JOYEUX ANNIVERSAIRE, les Sleeping Giants ! #ilya4ans, déjà… Que de chemin accompli !

source

J’avoue. Malgré mon implication, avant même que nous ne soyons implantés en fRance, dans l’action des géant.e.s endormi.e.s, j’avais zappé ça…. Ce moment important, pour moi aussi…. Sur ce coup là, je me suis donc laissé prendre par la main, au hasard de mes pérégrinations sur mon réseau social favori, par le petit chaperon rouge… 😉

Voilà un sujet d’article intéressant et tout trouvé pour satisfaire à la vocation de ce blog comme à votre besoin de lecture et de découverte sur des sujets qui nous occupent ici. Alors, je suis allé voir, tout en me disant à part moi que les copain.e.s auraient pu m’avertir (ielles l’ont fait, j’ai pas vu, occupé ailleurs, et puis… vive le droit à la déconnexion !), j’aurais pu ainsi préparer à l’avance le contenu de ce billet. Car malgré mon bénévolat (purée 12 ans !), j’essaie d’être un peu pro, quand même… Mais bon, pas grave, j’ai l’habitude, je suis donc allé juger sur pièce…

J’ai écouté « Rachel » (vous fatiguez pas à chercher, c’est un pseudo) et j’ai été, oui, je l’avoue honnêtement et sincèrement, totalement subjugué. Autant par le contenu qui va suivre (vous impatientez pas, j’aime bien planter le décor, vous devriez avoir l’habitude si vous me lisez depuis longtemps) , que par le ton, le timbre, le rythme et la sonorité (sororité ?) de cette voix si chaleureuse et sensible… Une voix aussi calme et posée, et apaisante, quoi de mieux pour appeler l’humanisme, plutôt que ces discours de haine auxquels nous nous opposons, et qui n’entrainent que de la haine ? Je suis d’ailleurs heureux et satisfait que celle qui nous représente collectivement si bien et si efficacement n’emprunte pas des chemins aussi frontaux que les miens. La démonstration n’en est que plus efficace. Mais entrons donc à présent dans le vif du sujet. Il est temps : la nuit tombe déjà…

L’ entrée en matière de cette émission du jour que je vous invite fortement à écouter est de Sonia Devillers, qui insiste (et pour cause, à juste titre) sur la volonté d’une démarche anonyme et collective sur laquelle repose notre action, qu’elle décrit précisément par le fait d’ « interpeller publiquement les marques pour leur demander si oui ou non elles ont conscience que leur publicité figure sur des chaînes ou des sites véhiculant des contenus haineux« . En France, les SG visent les annonceurs de CNews, de Valeurs Actuelles, de Boulevard Voltaire, du « nouveau France Soir »… Salutaire pour les uns, dangereusement censeur pour les autres, nous dit-elle, la parole est à Rachel.

Pour ce qui concerne notre volonté d’anonymat, c’est évidemment une question de sécurité, nous dit-elle : nous recevons régulièrement des menaces de mort, de violences. Mais la raison en est aussi qu’il s’agit de se prémunir contre la menace des procès bâillon... « et nous aimerions bien véhiculer des idées qui ne sont pas liées à un personnage, à un porte parole, à un charisme, mais qui valent ce qu’elles valent par elles-mêmes. « . Comme je te rejoins, Rachel. Mon propre pseudonymat, que certains voudraient tant voir disparaitre, et pour cause, recèle exactement le même sens, bien loin de me soustraire illusoirement d’ailleurs à mes responsabilités, comme je l’ai déjà détaillé ici. C’est de plus un droit fondamental du socle du respect des droits humains au niveau international, il est utile de le souligner, encore et encore.

Sonia Devillers propose ensuite l’écoute d’un animateur américain de Fox News, Tucker Carlson, ci dessous, qu’elle qualifie de « très très droite, très réactionnaire »…

Ce Monsieur y dit en gros que « ceux qui ne la ferment pas sont réduits au silence, ils hurlent « racistes », jusqu’à ce que nous nous taisions, et changions de sujet pour d’autres, plus distractifs… Nous ne nous tairons pas, ils ne nous intimideront pas. Nous dirons la vérité : l’immigration légale a fait beaucoup de mal à ce pays« . Comme si Trump ne lui en avait pas fait davantage, comme la suite de l’histoire l’a tant démontré… avec ce point culminant de l‘envahissement du Capitole par les siens… bref.

Ce n’est pas un hasard, qu’on introduise les Sleeping Giants par cette entrée là, comme l’explique Sonia Devillers sur France Inter. Personnellement, je les avais en effet découvert alors, en observant ces alt-right (comprendre l’ extrême droite américaine) auxquels ce Monsieur appartient indubitablement. Je suivais à ce moment là la piste de Pepe the frog depuis ici, en France, cherchant à comprendre le pourquoi de l’apparition de cette figure sur les réseaux sociaux…Un mème auquel m’avait alors initié un certain Tristan Mendès France qui avait eu la stupéfaction de trouver des morceaux de Bannon (Breitbart), de Le Pen père qu’on ne présente plus et de Henry de Lesquen dans une vidéo pour bambins… sur Youtube kids !!!! Une prise de conscience en est née, de l’ampleur du désastre dont il s’agit ici, en l’espèce.

Rachel explique fort bien ensuite comment sont nés les Sleeping Giants. Au départ, un site de la fachosphère américaine, Breitbart News, qui a su créer un climat suffisamment anxiogène en jouant sur les peurs et la désinformation pour propulser Trump sur le podium de l’élection de 2016.

(Une expérience que tenterait donc de reproduire ici un certain… Bolloré ? je demande, juste, rapport à CNews, et au fait qu’il tente de racheter également d’autres médias grand public... l’installation d’une fabrique généralisée du consentement au racisme et aux fake news pour servir ces seuls intérêts si personnels ? Fin de la parenthèse.]

Et donc, lorsque le fondateur des Sleeping Giants aux USA a vu sur ce site, qu’il ne connaissait pas avant cette élection, une publicité d’une société basée à San Francisco, plutôt humaniste (« libérale », au sens américain, nous dit précisément Rachel) et pas du tout en accord avec ce type de contenu, il a donc spontanément fait connaitre son étonnement sur twitter en demandant à cette société ce qu’elle faisait là, avec SA publicité. Ce à quoi la société a répondu, totalement choquée. Et c’est ainsi qu’est née l’idée fondatrice des Sleeeping Giants, toujours à l’œuvre aujourd’hui, avec le même mode opératoire.

Mais comment est-il possible que tant de marques ignorent qu’elles figurent sur tel ou tel média qu’elles n’auraient pas choisi, y compris de grandes enseignes, en dépit de leurs formidables moyens matériels, financiers et humains ?

L’explication de la présence de ces nombreuses marques dans certains médias au contenu opposé à leurs valeurs ou/et à leurs intérêts économiques est très simple : il s’agit de publicité programmatique, une notion apparemment compliquée que Rachel nous explicite fort clairement, de manière très accessible et pédagogique ici :

« Il y a 20 ou 30 ans, vous choisissiez votre emplacement publicitaire, par rapport à vos besoins, vous le financiez directement ou en passant par une agence. Ensuite, comme les contenus étaient de plus en plus présents sur internet, il y a eu la création de la publicité programmatique, où pour un prix relativement raisonnable, vous pouviez figurer sur un grand nombre de supports ce qui évidemment a entraîné le fait que vous ne saviez plus où était affichée votre publicité. Donc tout cela est devenu à travers les années un système très opaque.

Le procédé est en effet entièrement géré par des logiciels et des algorithmes, ce qui me fait penser au principe de google adsense, par exemple, auquel j’ai choisi d’échapper personnellement en me voyant obligé de payer ma plate forme de blog pour qu’aucune publicité n’y figure. Un choix, afin de préserver mes valeurs et mes convictions.

Sonia Devillers relève utilement que certains annonceurs ont pourtant réussi à obtenir que ces algorithmes ne les associent jamais à des contenus pornographiques, sur des sites pédophiles, ou sur des sites qui promeuvent les jeux d’argent. Et c’est donc totalement aberrant que des sites qui promeuvent des contenus haineux ou complotistes ne soient pas éliminés de cette distribution publicitaire.

Rachel lui répond pour notre information que l’une des plus grandes plateformes qui a un quasi monopole sur le marché a créé il y a deux ans un volet « identitaires orientés politiquement« . Or, à ce jour, aucun site ou média ne figure dans ce listing, à notre connaissance… C’est donc l’une de nos principales revendications, qui ne doit pas rester une simple bonne idée qui ne sera jamais suivie d’effets; alors que des sociétés se retrouvent dans des situations fâcheuses, c’est le cas de le dire, où elles sont associées contre leur gré à des contenus racistes et xénophobes, ou de nature complotiste. C’est là précisément le ressort de notre action.

Vient ensuite un extrait de Zemmour pour ces propos. Immondes en effet. Cependant, CNews où il sévit quotidiennement n’est en effet pas la seule cible des SG, mais également Valeurs actuelles, Cnews, France Soir (le faux), et Paris première pour ce qui concerne le créneau Zemmour. Le travail auquel nous contribuons collectivement chacun.e à notre façon n’a rien d’un name and shame, contrairement à ce qu’affirme la propagande de nos adversaires, qui va jusqu’à parler de censure, ce qui est grotesque : nous ne faisons qu’un travail d’information et souvent, ce qui fait que les marques ne veulent plus apparaitre aux côtés de ces contenus haineux et dans ces médias qui leurs sont si spécifiquement dédiés, c’est qu’elles découvrent, horrifiées à quoi elles sont associées. Au final, ce sont donc bien les marques, à qui nous n’imposons rien du tout, qui décident ou non de maintenir leur publicité. Aucune censure. D’ailleurs, cette accusation relève d’une grande duplicité, d’un discours destiné à tromper, un peu de bon sens ne nuirait pas au débat. Franchement, quelle marque accepterait en toute connaissance de cause de voir accolé son produit, surtout quand il s’agit de loisirs ou de bien être par exemple – démonstration la plus factuelle de la toxicité réelle et non supposée de leur discours – à côté de la figure, de la photo, du son ou de l’image, d’un Zemmour ou d’une autre de ces têtes de gondoles de l’industrie de la haine de ce pays ? C’est pourtant exactement ce que ces gens voudraient nous imposer : que nous n’en éprouvions aucun dégoût. Alors qu’il ne s’agit clairement plus d’information libre et non faussée, mais de sites d’opinion, qui ne répugnent nullement à propager, outre des propos haineux, racistes, xénophobes et LGTQI phobes, des fakenews et des informations de nature complotiste, orientées à leur seul profit idéologique et électoral.

Pour terminer, Rachel me glisse dans l’oreillette qu’elle a participé à plusieurs autres réunions, dans la foulée de nos interpellations régulières dans le cadre de l’action des SG, et que de bonnes nouvelles sont à prévoir… Mais je laisse le soin au compte collectif des SG de vous en annoncer les retombées… au moment opportun. Je rends l’antenne. A vous à présent de créer une suite à tout ça…