#balancetonporc : le machisme chez Zemmour fait système #sexisme

Bien que je doive avouer que je suis un homme cisgenre, et que certaines féministes radicales pourraient donc sembler vouloir m’interdire d’exprimer mon indignation en seule raison que j’en sois un, je me devais de franchir cette impasse militante pour réagir à cet événement qui illustre à quel point les tentatives désespérées de domination du patriarcat ne constituent pas de simples incartades personnelles mais relèvent bien d’un système construit, politiquement et plus largement idéologiquement (ce qui comprend donc les religions, qui ont elles aussi un fort impact sur le sujet qui nous occupe ici, compte -tenu de leurs habituelles oppressions envers les femmes).

Et si je voulais m’exprimer publiquement sur le sujet, c’est que, par delà le fait de témoigner à travers ce texte de ma solidarité totale avec les femmes qui subissent des violences sexistes douloureusement présentes dans la vie de tant et trop d’entre elles 1, c’est aussi que je veux aller au delà d’une nécessaire et salutaire indignation pour délimiter une opposition politique frontale envers cet individu si peu recommandable, en bien des registres qui m’importent ici : racisme, xénophobie, islamophobie, mais aussi sexisme, ce qui comprend donc également les LGBTQIAphobies dont ce violent polémiste est également un porteur très actif, et honteusement médiatisé pour satisfaire les intérêts fort lucratifs d’une industrie médiatique hélas florissante.

Ceux qui comme moi observent quotidiennement les us et coutumes de l’extrême-droite savent fort bien à quel point la culture viriliste y est omniprésente. Les exemples ne manquent pas, il n’y a qu’à piocher dans une actualité, un peu trop foisonnante d’ailleurs actuellement, tant l’extrême droite a un peu trop pignon sur rue aujourd’hui, ce qui n’est pas très rassurant pour notre sérénité personnelle comme pour notre avenir collectif.

Mais le cas de celui qui sévit encore dans le Figaro et sur CNews malgré ses multiples condamnations judiciaires est encore plus illustratif de la culture dont il s’agit. Car si l’on s’est longtemps focalisé dans les médias sur le racisme constitutif des propos de Zemmour envers la communauté maghrébine, et pour son aversion notoire envers les musulmans, on évoque hélas beaucoup moins son sexisme pourtant maintes fois martelé également, qui va jusqu’au mépris public des droits des femmes. Un mépris qui fait système, et j’en veux pour preuve cette vidéo qui démontre fort bien la véracité de mon propos, alors qu’elle ne date pas d’hier…

Depuis, d’autres exemples sont venus alourdir le procès à charge sur ce registre là.

Eric Zemmour, source

Aussi, sachant cela, les révélations de Médiapart incluant plusieurs témoignages de femmes abusées par cet ignoble individu dans plusieurs circonstances et à plusieurs périodes représentent pour moi un prolongement logique et récurrent, bien qu’insupportable et inexcusable de sa pensée, qui fait système. Car on ne peut se poser en penseur identitaire, clamant haut et fort qu’au delà de l’homme blanc de droite et de culture judéo-chrétienne il n’y a pas de salut, et se dispenser de son suprémacisme publiquement affiché quand il s’agit des femmes. Quand on place le goût du pouvoir au dessus de toute autre considération, le fil idéologique de ce type de positionnement conduit forcément à l’imposition de cette domination y compris dans la sphère personnelle sur les femmes, quels qu’en soient les moyens, et l’on voit bien que chez lui, ils importent peu, et que tous les marqueurs sont bons pour assoir cette domination idéologique ridicule et dépassée qui n’a plus grand chose à voir avec quelque préoccupation démocratique que ce soit….

… et voilà le témoignage originel par lequel le scandale a enfin éclaté, et a permis la salutaire éclosion des autres :

J’ai vu des gens malveillants, acquis qui plus est – quelle coïncidence – aux thèses racistes de cet immonde individu, prétendre que ce genre de témoignages tombaient fort à propos pour discréditer un individu à l’approche des présidentielles… Voilà un argument fallacieux qui pourra difficilement me concerner alors que je me situe compte-tenu de mon appartenance politique en dehors de ce grand cirque électoraliste qui ne saurait représenter que d’une bien faible, risible et notoirement insuffisante manière cette échéance réellement démocratique qu’on tente de nous vendre pour une réalité… La crise de cette politique représentative devient de plus en plus évidente et très précisément de moins en moins représentative de ce peuple dont tout le monde prétend se revendiquer. Pourtant, l’abstention est si massive, et le discrédit du politique est si grave, que cela contredit factuellement ce type d’ assertion. Au point qu’une extrême-droite à laquelle appartient si clairement cet individu puisse prétendre sans honte représenter la majorité d’un peuple alors qu’elle ne pèse qu’au pire 25 % des votants, et à peine 15 % des électeurs… qui sont aussi des électrices.

J’espère qu’elles sauront s’en souvenir. Voter pour l’extrême-droite, c’est aussi choisir précisément ce type de culture dont nous ne voulons pas. Soyons clairs : je ne prétends pas que ce type de comportements oppressifs, ces violences faites quotidiennement aux femmes est exclusif des représentants de l’extrême-droite. Je dis simplement que son mode de positionnement politique le légitime. Quand on ne voit pas de problèmes à estimer la supériorité et la domination d’un individu sur un autre légitime en raison de sa seule puissance financière, de sa position sociale, de son pouvoir hiérarchique, professionnel, politique, religieux ou culturel, on induit forcément des oppressions sexuelles, comme cela a maintes fois été démontré dans l’histoire des hommes, qui n’est visiblement pas celle des femmes si l’on se réfère à la thèse du roman national à laquelle ce réfère si volontiers cet individu nommé Zemmour. Nul doute qu’en cette matière là comme en une autre, il ne répugnera nullement à célébrer la magnificence d’un Napoléon Bonaparte...

Et cela en dit assez pour moi du progressisme dont il ne s’agit pas.

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1 … ce qui dit assez l’ampleur de cette oppression qui m’est insupportable.