Sur compétitivité. com, les salariés sont toujours les #geonpi de la farce… libérale

prenez le pouvoir

Des salariés plus productifs, mais moins payés

Par Ivan du Roy (10 décembre 2012)

Voilà une information qui devrait déplaire aux tenants de la « compétitivité » : entre 1999 et 2011, la productivité des salariés dans le monde a progressé trois fois plus vite que les salaires moyens. « Pour le dire simplement, davantage du gâteau national est allé aux profits, et moins aux salariés », résume l’Organisation internationale du travail (OIT), suite à la publication de son rapport mondial sur les salaires, ce 7 décembre.

« La part des salariés dans le revenu national s’est rétrécie dans la plupart des pays, provoquant un mécontentement populaire et augmentant le risque de troubles sociaux », souligne l’OIT. Dans les économies développées, la part de la rétribution du travail est passée de 75% du revenu national, à 65%. A l’échelle de la France, cela signifie qu’aujourd’hui environ 200 milliards d’euros [1] ont été transférés de la rémunération du travail vers la rémunération du capital et les marchés financiers. En trente ans, la part des dividendes dans les revenus distribués a été multipliée par trois , passant de 4% à 13%. Vous avez dit compétitivité ?

Pire : désormais, au prétexte de l’austérité, les salaires au sein des économies développées commencent à baisser. En Grèce, le revenu minimum a ainsi été amputé de 22%. Résultat : « Les travailleurs pauvres représentent plus de 7% de l’ensemble des travailleurs aux États-Unis et 8% en Europe », ajoute l’OIT. Au sein des pays émergents, si les salaires continuent de croître, ils subissent la même pression de la part de la finance. « Même en Chine, où les salaires ont triplé au cours de la décennie écoulée, la part du revenu national qui revient aux salariés a baissé », pointe l’organisation. Les disparités entre salariés restent très fortes : un ouvrier grec du secteur manufacturier (13 dollars de l’heure) gagne dix fois plus que son homologue philippin (1,40 dollar), mais presque trois fois moins que son camarade danois (35 dollars).

Notes

[1] 10% du revenu national brut de 2011.

Source : Bastamag

Voilà qui ne fait que corroborer les thèses du Front de Gauche, beaucoup moins fantaisistes économiquement que d’aucuns tentent de le faire accroire au grand public, peu politisé, et à la culture économique plus que perfectible… Mais comme les politiciens de tous poils en jouent, la logique austéritaire a encore de beaux jours devant elle. A moins que le peuple, un grand soir,  ne se réveille, l’information se démocratisant de plus en plus ? Si seulement…

la valeur travail contre le coût du capital

 

Sous les feuilles du marronnier de la compétitivité, un (gros) arbre, planté par la Fondation Copernic et Attac. Quelques branches sont visibles ici…. Rouges !

 Je ne saurais  trop vous conseiller de lire l’intégralité du document, particulièrement éclairant et synthétique des enjeux que porte la notion de compétitivité, mise à toutes les sauces et notamment ultra-libérale du moment. Le texte m’a semblé fort riche, et potentiellement porteur  de bien des débats. Ils seront certainement beaucoup  plus utiles à l’édification des consciences individuelles et collectives que la baisse inexorable du coût de la main d’œuvre qui ne peut contribuer qu’à faire pencher la balance de la répartition des richesses du mauvais côté : celui du portefeuilles  déjà bien rempli de l‘actionnaire majoritaire… C’est pourtant malheureusement la voie sans issue choisie par le gouvernement, qui entérine la parole du Medef en prenant pour prétexte le  rapport Gallois. Misère de la pensée socialiste du moment. Et surtout, erreur funeste : ce choix est en train  d’accélérer la fracture idéologique du Parti socialiste. Mais là n’est pas notre propos et revenons à notre marronnier…Contribuons à la construction d’un autre monde par la diffusion de nos idées et d’une pensée alternative. Morceaux choisis :

 « En finir avec la compétitivité »

  SYNTHESE :

 Le thème de la compétitivité est un marronnier des débats de politique économique. C’est une obsession tenace malgré la difficulté à en proposer une définition claire et admise par tous, sinon sous une forme tellement vague qu’elle se prête à toutes les interprétations : « La définition généralement retenue de la compétitivité d’une nation est la capacité à améliorer durablement le niveau de vie de ses habitants et à leur procurer un haut niveau d’emploi et de cohésion sociale », nous dit le CAE [1]. Les auteurs ne cachent pas « les réserves méthodologiques que le concept suscite » [2] et ils rapportent même le propos de Paul Krugman « contre la “dangereuse obsession” de compétitivité de l’administration Clinton et de l’Union européenne » car « la compétitivité est un mot vide de sens lorsqu’il est appliqué aux économies nationales » [3]. Vide de sens,mais symbolisant très bien les stratégies patronales de pousser encore plus avant la libéralisation de l’économie et du « marché » du travail en particulier, malgré « l’inscription de la cohésion sociale dans les politiques de compétitivité » [4] affirmée par la Stratégie de Lisbonne.

 Concernant la France, la rengaine est connue : notre pays souffrirait d’un déficit de compétitivité dû à un coût du travail trop élevé. Les pertes de part de marché et la comparaison avec l’Allemagne sont évoquées pour justifier ce diagnostic, le patronat prônant un « choc de compétitivité » basé sur un allégement massif des cotisations sociales transférées sur les ménages par le biais d’une augmentation de la CSG et/ou de la TVA. Le Journal du Dimanche, dans son édition du 28 octobre, titrait à sa une : « L’ultimatum des grands patrons ». Dans ce journal, le lobby du haut patronat, regroupé dans l’Association française des entreprises privées (AFEP), fait valoir haut et fort ces exigences : une baisse massive des dépenses publiques et du coût du travail.

 Les vraies raisons de la fragilité de l’industrie française

 Certes, les aspects compétitivité hors-prix, c’est-à-dire liés à la qualité des produits, leur degré d’innovation technologique, l’adaptation à la demande… ne sont pas totalement ignorés. Il serait difficile en effet de ne pas voir, si on en reste à la comparaison avec l’Allemagne, le niveau insuffisant de la R&D en France : 2,1 % du PIB contre 2,8 %. Ce différentiel est également très marqué si l’on considère les dépenses en R&D du secteur privé : 15 milliards d’euros de ce côté-ci du Rhin, contre 31 milliards de l’autre en 2008.

 De même,tout le monde s’accorde pour pointer le problème des rapports entre les grands groupes industriels et leurs sous-traitants. L’externalisation des activités des grandes firmes a uniquement pour objectif de faire baisser les coûts en les reportant sur les PME sous-traitantes, multipliant ainsi les pratiques abusives. La dépendance par rapport aux grands groupes, qui peuvent les abandonner pour accroître leur rentabilité, explique en partie la difficulté des PME à avoir accès au crédit bancaire. Sur ces points aussi, la différence avec l’Allemagne est patente.

 Enfin, la sensibilité des exportations françaises au taux de change de l’euro est largement connue. Entre janvier 2002 et avril 2008, l’euro s’est réévalué de 78 % par rapport au dollar. Conséquence, depuis 2002 cette hausse aurait freiné les exportations françaises à la hauteur de 0,3 point en moyenne par trimestre. Le contraste est manifeste avec l’Allemagne qui, se situant sur des créneaux haut de gamme, est moins sensible aux variations de prix.

 Ces faiblesses de l’industrie française, si elles ne sont pas ignorées, sont de, fait, laissées de côté par la plupart des commentateurs. Les résultats du commerce extérieur sont mobilisés pour dramatiser la situation sans que jamais la validité des chiffres ne soit elle-même interrogée. Ainsi, la stratégie des firmes dans la mondialisation n’est que très rarement évoquée. Le redéploiement des processus productifs a pour conséquence une différence croissante, et variable selon les pays, entre la compétitivité d’un espace national et celle des firmes « nationales ». Dans le cas des firmes allemandes, la sous-traitance internationale est utilisée systématiquement, mais la phase finale d’assemblage se fait en Allemagne. Une part importante des exportations allemandes correspond donc, en fait, à du simple réexport pour une bonne partie du produit fini. A contrario par exemple, les importations vers la France des « Logan » produites dans les usines Renault de Roumanie sont comptées comme exportations roumaines. La contribution à la performance du pays peut se dégrader à partir du moment où les firmes réalisent une partie croissante de leur chiffre d’affaires à l’étranger. C’est le cas des grands groupes français, dont le chiffre d’affaires réalisé en France augmente très lentement, toute la croissance se faisant en Europe et dans le reste du monde.

 Ce phénomène de croissance sur le marché mondial peut se combiner avec l’utilisation des prix de transfert entre sociétés membres d’un même groupe, de manière à localiser le bénéfice final dans un pays à fiscalité avantageuse, voire dans un paradis fiscal. Rappelons que le commerce entre filiales d’un même groupe représente environ un tiers des échanges de la France. Les statistiques des exportations nationales s’en trouvent donc largement biaisées. Ainsi, plus de la moitié du déficit commercial de la France vis-à-vis de l’Allemagne (10 milliards d’euros) serait due à une manipulation des prix de transferts.

 Le coût du travail, bouc émissaire

 Le débat public se concentre sur le coût du travail sur la base de données souvent discutables. En effet, les données de référence d’Eurostat posent problème tant sur la comptabilisation des heures de travail qui sous-estime la durée du travail en France, que sur le calcul de la masse salariale qui surestime le poids, en France, de la formation professionnelle dans le coût du travail. De plus, ce débat est en général biaisé. D’une part, il ne prend que rarement en compte la productivité du travail, c’est-à-dire le coût salarial unitaire. Or, les écarts de productivité entre pays sont plus grands que les écarts de coût horaire. D’autre part, il mêle allégrement coût du travail dans l’industrie et dans les services marchands. Or, la productivité augmente plus faiblement dans les services que dans l’industrie.

 Le coût salarial unitaire baisse en moyenne dans la zone euro sauf pour le Royaume-Uni, le Danemark, l’Italie, l’Espagne et la Grèce. En France, il baisse de 0,5 % par an de 1996à 2008, en Allemagne de 0,7 %. Globalement,on constate une tendance à la convergence des coûts salariaux unitaires dans la zone euro, avec une baisse dans l’industrie et une hausse dans les services. Ces constats, combinés au caractère biaisé de certaines données statistiques, démentent l’affirmation selon laquelle il y a eu en France une dérive du coût du travail qui plomberait la compétitivité des entreprises.

 Le coût du capital passé sous silence

 Mais surtout, on met toujours en avant le coût du travail alors que le coût du capital n’est quasiment jamais évoqué. Pourtant, les revenus nets distribués représentent aujourd’hui 9 % de la valeur ajoutée des sociétés non financières, niveau historique record depuis la Seconde Guerre mondiale, contre 5,6% en 1999. La part dévolue aux actionnaires a donc crû dans des proportions considérables ces douze dernières années. Autrement dit, la complainte patronale faisant de la baisse du taux de marge la raison profonde des faibles investissements et du moindre effort en matière de recherche et développement, passe sous silence le fait que, crise ou pas crise, la part de plus en plus lourde que les entreprises choisissent de distribuer aux propriétaires du capital affaiblit leur capacité à faire face à tous les aspects de la compétitivité.

 Dans cette situation, l’exigence patronale d’un transfert massif des cotisations sociales vers les ménages (en grande majorité salariés) apparaît pour ce qu’elle est : le refus de toucher aux dividendes versés aux actionnaires. Cette demande est d’autant moins fondée que le bilan des exonérations actuelles de cotisations sociales est pour le moins problématique. Voici ce qu’en dit la cour des comptes en 2009 : « La cour avait relevé que les nombreux dispositifs d’allègement des charges sociales étaient insuffisamment évalués en dépit de la charge financière croissante qu’ils représentaient pour les finances publiques (27,8 milliards d’euros en 2007, soit 1,5 % du PIB). S’agissant des allègements généraux sur les bas salaires, leur efficacité sur l’emploi était trop incertaine pour ne pas amener à reconsidérer leur ampleur, voire leur pérennité. »

 Pourtant, c’est une nouvelle baisse de cotisations sociales que préconise le rapport Gallois. L’argument de l’emploi est laissé de côté au profit de celui de la compétitivité. Les 30 milliards d’allégements qu’il prône se décomposeraient en 20 milliards d’allègements de cotisations patronales et, plus inédit, 10 milliards d’allègements de cotisations salariales.

 Dans le cas d’une baisse des cotisations employeurs, il y a gain pour les employeurs, neutralité pour les salariés en termes de salaire direct et baisse de pouvoir d’achat des ménages, s’il y a compensation par la fiscalité et si celle-ci prend la forme d’une augmentation de la CSG et/ou de la TVA. Dans le cas d’une baisse des cotisations salariales, il y a, en instantané, neutralité pour les employeurs et gain de salaire direct pour les salariés, ce gain pouvant toutefois être plus ou moins annulé par une augmentation correspondante de la fiscalité. Au total, il s’agit bien de faire payer aux salariés et aux ménages une prétendue déficience de compétitivité, le niveau des profits, surtout celui des profits distribués, restant bien sûr incontesté.

 La compétitivité au détriment du travail est une voie non coopérative sans issue

 La baisse du coût du travail ne prend pas comme seule forme celle des allégements de cotisations sociales. S’y combine un accroissement de la flexibilité du travail. La déréglementation brutale du marché du travail est un élément essentiel des politiques de compétitivité. Assouplissement des conditions de licenciement, modulation de la durée du travail, temps partiel imposé touchant essentiellement les femmes, remise en cause de la durée légale du travail…, la liste est longue des mesures visant à remettre en cause la norme du contrat de travail à durée indéterminée. On assiste partout en Europe à une attaque sans précédent des droits des salariés.

 Il s’agit en théorie avec ces politiques de favoriser les exportations. Comprimer les coûts pour gagner des parts de marché à l’export, tel est l’impératif catégorique que l’on veut nous imposer. Mais cette logique est prise dans des contradictions dont elle ne peut sortir. En effet, l’essentiel des relations commerciales des pays de l’Union européenne a lieu à l’intérieur de l’Union. Les clients des uns sont les fournisseurs des autres et les déficits des uns font les excédents commerciaux des autres. Vouloir, dans cette situation, que tous les pays copient le modèle allemand et se transforment en exportateurs est impossible. La contraction de la demande interne dans tous les pays, produite par la réduction des coûts salariaux et les coupes dans les dépenses publiques, pèse sur le commerce extérieur de tous. Où exporter lorsque tous les pays réduisent leur demande ? La baisse de la demande interne ne peut qu’entraîner une réduction des exportations et aboutir à une récession généralisée. C’est la situation actuelle en Europe qui voit même l’Allemagne aujourd’hui touchée par la contraction économique.

 Vers un autre modèle de développement

 La compétitivité est donc une voie sans issue, économiquement absurde et socialement destructrice. C’est un autre modèle de développement qu’il faut aujourd’hui promouvoir tant pour des raisons écologiques que pour des raisons sociales. Il faut en finir avec la logique même de la compétitivité qui, basée sur la concurrence de tous contre tous, aboutit à un état de guerre économique permanent qui appauvrit les populations et détruit les équilibres écologiques. Ce nouveau modèle de développement doit être fondé sur les principes de la coopération, de la rupture avec un consumérisme destructeur, de la réponse aux besoins sociaux, de la réduction des inégalités et de l’ouverture d’une transition écologique. Cette dernière suppose notamment une véritable révolution énergétique aux antipodes de la fuite en avant dans le nucléaire, dans les combustibles non conventionnels tels que les gaz de schiste, comme le préconise, de fait, le rapport Gallois, ou dans des projets d’infrastructures inutiles et destructrices et de surcroît rejetées par les populations [5].

 C’est dire que le débat sur la compétitivité ne peut se réduire à une discussion étriquée sur des recettes, inefficaces au demeurant, pour soi-disant relancer la croissance, mais doit poser la question de la société dans laquelle nous voulons vivre.

  

[1] Conseil d’analyse économique (CAE), « Compétitivité », rapport de Michèle Debonneuil et Lionel Fontagné, 2003, paris, La Documentation française, p.8.

[2] Ibid., p. 11.

[3] Ibid., p. 7.

[4] Ibid., p. 11.

[5] L’exemple actuel du nouvel aéroport de notre-Dame-des-landes.

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 SOMMAIRE

 1. Les faiblesses de l’industrie française p. 6

 2. Les faux-semblants de la compétitivité p. 9

 3. Coût du travail ou coût du capital ? p. 12

 4. Allègements de cotisations sociales : une politique perdante p. 19

 5. L’enjeu de la flexibilité du travail p. 21

 6. La logique « sociale » de la compétitivité p. 23

 7. En finir avec la compétitivité p. 25

 L’intégralité du document en PDF

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Mélenchon est (très) compétititif (la preuve)

Voilà un parfait exemple, très concret,  de la pression, de la domination et de la déviance qu’exercent la vision libérale orthodoxe – qui se veut la seule et l’unique conception économique réaliste – sur les médias et ses acteurs, qu’ils soient interviewés ou prétendument « journalistes ». Tordre la réalité à ce point, c’est hallucinant. Le terme de propagande que j’avais utilisé pour l’un de mes billets sur le même propos n’est donc pas exagéré, et Jean-Luc Mélenchon a tout à fait raison de réagir par une telle fermeté, employant les mêmes arguments. La désinformation, yen a marre. La preuve en paroles et en images. Un cas d’école assurément…

 [dailymotion id=xuvmav]

 Notons que Mélenchon, en tous les cas, n’a aucun problème quant à lui de compétitivité politique et médiatique… Souvent copié, jamais égalé.

 Par ailleurs, il me plait grandement d’apprendre que le Front de Gauche va sortir un document qui constituera un contre-projet de cette vision budgétaire étriquée et si peu imaginative qu’il nous a été donné de voir, et de critiquer, à la faveur d’amendements systématiquement rejetés. Et nous ne serions pas constructifs ?

 A d’autres !

« C’est une comédie. Pendant des semaines nous avons eu un matraquage sur le thème ‘le coût du travail est excessif’, répété sur tous les tons et toutes les antennes. Et ce matin l’oeuf est pondu et que voyons nous: le coût du travail est excessif » s’est amusé Jean-Luc Mélenchon avant de dénoncer, « avec la plus grande fermeté, un mensonge » :

« Ce qui coûte cher en France, c’est le coût du capital. On paie en France deux fois plus d’argent pour les dividendes aux actionnaires qu’on en paie pour les cotisations sociales ». (source)

 Mais quand on voit ce qu’on voit, et qu’on entend ce qu’on entend, il est on ne peut plus logique que les gens continuent de penser ce qu’ils pensent : les médias n’ont-ils pas  retenu de cet interview un plus riche qu’il nest dit ce qui les arrange, c’est à dire un simple titre on ne peut plus caricatural ? D’où la raison d’être de nos blogs, et de nos billets : nous  sommes nos propres médias.

 

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Quel choc ! de confiance… Surtout à gauche !

Compétitivité : le rapport Gallois est-il de droite ?

Bon, voilà, tout est dit, et je ne vais donc pas devoir, contrairement à d’autres,  me taper un rapport de plus dont la plupart des français se fichent comme de leur première paire de chaussettes,  et qui finira de toute façon dans un placard comme l’ont été ceux d’Attali et consorts avant lui… Tous ces rapports protégés qui comportaient des mesures d’un libéralisme tout aussi triomphant, bien que les éléments de langage en soient légèrement différents pour sauver les apparences. Normal, leurs auteurs sortent tous des mêmes écoles, fréquentent les mêmes belles personnes, et ne connaissent qu’une seule théorie économique : celle qui aujourd’hui régit (et tyrannise) l’Europe. Au point qu’une certaine droite puisse les reprendre à son compte :

COMPETITIVITE – « J’observe que Louis Gallois arrive exactement aux mêmes conclusions que nous [l’UMP] sur tous les sujets. Je soutiens donc le rapport Gallois. » Jean-François Copé.

Les mesures nettement marquées à droite

Une baisse des cotisations sociales. C’est la mesure phare du rapport. Cette diminution serait de l’ordre de 30 milliards, dont un tiers pour les charges salariales, le reste sur les charges patronales. Elle est réclamée à cor et à cri par le patronat. Pour financer cet effort, les hausses de la CSG et de la TVA sont envisagées. La mesure s’inspire fortement de la fameuse TVA sociale, ou antidélocalisation, prônée par Nicolas Sarkozy et dénoncée par François Hollande durant la campagne présidentielle.

La suite est ici. Si vous voulez quand même vous farcir le rapport, l’ami Bembelly l’a mis sur son blog dans sa version intégrale, .

La seule incertitude, à présent, c’est de savoir ce que le cercle des bataves conquérants va en faire, et si un gouvernement de gauche va avoir le culot de mettre en œuvre des dispositions de droite, point barre. Le reste n’est que glose inutile, péroraison de pseudos experts et pipi de chat. La suite au prochain épisode. On attend demain.

Seule bonne nouvelle pour le moment, que je saluerai comme il se doit si elle se retrouve confirmée : « Matignon a annoncé qu’il ne retiendrait pas, parmi les mesures destinées à relancer la compétitivité, la reprise des recherches sur l’exploitation des gaz de schiste, préconisée dans le rapport. » (source). J’en connais une qui va en  être, comme moi, heureuse.

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« Valeur travail » : la compétitivité ou la mort ? Nous choisissons LA VIE !

 

source : cliquez sur l'image

 

Face au libéralisme carnassier, il nous appartient collectivement  de conquérir un nouveau droit : le bien-être au travail.

Je viens de lire un billet sur le blog du Parti de Gauche de Seclin qui évoque le sujet de la souffrance au travail, thème qui m’importe particulièrement et que j’ai déjà évoqué ici à plusieurs reprises.

 Jean-Paul Biolluz, au nom de sa section, s’y indigne fort à propos de ce que le candidat de la droite dure veuille se faire le champion de la valeur travail alors que celle-ci n’a jamais été autant mise à mal par le système économique lui-même. Il en veut pour preuve cette terrible vague de suicides qui vient d’endeuiller récemment son secteur géographique (59) :

 « Depuis le début de l’année, à Lille, quatre suicides ont eu lieu au CHR, un inspecteur du travail s’est donné la mort. Et c’est sans compter, tous ceux que l’on ignore. »

 Le billet remet en cause une conjonction de phénomènes conjoints concentrant les questions d’organisation du travail, de rémunération, de précarité, d’intensification des tâches, d’augmentation des cadences, de contrôle des salariés, de répression syndicale… Le tout assumé et justifié par le dogme jamais (Ô Grand Jamais !) remis en cause de la sacro-sainte compétitivité. Pourtant, cette logique est en train d’atteindre ses limites en touchant au cœur même de ce que l’humanité devrait avoir de plus précieux : la vie.

 Ce phénomène a pourtant un avantage indéniable, dans une société toute entière tournée vers la seule rentabilité (y compris dans des secteurs qui devraient de par leur nature y échapper), d’assurer un profit maximal et une gestion maximisée dont la recherche du moindre coût est le seul moteur, au plus grand mépris de toute autre considération, notamment humaniste.  Cette logique patronale que tous les dirigeants ne conscientisent pas forcément, pris qu’ils sont dans un mouvement d’ensemble qui leur échappe et auquel ils doivent parfois se soumettre (ou se démettre…) présente l’avantage indéniable de mettre en concurrence les travailleurs entre eux, pour leur plus grand profit et leur seule liberté, dite d’entreprendre. Celle-ci est bien souvent non négociable chez les libéraux pur et dur et plus largement les Dedroite, qui la conçoivent comme une pierre d’achoppement de la possibilité de liberté au sens le plus général alors qu’elle n’est la somme que d ‘intérêts particuliers…

 Ce qui est nouveau, c’est que cette critique concernant les méfaits de l’ultra-libéralisme sur l’organisation du travail était auparavant plutôt cantonnée au seul rang hiérarchique des travailleurs industriels. Voilà qu’elle touche à présent l’ensemble des professions¹, quel que soit leur niveau hiérarchique, leur fonction, leur activité, et cela dans tous les domaines, y compris les professions libérales. Même le secteur public qu’on disait auparavant épargné est actuellement le terrain de la plus formidable entreprise de destruction massive d’emplois et d’un plan social sans précédents, qui ne dit pourtant pas son nom. On peut ainsi tout sacrifier sur l’autel de l’austérité, dogme jamais remis en cause non plus… Il ne viendrait en effet à l’idée de personne, tant cela est devenu un exercice de vertu unanimement partagé (« On ne peut pas faire autrement ! ») de refuser un tel massacre, un tel déni de l’être humain, un tel manque d’humanité sous le prétexte qui apparaît comme tellement incontournable de réduction de la dette publique et d’assainissement du budget de l’Etat, par tous les candidats en lice.

 Tous ? NON. Le représentant d’un peuple d’irréductibles gaulois continue de porter en ce moment haut et fort, parfois au détriment de ses propres limites physiques, notre voix d’opposition à cette entreprise de régression sociale sans précédents, avec pour fière devise L’Humain d’abord. Mieux vaut celle-ci qu’une France forte (ou l’autoritarisme consubstantiel à cette droite dure est toujours latent…) qui l’est d’autant moins qu’elle ignore ses propres faiblesses, comme on a pu l’effleurer ici à l’occasion du thème abordé. Continuer de nier cette dimension de notre évolution sociétale si négative, et ne pas y apporter de réponse, c’est condamner à coup sûr l’ensemble de notre civilisation, dont certains se voudraient si fiers de sa suprématie. Il n’y a pas forcément toujours de quoi… Ce phénomène des suicides liés au travail est en effet loin d’être une mode, pour répondre au mépris de classe de Monsieur Lombard, ancien PDG de France Télécoms, mais la résultante d’un système sociétal défaillant, comme le démontre beaucoup plus concrètement que moi le billet de Jean-Paul, à qui je cède le mot de la fin, l’essentiel, pour m’effacer, et vous inviter à lire la suite, particulièrement digne d’intérêt :

 « De l’ouvrier à l’ingénieur, de l’infirmière au médecin, de l’instituteur à l’agriculteur “le travail bien fait” avait une vertu émancipatrice et de reconnaissance sociale. Les modes managériales mises en œuvre aussi bien dans les entreprises, que désormais dans les services publics, pour faire passer le travail sous la direction de la finance, ont remisé cette notion et attaqué l’essence même du travail. » (lire la suite)

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 ¹ On pourra d’ailleurs regretter qu’il ait fallu que cette vague de suicides en vienne à toucher des cadres pour que l’on s’en émeuve davantage, et que l’on tente enfin de commencer à y réfléchir et à  trouver des amorces de solutions… Seul problème : elles sont confrontées très concrètement ,  au quotidien,  au bon vouloir des dirigeants.  Et s’ils sont défaillants sur ce point, et qu’ils nient ce phénomène de souffrance au travail, préfèrant lui trouver, parce que c’est plus commode (ça évite de se remettre soi-même trop en question), à des causes extérieures, purement privées, comme le prétexte en est facile dans ce genre d’affaires  ? J’aimerais militer pour un devoir d’ingérence sur ce point , que ce soit dans les entreprises, les services publics et nous permettre de conquérir un nouveau droit : celui du bien-être au travail.