Après #Jeanne, #Sarkozy, dans le panier des fruits pourris de la ripoublique

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Moi, j’aime bien quand la justice peut faire librement son travail. Après la joie d’hier, encore une grande satisfaction aujourd’hui. Des bonheurs simples…

(Bon, moi, je connais le fond de l’affaire, mais pour ceux qui n’ont pas suivi le fameux dossier Paul Bismuth, pour rappel, voilà ce dont il s’agit, résumé par le Monde :

Nicolas Sarkozy est soupçonné d’avoir, en 2014, sollicité le haut magistrat Gilbert Azibert par l’intermédiaire de son avocat Me Thierry Herzog « pour tenter d’influer sur une décision » de la Cour de cassation le concernant dans l’affaire Bettencourt. En échange, l’ancien président aurait promis d’intervenir pour que le magistrat obtienne un poste de prestige à Monaco. A la fin, ni l’ex-président ni Gilbert Azibert n’ont obtenu ce qu’ils convoitaient.

« C’est vraiment trop injuste, ce qui m’arrive… » (Caliméro Sarkozy )

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Sarkozy, ses supporters au front bas et quelques ténors (qui chantent faux) de l’UMP ont beau crier au complot et évoquer l’instrumentalisation de la justice, la thèse de l’acharnement politique ne tient pas l’analyse bien longtemps. Quant on sait comment le dossier a évolué dans les arcanes judiciaires, on devrait plutôt se féliciter de ce que l’ancien président soit un justiciable comme les autres, et que l’enquête n’ait pas été étouffée. Pourtant, qu’à cela ne tienne, un grand nombre de médias bien peu scrupuleux communique sur cette affaire à grand renfort de théorie du complot….. sans guère se soucier de la véracité de leurs informations. Aussi ai-je été agréablement surpris par cet article du blog Les Décodeurs du journal Le Monde, qui remet à plat un certain nombre de contre-vérités concernant la présupposée appartenance politique de l’une des juges qui a mis en examen le pauvre petit Nicolas :

1. Non, elle n’est pas ex-patronne du syndicat de la magistrature

Faux

Plusieurs médias ont diffusé cette information, reprise en boucle depuis, notamment par les défenseurs de M. Sarkozy, qui ne manquent jamais de rappeler la fameuse affaire du « mur des cons ». Mais personne n’avait, semble-t-il, vérifié.

Or, c’est totalement faux.

2. Non, elle n’a pas publié de tribune contre Sarkozy

Faux

Seconde accusation, entendue dans la bouche de nombreux sarkozystes : Mme Thépaut aurait publié sur le site Mediapart une tribune « à charge » contre Nicolas Sarkozy. Là encore, c’est tout simplement faux.

Même l’Express, qu’on ne peut guère suspecter de gauchitude ni au premier ni au second degré sauf à vouloir faire dans l’ironie grasse, nous dit que « La fronde anti-juges ne tient pas la route« , c’est pour dire.

Sarkozy est devenu indéfendable, en réalité, et l’angle de défense qui a été choisi par de prétendus experts en communication est tout simplement grotesque.

Nul bonheur n’est parfait…

Sans titre

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Mon bonheur du jour aurait pu être sans tache (Sarkozy, en prison !) si des fauxcialistes peu soucieux du respect des règles démocratiques n’avaient décidé de se passer du consentement, même éclairé, de députés qui ont mis hier, pour ma plus grande joie, le gouvernement en minorité… Que n’aurait-on entendu en pareil cas du temps de l’ex-tyran aujourd’hui destitué par la volonté du peuple, notamment chez les blogueurs de gouvernement… Hélas, leur indignation est bien sélective… Faites ce que je dis, pas ce que je fais.

Et ça se dit de gauche…

 

Justice déconnectée, justice ridiculisée #mediapart

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34 titres de presse, une douzaine d’association, et 48 000 personnes ont signé l’appel « Nous avons le droit de savoir« …

A compter de ce soir dernier délai,  Médiapart doit retirer tous les articles portant sur les enregistrements réalisés par le majordome de Liliane Bettancourt, point de départ de l’affaire du même nom. Ce sont donc plus d’une centaine d’articles, de fichiers vidéo et audio que le site d’informations payant doit supprimer, sous peine de très lourdes pénalités.

Pourtant, quand je vois le nombre de sites et de journaux qui ont proposé d’héberger les documents de Médiapart suite à ce jugement que certains assimilent à tort ou à raison à de la censure , je me dis que le monde n’est pas si pourri qu’on pourrait le penser… Dernier en date : Rue 89.

Mais je me dis aussi que le juge qui a pondu ce jugement doit vraiment passer à présent pour un imbécile aux yeux de beaucoup, tant cette sentence fait sourire à l’heure d’Internet, où un contenu donné peut être démultiplié à volonté et déposé sur un site donné sans aucune possibilité d’en saisir le contenu si on le souhaite. Mais peut-être la loi sur laquelle se base ce jugement si déconnecté des réalités numériques en est-elle resté au format papier ? #jeposelaquestion…

En attendant, merci à tous ceux qui soutiennent l’information libre et non faussée par les pressions financières de toutes sortes, plutôt que la « presse purée« . Il en va de notre droit de savoir… et d’agir en conséquence. Question de salubrité publique.

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Face à l’outrance, l’exigence du respect #USM #guaino #sarkozy

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Du maître des maux de l’UMP (et pas que)

source : Lucien Alexandre Catronovo (cliquez sur l’image)

Curieuse coïncidence, et convergence de faits à poser les uns à côté des autres, méticuleusement, tout ce qui a trait à l’UMP en ce moment est matière à réflexion, par delà les sourires entendus que certains événements récents provoquent… Le parti semble en effet en proie à une phase de totale implosion depuis l’échec de son leader minimo… A l’occasion de son dixième anniversaire, ce qui était encore il y a peu le plus grand parti de droite d’opposition étale donc en public – pour le plus grand divertissement de celui-ci, avec un sens qu’on dirait maîtrisé du suspense,  en mode pire to pire –   son fameux spectacle grand guignolesque que j’évoquais hier. Au dernier épisode, nous avons ainsi pu assister à quelques scènes assez truculentes qu’on dirait sorties du scénario d’un auteur plutôt prolixe à l’imagination débridée :  Copé a dit Non à une médiation de Juppé, et accuse ni plus ni moins le camp Fillon de tentative de putsch. Ce dernier réplique en demandant une publication des résultats détaillés. Aux dernières nouvelles, les deux protagonistes accepteraient de se rencontrer, mais à la condition expresse pour Fillon que Juppé soit présent. C’est dire la confiance que les deux hommes s’accordent… En tous cas, il se pourrait bien que d’ici que j’ai fini ce billet, un autre épisode se fasse jour, au rythme de tels rebondissements ! On dirait une saga à l’américaine… Mais ne se poursuit-elle pas dans la plus stricte logique d’auto-destruction qui s’est accentuée  depuis ces derniers jours, mais dont le déroulement doit davantage à celui que les commentateurs et analystes politiques  désignent de plus en plus comme le responsable en chef de ces troubles à l’ordre public ? Or, il se trouve que par le plus surprenant des hasards, le quidam dénommé Sarkozy est justement convoqué aujourd’hui devant la justice et, ironie du sort, que le juge qui l’attend se nomme Monsieur Gentil… ça ne s’invente pas, et ne fait pas rire tout le monde. Pourtant,  sur twitter, nous avons beaucoup ri du nom de la commission des conflits qui risque d’examiner l’affaire de la présidence du parti : la CoNaRe. Ils le font exprès, ce n’est pas possible autrement. Voilà qui ferait presque passer la convocation de l’ancien président de notre autrefois république, que nous étions pourtant nombreux à espérer voir répondre de ses exactions il y a encore quelques mois,  pour une banale histoire de chèques en bois. Pourtant, c’est autrement plus grave. Il faut qu’il paie, cet infâme salaud. Et vite. Pour tout.

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Philippe Courroye, une verrue sur le visage de la justice française

(j’ai bêtement hésité également avec cet autre titre : « Courroye, la voix de son mètre… (et demi). »

Selon Marianne, « Courroye est l’incarnation de la porosité entre le parquet et le pouvoir. » Selon Libération, il est « très compréhensif avec le pouvoir. » (source)

Pauvre petit Philippe, injustement muté « de force » (au Parquet Général de Paris, quand même, faut pas pousser…), et écarté des affaires du pouvoir, lui qui était si intimement lié au sarkozysme purulent… Dommage pour lui de s’être si gravement compromis dans des affaires qui nécessitaient pourtant tant d’impartialité pour que son travail soit mené conformément aux règles de l’art.

Il n’est donc pas vraiment surprenant que le gouvernement suivant prenne tant de soin à s’en séparer pour éviter notamment tout risque de sabotage de ses œuvres… Mais également toute critique et incompréhension des milieux autorisés de la profession. Quoi de plus normal ? Courroye ne s’est-il pas illustré par sa si grande propension à écarter de son seigneur et maître tout ce qui pouvait contrarier sa sérénité ? N’a-t-il pas fallu aller jusqu’à le dessaisir pour que l’affaire Bettancourt puisse suivre tranquillement son cours judiciaire, sans qu’un quelconque procureur ne muselle l’avancement normal de ce dossier ? Courroye n’est-il pas en outre ce procureur là, si sévèrement jugé par ces pairs, qui s’est notamment illustré par son peu de respect des lois républicaines en espionnant des journalistes à leur insu , ce qui aurait pu lui apparaître contraire à l’éthique dont il se revendique à présent pour dénoncer sa mutation ? N’est-il pas le premier procureur de la république qui ait dû répondre de ses actes délictueux auprès de la justice, malgré son statut personnel d’alors, d’ami personnel de Nicolas Sarkozy ? Voilà un record qui ne s’était jamais vu dans toute l’histoire judiciaire de notre République Française… On se souviendra aussi de lui comme celui qui a « classé « sans suite » l’enquête préliminaire de police sur les conditions d’achat par le président de la République, Nicolas Sarkozy, d’un luxueux duplex à Neuilly3 » . On espère d’ailleurs que Sarkozy aura un jour à répondre de ses actes malgré l’incroyable prévenance à son égard d’ un procureur dont le rôle est pourtant de veiller au respect des lois, ce par quoi il ne s’est pas véritablement caractérisé ces dernières années.

C’est pourquoi je trouve les cris de vierge effarouchée d’un juge qui se pose en victime injuste d’une chasse aux sorcières de nature prétendument idéologique du dernier ridicule. Il ferait mieux de se taire et de méditer sur ses erreurs s’il voulait se montrer plus crédible pour la suite de son histoire personnelle. Qui en outre n’intéresse que bien peu de gens. Hormis les juges, et ses avocats. Qu’il se le dise. Ferait mieux de prendre ses responsabilités et d’accepter de payer le tribut d’un attachement excessif à un pouvoir honni, méprisant et méprisé. Qu’on soit de droite ou de gauche d’ailleurs, là n’est pas la question. Mais celle du principe. Et de l’honneur.

Connaissez-vous la différence entre journalisme de connivence et journalisme d’investigation ?

Hier, j’ai reçu un mail de Médiapart me faisant savoir que cet article serait publié en accès libre et qu’il s’agissait d’en faire bon usage… C’est ce que je fais donc ici, en le faisant savoir haut et fort. Et en vous invitant à faire de même sur tous les médias, réseaux sociaux et blogs auxquels vous avez accès. Pour qu’enfin nous advienne un véritable journalisme, non pas de connivence,  ou partisan, de manière larvée ou plus explicite, comme celui que nous avons connu pendant ces 5 trop longues années. Mais comme un élément essentiel constitutif d’une démocratie saine et équilibrée, où toutes les sensibilités politiques démocratiques peuvent s’exprimer avec la même possibilité de visibilité. Un journalisme qui respecte en outre, enfin,  les règles de sa profession… Qui doit renouer plus fortement avec sa déontologie pour retrouver sa crédibilité, et son attractivité auprès du grand public. Celui à qui je parle se reconnaitra.

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Les 10 questions de Mediapart à Nicolas Sarkozy

publié le 17 Avril 2012 Par La rédaction de Mediapart

Mediapart avait invité Nicolas Sarkozy à une émission exceptionnelle, en direct et en vidéo-streaming sur notre site, à la date de son choix avant le premier tour de l’élection. Le président-candidat a refusé. Pourtant, parmi les nombreuses questions que nous souhaitions lui poser, il en est 10 que nous estimons particulièrement importantes pour que les citoyens puissent voter correctement informés. Nous nous permettons donc d’insister en posant publiquement ces questions et en publiant nos échanges de courriels avec l’équipe du candidat UMP.<--break->

1. Vous avez déclaré avoir acquis un appartement sur l’île de la Jatte en 1997 grâce à des prêts contractés auprès de l’Assemblée nationale. Selon votre présentation du montage financier, ils se seraient élevés à 3.530.000 francs. Or l’Assemblée nationale affirme que vous n’avez pris qu’un seul emprunt immobilier à cette époque, de 1.680.000 francs. Avez-vous réellement payés le 1,85 million de francs manquant ? Si oui, comment ?

2. Dans son journal intime, à la date du 26 avril 2007, le photographe François-Marie Banier prête ses propos à Liliane Bettencourt : « De Maistre me dit que Sarkozy demande encore de l’argent ». Le même jour, 400.000 euros sont retirés en espèces des comptes suisses cachés de la milliardaire. Avez-vous demandé de l’argent aux époux Bettencourt dans l’entre-deux tours de l’élection présidentielle de 2007 ?

3. L’enquête judiciaire menée à Bordeaux dans le cadre de l’affaire Bettencourt a permis d’établir que le 18 janvier 2007, le gestionnaire de fortune M. de Maistre a reçu 150.000 euros en liquide, la veille d’une rencontre avec Eric Woerth, le trésorier de votre campagne présidentielle de 2007. Le 5 février de la même année, 400.000 euros ont été débités en liquide de l’un des comptes suisses des époux Bettencourt, deux jours avant une nouvelle rencontre entre MM. Woerth et de Maistre près de votre siège de campagne. M. Woerth, mis en examen dans ce dossier, a-t-il pu financer à votre insu par des fonds en espèces votre campagne présidentielle ?

4. Les enregistrements du majordome de Liliane Bettencourt font apparaître que l’héritière de L’Oréal a signé, le 4 mars 2010, un chèque à votre ordre. Quel est le montant et l’objet de cette contribution, qui ne peut être un financement politique puisque vous êtes à cette date président de la République depuis presque trois ans ?

5. Votre ancien collaborateur Thierry Gaubert, mis en examen pour « recel d’abus de biens sociaux » dans l’affaire Takieddine, a-t-il pris en charge durant les années 1990 vos vacances à Venise et à Miami, comme l’indiquent des témoignages recueillis par la justice ?

6. Votre directeur de cabinet Claude Guéant a noué d’importantes relations à partir de 2003 avec le marchand d’armes Ziad Takieddine, en le mandatant auprès de dirigeants libyens, syriens et saoudiens pour des opérations de diplomatie parallèle et des ventes de matériels de sécurité, alors que vous étiez ministre de l’intérieur. Avez-vous cautionné ces contacts occultes, généralement prohibés par l’administration ?

7. Selon les notes de Ziad Takieddine saisies par la justice, une réunion s’est tenue le 16 mai 2009 à l’Elysée en présence de Claude Guéant et de votre avocat personnel, Thierry Herzog, afin de « mettre de côté » le mandat d’arrêt visant M. Abdallah Senoussi, l’un des patrons des services de renseignement libyens, condamné en France à une peine de perpétuité par contumace, dans l’attentat terroriste du DC10 UTA, en 1989. Vous êtes-vous engagé auprès du colonel Kadhafi à blanchir judiciairement M. Senoussi, aujourd’hui réclamé par la Cour pénale internationale ?

8. Selon des documents saisis en France et au Luxembourg, vous avez autorisé, alors que vous étiez ministre du budget, la création de la société Heine, par où ont transité, le 7 février 1995, 20,3 millions d’euros. Cette société basée au Luxembourg était chargée de distribuer, pour le compte de l’entreprise d’Etat DCN, des commissions occultes à deux hommes d’affaires (MM. Ziad Takieddine et Abdul Rahman El Assir) actuellement mis en examen dans l’affaire des ventes d’armes du gouvernement français au Pakistan et à l’Arabie saoudite. Vous avez également validé, au sein de l’organisme de garantie d’Etat Coface, le montant de ces commissions accordées, tant par la DCN que la Sofresa, à ces intermédiaires. Pouvez-vous soutenir n’être pas impliqué personnellement dans cette affaire ?

9. Au lendemain de la sentence arbitrale, le 7 juillet 2008, qui a octroyé 403 millions d’euros d’argent public à Bernard Tapie, l’Etat aurait pu faire annuler cette décision prise par cette justice privée. En novembre 2008, la ministre des finances, Christine Lagarde a été informée que l’un des trois arbitres n’avait pas respecté l’obligation de « révélations étendues » à laquelle il était astreint, et n’avait pas déclaré qu’il avait déjà participé par trois fois à des arbitrages auxquels était partie Me Maurice Lantourne, l’avocat de Bernard Tapie. Christine Lagarde pouvait donc suspendre le versement de cette somme. Pourquoi ne lui avez-vous pas donné des instructions en ce sens ? Pourquoi, au contraire, ce fait a-t-il été caché au Parlement ?

10. Selon des documents et témoignages réunis par Mediapart, des sommes importantes – jusqu’à 50 millions d’euros – auraient été versées en 2007 à votre entourage par le régime de Mouammar Kadhafi, ce que l’ancien dirigeant de la Libye, son fils Saïf al-Islam et Abdallah Senoussi, l’ancien chef des services secrets libyens, avaient affirmé publiquement. Seriez-vous favorable à l’ouverture d’enquêtes judiciaires sur ces soupçons ? 

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Après avoir reçu dans le cadre de notre émission “Mediapart 2012” quatre candidats à la présidentielle (François Bayrou, Eva Joly, Jean-Luc Mélenchon, François Hollande), Mediapart a proposé à Nicolas Sarkozy un grand entretien diffusé en direct et en vidéo-streaming sur notre site. Edwy Plenel en a fait la demande, dès le 6 mars, auprès du conseiller presse de Nicolas Sarkozy, Franck Louvrier. Voici le verbatim de cette demande :

Le jour même, Franck Louvrier accusait réception en ces termes : « Merci pour votre invitation. Je prends en compte votre demande et vous tiens au courant.
Bien cordialement »

Après trois semaines d’attente, Edwy Plenel relancait Franck Louvrier, le 30 mars :

Franck Louvrier répondait le jour même : « À ce jour, je ne vois pas d’opportunité pour faire un entretien. Je vous tiens au courant,
Merci »

L’opportunité ne signifie pas l’occasion, en français, mais ce qui apparaît opportun. Tout était donc dit… À défaut d’un Nicolas Sarkozy faisant le choix de s’expliquer en direct devant une presse indépendante, nous venons d’adresser par écrit à son équipe nos dix questions. Il nous semble impératif que le président sortant daigne s’expliquer sur ces affaires révélées durant son quinquennat mais dont on s’aperçoit qu’elles ont accompagné une bonne partie de sa vie politique.

L’original est ici.

Il est ma foi certainement un peu tard pour répondre à autant de questions, si affilées, en si peu de temps. Aussi, il vous appartient, à tous et toutes (mais je sais que je peux avoir confiance en vous sans quoi vous ne seriez pas ici), de faire en sorte que si l’actuel Président/candidat ne veut pas répondre devant des journalistes, ou devant le peuple, il y réponde devant la justice qui ne manquera pas de l’interpeller, dès que cela sera possible… A moins qu’il ne choisisse de s’exiler dans un pays avec lequel il n’y a aucun accord d’extradition ? Je dis ça, je dis rien…

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Nicolas, plus que 17 jours. Nous ne t’oublions pas.

Merci à Bruno, pour ceci :

Or ce qui apparaît maintenant, c’est qu’en fait cette filière de fonds occultes avait été révélée au procureur Philippe Courroye dès l’automne 2010. C’est l’avocat suisse des Bettencourt qui avait livré cette information. Et, bizarrement, rien ne s’était passé. Mais peut-être qu’en fait ce n’était pas si bizarre que ça…

Comment fonctionnait cette “filière” ? Est-ce que la famille Bettencourt faisait venir de l’argent dans des valises ?

C’est plus sophistiqué et plus discret. C’était une société, à Genève, qui organisait le transfert des sommes grâce à ce qu’on appelle un mécanisme de “compensation” : en Suisse, la somme est virée d’un compte détenu par Mme Bettencourt vers celui de la société ; à Paris, la même somme est retirée en espèces et livrée chez les Bettencourt par des coursiers très spéciaux, à une heure précise, avec un mot de passe… Du coup, l’argent ne franchit pas la frontière, rien n’est détectable. Seulement dès 2010, la justice connaissait le circuit, la société. Des documents bancaires étaient saisis. Ils montraient que quatre millions d’euros avaient été livrés dans ces conditions. On peut se demander pourquoi il a fallu attendre 18 mois pour qu’on enquête sur la destination de ces fonds.

Est-ce que le procureur peut avoir voulu étouffer cette piste ? Pour protéger Nicolas Sarkozy ?

On ne peut pas l’affirmer, mais on a le droit de le soupçonner. Dans cette affaire, il y a déjà eu plusieurs interventions contestables du procureur Courroye. Il s’est opposé à la mise sous tutelle de madame Bettencourt, puis à la production des fameux enregistrements du maître d’hôtel, qui révélaient que Mme Bettencourt était manipulée par des proches. Dans ces enregistrements, on entendait aussi que l’Élysée suivait cette enquête comme le lait sur le feu. Alors, il n’y a pas de preuve que Nicolas Sarkozy a bénéficié d’une partie des sommes en question – et Éric Woerth, qui était le trésorier de sa campagne en 2007 et qui est mis en examen, a nié tout financement occulte. Mais a posteriori, on peut se dire que l’attitude du procureur, dont chacun sait qu’il est très proche de l’Élysée, est peut-être le signe le plus éclatant que cette affaire met en jeu des intérêts très haut placés.

A force de taper sur la prétendue inefficacité des juges, il fallait bien qu’ils s’ingénient à lui prouver le contraire… Question de principe, et de compétence professionnelle. Tu n’aurais pas du te repaître de bons mots, peu conformes à tes actes, comme cette « république irréprochable » qui fut si peu la tienne, et de moins en moins la nôtre…  Car le système judiciaire dans son ensemble, lui, t’as pris au pied de la lettre. Et rêve de t’enlever tes lacets. Plus que 17 jours…

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Courroye, la justice made in Sarkozie

Nouveau rebondissement dans l’affaire des Fadettes. Le procureur de Nanterre (Hauts-de-Seine), Philippe Courroye, qui instruisait il y a quelques mois l’un des nombreux volets de l’affaire Bettencourt, risque aujourd’hui une mise en examen pour violation du secret des sources journalistiques.

Mardi, la Cour de cassation a clairement épinglé le haut-magistrat et reconnu qu’il avait bafoué «la loi».

  «Cette atteinte n’était pas justifiée par l’existence d’un impératif prépondérant d’intérêt public et la mesure n’était pas strictement nécessaire et proportionnée au but légitime poursuivi», écrit dans son arrêt la Cour de cassation, qui de fait, annule une procédure ouverte par le procureur de Nanterre, censée identifier les auteurs des fuites dans l’affaire Bettencourt. (source)
Précisons que celui qui est censé faire respecter la loi n’en est cependant pas à son  coup d ‘essai dans cette histoire. On pourra pour s’en convaincre lire utilement, si le coeur vous en dit (je ne force personne) mes précédents billets sur le sujet, ici et ici.
Celui qui  a classé « sans suite » l’enquête préliminaire de police sur les conditions d’achat par Nicolas Sarkozy d’un luxueux duplex à Neuilly ne saurait cependant être inquiété par la justice des hommes, se sentant si  fortement protégé par celle de dieu… Espérons le pour la santé de notre démocratie, plus pour longtemps.