#CongresPS : plutôt qu’un congrès pour rien, un mouvement pour tous, à gauche, vraiment !

CaptureUne fois n’est pas coutume, je reprends dans sa totalité cette tribune de Liêm Hoang-Ngoc et Philippe Marlière, publiée aujourd’hui dans Le Monde au moment même où démarre le congrès du PS à Poitiers. Un congrès pour rien en effet, qu’il s’agit de bousculer et dépasser pour faire avancer la gauche.  Je suis d’autant plus heureux de la publier ici que je me sens proche du positionnement politique de Philippe, qui à mon grand plaisir a rejoint ma formation, Ensemble. Une tribune qui me semble devoir être rapprochée de celle qui, publiée sur Libération il y a un an déjà, appelait à ce même rassemblement.  je suis pour à 100 % et partage l’analyse globale de ce texte, que je signe des deux mains (en gras, les passages soulignés par moi) :

Les frondeurs du PS doivent fonder une coalition avec les Verts et le Front de gauche

Le Monde.fr | 05.06.2015 à 12h11

Le congrès de Poitiers était le congrès de la dernière chance pour réconcilier le peuple de gauche avec le Parti socialiste (PS). Il est un nouveau congrès pour rien.

La fronde, a échoué. Le PS restera contrôlé par ceux qui n’entendent pas remettre en cause le virage néolibéral imposé par le chef de l’Etat. Pour ses vainqueurs, le congrès de Poitiers n’aura pas été, pour autant, un congrès de clarification. La direction n’a pas assumé au grand jour la ligne sociale-libérale du gouvernement, dont tous les membres ont signé la motion portée par le premier secrétaire. Ce dernier a esquivé le débat, en plagiant les propositions économiques de l’opposition de gauche, afin de ratisser large. Pire, cette manœuvre de congrès de la direction, devenue classique depuis que le PS d’Epinay existe (« un congrès se gagne à gauche », disait-on), décrédibilise une nouvelle fois le discours politique dont se détournent désormais nos concitoyens. Les électeurs sont de moins en moins dupes d’un double langage consistant, au Bourget et à Poitiers, à asséner des slogans de gauche (la réforme fiscale, la réforme bancaire), pour les dénigrer ensuite au profit de déclarations d’amour au Mouvement des entreprise de France (MEDEF) et de la mise en œuvre des « politiques de l’offre » et autres « réformes structurelles » que la droite elle-même n’a jamais osé mener aussi loin.

Sans changement de cap en faveur des salariés, les électeurs socialistes, observant que la différence avec le discours économique de feu l’Union pour un mouvement populaire (UMP) sera désormais encore plus mince qu’aux Etats-Unis entre républicains et démocrates, ont peu de raison de revenir aux urnes. L’épouvantail de l’extrême droite est d’ores et déjà brandi pour les mobiliser. L’hypothèse d’un nouveau 21 avril 2002 (où le candidat socialiste fut éliminé dès le premier tour) hante à l’évidence l’Elysée. Elle n’est pas la moins improbable. Les jours du PS d’Epinay sont désormais comptés. Faute d’une alternative progressiste crédible, l’existence même de la gauche est à court terme menacée.

L’aile gauche du PS est désormais au pied du mur. Elle partage avec les écologistes et le Front de gauche le rejet des politiques d’austérité, ainsi que la promotion de la planification écologique et de la démocratisation des institutions. Forte d’un tiers des militants du parti, elle n’a pas décidé de faire du congrès de Poitiers un nouveau congrès de Tour (où les familles socialistes et communistes s’étaient séparées en 1920), qui aurait pu accoucher d’une scission entre socialistes et sociaux-libéraux. Elle peut certes se prévaloir d’avoir exercer une influence relative dans la mesure où ses thèses ont fini par infuser le texte de la direction. Mais elle sait que la politique qu’elle recommande ne sera pas appliquée. En rentrant dans le rang, la gauche du PS est condamnée à servir de caution à une politique poussant les salariés à la déshérence électorale… et le candidat du PS à l’élimination au premier tour de la prochaine élection présidentielle.

En rompant les rangs pour poser les fondations d’une coalition avec les écologistes de conviction et le Front de Gauche, elle pourrait offrir une alternative attractive et crédible à un parti d’Epinay à bout de souffle. Une telle initiative est susceptible de remobiliser, dès les prochaines échéances électorales, le bataillon des électeurs socialistes qui s’abstiennent et qui n’ont pas, jusqu’alors, reporté leurs suffrages vers Europe écologie les verts (EELV) ou le Front de Gauche. Une telle démarche déciderait peut-être ces formations à dépasser leurs différends pour s’entendre, comme les 18 composantes de gauche qui forment Syriza en Grèce. Elle pourrait favoriser l’émergence d’assemblées citoyennes, nécessaires pour mobiliser de nouvelles forces vives, telles que celles que Podemos a su mettre en mouvement en Espagne.

Liêm Hoang-Ngoc et Philippe Marlière sont les fondateurs du Club des socialistes affligés.

Une telle synthèse de mes propres idées, de mes propres questionnements, rassemblée en un texte si court, concis, dense et cohérent, je ne pouvais pas passer à côté sans vous le voire partager… Merci à Philippe et Liem. Bon boulot.

honte à @henriweber, exécuteur des basses oeuvres #fauxcialistes #FDG

En tombant sur cet article dans Le Monde, je n’en ai pas cru mes yeux. Tant de violence et de haine, venant d’un parti dont le représentant fraichement élu prétend abusivement, avec le cynisme et l’hypocrisie qui le caractérise, rassembler la gauche, voilà qui m’a laissé plus que perplexe. Mais en y réfléchissant un peu, malgré ma naïveté, rien d’étonnant. Le Ps actuel a tout intérêt en effet à marginaliser Mélenchon ( et donc le front de gauche, avec la complicité d’Eric Laurent, au jeu trouble) pour qui c’est un danger, comme l’a avoué ouvertement le premier secrétaire du parti dit socialiste, en disant toute l’inquiétude qui était la sienne à propos de mouvements aussi populaires que Podemos. Il est vrai que ce genre de mouvements populaires risquent fortement de perturber la quiétude de l’establishment bi-partiste qui, de droite comme du PS, se partage les places au chaud…On sait bien sur ce point  quelle est la stratégie de Mélenchon qui, notamment avec le M6R, tente d’impulser un mouvement populaire en France afin de contrer la logique libérale austéritaire trans-partisane partagée si volontiers à la fois par le PS et l’UMP. Et donc, pour tenter de l’isoler, et dans la lignée de la position indigne de Cécile Duflot, d’EELV, qui crie au nationalisme délirant, l’ancien sénateur de Seine Maritime et  actuel député européen Henri Weber, manifestement en service commandé, instruit un procès entièrement à charge contre Mélenchon :

Jean-Luc Mélenchon file un mauvais coton, celui du nationalisme agressif. Dans son dernier livre Le Hareng de Bismarck (Plon, 150 pages, 10 euros) il désigne à la vindicte des Français un nouveau bouc émissaire, source de tous nos maux : les Allemands, en général, ceux de droite comme ceux de gauche (Verts inclus), les bourgeois comme les prolétaires. En période de crise, un populisme xénophobe est toujours d’un meilleur rendement politique et électoral qu’un populisme humaniste.

Malgré la distance que j’ai préféré prendre depuis quelque temps avec Mélenchon, dont j’ai pourtant soutenu très activement la campagne présidentielle, je ne supporte pas ce genre de procédé et me sens donc  obligé de réagir, malgré mon départ il y a plus d’un an du Parti De Gauche. Car cette infâme polémique prend des proportions qui me sont insupportables moralement. Juste une question d’honnêteté et de cohérence intellectuelle. Car je suis attentivement depuis bien des années le cheminement politique de Mélenchon, et je sais quels sont ses liens avec l’homologue politique du parti de gauche, Die Linke. je connais également les nombreux contacts officiels qu’il prend avec la gauche anti-libérale allemande. Ce  procès d’intention m’apparait donc, malgré mes réserves personnelles envers le comportement de l’individu Mélenchon,  totalement infondé et ignoble. On ne peut en effet taxer de xénophobie Mélenchon quand on connait sa situation personnelle, et ses engagements de toute une vie, y compris dans son environnement proche. C’est une insulte à tous ceux qui se battent contre le racisme dans notre pays. Et je suspecte tant Henri Weber que Cécile Duflot de très bien savoir que je dis vrai, et que le dernier opuscule de Mélenchon qui a nourri cette polémique détestable, bien que publié à un moment pour le moins inadéquat, ne contient rien de tel, et certainement pas une haine du peuple allemand ni un nationalisme béat que son engagement internationaliste patent dément fortement. Ce qui m’est apparu dans un premier temps comme une grotesque guerre des chefs au sein du parti de Gauche, qui s ‘est déportée ensuite sur EELV, pour de mesquines considérations stratégiques, devient une guerre idéologique entre le PS et tous ceux qui, à gauche du PS, ne supportent plus l’orientation anti-populaire et anti-sociale du PS. Et je me devais donc de prendre parti, malgré mon positionnement différent, puisque je suis à présent membre d’Ensemble, donc plus à l’écart de ce genre de considérations politiciennes de bas étage qui dégoûtent tous ceux qui à gauche, partagent mes convictions profondes et authentiques. Ce n’est pas en procédant à de telles tentatives de déstabilisation si humainement détestables qu’on parviendra à recréer un climat de confiance entre les différents partis de gauche de nature à nous permettre de retrouver le chemin du peuple. Nous sommes nombreux dans ce pays à refuser dès à présent de voter pour un parti qui s ‘abaisse à de telles ignominies, et l’affaiblissement du vote pour le PS lors des dernières élections, d même que la baisse du nombre d’adhérents à ce parti de plus en plus droitier ne s’explique pas autrement. A force de tant de traitrises, de coups bas de ce type, de non respect des promesses de campagne hollandaise, et d’un tel écart entre les décisions gouvernementales et les valeurs socialistes, et plus largement de gauche, on ne pourra en effet que récolter ce que l’on a semé : des cendres.
Tiens, c’est pour dire ! Malgré ma méfiance envers Sapir, je me suis pourtant senti sur ce coup là une forte convergence envers l’article qu’il vient d’écrire sur Russe Europe, c’est pour dire !

bravo à tous les twittos de la 1ère manif en ligne du #M6R : moi aussi #JeSuisRepublicain !

CaptureA midi pile, le M6R (Mouvement 6ème République) dont je suis membre organisait une manif en ligne sur twitter qui a connu un franc succès. La preuve :

CapturerepLe but était de protester contre la récupération par la droite sarkozyste de la mention Les Républicains. Pour certains, cela peut paraître dérisoire de se battre pour une étiquette, mais pour nous, compte-tenu de nos convictions politiques personnelles, c’est une véritable captation d’un héritage commun à tous les français.  C’est hélas le genre de manœuvres purement politicienne dont Sarkozy a le secret… Souvenez vous de ces ministres « d’ouverture », pseudo-socialistes à la sauce vallsienne : Besson, Kouchner, Jouyet, Bockel, Amara… Pour beaucoup d’entre nous donc, l’intention de Sarkozy de renommer son parti Les républicains sonne comme une véritable provocation, et nous ne supportons pas que la majorité des français qui ne sont pas de droite mais pourtant bien républicains se voient spoliés par la volonté d’un seul. Surtout quand son comportement l’est si peu, républicain… J’ai donc sélectionné pour vous un certain nombre de tweets significatifs de ce que nous avons voulu exprimer par cette manifestation en ligne.

Capture Capture1Capture2 Capture3 Capture4 Capture5 Capture6 Capture7 Capture8 Capture9 Capture10 Capture11 Capture12 Capture13 Capture14 Capture16 Capture17 Capture18 Capture19 Capture21 Capture22 Capture23 Capture24 Capture25 Capture26Capture27Capture28 Alors, si vous aussi vous en avez marre de cette prétendue république que veulent vous imposer ce genre d’oligarques corrompus, que vous ne voulez pas voir la droite s’emparer de nos institutions au seul profit d’une élite qui ne soigne que ses intérêts de caste, venez nous rejoindre en signant notre manifeste en cliquant sur l’image ci dessous :

Capture30Car, en effet, nous ne faisons pas que manifester et protester, nous agissons et nous construisons, par et pour le peuple. Allez donc voir la plate-forme de débat citoyen par ici, et vous jugerez sur pièce de nos questionnements et de notre réflexion démocratique et populaire.

… et la manif continue pendant que j’écris ce billet :

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Capture34Capture33… Et même que France Info parle de nous ! c’est ici. Libé aussi. C’est là.

Post-scriptum : quelques twittos de droite égarés ont cru bon de nous attaquer en croyant parler à des membres du PS…. Les cons ! Il faudrait peut-être qu’ils arrêtent de croire tout ce que leur dit la presse; pour qui la gauche, c’est le PS. Pour  la plupart, nous n’en sommes pas ! D’autres, encore plus idiots, ont cru qu’on parlaient d’eux… mais keskisontcons !

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PS2. zut, je me suis oublié…  Pourtant, moi aussi, j’y étais :

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Viva #Podemos ! (et dehors, les austéritaires !)

urlEn Espagne, aujourd’hui, avaient lieu des élections régionales et municipales. Nous étions un certain nombre à attendre les résultats avec impatience, bien que cette actualité là soit manifestement moins suivie sur les réseaux sociaux que le festival de Cannes. j’en profite d »ailleurs au passage pour dire mon plaisir d’avoir vu Vincent Lindon emporter la palme de l’interprétation masculine pour un film dont j’ai exceptionnellement parlé ici, compte tenu de son sujet. A l’heure où j’écris cet article, il semblerait que Podemos, le parti de la gauche anti-libérale, proche de mes convictions, soit vainqueur à Madrid et Barcelone. Ce n’est pas le ras de marée que j’attendais, mais c’est tout de même inespéré pour un parti qui rappelons le a tout juste un an. En outre, il apparait globalement que la participation a significativement augmenté dans les quartiers populaires de plusieurs grandes villes, et c’est une bonne nouvelle, malgré un taux d’abstention trop important (près de 50 %). Enfin, le Parti Populaire de  Mariano Rajoy (le chef du gouvernement espagnol depuis 2011) l’est de moins en moins, et la droite se prend une belle raclée en général, ce qui va leur rendre les élections législatives (prévues en décembre 2015) encore plus difficiles, vu leur absence de majorité, à eux comme au Parti Socialiste Espagnol (PSOE)… ça se fête. Que se vayan todos !