et autres, aujourd’hui ? ). Juste de quoi satisfaire des égos personnels, et rien d ‘autre. Il est peu probable qu’une solution visible, lisible, d’ampleur, voie le jour d’ici 2017. Et dans un tel contexte, que contribue si cyniquement à construire le PS, on se retrouverait avec un duel Hollande/Le Pen, avec un Juppé  que l’on prétend compatible avec la gauche (laquelle ?) en sauveur ( ou vautour ?) qui attend son heure tapi au fond du bois, astiquant chaque jour un peu plus sa statue de présidentiable idéal… ça fait envie, vraiment. Sans moi.

#Ensemble #FDG s’est compromis à Saint Denis #PIR #Ramadan

je suis franchement soulagé d’avoir quitté ce mouvement du front de gauche, ce qui me permet d’avoir davantage les coudées franches pour évoquer ce qui suit. Hier, sur twitter, Marie-Christine Vergiat, une élue du front de gauche, députée européenne, est interpelée par une journaliste sur le soutien d’Ensemble (dont Clémentine Autain est l’une des figures médiatiques les plus connues)  à un colloque qui avait lieu à Saint Denis :

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Il s’agit de ceci :

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Ce qui a fait réagir, c’est la présence contestable de Tariq Ramdan, un fondamentaliste religieux qui, malgré son apparence polie et posée, toujours très diplomate (certains évoquent un double discours) se qualifie malgré tout  lui-même de salafiste. Il condamne également  explicitement l’homosexualité. (source) Voilà une présence que je ne saurais en effet soutenir. Mais il en est une autre que je conteste tout autant, c’est celle du PIR, un groupuscule intellectuel fanatique et raciste moins connu, sur lequel je me suis déjà exprimé ici et . En mêlant à ses combats ce genre d’individus et d’idéologies douteuses, qui ne font pas mystère pour certains de leur appartenance religieuse, contre laquelle il conviendrait pourtant de se prémunir du prosélytisme,  la gauche que j’appréciais tant se compromet, et je me devais de le faire savoir. C’est fait. Quant à ceux qui seraient tentés d’y voir je ne sais quel relent de racisme ou d’islamophobie, comment dire… Rien serait le mieux. Mais un rappel, simplement : je suis athée et je me fous royalement des appartenances religieuses des uns et des autres. Sauf quand elles contreviennent aux droits humains, et promeuvent des discriminations (en raison de son sexe ou de ses orientations sexuelles, par exemple…) qui me sont personnellement insupportables. C’est donc le cas du fondamentalisme islamique comme du catholicisme intégriste, qu’on peut renvoyer dos à dos, comme tous les fondamentalismes,  qui conduisent aux mêmes errements anti-démocratiques réactionnaires dont on peut voir en ce moment les dégâts, notamment en termes de tentatives de censure, quand ce n’est pas carrément de sabotage d’œuvres artistiques. je n’ai pas l’indignation sélective. Mon ennemi, c’est l’extrême droite, où que ce trouvent ses idées, et donc y compris dans la religion. Même volonté de régression sociale à condamner. Et je m’étonne donc qu’un mouvement comme Ensemble, dont le combat féministe et contre les discriminations fait l’objet d’un travail en commissions respectable, puisse se compromettre dans ce genre de voie sans issue pour tout militant de la cause humaniste, antiraciste et féministe. C’est à mes yeux totalement incompatible. Que n’aurait-on dit si l’on avait invité à ce même meeting un Guillaume de Thieulloy, pour seul exemple ? Comme disait ma grand-mère, c’est kif kif bourricots.

#CongresPS : plutôt qu’un congrès pour rien, un mouvement pour tous, à gauche, vraiment !

CaptureUne fois n’est pas coutume, je reprends dans sa totalité cette tribune de Liêm Hoang-Ngoc et Philippe Marlière, publiée aujourd’hui dans Le Monde au moment même où démarre le congrès du PS à Poitiers. Un congrès pour rien en effet, qu’il s’agit de bousculer et dépasser pour faire avancer la gauche.  Je suis d’autant plus heureux de la publier ici que je me sens proche du positionnement politique de Philippe, qui à mon grand plaisir a rejoint ma formation, Ensemble. Une tribune qui me semble devoir être rapprochée de celle qui, publiée sur Libération il y a un an déjà, appelait à ce même rassemblement.  je suis pour à 100 % et partage l’analyse globale de ce texte, que je signe des deux mains (en gras, les passages soulignés par moi) :

Les frondeurs du PS doivent fonder une coalition avec les Verts et le Front de gauche

Le Monde.fr | 05.06.2015 à 12h11

Le congrès de Poitiers était le congrès de la dernière chance pour réconcilier le peuple de gauche avec le Parti socialiste (PS). Il est un nouveau congrès pour rien.

La fronde, a échoué. Le PS restera contrôlé par ceux qui n’entendent pas remettre en cause le virage néolibéral imposé par le chef de l’Etat. Pour ses vainqueurs, le congrès de Poitiers n’aura pas été, pour autant, un congrès de clarification. La direction n’a pas assumé au grand jour la ligne sociale-libérale du gouvernement, dont tous les membres ont signé la motion portée par le premier secrétaire. Ce dernier a esquivé le débat, en plagiant les propositions économiques de l’opposition de gauche, afin de ratisser large. Pire, cette manœuvre de congrès de la direction, devenue classique depuis que le PS d’Epinay existe (« un congrès se gagne à gauche », disait-on), décrédibilise une nouvelle fois le discours politique dont se détournent désormais nos concitoyens. Les électeurs sont de moins en moins dupes d’un double langage consistant, au Bourget et à Poitiers, à asséner des slogans de gauche (la réforme fiscale, la réforme bancaire), pour les dénigrer ensuite au profit de déclarations d’amour au Mouvement des entreprise de France (MEDEF) et de la mise en œuvre des « politiques de l’offre » et autres « réformes structurelles » que la droite elle-même n’a jamais osé mener aussi loin.

Sans changement de cap en faveur des salariés, les électeurs socialistes, observant que la différence avec le discours économique de feu l’Union pour un mouvement populaire (UMP) sera désormais encore plus mince qu’aux Etats-Unis entre républicains et démocrates, ont peu de raison de revenir aux urnes. L’épouvantail de l’extrême droite est d’ores et déjà brandi pour les mobiliser. L’hypothèse d’un nouveau 21 avril 2002 (où le candidat socialiste fut éliminé dès le premier tour) hante à l’évidence l’Elysée. Elle n’est pas la moins improbable. Les jours du PS d’Epinay sont désormais comptés. Faute d’une alternative progressiste crédible, l’existence même de la gauche est à court terme menacée.

L’aile gauche du PS est désormais au pied du mur. Elle partage avec les écologistes et le Front de gauche le rejet des politiques d’austérité, ainsi que la promotion de la planification écologique et de la démocratisation des institutions. Forte d’un tiers des militants du parti, elle n’a pas décidé de faire du congrès de Poitiers un nouveau congrès de Tour (où les familles socialistes et communistes s’étaient séparées en 1920), qui aurait pu accoucher d’une scission entre socialistes et sociaux-libéraux. Elle peut certes se prévaloir d’avoir exercer une influence relative dans la mesure où ses thèses ont fini par infuser le texte de la direction. Mais elle sait que la politique qu’elle recommande ne sera pas appliquée. En rentrant dans le rang, la gauche du PS est condamnée à servir de caution à une politique poussant les salariés à la déshérence électorale… et le candidat du PS à l’élimination au premier tour de la prochaine élection présidentielle.

En rompant les rangs pour poser les fondations d’une coalition avec les écologistes de conviction et le Front de Gauche, elle pourrait offrir une alternative attractive et crédible à un parti d’Epinay à bout de souffle. Une telle initiative est susceptible de remobiliser, dès les prochaines échéances électorales, le bataillon des électeurs socialistes qui s’abstiennent et qui n’ont pas, jusqu’alors, reporté leurs suffrages vers Europe écologie les verts (EELV) ou le Front de Gauche. Une telle démarche déciderait peut-être ces formations à dépasser leurs différends pour s’entendre, comme les 18 composantes de gauche qui forment Syriza en Grèce. Elle pourrait favoriser l’émergence d’assemblées citoyennes, nécessaires pour mobiliser de nouvelles forces vives, telles que celles que Podemos a su mettre en mouvement en Espagne.

Liêm Hoang-Ngoc et Philippe Marlière sont les fondateurs du Club des socialistes affligés.

Une telle synthèse de mes propres idées, de mes propres questionnements, rassemblée en un texte si court, concis, dense et cohérent, je ne pouvais pas passer à côté sans vous le voire partager… Merci à Philippe et Liem. Bon boulot.

le Front de Gauche n’existe plus et personne ne m’aurait rien dit ? #dep2015

CaptureLe site l’Important, duquel est tiré la capture d’écran qui illustre ce billet, a cru bon d ‘instrumentaliser ma voix par la mise en relief,  aujourd’hui, de mon billet d’hier à propos de Pierre Laurent, sans savoir que je n’étais ni au PG, ni au PCF, mais à Ensemble. Et donc non représentatif de la totalité du spectre gauchiste, qui déborde d’ailleurs le front de gauche. Une subtilité qui nécessitait de savoir de quoi on parle, ce qui n’est manifestement pas le cas de l’animateur de ce site, qui a cru bon par là-même de prendre un lieu commun du journalisme de salon (c’est à dire  d’essence néo-libérale)  pour sa réalité. Avant de prendre une voix militante isolée comme la mienne pour le reflet de tout un mouvement, on se renseigne, ça lui apprendra. Dans ce dernier billet, Pierre Laurent s’exprimait dans Mots croisés au nom du front de gauche, d’où ma colère. De quel droit ? Qui l’a mandaté ? Voilà qui constitue l’exemple type et le genre de positions fâcheuses qui nous dessert, puisque dans cette émission le secrétaire général du PCF défendait une position qui n’était pas celle du front de gauche, mais de son parti, comme cela arrive malheureusement trop souvent. L’un des points fondamentaux de mon analyse personnelle sur la situation actuelle du Front de Gauche s’en trouve d’autant plus renforcée, hélas. Elle a consisté jusqu’à présent à simplement  déplorer le manque d’organisation et d’unité qui fragilise et décrédibilise notre mouvement,  à travers le simple exemple du problème que posent nos porte-parole. En effet, cela m’apparait comme un gros handicap de ne voir exister aucune prise de position publique collective forte et unifiée, qui soit validée par les représentants de l’ensemble des structures politiques qui le composent. Définir une orientation commune, quel que soit le sujet, me semble en effet un impératif de cohérence minimale pour la pérennité du front de gauche et sa crédibilité. Pourtant, et je m’adresse en particulier à ceux qui doutaient encore de la validité de mon analyse et ont préféré m’agresser ou m’insulter que de tenter de comprendre ma logique, ces départementales viennent encore tristement illustrer ce constat objectif. C’est le bordel chez nous, et je suis le premier à le regretter.  Après ce premier tour des élections départementales, je suis ainsi vraiment déçu de constater la totale incohérence qui règne en nos rangs en matière de stratégie à adopter lors du second tour, notamment face au front national. je ne tiens pas là à affirmer que telle ou telle position est la meilleure et à la défendre, mon opinion personnelle n’a pas à entrer en ligne de compte dans ce propos. Ceci d’autant plus que je ne suis personnellement pas concerné puisque sur ma circo, il s ‘agit d’une liste commune PS, front de gauche, EELV, radicaux de gauche, qui a failli l’emporter de peu dès le premier tour, donc… Mais voir définie une position collective en haut lieu m’aurait semblé fort utile, pour tous. Or, je constate que les consignes de vote en la matière, si tant est que l’on puisse les distinguer clairement (j’ai essayé, en vain…)  diffèrent significativement, et cela m’apparait dommageable à notre visibilité commune. Le PCF et la GU appelleraient à se joindre au PS pour battre la droite et le FN (d’où mon coup de gueule d’hier, car on ne peut pas rejoindre aujourd’hui ce que l’on a détesté hier, mais cela est caractéristique de la schizophrénie habituelle du PCF depuis longtemps), le PG et Ensemble ne donneraient pas de consigne de vote, laissant chaque citoyen avec sa conscience, d’après ce que j’ai cru comprendre. Mais cela diffère significativement en fonction des enjeux locaux et de la nature des qualifiés pour le second tour localement.  J’ai ainsi vu le front de gauche je ne sais plus où en France appeler à voter blanc… Autrement dit, c’est le bordel. Une chatte n’y retrouverait pas ses petits. Faut que ça change. J’aurais à titre personnel pu concevoir qu’il y ait eu une consigne commune  consistant à ne pas donner de consigne, pourquoi pas. Mais qu’on le dise !  Que les « états-majors » le fassent savoir, et portent une voix unique, plutôt que de voir tel ou tel représentant auto-proclamé du FDG tirer la couverture à lui, en laissant croire que ce serait la position de tous  les partis de notre mouvement, ce qui m’insupporte au plus haut point. Me répondre à cela que je serais d’un anti-communisme primaire patenté ne correspond ni à la réalité, ni  à ma pensée, ni à mes préoccupations ou à mes desseins. C’est juste une excuse facile pour se planquer la tête sous le sable. Pareil pour ceux qui laissent à penser afin de me décrédibiliser que je serais un traître à la (vraie) gauche parce que je ne soutiens pas Mélenchon. Yen a marre de ces querelles de clocher ridicules, sans aucune correspondance avec la gravité des enjeux et de la situation de notre société qui appellent à une autre hauteur de vue.  Je suis front de gauchiste, militant des causes environnementales, soutenant le M6R, et antifasciste, point barre.  Aussi, face à une telle Bérézina politique, qualificatif non usurpé au vu de nos maigres résultats du premier tour malgré l’écran de fumée constitué par les petites tricheries du ministère de l’intérieur, je pose et repose, encore,  et encore, la question : le front de gauche existe-t-il toujours oui ou non ? Si non, qu’on me le dise, et j’arrêterai de me battre et d’user sang et eau pour des cacahuètes… Car pour l’instant, la situation de ma famille politique m’apparait bien confuse. Cochon qui s’en dédit. N’attendons pas 2017 pour crever l’abcès, et choisir une ligne plus claire, et efficace. J’attends…