En condamnant CNews, le CSA estime qu’il y a « un risque spécifique » Zemmour, et pointe la complicité de Kelly

Le cas Zemmour est maintenant bien connu, délimité, caractérisé comme il se doit au registre des dégueulasseries idéologiques et des impostures intellectuelles de notre époque. On n’y reviendra pas, le dossier est déjà suffisamment conséquent comme cela. Mais voir que la chaine qui abrite ses saillies un peu trop systématiquement ordurières vient de se faire condamner comme il se doit, mais quelle satisfaction, enfin. Ce n’est pas trop tôt, on se demandait vraiment jusqu’où ce monstre de foire pouvait encore aller trop loin…

Il est important de rappeler ici les propos exacts qui ont justifié cette condamnation, afin de conserver durablement la trace de leur insupportable laideur morale et du mensonge permanent, par amalgame, qui les caractérisent si indéniablement :

Mais ce qui est encore plus intéressant, c’est d’appréhender les motivations exactes de ce jugement, qui rejoint en grande partie nos propres analyses en la matière à l’endroit ce propagandiste d’extrême-droite, mais aussi et surtout de l’usage immodéré qu’en fait la chaine à des fins lucratives :

« Le caractère violent et répété du vocabulaire employé par le chroniqueur, stigmatisant les mineurs étrangers isolés en insistant sur les dangers qu’ils représenteraient en termes d’actes criminels, traduit l’expression d’un vif sentiment de rejet à leur égard »

« Aucune réaction suffisamment marquée n’a été apportée à ces déclarations par les personnes en plateau », insiste l’instance pointant, sans la nommer, la présentatrice Christine Kelly, dont la réaction était restée pour le moins timorée. Regret supplémentaire : alors que l’émission était diffusée en léger différé, et que les propos problématiques auraient pu être retirés avant leur diffusion, il n’en avait rien été.

Enfin, le CSA s’agace de la situation de récidive dans laquelle se trouve la chaîne. La même émission avait en effet « donné lieu à une mise en demeure », le 27 novembre 2019, et poussé le comité d’éthique du groupe Canal à alerter la chaîne. Ce collège avait expliqué que « la position centrale donnée à M. Zemmour », « son statut d’invité permanent » et le fait qu’il intervienne « sur les sujets mêmes » pour lesquels il a été condamné par la justice créaient « un risque spécifique ».

Ce même comité avait estimé ce risque largement dépassé le 29 septembre, puisqu’il avait été amené à regretter que « le plus souvent, les propos qu’[Eric Zemmour] tient ne sont plus des répliques pour partie spontanées (…) mais des éléments éditoriaux, exprimés sans réelle contradiction, présentés comme tels, et donc assumés et même revendiqués par la chaîne ».

Tout est dit. Rien à rajouter. La stratégie voulue et appuyée par Bolloré de promouvoir la propagande d’extrême droite est à présent confirmée.

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