la Macronie accélère la trumpisation de la société française à des fins électoralistes

A y réfléchir à deux fois, on peut se dire à part soi qu’il est assez croustillant d’observer les mêmes qui prétendent dénoncer l’intrusion de concepts abusivement importés des Etats Unis procéder plus ou moins consciemment à la même transformation de notre propre paysage politique hexagonal en combat électoraliste pur et dur entre républicains et démocrates à la sauce franchouillarde. Et ce combat de tous contre tous, cette haine permanente dans laquelle tous les coups sont permis et les outrances acceptées et banalisées m’attriste au plus haut point. Collectivement, mis de côté mes propres positionnements politiques que je sais marginaux, nous n’allons pas sur le bon chemin.

Car il m’apparait de plus en plus évident en effet que notre société française est en voie de trumpisation, à bien des égards. Macron, qui n’a visiblement pas la structure psychologique et politique nécessaire pour résister à l’attrait du pouvoir, et fait montre de préoccupations bien peu démocratiques, se comporte de plus en plus visiblement (jusqu’à la manière dont il gère cette crise sanitaire d’ailleurs), en autocrate qui ne supporterait pas de se voir rejeter aux oubliettes de l’histoire. Il ne supportera jamais de ne pas être réélu, et utilise tous les moyens jusqu’aux plus abjects comme c’est si médiatiquement le cas, de manière si spectaculaire en ce moment, pour se maintenir en place. Chez lui, comme on a pu le constater, le recours à la force brute n’est jamais exclu, peu importe le nombre de victimes, qui ne l’affectent guère, ainsi qu’on a pu en juger à l’aune de la manière dont ont été matés de manière si expéditive, sans autre forme de procès ou uniquement à charge, les gilets jaunes.

Aussi, les adeptes du macronisme obéissent selon moi de plus en plus visiblement et frontalement à une politique de terre brûlée, dans laquelle il s’agit de karchériser tout le paysage politique français, dans la médiocre perspective électoraliste de bas étage qu’il ne reste plus que deux candidats et eux seuls, plus aucun autre autour de suffisamment crédible lors de la lutte finale que sera la présidentielle, entre LREM et le FN/RN. Sombre perspective que voilà, mais il s’agit avant tout, n’est-ce pas, bien loin des convictions personnelles plus ou moins humanistes des uns et des autres, de défendre des intérêts matériels et financiers avant tout, comme cela semble être le seul but de la macronie. Toute son action l’a si clairement démontré, dévolue qu’elle est aux riches, aux plus matériellement aisés, aux seuls intérêts financiers des grands groupes, et à eux seuls. Je l’ai déjà dit, et écrit, je n’ai jamais vu de toute mon existence une si tragique absence de politique sociale…

un collector et un concentré de bêtise pure pour illustrer judicieusement ce que je veux dénoncer ici : Schiappa, sur CNews précisément (le pendant de Fox News), les propos absurdes et d’une bêtise abyssale (« tout ce qui est excessif est insignifiant »)… Tout y est.

Le problème de cette trumpisation à marche forcée, qui fait désigner sous une forme aussi absurde et de plus en plus grotesque des ennemis partout sauf à l’extrême droite, ce qui à mon avis ne doit rien au hasard, à coups de polémiques incessantes préfabriquées et surmédiatisées par des médias peu regardants sur les finalités de cette guerre idéologique ouverte, c’est qu’aux Etats Unis, terre de polarisation par excellence, à ce camp républicaniste là, où l’extrême droite, là bas comme ici n’est encore et toujours pas l’ennemi, s’oppose tout de même un camp dit « démocrate ». Or, je n’en vois point la présence, ou seulement son ombre dans ce cas, bien mal incarnée à mon sens par ce qu’il reste de gauche dans ce pays, atomisée façon puzzle, entre des personnalités repoussoirs et des mouches du coche macroniste. Et l’on se retrouve donc face à deux camps soit disant adverses aux étranges similitudes, à regarder l’ensemble des polémiques actuelles, où plus grand chose et même rien ne les distingue, tant leurs ennemis semblent communs. Au point qu’un certain petit ministre de l’intérieur puisse sérieusement se présenter en premier ministrable d’un potentiel futur gouvernement lepeniste, au vu de ses idées si terriblement incorporables dans celles du Rassemblement National. Et dans cette guerre idéologique qu’il nous est donné en ce moment d’observer, ce sont toujours, inlassablement les mêmes, qui sont visés : les étrangers, les musulmans, les gauchistes, les LGBTQI, les minorités. Cela m’est insupportable.

Et à cet immonde jeu de stratégie là, tout le monde y perdra. Sauf les intérêts dominants, qui ont toujours eu historiquement les moyens de tirer leurs marrons du feu qu’ils ont pourtant allumé. Et ça, ça me fait chier, littéralement, de les voir touiller leur soupe malodorante sous les yeux des badauds dont la plupart ne distinguent pas, derrière l’apparente complexité du monde et le blabla habituel de ces bonimenteurs de foire, la simplicité du jeu qui est en train de se jouer à leur plus clair détriment. Désigner un ennemi comme bouc émissaire a toujours été, aujourd’hui comme hier, historiquement, le meilleur moyen de se dédouaner de ses propres turpitudes. Et en cela, les macronistes comme les lepénistes sont devenus experts. Ne me demandez pas en plus d’être dupe de leur machination, sous prétexte d’une soi disant lutte pour la laïcité, cache-misère de leur actuelle nouvelle guerre des religions qu’ils ont su si visiblement rallumer. Et comme toujours en pareil cas, on ne peut craindre que de futures victimes. J’aimerais me tromper. Il y en aura.

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