Denis Robert is not dead

Je me devais de saluer comme il se doit la décision de la Cour de cassation de blanchir totalement et définitivement Denis Robert, le premier journaliste non couché (il l’a payé assez cher…) à avoir révélé l’affaire Clearstream, grâce à un véritable travail d’investigation, le seul à mes yeux qui vaille le nom de journalisme. Les autres ne sont que des relais médiatiques.

Il est heureux de voir qu’en effet, « La Cour de cassation reconnaît ainsi que l’intérêt général du sujet traité et le sérieux de l’enquête conduite par Denis ROBERT autorisaient les propos et les imputations contenus dans ses deux livres et son documentaire ».

Toutes mes félicitations à Denis Robert, qui nous réconcilie avec la haute idée que nous nous faisons du journalisme. En espérant que sa vie puisse reprendre enfin un cours normal, et qu’il va de nouveau pouvoir nourrir son blog

Ce billet a été écrit avec une pensée spéciale (et amicale) pour un autre journaliste non couché, l’ami de Plume de Presse, Olivier Bonnet, qui consacre son billet du jour au même sujet. Toute ma considération. Allez donc consulter sa perception plus circonstanciée que ne saurait l’être la mienne de cette décision judiciaire qui nous va comme un gant… : celui avec lequel nous giflons la nomenklatura médiatique. Et notamment la vipère du causeur, comme la nomme si justement Olivier…. Elle qui soutient si bien les têtes pensantes de notre France déchue, à l’idéologie passéïste et moribonde. Nauséabonde, pour tout dire. J’en trouvais l’inspiration  Maurassienne, dans ce billet là… je n’en  retire rien.

cause toujours, Elisabeth !

Ce matin, je me suis malencontreusement foulé les derniers neurones qui me restaient en tombant sur un article du causeur, site bien nommé, sur lequel on admire semble-t-il bien davantage qu’on ne réfléchit, malgré le titre usurpé de salon de réflexion. Faut-il le prendre au sens de la diffraction lumineuse ou acoustique ?

Car modeler ainsi une statue à la gloire de Guaino, cet être malfaisant qui ne cesse de plonger notre pays dans les dérapages historiques les plus incontrôlés qui soient (puisque celui qui les retransmet n’a de toute évidence pas la culture nécessaire pour les appréhender et les rediffuser sans quelque distance critique), voilà qui me laisse pantois…

Examinons ses titres de gloire tels que décrits dans ce fin billet aux effluves délectables :

«  Cet électron libre même pas passé par l’ENA » : ce n’est pas faute d’avoir essayé, puisqu’ il a échoué trois fois au concours d’entrée… Si Mme Lévy faisait correctement son boulot, et se montrait plus objective, elle aurait eu l’amabilité de proposer ce menu détail dans son billet pour le soumettre à la sagacité de ses lecteurs… Et puis ce n’est pas un argument. Et alors ? Moi non plus ! Et bien d’autres encore, plus éminents et respectables, à droite comme à gauche.

« Guaino, qui a aussi la tête bien faite… » : si c’était pour nous sortir le discours de Dakar, et donner ainsi de la France l’image d’un pays raciste, aux valeurs contraires à la déclaration universelle des droits de l’homme, beaucoup auraient très certainement préféré qu’il s’abstienne d’utiliser un tel potentiel ! Sans parler du discours de Latran qui met à mal avec tant d’inconséquence le principe de laïcité sur lequel s’est bâti notre pays au cours du dernier siècle avec tant de sagesse…

Je rappelais il y a quelques temps de cela (voir ici et là) que la ligne idéologique de Guaino, d’inspiration Maurassienne (les lecteurs jugeront sur pièce), fut très justement condamnée autrefois… Ce Monsieur n’est donc qu’un vieux réac contre-révolutionnaire au sens le plus strict du terme (rappelez vous les diatribes de Sarko sur mai 68…) qui n’a vraiment pas inventé la poudre ! Ainsi, pour seul autre exemple, rappelons de nouveau qu’il a reçu le Prix Busiris sur le blog de Maître Eolas pour avoir déclaré que la déclaration des droits de l’homme et du citoyen est de la philosophie du droit, que le droit à internet serait mieux défendu que le droit à l’eau ou à l’électricité et qu’en 1789 les révolutionnaires n’ont pas entendu défendre l’accès à internet… (cf. Wikipédia). Pauvre type prétentieux…

« d’autres, sensibles à son verbe flamboyant, lui reprochent (…) d’être l’alibi républicain d’un Nicolas Sarkozy qui ne le serait point. » Là, c’est le comble du grand n’importe quoi ! Comment peut-on qualifier de Républicain quelqu’un qui ne cesse de bafouer les fondements et les symboles sur lesquels s’est construite notre République : Liberté ? Égalité ? Fraternité ! Mon cul ! Pardonnez ma vulgarité mais quelqu’un qui a tant fait pour que la France ne soit plus cette terre d’asile et des droits de l’homme qui nous était si chère ne mérite ni égards ni patience, au risque de paraphraser l’ami René.

« il faut espérer que Guaino gagnera la partie contre les professionnels de l’amnésie, appelés aussi les visiteurs du soir. » Je suppose que l’on tente ici de faire une innocente référence sous-jacente sans l’avouer toutefois au commun des mortels à la célèbre mesure de Châtel quant à la suppression de l’histoire en classe de terminale scientifique… Juan nous en décrit très bien les circonvolutions gouvernementales dans l’un de ses derniers billets, dans lequel vous pourrez découvrir qui sont ces nocturnes intrigants…

Je laisserai quant à moi par simple choix, conscient et éclairé, le mot de la fin à un chanteur plutôt qu’à un historien, surtout du calibre de Guaino :

« Si l’histoire a ses modes, ses donneurs de leçons

Elle a pour certains snobs des retours de bâton. »

[Pierre Bachelet]