Va falloir leur faire un dessin…

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Je crains que les néo-cons. en question, qu’ils soient chez LR, au PS , au FN ou ailleurs, n’aient pas très bien compris ce qui est en train de se passer. La colère est immense, et les moyens de l’expulser particulièrement contraints, surtout pour ceux qui n’ont plus de mots, et que l’on entend et n’écoute pas. Plus personne, politiquement, ne représente cette colère, et ne porte un véritable projet de transformation sociale réelle et crédible dans lequel on puisse s’identifier. « La situation est insurrectionnelle » me  faisait-on savoir à l’instant. C’est le moins qu’on puisse dire… Et face à cette réalité sociale venant des profondeurs du cœur battant de notre société, je ne vois qu’un système aux abois,  qui se terre dans son entre-soi, et protège les symboles de sa dérive, en répandant  par toutes ses bouches d’égout l’habituel discours politiquement correct, totalement formaté, si lénifiant.  Frappante (sic)  déconnexion avec la réalité des plus démunis et des plus précaires d’entre nous. J’entends l’un de ses représentants les plus cocasses, à peine digne d’être un petit caporal de gendarmerie (celui qu’il a si vite disculpé de la mort de Rémy Fraisse ?) , demander aux organisations syndicales de condamner certains événements qui ont eu lieu hier. Comme si elles étaient de leur fait… Monsieur Cazeneuve et ses yeux partout auraient-ils vu un représentant de la CGT, de FO, de Sud ou plus plausiblement  de la CNT (puisqu’il semblerait que ce soit là l’ennemi à abattre, quels que soient les moyens) jeter des pavés dans une vitrine ? Soyons sérieux un instant : les syndicats sont débordés par une violence inédite qui fait elle-même réponse aux provocations et aux  violences policières et au delà, systémiques, qui les dépasse. A force de taper toujours sur les mêmes, en laissant impunis des crimes biens plus graves, des détournements bien plus massifs que ceux d’un simple RSA  – que l’on désigne pourtant plus aisément du doigt – en traduisant en justice les lanceurs d’alerte plutôt que les coupables (un comble !), cela finit forcément par se voir comme le nez au milieu de la figure, même pour le plus simple d’esprit d’entre nous. Suffira-t-il de crier comme le font les médias, les politiques, les bien-pensants, dans un grand élan unanime particulièrement gênant tant il est sans nuances ni sens critique, haro sur le casseur ? Surtout quand on sait qui se cache parfois derrière cette figure symbolique brandie comme un épouvantail pour faire taire le manant… Comme tout cela est bien gentil, bien brave, et pour tout dire bien pathétique. Sans commune mesure avec l’insurrection qui vient. Je sens qu’il va falloir leur faire un dessin aux contours un peu plus clairs…

les blancs américains ont encore (et toujours) peur du noir…

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Même dans son pays, Obama n’a manifestement pas aboli la peur du noir… 

j’avoue d’emblée ma méconnaissance du problème, et j’appelle donc votre indulgence et vos propositions d’information plus détaillée.  De cette histoire de la ségrégation aux états unis, je ne connais en effet  que certains aspects consécutifs à la guerre de sécession, dont l’abolition de l’esclavage, le mouvement des droits civiques dans les années 60 avec les combats de Martin Luther King et les actions des Blacks Panthers.

En ce moment, j’effleure donc à peine ce sujet qui semble bien constituer aux USA une sorte de bombe à retardement qui ne demande qu’à exploser à chaque fait divers qui implique un noir… Il me semble qu’Obama est l’arbre qui cache la forêt, et certains (je m’y inclus) ont eu tort de penser que son élection était le signe de la fin de la ségrégation envers les noirs dans son pays. De nombreux incidents et manifestations consécutives viennent régulièrement rappeler que l’équilibre est toujours fragile, et le feu prêt à reprendre…

Il y a deux ans, c’était, souvenez-vous, l l’histoire de Trayvon Martin,  jeune Noir tué en 2012 par un voisin en Floride. Depuis dimanche dernier, à Ferrguson (Missouri), c’est la mort d’un jeune Afro-Américain de 18 ans, non armé, Mikael Brown,  tué par la police. je ne me prononcerai pas ici sur les circonstances de ce drame qui donne lieu à des versions controversées.  Il ne s’agit pas pour moi de prendre parti, mais de m’élever au delà de la situation particulière vers une perception générale, plus politique, un ressenti nourri du peu d’informations dont je dispose qui me donne envie de creuser davantage. Et la gestion de ce genre de problèmes me pose question en l’espèce. Car pour gérer les émeutes et manifestations qui ont découlé de la mort de ce jeune homme, qui ne faiblissent pas depuis, la réponse a été pour le moins… surprenante :

« le gouverneur du Missouri, Jay Nixon, s’était, pour la première fois depuis le début des manifestations, rendu à Ferguson, ville de 21 000 habitants majoritairement afro-américaine mais dont la police est surtout blanche. « 

« … une police locale dont les interventions avaient été très critiquées, déployant des moyens que l’on associe plus à une zone de guerre qu’à une opération de maintien de l’ordre dans une bourgade américaine. Les policiers du comté étaient pour partie vêtus de treillis militaires camouflés, casques lourds sur la tête, engoncés dans de lourds gilets pare balles et armés de fusil d’assaut. »

« L’image d’un tireur d’élite en treillis militaire qui vise la foule avec son fusil à lunette, juché sur un véhicule blindé, a fait le tour des réseaux sociaux, très mobilisés en faveur des manifestants, pour dénoncer cette démonstration de force. » (source)

Qu’un mouvement de protestation sociale puisse être géré de la sorte, la police locale se militarisant au point de voir en chacun des habitants un potentiel terroriste est tout simplement hallucinant et disproportionné à mes yeux de français (très) moyen. En outre, je retiens cette anecdote selon laquelle deux journalistes  dont un correspondant du Washington Post ont été interpellés simplement parce qu’ils s’attardaient à une table de Mac Do. (voir ici). Voilà qui en dit long…

En m’informant peu à peu sur tout ceci, je me dis que les États-Unis, qui veulent pourtant se comporter un peu trop souvent à mon goût en gendarmes (voir en maîtres…) du monde feraient bien de balayer un peu plus souvent devant leur porte… Ils ne sont manifestement pas un modèle de démocratie, c’est le moins qu’on puisse dire. Mais je continue mes investigations sur le sujet. Si quelqun à des pistes de lecture intelligente et détaillée….

Nota-bene : je tiens à préciser que depuis hier, la situation à Ferguson s’est pacifiée,  notamment depuis la nomination du chef de la police de la route Ron Johnson. venu prendre la relève de la police locale décriée. Ce dernier, un Noir, originaire de la ville, s’est aussitôt joint personnellement aux manifestants…  Acte symbolique, certes, mais de quoi calmer le jeu, assurément.

 

Post-scriptum : j’apprends après rédaction de ce billet qu’un autre jeune noir, handicapé mental, a été tué par la police à Los Angelès…. Il s’appelait Ezell Ford, il avait 25 ans et n’était pas armé. dans ce cas comme dans le précédent, la police prétend qu’il aurait tenté de désarmer un policier… On leur conseille ce genre d’argument fatal, à l’école de Police américaine ?

Cameron, casseur cassé…

source

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Vu chez Jacques Tourteaux, grâce à la vigilance de raanemari

Quand David cassait les vitrines

Marco D’Eramo

Dans une ville anglaise une bande de jeunes défonce une vitrine, s’enfuit dans la nuit, et se dirige en courant vers le jardin botanique. La police les suit, en charge quelques uns sur ses téléphones portables et les met au trou.

Le problème c’est que nous ne parlons pas d’un épisode survenu ces jours-ci. Et que les jeunes arrêtés ne sont pas des casseurs sous-prolétaires. Non, l’épisode a lieu il y a 24 ans à Oxford et les 10 jeunes gens étaient tous membres du Bullington Club, une association étudiante oxfordienne de 150 ans d’âge, fameuse pour ses frasques estudiantines, ses cuites et pour considérer la vandalisation de boutiques et restaurants comme le fin du fin de la distraction. Restaurateurs, commerçants et dénonciations à la police, tout est remis en ordre avec quelques généreuses indemnisations qu’on va puiser dans les grassouillets portefeuilles paternels.Quelques heures plus tôt, les dix jeunes gaillards s’étaient fait tirer le portrait sur les marches d’un grand escalier, tous en uniforme du club, habit de soirée à 1.000 livres sterling (1.150 euros) pièce. Emergent du groupe un jeune David Cameron et un, tout aussi imberbe, Boris Johnson.

Il se trouve qu’aujourd’hui Cameron est premier ministre conservateur (britannique NdT) et Johnson maire conservateur du Grand Londres. Et que l’un comme l’autre tonnent contre les vandales qui détruisent les propriétés privées. Que l’un et l’autre invoquent la ligne dure, la main de fer. Cameron veut avoir recours à l’armée et censurer les réseaux sociaux ; Johnson veut augmenter les effectifs de police. Sans même la moindre compréhension pour qui ne fait rien d’autre, dans le fond, qu’émuler leur geste d’autrefois.

Mais évidemment, c’est justement le propre de la mentalité d’un fils à papa de considérer que les autres ne peuvent pas -et ne doivent pas- se permettre ce qu’on lui a permis, à lui, par droit de naissance et d’extraction sociale.

David Cameron est né en 1966 d’un père agent en bourse et d’une mère fille d’un baronet : l’actuel premier ministre tient à faire savoir qu’il est le descendant illégitime du roi Guillaume IV et de sa maîtresse Dorothée, et qu’il est donc un lointain parent de la reine Elisabeth II. Snob typique, Cameron fut envoyé à sept ans à Heatherdown, école élémentaire fréquentée aussi par les princes Andrew et Edward, école dont l’attitude de classe était sans équivoque : les jours d’excursion, les toilettes portables étaient désignées par « Ladies », « Gentlemen » et « Chauffeurs ». Et quand Margaret Thatcher fut élue premier ministre, l’école célébra ça par une partie de cricket improvisée entre élèves contre enseignants. Au lycée, Cameron fut envoyé dans la plus prestigieuse école privée d’Angleterre, Eton (frais annuels de scolarité : 27.000 livres sterling, environ 31.000 euros), le creuset de la classe dominante (Boris Johnson fut aussi son camarade de classe à Eton) : c’est drôle comme en Grande-Bretagne les écoles privées s’appellent public schools. Là le vilain garçon Cameron fut surpris en train de se rouler un joint et, en punition, dut recopier 500 lignes de latin. Après Eton, ce fut naturellement l’université à Oxford, et son club, le Bullington. En snob parfait, Cameron a ensuite épousé Samantha Gwendoline Sheffield, dont le père est un baronnet propriétaire terrien, et dont le parrain est vicomte. Samantha Gwendoline travaille dans la célèbre maison de produits de luxe Smyrne de Bond Street et a reçu le prix de Meilleure désigner d’accessoires par le British Glamour Magazine.

Quand ils se sont rangés de leurs bombes estudiantines, les fils à papa font d’habitude une belle carrière : Boris Johnson devient directeur du Spectator(même si sa carrière trébuche dans ses aventures d’homme à femmes invétéré, bien que marié). Cameron devient directeur des Corporate Affairschez Carlton Communication, une société de mediaensuite absorbée par Granada plc pour former ITV plc.

Quand, en 2006, Cameron emporte le congrès Tory et devient leader du parti conservateur, il n’a que 38 ans. Et c’est tout naturellement que, dans le gouvernement ombre qu’il forme (le premier ministre à l’époque était Tony Blair), trois des membres sont d’anciens élèves de Eton (Old Etonians). Mais dans le groupe de ses collaborateurs les plus proches, 15 au moins sont des Old Etonians. Et il en va de même quand, en mai 2010, Cameron gagne (à moitié) les élections et devient premier ministre à la tête d’une coalition avec les néo-libéraux conduits par Nick Clegg : ici aussi le noyau dur du gouvernement est constitué d’aristocrates, d’etoniansou oxfordians, comme l’actuel Chancelier de l’Echiquier (c’est-à-dire ministre de l’économie) George Gideon Osborne, lui aussi noble, héritier de la baronnie Osborne, lui aussi diplômé d’Oxford, et lui aussi, ça alors, ancien membre du Club Bullington.

Comme on disait avant : bon sang ne saurait mentir. La classe (sociale, NdT) non plus.

Edition de vendredi 12 août 2011 de il manifesto

http://www.ilmanifesto.it/area-abbonati/in-edicola/manip2n1/20110812/manip2pg/07/manip2pz/308246/

Traduit de l’italien par Marie-Ange Patrizio

La Grande-Bretagne est-elle encore une démocratie ? (#England riots)

 

A block embedded on bank’s window in Peckham, suburb of London, UK, early Aug. 9, 2011.Corbis (source)

(Traduction : Un bloc encastré dans la fenêtre de la banque (ndlr : HSBC) à Peckham, dans la banlieue de Londres, Royaume-Uni, le 9 août 2011).

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Plus de 1200 arrestations en comparution immédiate,  des procès en série sans le moindre respect de la présomption d’innocence, plus grave parfois sans preuves (selon l’avis même d’un avocat, choqué, entendu sur France Info ce matin),  souvent sur la seule base de la délation, à laquelle les journaux se prêtent au plus grand mépris de la déontologie journalistique,  justice expéditive qui travaille jour et nuit, extension des pouvoirs de police,   jeune majeur condamné à 6 mois de prison ferme pour le vol de 2 bouteilles d’eau (BFM TV),  volonté de recours à l’armée et aux canons à eau,  projet de mise sous contrôle et de brouillage des réseaux sociaux et autres outils de communication cryptée (dont les dirigeants souhaitent collaborer avec la police), multiplication des groupes d’auto-défense avec la bénédiction du Maire de Londres… Où tout cela s’arrêtera-t-il ?

 « À un an des Jeux, nous devons montrer que la Grande-Bretagne n’est pas un pays qui détruit, mais un pays qui bâtit, qui ne baisse pas les bras… » (David Cameron, ici). Nous y voilà… Le libéralisme carnassier montre donc son vrai visage : l’appât du gain, le prestige de façade. Et se moque bien de toute notion humaniste, de justice sociale. L’important, ce n’est pas de jouer ni de participer, mais de se remplir les bourses. Et que, surtout, les matchs de foot ne soient plus reportés¹… ça fait désordre.

 Pourtant, les raisons de ces émeutes sont palpables, le désespoir aussi,  et le projet de big society a une face cachée que Cameron ne parviendra pas plus à nous dissimuler. Comment peut-on pousser le cynisme jusqu’à créer avec tant de froideur et de méticulosité un projet de société libérale exclusivement basé sur une seule valeur ultime, la consommation à tout prix,  et en exclure ceux qui la produisent (ou voudraient bien pouvoir le faire…) ? Comme je l’ai lu je ne sais plus où, on ne peut pas à la fois mépriser ces pillards et tout mettre en œuvre pour créer des objets socialement désirables, alors que la plupart des gens n’ont pas les moyens de se les payer… Cette société là est absurde.

 Je ne veux pas à travers ce billet donner l’impression que je défendrais de vulgaires casseurs, des pillards, motivés uniquement par la possession facile. Mais il me semble utile de rappeler que nous sommes tous responsables du mode de société existant… Responsabilité dont il m’apparaît bien commode de s’exonérer (N’est-ce pas H16 ?)

 En tous les cas, pour moi,  la loi doit s’appliquer à tous indistinctement. Et là, tel n’est pas le cas. Nous sommes bien face à des tribunaux d’exception comme d’autres pays bien plus stigmatisés en connaissent encore… Et quand un pays ne respecte plus les lois qu’il a lui-même édictées, c’est le commencement du fascisme.

 Aujourd’hui, l’Angleterre, et demain… La France ? Le libéralisme n’est pas un pragmatisme, mais une idéologie, fille aînée du culte de l’argent roi.

 Un autre monde est possible.

 

¹ Terminer un tel article, sur un tel sujet, la mort d’un homme, par le report de matchs de foot, voilà qui en dit long sur l’échelle de priorités de l’auteur de ce misérable texte… L’argent et les jeux, il n’y aurait donc que cela à prendre en compte ? Misérable petit monde…

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Tiens ? Les journalistes ne seraient donc pas aussi cons que je le pensais ?

 

source : FlickR  GUENGL, ici

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Pour la presse européenne les violences en Grande-Bretagne dues à l’austérité

Pour l’ensemble de la presse européenne, l’explosion sociale en Grande-Bretagne trouve son origine dans les politiques d’austérité, même si de nombreux éditoriaux soulignent que saccager n’est pas protester.

Pour le Süddeutsche Zeitung (centre-gauche), Londres, ville européenne où luxe et pauvreté se côtoient dans la plus grande proximité, est le théâtre tout trouvé pour cette explosion de violences. Mais « les émeutes ne sont pas un problème purement britannique. La détresse sociale existe dans toute l’Europe », avertit le journal allemand.

« Partout les adolescents et les jeunes adultes vont devoir porter le poids de la montagne de dettes que la génération d’après-guerre a laissé grossir avec désinvolture ».

A l’inverse, le Frankfurter Allgemeine Zeitung (conservateur), qui appelle à une reprise en mains musclée, estime que « le taux de chômage élevé des jeunes, l’exclusion sociale et l’absence de perspectives », ne sont que des « mots-clés censés expliquer, quand ce n’est pas justifier, les violences ».

En France, les éditorialistes dans leur majorité jugent que l’explosion en Grande-Bretagne démontre la « faillite » de l’ultralibéralisme et sonne comme un avertissement pour tous les pays dans lesquels le fossé entre les plus riches et les plus déshérités ne cesse de croître.

« Les émeutes qui ravagent les quartiers défavorisés de Londres pourraient avoir lieu dans nimporte quelle autre métropole européenne », écrit Le Figaro (conservateur), jugeant, que ces troubles sont « la réplique de celles qui ont eu lieu dans les banlieues (françaises) en 2005 ».

Pour La Croix, « la même question se pose à toutes ces sociétés traversées de violence où saccroissent – de manière visible et provocante – les fossés entre une minorité très favorisée et des populations qui se sentent abandonnées, socialement et culturellement ». Et l’éditorialiste du quotidien catholique de s’interroger « Comment ne pas faire le rapprochement avec ce qui se jouait, ces mêmes jours, sur les places financières? « 

En Belgique, Le Soir, souligne « le caractère inégalitaire » de la société britannique. « David Cameron pense qu’en cassant les casseurs, il parviendra à stopper l’hémorragie de violence. C’est très probable. Mais il n’éteindra pas le feu qui couve dans les basses strates de la société ».

La Libre Belgique juge que même s’il est hasardeux de chercher dans les émeutes autre chose qu »une débauche de violences inspirée par l’envie de casser et l’attrait du pillage », « il faut bien observer à Londres comme à Madrid, Athènes ou Tel-Aviv, une même frustration (…) nourrie par le marasme économique, les crises à répétition et les injustices sociales mais aussi par une pathétique impuissance de la classe politique qui se double, bien souvent, d’une irresponsabilité révoltante ».

En Grande-Bretagne « Honte » et « déshonneur », titrent les journaux mercredi. « Les scènes dans les villes britanniques sont un déshonneur pour la nation », estime The Times (proche des conservateurs), tandis que The Guardian (proche des travaillistes) et The Daily Telegraph (libéral) insistent sur le fait que les troubles gagnent tout le pays.

En Grèce, Elefthérotypia (gauche) dans une comparaison avec les manifestations à Athènes, note également que ce sont « les politiques d’austérité » qui sont à l’origine de ces incidents.

« La différence se trouve qu’à Londres les mesures frappent des gens qui sont déjà marginalisés tandis qu’en Grèce c’est la classe moyenne qui est la victime de la stricte rigueur », poursuit Elefthérotypia qui n’exclut pas « la contagion de ces phénomènes à d’autres pays en Europe.

« La croyance en la gloire olympique de 2012 a amené Londres à oublier d’autres devoirs. Cette illusion lui a coûté cher… », estime au Portugal le Publico.

Le Diario de Noticias, sous le titre « Saccager ce n’est pas protester », rappelle qu' »après l’élection de David Cameron il y a un an, le Royaume-Uni est entré dans une période d’austérité… pour ramener le déficit vers des niveaux acceptables. De nombreux services sociaux, renforcés quand Tony Blair et Gordon Brown étaient à la tête du gouvernement, ont été réduits voire même remis en cause. Protester contre cela serait légitime. Mais ce qui se passe depuis samedi soir, ce n’est pas de la contestation ».

En Italie, le quotidien économique Il Sole 24 Ore estime que « l’éducation peut être la réponse la plus importante pour redonner espoir à une génération entière ».

Source

 Merci qui ? Merci NA ! C’est ici

Ps. Pour ceux qui ont la fâcheuse tendance de tout prendre au premier degré, je préfère prendre la précaution de vous faire savoir que je ne pense absolument pas que les journalistes soient des cons… Enfin, pas tous. Ceci est un titre de pure provocation destiné à faire réagir,  et à inviter le lecteur à cliquer sur le lien  en faisant appel à son hémisphère droit… (je sais, c’est petit…).

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la question du jour

Question que je partage… Et dans la continuité logique du billet qui précède…  Vue sur twitter :

 

LinformatriceL’informatrice

par NeoResistant

 
Et si les émeutes de Londres s’inscrivaient dans le refus des populations de subir les plans de rigueur imposés par leurs gouvernements?

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Le nombre de la Bête

 The Number of the Beast is 666 par William Blake, musée Rosenbach, Philadelphie (source)

 

Étymologiquement, le mot « apocalypse » est la transcription d’un terme grec (ἀποκάλυψις / apokalupsis) signifiant mise à nu, enlèvement du voile ou révélation. (Wikipédia). Je n’aurais pas dit mieux…

  Il m’apparaît confusément probable que nous soyons éventuellement nombreux à nous poser la question… Le monde ne semble-t-il pas avoir atteint son point de fusion sociétale ?  Genre Sodome et Gomorrhe ? Noé et son déluge ?  Les invasions de sauterelles et les pluies de crapauds morts ?  Et tutti quanti ?

 Entre les suicides publics qui remettent l’usage de l’immolation au goût du jour,  les révoltes arabes (ou pas), les mouvements sociaux, ceux des indignés ou d’autres,  les émeutes anglaises, les conflits armés, la peste brune qui se propage (et pas seulement chez les Desouches), la crise boursière et ses effets collatéraux (comme je suis triste pour lui… le pauvre !), et cette guerre mondiale des monnaies qui s’annonce, on n’est pas dans le caca !

 Surtout avec des gouvernements aussi corrompus

 Et si l’on rajoute à cette fresque apocalyptique les attaques d’Anonymous, la disparition annoncée de… Facebook (oh non, pas ça !), les invasions d’algues vertes, brunes, et de méduses bleues à Lacanau, c’est la totale !

 Du coup, ce qui constituait il n’y a pas si longtemps le centre des préoccupations médiatiques françaises nous apparaît aujourd’hui bien dérisoire…

 Le monde est fou.

 Cela n’est pas irrémédiable : la folie étant à mes yeux – d’après le peu que j’en sais – la pathologie de la perte de sens commun, si notre monde souffre de l’absence de projet collectif, il suffira d’en reconstruire un. Qui ne soit pas exclusivement basé sur la richesse financière, mais humaine, tant qu’à faire…

Heureusement, un autre monde est possible.

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l’ennemi intérieur en version originale Poitevine.

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Hortefeux parviendra-t-il à stopper les hordes sauvages d’ultra-gauche à Poitiers ?


Et si vous vous forgiez votre propre opinion sur les faits qui se sont déroulés à Poitiers le 10 octobre 2009, en marge d’une manifestation contre la prison de Vivonne, qui elle même se déroulait en marge d’un événement prévu pour être un peu plus… festif : le festival « Les Expressifs » ?


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Plutôt que de vous contenter de la soupe pré-mâchée que vous servent les médias traditionnels, cela ne vous dirait-il pas de juger par vous mêmes de la véracité des informations qui vous sont assénées avec la bénédiction prévue cet après-midi du pape de la sécurité publique dont on connait la grande probité intellectuelle et la tolérance extrême à l’égard des seuls auvergnats, à l’exclusion de tout autre dès qu’il devient « plusieurs » : le fameux Brice, même pas Nice ? Mais voyons plutôt en préalable ce qu’en disent les journalistes de FR3 :


200 émeutiers selon la Nouvelle République, 250 selon la police, qui se transforment magiquement sous la baguette des blogueurs d’extrême droite en 300 personnes afin sans doute d’appâter le chaland par ses messages ultra-sécuritaires… voilà la position officielle, ce qu’il faut surtout impérativement et exclusivement penser… : citoyens, citoyennes, les juifs arabes portugais communistes ultra-gauche est parmi nous !


La réalité me semble plus complexe et nuancée, et dans tous les cas à examiner sous des angles plus excentrés ou tout du moins différents avant de porter des jugements expéditifs propres à toutes les sociétés anti-démocratiques qui ont intérêt à cultiver le mythe de « l’ennemi intérieur ».


Une autre version des violences (prononcez « émeutes » !)  vous est donc proposée à travers ces quelques liens (version garantie non-officielle) :

Après avoir préparé ce billet, je me suis rendu compte (une fois de plus !) que mon ami des pas perdus avait déjà publié un article sur le même sujet, ce dont je m’excuse auprès de lui ¹, mais nos travaux seront sans doute plus complémentaires qu’ antagonistes, je l’espère.


je tiens en tous les cas à préciser que je ne partage pas forcément les avis (surtout parmi les plus violents) qui sont exprimés au hasard des liens proposés, puisque l’objet de ce billet est essentiellement de vous permettre un autre point de vue sur les mêmes faits, vus d’une position moins centrale, moins journalistique, et moins orientée. En effet, je me pose la même question, à travers la constatation partagée du caractère intolérable de ce genre d’agissements, que mon ami des pas perdus : à qui profite le crime ?


Car ne l’oublions pas, chers visiteurs : une grande partie de la presse est aux ordres…. Ne serait-ce que par le fait qu’elle appartient à des propriétaires formant un conglomérat visant au monopole. Ainsi, le groupe Hersant, qui détient par ailleurs, en plus des titres cités sur son site, des participations significatives dans de nombreux autres journaux tel que mon quotidien local, l’Est Républicain (que le Crédit Mutuel a d’ailleurs particulièrement énervé en fin d ‘année dernière…). Sans parler par ailleurs de la Présidence de France Télévisions


Aussi, ne soyons pas dupes de ce que l’on nous sert comme une vérité vraie… d’autant plus qu’il s’agirait de nous expliquer enfin de manière un peu plus convaincante qu’à l’occasion de l’affaire Coupat ce qu’est l’ultra-gauche… et comment va-t-on définir la notion de groupuscules telle que  son éminence (grise, très) l’envisage. Épouvantail facile qu’il s’agit d’agiter devant le peuple inquiet pour lui demander de rester tranquille en justifiant si besoin en était, simple coïncidence n’est-ce pas, d’éventuelles lois d’exception… Ainsi, une opportune loi sur les bandes pourrait ainsi revoir le jour prochainement brandie en toute innocence par le très délicat démocrate Estrosi…


Résistance !


¹ Je ne le remercie pas en tous les cas de m’avoir obligé à faire de longues recherches fastidieuses pour trouver une autre illustration que celle initialement prévue, puisqu’il me l’a piquée, alors qu’elle était plus appropriée… (je rigooole !)

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