le droit à l’anonymat est constitutif des droits humains, Robert (Je répète EN PARLANT FORT…) #OKBoomer

Assez régulièrement apparait, ici et là, cette polémique généralement initiée par des mous du bulbe – pour certains d’ailleurs faussement ingénus (la duplicité une marque du macronisme) – qui consiste à laisser penser que l’anonymat (et le pseudonymat) seraient le prétexte à se lâcher immodérément sur les réseaux sociaux en disant tout et nawak. Ce point nodal serait sensé expliquer l’essence même du phénomène de haine en ligne, ce poison anti-démocratique qui me préoccupe au plus haut point et dont j’observe attentivement les derniers développements (1). Ces gens là sont au choix : grotesques, idiots, incultes numériquement parlant, malveillants, anti-démocratiques et autoritaires, ne supportent pas la contestation, sont hostiles au principe de l’information libre et non faussée par des intérêts économiques, sont des non-sensibilisés au sujet dont on cause pourtant sur les zinternets, etc.etc.etc. (liste non exhaustive).

Car c’est un fait malheureusement insuffisamment perçu du grand public : le droit à l’anonymat est reconnu par plusieurs organisations internationales représentatives en matière de droits humains.

Le dossier complet est ici.

Seuls ceux qui n’ont pas préalablement creusé ce sujet l’ignorent encore. Ou alors, hypothèse également permise, ils le savent mais ont un intérêt personnel, politique, plus largement idéologique, ou matériel, financier, en termes de pouvoir et/ou de domination, d’influence, à faire croire que toutes celles et ceux qui ont choisi l’anonymat ou le pseudonymat sont de vulgaires trolls sans éthique personnelle, de dangereux asociaux, et des imbéciles et des incultes ivres de haine et de violence, prêts à sauter sur le quidam pour l’égorger sans autre forme de procès ni état d’âme. C’est à mon sens en effet une sorte de pensée magique assez régulièrement à l’œuvre dans l’inconscient des internautes, alimentée qui plus est par des événements réels, hélas. Car les pensées fausses ont souvent une origine, même ténue, qui elle ne l’est pas : on a tous été avertis des dangers d’internet, et des risques d’être interpellés IRL par des individus malveillants qui profiteraient de votre particulière naïveté, crédulité ou vulnérabilité intellectuelle ou psychique pour vous attirer dans un guet-apens, vous ou votre (notre) chère progéniture, il ne faut pas être imprudent. Les dangers sont bien réels, mais l’œuvre d’une minorité qui ne saurait édicter la règle ni sa loi.

Internet est à l’image de notre société, dont les maux y sont simplement parfois sur-représentés, ou rendus plus aigus, et certains aspects parfois outrageusement amplifiés, par la capacité de démultiplication démesurée (à une échelle internationale même, je préciserais, pour les irréfléchis) qu’apporte l’outil numérique. Tout peut donc y prendre une proportion hors normes qui n’existait pas à l’époque où cet outil était absent et où même les débats les plus suivis physiquement, dans telle ou telle salle des fêtes (allez, soyons fous, allons dans les cas les plus probants pour un quelconque palais des congrès parisien) n’avaient pas l’impact d’un sujet lancé aujourd’hui sur les réseaux sociaux. Internet a un effet loupe, grossissant certes, mais aussi déformé, plus ou moins volontairement selon les cas étudiés. Des biais cognitifs y sont très présents et installés, comme les travaux de Gérald Bronner m’y ont dans un premier temps initié, eux qui m’ont permis d’affuter davantage encore mon sens critique en lui donnant précisément des outils cognitifs, avant que je ne me détache de sa réflexion pour cause de militantisme divergent, et de conflit d’intérêts évidents. Sur ces réseaux sociaux que je connais bien, des groupes de pression plus ou moins visibles, plus ou moins masqués, voire carrément outrageusement trafiqués (les fakes), plus ou moins politisés et organisés sont à l’oeuvre, et certains se sont fait unespécialité de monter certains sujet en épingle pour assoir à la fois leur visibilité médiatique et leur influence idéologique. Il convient donc de n’en être point dupe, comme j’en vois à l’instant certains pris sur le fait. A moins de prendre le risque de croire que Damien Rieu est représentatif de l’ensemble du monde civilisé (je m’esclaffe, sachant à qui précisément j’ai affaire… ). Et dire que certain.e.s jugent bon de suivre les provocations racistes fortement toxiques de ce Damien Lefèvre pour l’état civil, en les prenant pour argent comptant, au point qu’elles en deviennent virales, et alimentent la turbine à lisier grâce à laquelle il vit si bien, visiblement… (payé par l’argent du contribuable européen via les emplois fictifs de son parti et les innombrables combines et affaires politico-judiciaro-financières dans lesquelles le parti corrompu jusqu’à la moelle qu’il sert si bien est embourbé…).

moi, gars, j’ai un pc antique à 150 euros d’occase qui ne m’empêche nullement de faire le job, vu que je n’ai pas besoin de trafiquer la réalité pour faire des photomontages de nature à me permettre d’assoir mon idéologie dégueulasse par le biais de fakenews en tous genres et une honteuse instrumentalisation du moindre fait divers pour satisfaire vos médiocres petits appétits électoraux. Et toc. Tu viens d’expérimenter le fusil a un coup Pandanslagueule.

L’exemple Mila en est la triste illustration, hélas. Et ceux qui se sont emmanchés dans cette polémique contemporaine là sont les dupes d’une escroquerie médiatique de gens mal intentionnés qui en internautes avertis en tirent à la fois les ficelles et les bénéfices électoraux. Car c’est mal connaitre le fonctionnement des réseaux sociaux que de penser que l’expression y est si spontanée que cela, certaines têtes de réseaux et comptes influents ayant un pouvoir d’attraction, et de capacité de conviction qu’ils n’auraient pas en réalité, physiquement, avec leur seule petite parole personnelle, et même suffisamment argumentée. Internet est le règne de l’illusion, et il faut y être armé à la fois sur le plan cognitif, intellectuel, affectif et en termes d’éthique pour y agir positivement. Car on ne le répétera jamais assez, sur internet, il y a vraiment de tout, et pas seulement le pire comme certains voudraient nous le faire croire. Comme disait je ne sais plus qui « on est contre la société mais pas contre l’annuaire du téléphone ». Pareil pour internet, qui à la fois nous simplifie considérablement la vie quotidienne, au point que certaines professions puissent en être entièrement dépendantes aujourd’hui, ce qui n’est pas sans poser d’autres problèmes, et engendrer des phénomènes (pas toujours positifs en termes de bouleversements de nos schémas mentaux et de nos capacités d’attention, de mémorisation, de gestion de nos émotions), qui ne sont pas tous encore correctement cernés précisément, de manière scientifique.

Et donc, où voulez-vous en venir, mon bon Monsieur Gédécé ? Me direz vous. Et bien, tout simplement au fait que je viens de rencontrer sur twitter une certaine personnalité publique et médiatique (dont il n’est pas anodin de connaître la longue carrière médiatique et le positionnement politique exact) qui nous tance donc ainsi vertement , en remettant une pièce dans la turbine à merde :

Voilà ce que je répondais déjà il y a 10 ans à l’un de ces tenants de la suppression de l’anonymat, qui en outre voulait aller plu loin en l’inscrivant dans une loi :

(On lira avec profit ce commentaire là, qui en dit déjà assez long sur un registre un peu brut de décoffrage il est vrai mais néanmoins bien concret et opérationnel sur les dangers de se trimballer sur les zinternets à visage découvert)

Mais depuis, sur ce sujet, ma réflexion, étroitement liée à ma pratique particulière et toute personnelle de l’usage d’internet, a significativement évolué, tout comme mon positionnement de vie professionnelle et personnelle ont changé, le tout me semblant étroitement lié et imbriqué, comme souvent chez moi. Une forme de cohérence personnelle. Je suis, défaut ou/et qualité, quelqu’un de plutôt entier. Sur le plan politique, mon engagement antifasciste est passé par là, qui a tout bouleversé, et certains combats frontaux laissés des traces encore présentes, qui m’ont valu de voir circuler mon pedigree complet sur certains réseaux de groupuscule nazifiants, le tout assortie de moult menaces de sévices physiques plus ou moins élaborés allant jusqu’à des menaces de mort sous les formes les plus tortueuses et cruelles qui soient.

Avec ces gens là, le pire est toujours certain. je ne peux donc plus vivre comme avant, dénué de toute considération pratique : même si je ne suis pas parano (un danger qui guette tous les antifas), il convient d’être (au moins, un peu, ma non tropo) prudent, et de ne pas faire n’importe quoi. j’ai ainsi commis dans ma trajectoire ici un petit manuel de survie numérique, histoire d’en prémunir d’autres contre mes propres erreurs de jeunesse. ..Si ça peut servir, je parle d’expérience… faites passer).

je sais que je contrarie par mes écrits et mes informations délivrées ici, pas tant sur les informations qui y sont diffusées, disponibles ailleurs (3), mais surtout dans sa dimension d’archivage méthodique, qui peut voir certains individus peu scrupuleux se retrouver confrontés à leurs actes passés, ce qu’ils/elles n’apprécient pas trop quand ils veulent se refaire une virginité drapée dans une certaine posture morale, et éthique, ces hypocrites (d’où ma sentence sur mon compte twitter ; « je suis l’accroc sur votre story telling »). Si vous saviez le nombre de personnalités connues, impliquées dans mes billets, qui m’ont demandé de retirer telle ou telle référence à leur nom, pour ne pas figurer sur les moteurs de recherche internet… ce qui nuisaient à leur carrière…. Ainsi, l’un des jeunes homophobes impliqué dans l’agression homophobe de la Roche sur Yon… Ou cette militante historique du FN canal hystérique qui m’a demandé de retirer une célèbre photo de quenelle en famille… sous le fallacieux prétexte que des enfants y figuraient, mais qu’elle ne voyait aucun inconvénient à instrumentaliser pour les besoins de sa cause détestable, mâtinée d’antisémitisme..

A ces tentatives de pression diverses et variées, plus ou moins sournoises, je reconnais mon efficacité : si mon blog est si anodin, alors pourquoi tout ça ?

Ce long préambule qui pourrait paraitre fastidieux à certains m’était éminemment nécessaire à la fois pour me préciser à moi-même les raisons du choix de mon anonymat, et de mon pseudonymat en fonction des circonstances, mais aussi pour expliquer à d’autres les raisons circonstancielles de mon choix conscientisé. J’ai mes raisons, d’autres ont les leurs : risques de perdre son travail, sur ses fonctions publiques ou privées, appréhension en raison de son appartenance ethnique, religieuse (donc susceptible d’agressions), idéologique, de ses dificultés psychiques, de son orientation sexuelle…. En outre, tout le monde n’a pas une assise personnelle et financière suffisante pour se prémunir contre les procédures baillon destinées à faire taire toute contestation, comme cela est un peu trop le cas sous l’ère macroniste, un autoritarisme. Le fait que cette demande de levée de l’anonymat précisément quand le contexte est si tendu, et tout si aisément criminalisable par un pouvoir aux abois en dit assez long sur l’état de notre société…

Une parenthèse encore, à propos du choix de mon titre. #OKBoomer... Une fois, alors que je me disais que je n’étais plus tout jeune et que les vrais pourraient à juste titre m’attribuer cette interjection contemporaine, il m’a été répondu en substance que ce n’était pas tant l’âge qui était visé qu’une certaine manière de penser, en fonction de contraintes et d’une culture valable à une certaine époque, mais plus très efficientes à la nôtre. Ces jeunes là ont en partie raison, nonobstant le fait que certains jeunes raisonnent déjà comme de vieux réacs tous pourris, avec des idées toute faites, des clichés jamais questionnés, des discriminations plein la tête, et une posture face au monde particulièrement rigide. Dans ce cas, du haut de ma cinquantaine passée, je peux leur dire, décomplexé : OK Boomer… 😉

(Alors, les djeuns, l’ai-je bien descendu, cet escalier, vers la victoire de nos idées ?

A vous de ouar… moi, je vais satisfaire un besoin urgent, après avoir répondu comme il se doit, de la manière la plus circonstanciée qu’il me soit permis, à ce médiacrate là… qui se prend pour le nombril du monde.

Faut relativiser gars. Twitter, c’est pas ton monde, visiblement. ET l’Irène, elle est médecin, pas précaire chez Cora, malgré tout le respect que je lui dois pour son combat contre l’industrie pharmaceutique, en effet. Et puis, dernier argument utile, comme dit l’autre, à qui j’aime à laisser le dernier mot pertinent pour passer le flambeau…

(La culture de l’excuse, vous dis-je, ma bonne dame… ;).

(1) d’autant plus préoccupant qu’il est susceptible de pénétrer profondément jusque dans nos cercles intimes et personnels, si l’on n’y met pas des garde-fous efficaces, opérants. Et parfois, même malgré cela.

(2) Son positionnement personnel et « scientifique » sur le principe de précaution m’est par exemple insupportable. J’ai du mal à considérer en effet qu’il n’y a aucun lien d’aucune sorte, ne serait-ce que sur le plan idéologique, entre son appartenance au Conseil Scientifique d’Areva et l’avancement de sa pensée sur ce concept à mon sens plus que pertinent, ce qu’il continue pourtant de nier en vertu du principe d’antériorité, son livre ayant été écrit avant. Et donc ? Qui de la poule a fait l’œuf ?

(3) j’utilise en général ici la presse main stream volontairement, afin d’utiliser des supports auxquels tout un chacun peut avoir accès, histoire de me mettre à dessein dans un bain de connaissances et d’information commune, non élitiste, pour parler au plus grand nombre et en être compris… ce qui ne dit rien de mes lectures par ailleurs.